‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 17 sur 44 · VI. . j · texte numérisé non relu

VI. . j

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principalement ce que Schorkopff (i ) craignait autrefois; savoir que la membrane du sac évacué ne soit attaquée de gangrène ou au moins de suppuration à raison surtout de l'accès de Tair, ou que si elle ne l'est pas, elle ne se remplisse de nouveau de son humeur, c'est-à-dire d'eau, comme les autres tumeurs /blliculaires ont coutume de le faire. Il m'est arrivé en revoyant ceci d'être consulté par une femme stérile, qui après avoir eu l'année précédente l'abdomen distendu , non sans une grande rénittence dans le côté gauche, et avoir inutilement fait usage des secours de la médecine, sentit tout à coup vers le printemps de cette année lorsque par hasard elle agitait son ventre un peu trop violemment en riant, que quelque^ chose se rompit dans cette cavité, non sans un certain bruit, et que l'abdomen était <îevenu aussitôt plus mou, mais qu'une pesanteur extraordinaire existait au bas-ventre avec un sentiment de fluctuation qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant, et avec la sensation d'un poids qui tombait sur le côté sur lequel elle se tournait. Ces symptômes s'étant dissipés au moyen de remèdes qui évacuèrent beaucoup de sérosité par les reins et par les intestins, la femme ne se trouva trèsbien que pendant quinze jours. En effet, après ce temps l'abdomen revint une seconde fois à son premier volume et à sa première tension; mais le teint

(i) Diss. de hydr. ovar. , th. 25.

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(le la face était bon , comme il l'avait toujours été auparavant, les pieds n'étaient point tuméfiés , et le corps était agile, fort et bien portant, abstraction faite de quelques douleurs du ventre qui étaient incommodes par intervalles, de son grand volume , et de la diminution des mer»strues , circonstances qui toutes avaient aussi existé auparavant. Ainsi, pour que le kyste ne fût pas distendu par une nouvelle humeur après l'évacuation de l'ancienne, il faudrait pouvoir ou le détruire, ou l'extirper entièrement, comme cela se fait pour les follicules externes. Or , quel est celui qui proposerait ou qui souffrirait le premier moyen quand il s'agit d'un grand sac caché au milieu des viscères? Quant au second, je sais bien qu'il a été proposé après l'exemple encourageant de cette guérison très-connue, mais aussi très-rare, d'A.br. Cyprianus; cependant j'ignore si quelqu'un l'a tenté depuis trente ans et plus qu'il a été recommandé. Vous comprenez sans difficulté les considérations qui ont pu l'empêcher; et, pour ne point parler de la plupart de ces raisons, vous commenceriez peut-être à l'admettre, si le kyste était toujours soutenu par une seule racine autour de laquelle on pût facilement mettre un lien , comme dans l'observation de Mauchart (i), ou dans celle de Schroecke (2). Mais qu'arrivera-t-il,

(1) Cit. ad n. 64.

(2) Eph. N. C, dec. 2, a. 8, obs. «233,

si la racine est multiple, ou si, étant une, elle se trouve très-large, et non, comme on le lit dans ces Ruteurs, fort étroite, ou de la grosseur du pouce? Qu'arrivera-t-il, si le kyste est fort étroitement attaché d'un côté et d'autre, et même loin de l'endroit de l'abdomen que vous aurez incisé à l'imitation de Cyprianus? Toutefois celui-ci avait appris par un ulcère à travers lequel on pouvait sentir le cadavre d'un fétus de douze mois, à quel endroit il fallait pratiquer l'incision , de même que Degner (i) pouvait, si une grande tumeur hydropique située entre le péritoine et les muscles avait laissé en s'ouvrant une entrée non pas large , mais étroite; pouvait, dis-je, reconnaître assez bien par l'introduction d'un stylet, à quel endroit il aurait fallu faire l'ouverture avec le fer pour qu'un chirurgien extirpât un kyste plus grand qu'une vessie de bœuf, qui tomba de lui-même.

