XXXIX^ LETTRE AN ATOMICO- MEDICALE
Des autres Tumeurs internes du Ventre contre
nature.
I. Après avoir suffisamment parlé dans la Lettre précédente de l'ascite et des autres tumeurs de tout le ventre, il me reste à traiter maintenant de celles qui distendent certaines de ses parties, excepté pourtant de celles qui occupent les régions supérieures et de quelques-unes situées aux régions inférieures, parce que les tumeurs de ces parties ont été décrites dans d'autres Lettres (i). Valsalva a donc laissé cinq observations relatives à celles qui appartiennent aux parties moyennes ou inférieures; les voici.
1. Georg. Marcbési, sénateur de Forli , affecté d'une grande tumeur interne du ventre, souffrait au dos et au côté gauche des lombes. Il urinait souvent, et il rendait les excrémens intestinaux avec les plus grands efforts. Il avait de l'appétit. Néanmoins toutes les parties du corps étant entièrement exténuées de maigreur, si ce n'est que déjà depuis long-temps le scrotum du côté gauche présentait une tumeur dure, et que les quinze derniers jours les pieds furent tuméfiés par un grand
(i) Epist. 36 et 38, ex parte.
204 TRE NTE-IN'EUVIÈME LETTRE.
œcième, ce jeune noble fut pris d'un érysipèle, et mourut le lendemain.
Examen du cadavre, A l'ouverture du ventre , on vit à son ceritre une tumeur d'un grand volume, qui comprimait tellement les viscères de toutes parts, que s'ils ne se trouvaient pas entièrement hors de leur place naturelle, ils étaient du moins contractés , un peu livides erf plusieurs endroits, et sains du reste, autant qu'on pouvait en juger par la vue. La tumeur était suspendue au mésentère, et couverte dans toute sa face antérieure par Tépiploon amaigri et déchiré en plusieurs endroits. Celui-ci ayant été séparé et mis de côté, la forme de la tumeur se présenta un peu mieux. Cette forme était irrégulière; mais deux protubérances qui s'élevaient de sa partie supérieure s'étendaient vers les deux hypochondres, de telle sorte que Fune couvrait le foie, et l'autre la rate, et qu'elles poussaient même ces viscères en haut avec force. L'estomac Uii-même n'était pas à l'abri de toute pression , se trouvant légèrement poussé par la partie moyenne de la tumeur, de laquelle ces deux protubérances s'éloignaient. Quant au poids de toute la tumeur, il paraissait pouvoir être d'environ vingt-cinq livres. Mais en outre dans les autres parties qui étaient hors de sa circonscription, tout le mésentère présentait une tuméfaction produite par la même substance que celle de la tumeur elle-même, à laquelle était aussi réunie une autre tumeur de la même nature,
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE. 2o5
qui existait dans le testicule gauche. C'est que la nature de l'une et de l'autre était en grande partie semblable à celle des tumeurs cancéreuses, et surtout à celle de certaines tumeurs qui s'observent sur les mamelles. Les corps dont elles étaient composées approchaient pourla plupart de la substance glanduleuse, et ressemblaien t par leur forme à des tubercules, ou, comme on les appelle dans ce pays, à des tartuffi (truffes). Ils étaient de différente grosseur; les uns étaient blanchâlres comme de la graisse, les autres étaient rouges comme de la chair, et plusieurs aussi étaient un peu noirâtres comme si cette couleur eût été produite par du sang coagulé. Dans quelques interstices qui séparaient ces corps il y avait du pus en stagnation, mais dans certains c'était un ichor, et dans d'autres une sérosité jaune. Toutefois il ne se trouvait dans aucune partie des tumeurs plus de sérosité qu'il n'y en avait dans celle du testicule.