70. Il n'y aura donc, dites-vous, aucun espoir de succès dans un cas d'hydropisie interne enkystée, parce qu'on ne peut point détruire ou extirper le kyste? Cependant Duverney le jeune (2) espérait la guérison, ou un grand soulagement, s'il arrivait quelquefois après l'évacuation de l'eau que les parois du kyste se contractant se réunissent entre elles, et fermassent ainsi l'extrémité des vaisseaux qui portaient l'eau; ce qu'il conjec-

(i) Cit. supràj ad n. 61.

(2) Cit. ad n. &5.

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turait être arrivé sur une fille âgée de vingt ans, dont le ventre avait déjà commencé à se tuméfier depuis près de deux années, sans changement de couleur à la peau, ainsi que sur une dame veuve qui avait eu , à un âge déjà avancé, pendant six ou sept ans, le ventre d'une grosseur étonnante t après avoir évacué l'eau sur toutes les deux, il avait si bien guéri Tune, qu'elle se maria et qu'elle eut des enfans, et il avait soulagé l'autre pendant longtemps, au point qu'elle ne ressentit aucun mal pendant plus de deux ans, jusqu'à ce que le ventre revînt peu à peu à ce premier volume. Mais il exigeait que le kyste fût libre alors, comme l'utérus l'est sur les femmes enceintes, de crainte que s'il était attaché d'un côté et d'autre , les parois ne pussent point par là s'approcher l'une de l'autre, et se réunir. Il voulait aussi , à ce que je crois, que le kyste n'eut qu'une cavité, sans quoi la réunion serait empêchée. Plût à Dieu qu'il eût positivement exigé cette dernière disposition ! car de même qu'il crut sans doute que tout le monde pouvait comprendre que le kyste est libre d'après le changement de place qu'il éprouve lors de certains changemens de la position du corps , de même il aurait peut-être indiqué les caractères qui nous feraient conjecturer que le kyste n'a qu'une cavité. Il m'était bien venu à l'esprit , comme je l'ai dit plus haut (i), d'où cette conjec-

(i)N.64infin.

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ture pourrait être formée ; mais il faut faire encore des recherches à ce sujet, ainsi que sur le moyen de reconnaître si les parois du kyste ne sont point viciées par des tumeurs ou par des abcès. Au reste il avait surtout exigé que la quantité d'eau ne fût pas assez considérable pour que les viscères poussés fort haut ne se trouvassent pas exposés à une trop grande compression entre le kyste et le diaphragme (toutefois il est étonnant que cela n'eûl point lieu sur sa veuve en question). Mais il est difficile de trouver des femmes qui se soumettent à la paracentèse avant d'être surchargées d'une très-grande quantité d'eau; bien plus, c'est presque toujours lorsque les forces ne sont plus en bon état, et que les viscères sont viciés ou du moins affectés, qu'elles réclament «nfin quelque genre de secours.

Il existe cependant, dites-vous, l'exemple d'une femme (i) qui était réduite au point que la peau était à peine attachée sur ses os , et qui fut néanmoins guérie après avoir enfin permis qu'on évacuât l'eau, quoiqu'il se fût manifesté des signes fâcheux les premiers jours et les suivans; en sorte qu'abstraction faite d'une fistule du ventre qu'elle conserva, elle conçut et mit au monde un fils, et passa quelques années dans un état d'embonpoint et de force, jusqu'à ce qu'elle fut enlevée par une fièvre épidémique. Je ne dirai pas ici que

(i) Epli. N. C, cent. 9, obs. 100, n. 5.

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c'était une jeune femme, ni que, tandis que le ventre était tuméfié, il n'y eut point de difficulté de respirer considérable, ni de toux, ni de tuméfaction des pieds; je remarquerai seulement que ces signes sont communs, et à une hydropisie interne enkystée, et à l'hydropisie du péritoine, et qu'il n'est pas constant d'après l'histoire, que la femme fut attaquée plutôt de la première que de la seconde, attendu surtout qu'une autre femme (i) qu'on croyait d'après les mêmes signes également affectée d'une hydropisie de la trompe, et qui s'était bien trouvée les premiers jours qui suivirent l'évacuation de l'eau, mais qui fut bientôt .attaquée de symptômes fâcheux et mourut le septième jour après cette évacuation, laissa voir aux anatomistes que cette eau était accumulée entre le péritoine et l'épiploon endurci, circonstance qiii est avouée avec une candeur digne de tout éloge.