3. Voilà' maintenant tout ce qui appartient à cette histoire, dont j'ai rapporté ailleurs (i) une petite partie, en promettant le reste avec les observations de Valsai va, dont j'avais alors l'intention de publier un choix à la fin de ses Dissertations, Et certes celle-ci n'est pas des moins remarquables, si l'on considère en même temps l'étendue et le poids de la tumeur. En effet, relativement à retendue, je n'ignore pas sans doute que d'autres
(i) Epist. anat. 2, n. 67.^
206 TRENTE-3TEUVIEME LETTRE.
grandes tumeurs du mésentère se sont prolongées quelquefois par leur partie supérieure jusqu'au foie ou à la rate, au point qu'elles présentaient aux médecins l'apparence de l'un ou de l'autre viscère converti en une masse squirrheuse. Mais celle-ci, outre qu'elle couvrait le foie et la rate par ses prolongemens supérieurs, s'étendait en bas, par un exemple rare, jusqu'à se réunir à la tumeur du testicule gauche. Vous lirez bien que des hommes célèbres, Hebenstreit (i) et Matthias (2), ont parlé d'un stéatome qui appartenait au mésentère, et avait attiré à lui dans l'intérieur du ventre l'un des testicules, au lieu de s'étendre en bas jusqu'à cet organe; mais quoique dans la seconde observation où il se prolongeait jusqu'à la cuisse, il entourât les vaisseaux cruraux, cependant dans aucune des deux il ne montait jusqu'au foie et jusqu'à la rate. Toutefois le poids de la tumeur dans ces deux observations, et surtout dans une autre qui sera citée plus bas (3), était certainement plus considérable que celui que Valsalva trouva. Cependant , qui pourrait nier que la tumeur décrite par lui ne fût des plus grosses qui aient été vues dans le mésentère, eu égard même au poids, puisque Warthon (4) qui en cite
(1) Diss. de partium coalescent. morb., §. 17.
(2) Commerc. litt. , a. lySg, hebd. 48-
(4) Adenogr. ;, eu.
plusieurs, parle de deux comme des plus pesantes, dont l'une observée par lui ne pesait que sept livres environ, et dont l'autre observée par Paré n'en pesait que dix et demie , quoiqu'il soit dit que sa grosseur était étonnante et presque incroyable,
4. Relativement à ce qui fut observé pendant la vie du malade , vous n'attendrez certainement pas que je dise pourquoi il maigrit de tout le corps, quoiqu'il eût de l'appétit, si vous réfléchissez par quel endroit le chyle passe pour aller dans le sang, ni pourquoi les pieds se tuméfièrent à ce point, si vous considérez quelles parties traversent les veines iliaques et la veine-cave inférieure. D'ailleurs le poids de la tumeur et sa masse pressaient non-seulement les vaisseaux chylifères, ou sanguins, mais encore la vessie et les intestins. Voilà pourquoi celle-là ne pouvant pas se déployer facilement, ni ceux-ci se dilater, le malade était forcé de rendre souvent son urine, tandis qu'il était obligé de faire de grands efforts pour évacuer les autres excrémens du ventre. Fernel (i) a dit que le dernier de ces effets a souvent lieu dans cette maladie par la même cause, et vous verrez que l'un et l'autre, ou du moins la paresse du ventre et la difficulté d'uriner, ont été observées par Paré, et expliquées par lui de la même manière dans le cas que j'ai cité un peu plus haut (2), et
(ijPathol.yl. 6,0.7.
2o8 TtlElN TE-K EUVIÈME LETTRE.
qui a élé rapporté aussi (i) dans le Sepulchretum, Il est parlé en même temps dans ce cas d'une douleur qui existait au dos ou aux lombes, comme sur notre sujet ; or vous savez à quelles vertèbres le mésentère s'attache. Cette douleur et la difficulté d'uriner ne manquèrent pas non plus dans l'observation suivante de Yalsalva.
5. Une femme âgée de soixante ans, s'étant plainte déjà depuis plusieurs mois d'une tumeur à la région ombilicale, commença à éprouver une douleur gravative qui se dirigeait vers le dos, et qui était accompagnée de temps en temps de difficulté d'uriner. La tumeur augmentait de jour en jour (elle était déjà aussi considérable que peut i'étre l'utérus d'une femme enceinte), ainsi que la douleur décrite, qui fut la suite de l'accroissement de la tumeur, et qui devenait surtout plus violente lorsque la femme couchée se tournait d'un côté sur l'autre.
Examen du cadavre. Le ventre ayant été ouvert après la mort, une tumeur d'un grand volume se présenta. Elle avait sa base dans le centre du mésentère, et elle était attachée à la membrane adipeuse du rein droit; mais elle était tellement adhérente à l'extrémité de l'intestin colon, qu'on ne pouvait l'en séparer sans déchirure. La substance delà tumeur était ferme dans certains endroits, et molle dans d'autres, de manière qu'elle
(i) Sec t. hâc 21^ obs. 38.
ressemblait à la matière d'un sléatome. Le rein droit était rempli d'un grand nombre de petits graviers, et il avait le bassinet considérablement dilaté. Du reste, les autres viscères étaient sains.
6. Quoiqu'il ne soit pas douteux que cette difficulté d'uriner et cette douleur qui se dirigeait vers le dos, n'appartinssent aussi au rein en quelque partie, par la raison que ce viscère faisait passer de petits graviers dans l'urine, et que sa propre membrane ne pouvait pas ne pas être légèrement tiraillée en même temps que l'autre membrane commune, c'est-à-dire la membrane adipeuse, néanmoins ce tiraillement dépendait du poids de la tumeur attachée au rein, et d'ailleurs la difficulté d'uriner a lieu souvent dans les derniers temps chez les femmes enceintes à raison de la masse de l'utérus qui est extrêmement développé, masse à laquelle celle de cette tumeur était comparable, comme je l'ai dit. Or si par hasard cette masse était plus saillante à droite près du rein, comme cette adhérence l'indique , on pourrait aussi comprendre facilement par là comment l'uretère étant fort souvent comprimé et la descente de l'urine empêchée , la dilatation du bassinet était parvenue à ce point.
Mais quoi qu'il en soit de cela, vous serez peutêtre étonné d'une chose dans les deux histoires qui ont été rapportées, savoir qu'à l'exception de cetle douleur des lombes et du dos, qui était la conséquence nécessaire du poids de la tumeur qui VI. i4
2IO TREIYTE-JNEirVlÈME LETTRE.
tiraillait les parties, il ne soit fait mention d'aucune douleur particulière qui apparlîîit à la tumeur elle même, ou du moins aux membranes du mésentère qui l'embrassaient. Mais votre élonnement cessera, lorsque j'aurai fait voir que les observations et les écrits des anciens et des modernes s'accordent avec les histoires de Valsai va. Par le nom d'anciens je n'entends point parler ici des auteurs qui vivaient avant Beniveni, lequel florissait vers le commencement du seizième siècle. Cependant je ne pense pas que ces maladies du mésentère fussent inconnues de ceux qui sont plus anciens que lui. En effet, bien qu'ils ne fussent pas accoutumés à disséquer des cadavres humains, ils disséquaient pourtant assez souvent des corps d'animaiix brutes, sur quelquesuns desquels il n'est pas incroyable qu'ils aient trouvé cette lésion , que j'ai vue même sur une trèspetite poule. Celle-ci était aussi maigre que vorace; cependant elle avait un ventre aussi gros que si elle eût été sur le point de pondre un œuf, ce qu'elle ne pouvait point encore à raison de son âge. Cette tumeur était formée par des corps squirrheux arrondis, dont la plupart étaient de la grosseur d'une fève, et quelques-uns de celle d'une châtaigne; ils étaient interposés entre les intestins auxquels quelques-uns se trouvaierit même attachés , et tous avaient une surface et même une substance grenue, si ce n'est que l'un des plus gros contenait une grande quantité de matière em-
brassée de toutes parts dans des grains très-durs, semblable à du suif blanc, tendre, mais desséchée, et telle que celle que j'ai décrite dans la Lettre précédente (i) sur l'utérus et les ovaires d'une femme. Mais ici Tovaire avec ses petits œufs était sain, ainsi que les deux pancréas, le foie et la rate (si ce n'est que leur volume était considérablement augmenté), et même les intestins.
Ainsi il n'est point vraisemblable pour moi que les cuisiniers, les bouchers, les sacrificateurs, n'aient jamais trouvé ni montré aux médecins aucune tumeur dans le mésentère, par îa raison que je vois, comme je vous l'ai dit ailleurs (2), que Galien observa sur un coq une tumeur squin heuse aux environs du cœur, et qu^il la transporta aux hommes. Je croirais plutôt que ce que les anciens médecins ont écrit à ce sujet dans quelque livre s'est perdu par la longueur du temps, comme taut d'autres choses. En effet, si Julius Pollux a prétendu ^ comme je l'ai lu dans Ingrassias (3), que les écrouelles ont lieu aussi aux environs du mésentère^ ou bien ce grammairien aura pris cela dans quelque auteur de médecine, ou si par hasard il l'a vu par lai-méme, il est difficile de croire cjue tous les médecins qui ont écrit depuis la fin du second siècle jusqu'au commencement du seizième ^^^^^^^ «
{% Epist. f.6, n. 20.