Bien plus, sachez, afin de ne vous rien cacher moi-même pour le même amour de la vérité, que si par hasard quelqu'un prétend que ces deux guérisons de Duverney appartenaient plutôt à une hydropisie du péritoine, je n'ai rien à répondre, par la raison surtout qu'il ne put point faire l'examen anatomique de la fille qui fut parfaitement guérie, et qu'il ne fit pas celui de la veuve, quoiqu'il pût peut-être le faire, et qu'il a même écrit

(i) Ibid., n. 7.

positivement à Tendroit où il a parlé pour la première fois de ces deux guérisons, comme je l'ai dit plus haut (i), qu'il n'avait vu guérir aucune des femmes attaquées d'une hydropisie interne enkystée.

71. En attendant que d'autres enseignent des choses plus certaines, je croirais que vous ferez mieux d'imiter la prudence du médecin Targioni (2), et de vous en tenir au traitement palliatif âe l'hydropisie interne enkystée que Schorkopff (3) avait aussi recommandé de préférence. Targioni donne à ce sujet plusieurs avertissemens, que vous recueillerez et que vous suivrez avec prudence, sans même négliger le dernier dans lequel il dit que lorsque les hydropisies de cette espèce sont déjà considérables, il faut éviter les positions du corps, les mouvemens et les efforts, d'où résulte une trop grande pression du kyste sur les viscères , ou des viscères sur le kyste. En effet, l'histoire que je vous ai racontée plus haut (4) fait voir avec quelle facilité les kystes se rompent quelquefois, même quand ils ne sont pas très-grands; car un rire trop violent fit sur cette femme ce qu'il avait fait sur un homme dont Hoffmann (5) nous a laissé l'observation. En effet,

(2) Cit. siiprà, ad n. 64.

(3) Tlies. 26 suprà, ad n. 6g cit.

(5; Medic. rat,^ t. 4, p. 4, c.if^, obs. 7.

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celui-ci pense avec raison que ce fut par un rire immodéré qu'un sac qui contenait beaucoup d'eau se rompit dans la poilrine, parce que la difficulté de respirer qui avait existé auparavant avjec une douleur fixe du côté gauche se changea en suffocation , et que lorsque cette suffocation eut enlevé le malade en peu de temps, on trouva dans la cavité gauche de la poitrine beaucoup d'eau, et plusieurs membranes et vésicules déchirées et séparées des vertèbres et des côtes, indices non équis>oques de la rupture d'un sac, et d'un épanchement subit d'eau peut-être fort acre. Du reste il n'est pas toujours aussi facile qu'il le fut alors sur cette femme de chasser l'eau pas les voies de l'urine; car on n'en eut même pas le temps sur l'homme. De là vous comprendrez aussi plus facilement dans quelle grande erreur sont ceux qui se servent , surtout contre les hydropisies de celte espèce , de remèdes trop vioîens qui excitent le vomissement ou les déjections. En effet, Wepfer (i) pensait que chez une femme devenue ascitique après un vomissement énorme, et sur laquelle il avait trouvé l'un des ovaires augmenté de volume et extraordinairement déchiré, l'eau s'était écoulée de ce viscère dans le ventre. Vous croirez aussi cela vousmême relativement à ces deux femmes que j'ai citées (2), et chez lesquelles Schacher et Gutermann

(i) Apud Scorkopffium modo cit. , ih. 23.

observèrent en même temps une ascite et une hydropisie de Tovaire qui était ouvert ou rompu, si en lisant en entier les histoires (i) de l'une et de l'autre, vous remarquez quelle espèce de remèdes elles avaient pris, et ce qu'elles avaient souffert après les avoir pris. Mais tandis que je cherche à vous être agréable, je sens enfin que je me suis étendu p!us que je ne le croyais certainement en commençant. Ainsi je finis ma Lettre. Adieu. »= — t 1

(i) Schacheri^ vid, J. 16 in fin.

DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE. ao3

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