(3; De tumor., tr. i^ c. i, comm. 3.
âiy. TRENTE-NEUVIÈME LETTRE.
(car on dit que Pollux vivait, ainsi que Galien, sous renijiire de Commode), n'aient fait aucune mention des maladies du mésentère de cette espèce ^près cet avertissement donné par un grammairien.
']. Benîveni (i) trouva donc entre les veines mésentériques d'un enfant un calus (j'entends par là une tumeur dure), qui les obstruait en les comprimait. D'un autre côté, Ingrassi^s (2) rencontra sur le mésentère d'un nègre qui avait été pendu, environ soixante-dix écrouelles, outre presque autant de tumeurs attachées à la tunique externe des intestins; et dans très deux espèces de tumeurs il y en avait qui étaient petites comme un pois, d'autres grosses comme un œuf de poule, et la plupart étaient d'une grosseur moyenne entre celles-là, tandis que toutes contenaient une matière liquide et muqueuse, ou gypseuse et pierreuse. Toutefois Béni veni tout en parlant des autres incommodités de l'enfant, ne fait aucune mention de douleur. Quant à Ingrassias, tous ceux qui avaient connu ce nègre lui rapportèrent d'un commun accord qu'/Z avait été très-sain jusqu'à ce qu il fut pendu; ce qui est assurément fort étonnant. Je ne crois pas d'ailleurs que Fernel (3), qui a enseiÊ;né en géuéral que la tumeur du mésen-
Tl - - --..-■--. , - ■ .- ■ ■ .
(i) De abdit. niorb. causis, etc., c. 37.
(3' Comment, cil.
(3) C. Suprà, ad n. 4 cit.
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE. î2 1 3
tère ne donne lieu à aucune douleur , l'ail dit sans observations, quoiqu'il ait ajouté aussitôt pour motiver ce qu'il avait avancé, /^^rce que la partie elle-même est exempte de douleur. Je le crois encore moins d'Aranti (i); car il paraît avoir observé à cet endroit des tumeurs qui dépassaient quelquefois la grosseur d'une pomme de pin et celle de la tête d'un enfant y et il est certain qu'il en rapporte les caractères de manière à faire voir qu'il avait sous les yeux u!ie structure semblable à celle qui a été décrite par Valsai va (i) sur Marchési. En elfet, dit-il, c'est une tumeur tubéreuse^ et inégale en ce que plusieurs corps glanduleux qui iont unis et qui ont prodigieusement grossi, sont attachés les uns aux autres , et forment des tumeurs inégales en forme de truffes. Cependant il dit que le premier signe de tous, c'est que la tumeur est indolente.
Vous direz peut-être ici que Beniveni et Tngrassias observèrent des tumeurs dures et froides , comme ils les appelaient, et que Fernel et Aranti n'ont sans doute pas voulu en désigner d'autres. Ce qu'il y a de certain, c'est que Beniveni (3) ayant trouvé une tumeur d'une autre espèce qui avait déjà dégénéré en un grand abcès du mésentère, nota qu'il avait existé des tranchées du ventre,
K^— . - - j. II,- I I j !.. laiL II - I II»
(i) L. de tiimor. 5 p. n. c. 44»
(2 Suprà, n. 2.
2l4 TRENTE-NEUVIÈME LETTRE.
qui augmentèrent de jour en jour, et qui étant devenues insupportables firent mourir le malade. Je ne doute pas que vous n'ayez lu également, même dans !e Sepulchretum ^ que des coliques, ou des douiefirs semblables à des coliques, avaient été pn>duites par des abcès et des apostèmes du mésentère, d'après le témoignage de Mermann (i), de Folius (2), de Wepfer (3) et de Seniiert. (4)
Pour moi, je n'ignore pas que l'on peut faire ces objections qui n'avaient point écbappé en partie à MMrcelius Donatus (5), lequel, à ce que je vois, avait lu sur les tumeurs du mésentère la plupart des choses que j'ai indiquées jusqu'ici, et dont il avait déjà été fait mention de son temps dans les ouvrages. Or, comme cet auteur prétendait aussi positivement qu'aucun autre, que le mésentère n'éprouve aucune douleur qui mérite d'être mentionnée, parce que des différentes parties qui le constituent il n'en reconnaissait aucunes qui fussent douées de sensibilité, e xepté les nerfs et les membr;ines , dont il î)e doutait pas néanmoins que la sensibilité ne soit extrêmement affaiblie à cause de la grande quantité de graisse qui les entoure, il pensait que la douleur notée par Beni-
(i) L. 3, s. 14, obs. 3o, §. 10 et J. i3 et seq.
(2) Ibid.
{Z)Ibid.
{k)Jbid.
(5j De medic. Hist. mirab., 1. 4, c. 7.
DES TUMF.URS INTERNES DU VENTRE. aiD
veni appartenait, non pas au mésentère, iDaisaux intestins. C'est qu'il croyait que la douleur avait été surtout excitée clans le trajet intestinal auquel la portion affectée du mésentère était unie, par le poids d'une grande quantité de matière qui formait Fabcès, lequel poids exerçait une compression, ou tirait en bas, pour ne rien dire de l'exhalaison acre de la même matière.
8. Quant à moi, bien qu'il ne soit nullement nécessaire d'approuver tout ce que j'ai dit relativement à l'opinion de Marcellus, cependant il rne semble qu'on ne peut pas nier que les tranchées du ventre (car Beniveni s'est servi de cette expression) n'indiquent plutôt des douleurs des intestins que du mésentère; ou si par hasard quelqu'un en doutait, parce qu'on lit bientôt après les paroles suivantes, tous les viscères paraissaient sains, le foie , la rate et tous les intestins ne présentaient aucune marque de douleur , il est certain du moins qu'il est dit positivement dans les autres histoires que j'ai citées qu'il existait des douleurs semblables à des coliques , ou des coliques. Et pour que vous ne croyiez point par hasard que ceci a lieu seulement lorsqu'il existe un abcès, lisez Plater (j) et Warton (2) qui observèrent des coliques sur des sujets dans le mésentère desquels ils îrou»^ vèrent, le premier des tumeurs glanduleuses et
(i) Sepulchr. , obs. cit. Zo , cit. ^. 11. (2) Adenogr. , c. 1 1.
2î6 TRENTE-lVEUVrÈME LETTRE.
dures^ tellement attachées aux intestins en plus d'un endroit, qu'en les rétrécissant elles empêchaient ia descente des excrémens, et le second une tumeur unique, mais si grosse qu'elle poussait les intestins de l'autre côré, et plutôt ^/aW«leuse et charnue que humorale.
Que s'il n'est point dit dans les observations de Valsalva (i) et dans celles des autres auteurs que j'ai citées plus haut (2), que des tumeurs de cette espèce produisirent de ces douleurs, il est croyable que sur certains sujets les intestins ne furent pas également comprimés , et que sur d'autres les matières fécales ne furent pas aussi acres, ou aussi ab()nd.intes; ce que vous croirez surtout pour une femme dont le mésentère, comme vous le verrez dans Coïler (3j, était composé de squirrhes nom-hreux et assez volumineux ^ et qui pouvait à peine avaler quelque chose méfiie de li(juide. C'est ainsi que vous direz qu'il existait aussi quelques autres causes, si toutefois ce n'étaient pas les mêmes, dans certains abcès du mésentère; car nous ne lisons pas que tous fussent accompagnés de doule(H\s. A la vérité le même auteur (4) parle dans la description d un grand abcès, de symptômes qui tournientaient le malade; mais ces symptômes peu-
(1) N. 2 et 5.
(3) Obs. anat.
(4) Ibid.
Vent être rapportés à la difficulté d'uriner, et à d'autres incommodilés qui sont indiquées, puisqu'il n'est fait aucune mention de douleurs du ventre et des intestins. Bien plus, Donatus (i) décrit une observation qui lui <?st propre relativement à un abcès qui était assez considérable, comme le prouvèrent l'évacuation d'une grande quantité de matière sanguinolente et purulente, et un ulcère sordide de la longueur d'un empan qui restait dans le mésentère, quoique dans le cours d'une longue maladie on n'eût jamais entendu aucune plainte de douleur, si ce n'est le dernier jour.
Mais l'histoire de Hiarne, que vous trouverez' dans cette section (vingt-unième) du Sepulchretum (2), est beaucoup plus étonnante que toutes les autres. Tandis que les autres symptômes y sont décrits , il n'y est pas dit un seul mot de la douleur du ventre; ce qui est moins surprenant à cause de douze livres et plus d'une matière liquide qui se trouvait dans une triple tumeur, qu'à raison du poids de toute la tumeur qui était de cinquantecinq livres de Suède, et de son siège qui existait dans presque toute l'étendue du mésentère. Ajoutez à cela d'une part que la tumeur était si étroitement attachée aux intestins, que depuis le duodénum jusqu'au milieu de l'iléon on ne pouvait
(1) C. 7, paulo anle cit.
(2)Obs. 36,5. I.
2l8 TRENTE-NEUVIÈME LETTRE.
l'en séparer sans rupture, comme si eHe se trouvait confondue avec eux, et de l'autre part que l'appétit du malade, qui était tourmenté par une faim continwelle et presque canine, était à peine satisfait par une grande quantité d'alimens; en sorte qu'il n'est point permis d'admettre ici le peu d'abondance d'excrémens, ni la non compression des intestins, et qu'il faut absolument que quelque autre cause soit imaginée par celui qui voudra rendre raison de l'absence des douleurs ; ce que je tâcherai de faire plus bas (i). Car maintenant je dois indiquer d'autres observations dans lesquelles elles ne manquaient pas, afin que vous puissiez les réunir à celles du Sepulchreturn,
Il en est une de Dolée (q), dans laquelle une tumeur un peu moins grosse que celle qui a été décrite par Valsalva (3), mais d'une structure analogue, était accompagnée de tensions cruelles, et d'un sentiment douloureux comme si de petits chiens mangeaient dans le ventre du sujet vivant; toutefois la tumeur naissait bien du mésentère, mais du reste elle était attachée aux intestins grêles en différens endroits; bien plus les intestins euX" mêmes traversaient sa substance. 11 existe une autre observation de Verdries (4) qui rapporte qu après
(i)N. II.
(2) Eph.N. C, dec. 3^, a. 5 et 6, obs. 258.
(4) Acl. N. C, lom. i, obs. 87.
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE. 2ig
des tranchées du ventre le mésentère fut trouvé totalement stéatomateux ^ et non sans un grand abcès, mais qu'en même temps les intestins étaient étroitement unis entre eux. Une troisième observation de Laubius (i) fut recu,eillie sur un homme qui après avoir été tonrmenté par des douleurs du ventre extrêmement incommodes, présenta bien des tuberciiles dans le mésentère; mais les intestins étaient aussi remplis d'un grand nombre d'abcès stéatomateux semblables à ce dernier. Au contraire Goekel (a) a noté que le mésentère sur un comte d'une très-grande noblesse était assiégé tout entier d'une grande quantité de graisse squirrheuse sébacée, et que néanmoins il nj avait pas eu de tranchées.
Ainsi pour conclure, ou bien on ne lit pas dans les observations rapportées tant des anciens que des modernes, qu'une douleur coexistât avec une tumeur du mésentère, ou bien si on le lit, il n'est pas constant qu'elle eilt plutôt son siège dans le mésentère lui-même que dans les intestins. Cela n'est pas non plus assez certain dans une histoire de J. Scultet, qui se trouve aussi dans le Sepulchretum (3); car on ne voit pas suffisamment que les douleurs du ventre fussent hors des intestins; et si on le voyait, comme il est dit qu'une raa-
(i) E©rumd. , t. i, obs. 108^ partie. 2.
(2) Eph. N. C. , cent. 6, obs. 94.
(3) L. 3^ s. 14, obs. 3o, §.12.
âCiO TRENTE-l^TEUVIÈME LETTRE.
tière très-acre qui se trouvait dans six tumeurs du mésentère avait produit une très-grande érosion sur toutes les vertèbres des lombes, il ne manquerait pas hors du mésentère, d'après d'autres observations, un autre siège soit des douleurs, soit de Forigine des douleurs, comme il est certain qu'il ne manquait pas dans l'exemple qui suit.
9. Une femme de vingt huit ans avait été tourmentée pendant quatre ans par des douleurs dans le ventre, auxquelles se joignait quelquefois une petite fièvre légère; ces douleurs étant enfin devenues plus vives, l'enlevèrent.
Examen du cadavre. Sur le cadavre l'abdomen ne présentait déjà plus extérieurement aucune tension, tandis qu'il en avait existé une pendant la vie aux environs de la région ombilicale Cependant il y avait deux tumeurs au centre du mésentère. L'une d'elles, de la grosseur d'un œuf d'oie, se dirigeait vers le rein droit; elle était ulcérée et ne contenait pourtant rien de purulent : mais l'autre était beaucoup plus grosse; car d'une part elle s'étendait jusqu'au rein gauche, en s'insinuant entre ses tuniques externe et interne, de telle sorte qu'elle couvrait tout le rein, et qu'on ne pouvait l'en arracher qu'avec la plus grande difficulté, et de l'autre part elle se prolongeait jusqu'à l'os pubis du'inême côté, ayant dans certains endroits deux doigts d'épaisseur, et dans d'autres trois. Celte dernière tumeur au premier aspect ressemblait à du sang concrète. Mais elle était
entièrement couverte de membranes fermes fournies par le péritoine; et elle se trouvait composée d'une substance parfaitement semblable à (les fibres charnues sur plusieurs points, si ce n'est que dans certains endroits ces fibres étaient teintes d'une couleur noire, et que dans quelques autres elles étaient tellement relâchées, qu'elles semblaient être du sang concrète.
lo. Si j'étais certain, comme je le soupçonne, que cette dissection eût été faite par Valsalva lorsqu'il était encore jeune homme , je croirais facilement d'après la description que cette seconde tumeur était un anévrisme. Mais en supposant que ce ne fût rien autre chose que ce qu'il crut alors lui-même, c'est-à-dire une de ces tumeurs du mésentère dont il s'agit ici, il est certain qu'elle ne put pas s'étendre jusqu'au pubis et couvrir le rein gauche, sans presser et comprimer les intestins, ni s'insinuer entre les tuniques de ce rein et s'attacher aussi ^fortement à la membrane propre de ce viscère et au viscère lui-même, sans causer des incommodités longues et graves; or, bien que ces incommodités aient leur siège à ce4: endroit, vous n'ignorez cependant pas combien il est fréquent qu'elles s'étendent jusqu'aux intestins, et comme les douleurs semblent assez fréquemment apparterjir plutôt à ceux-ci qu'au rein. Cependant je ne voudrais pas que vous crussiez que j'ai l'opinion qu'il ne peut exister aucune tumeur du mésentère qui soit elle-même le siège de la douleur; je dé-
222 TRENTE-WEUVTÈME LETTRE.
sire seulement que vous ne receviez tout ce que j'ai rapporté et remarqué jusqu'ici, que pour savoir que sur tant d'observations il n'en est aucune qui prouve clairement que la douleur existait dans la tumeur elle-même.
II. Gela est assurément étonnant, soit que l'on considère la quantité des nerfs du mésentère, ou bien les fonctions de ses glandes. En effet, le nombre des nerfs est proportionnellement bien moins considérable dans les mamelles; or si les tumeurs de leur glande donnaient lieu à une douleur aussi vive, par la raison qnun chyle crû et -propre à contracter de l'aigreur ne peut pas se rendre dans un état aussi crû et d'une manière aussi abondante à d'autres parties glanduleuses qu'aux mamelles, certes la douleur devrait être beaucoup plus violente dans les tumeurs du mésentère (aux glandes duquel l'homme savant qui a écrit cela ne paraît pas avoir fait attention), attendu que le chyle s'y rend tout entier et dans un état beaucoup plus crû. Vous diriez qu'il est délayé dans le mésentère par la lymphe, et que par conséquent il le traverse au lieu de s'y arrêter comme dans les mamelles, si la tumeur elle-même en commençant ne retardait et la lymphe et le chy!e, et si bientôt après elle ne laissait passer la lymphe , parce qu'elle est plus ténue, et ne retenait lecbyle. Est-ce donc que la douleur appartenant au mésentère semble exister dans les intestins par l'irritation des nerfs qui se dirigent vers ceux-ci , comme
DES TUMJîURS INTERNES BU VEINTRE. 223
dans le cas où le pied est déjà amputé? est-ce qu'une hunneur capable d'irriter n'existe pas dans toutes les tumeurs du mésentère? est-ce que dans quelques-unes de ces tumeurs il y a une humeur qui émousse la sensibilité des nerfs en les relâchant? est-ce que les nerfs interceptés quelquefois par la dureté des tumeurs comme par un lien dont on les aurait entourés, deviennent impropres à remplir la fonction de la sensibilité? Mais ceci posé, vous ne comprendrez pas ensuite comment J-aubius (t) observa des tranchées aux environs de V ombilic^ lorsqu'^^/z abcès stéatomateux plus grand que le poing d'un homme, dur y compacte ^ situé à la partie postérieure du mésentère, là oit celui-ci s' at» tache aux vertèbres lombaires , environnait les gros vaisseaux de cet endroit. En effet, il semble que de cette manière il dût intercepter et comprimer les nerfs qui étaient placés sur ces vaisseaux, et qui devaient se rendre au mésentère et aux intestins. Ainsi , imaginez quelque autre chose pour ce cas ; voyez les autres explications que j'ai indiquées tout à rheure, et accommodez-les aux différentes observations.
Croyez du reste que vous ne pouvez expliquer aucurîe de ces observations (celles toutefois que je considère) de la manière qui a été indiquée par Bierling (2), qui pensait que tant d'auteurs
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(1) Act. N. C, tora. 2, obs. 108.
(2) Eph. N. C.^ dec. 1, a. 2, obs. lôa.
224 TRENTE-KEUVIÈME LETTRE.
s^ étaient trompés pendant tant de siècles , sinon toujours, du moins un ^rand nombre de fois , parce que ignorant le véritable usage de cette grande glande qui se trouve dans le centre du uîésentère, et ne connaissant pas le réservoir du chyle, ils avaient converti le plus souvent en abcès du mésentère ce réservoir qui était encore rempli de chyle après la mort, et qu'ils avaient disséqué; comme si les abcès que la plupart ont décrits n'étaient pas remplis d'une humeur bien différente du chyle , ou que cette grande glande existât dans l'espèce humaine comme sur les quadrupèdes. Je passe sous silence que l'on a remarqué assez souvent, même pendant la vie, que certains abcès et certaines tumeurs avaient un autre siège que ce réservoir, et que la plupart en différaient par leur nombre ou par leur grosseur. Toutefois je ne nierai pas ce que le célèbre de Haller (i) croit, que quelquefois les glandes du mésentère qui étaient grandes à la vé^ rite , mais qui Vêtaient d'après la loi ordinaire des glandes conglobées sur les jeunes sujets , ont été re^ gardées comme morbides, tandis quellts étaient très'Saines, Mais lorsqu'elles sont beaucoup plus grosses ou plus dures que cette loi ne l'exige, il n'y a certainement pas lieu à ce soupçon, comme dans cette dissection d'un enfant que j'ai rapportée d'après Beniveni (2); car cet auteur ne se serait
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(i) Not. 2, ad §. 128, Pra^lect. Boerli. in liiotit.
pas servi de l'expression de calus, et il n'aurait pas dit que toutes les veines mésaraïques étaient obstruées par lui, s'il n'avait pas trouvé eiitre ces veines une tumeur soit dure, soit assez grosse.
Du reste, pour ce qui regarde la dureté de ces tumeurs, il faut avoir égard soit à leur nature, soit au temps dans lequel elles existent. Vous avez pu remarquer, d'après la plupart des observations rapportées , combien souvent cette dureté approche de celle du stéatome. Et cependant d'autres fois elle en est bien différente. Voyez, par exemple, les Thèmes Médicaux du grand anatomiste Sal. Alberti , qui ont été publiés avec trois de ses discours , et qui appartiennent aux maladies du mésentère et du pancréas. Vous y trouverez d'autres choses qui confirment quelques propositions que j'ai émises plus haut(i), mais surtout ceci : que les humeurs qui se putréfient dans le mésentère V élèvent quelquefois en forme d'une tumeur, qui est d'abord lâche et molle , mais qui devient tellement dure et rénittente au toucher par les progrès du temps lorsque les humeurs se dessèchent peu à peu, que Von croi-^ rait quil s'est formé un os ou un calcul dans les parties qui appartiennent à Vombilic et au basventre. Mais il arrive d'autres fois au contraire que ce qui était dur se ramollit par la putréfaction» C'est à cela qu'appartient entre autres une obser-
(ON. 4 et 7, VT. 1 5
vation d'Ad. Vestpbal (r), qui ayant trouvé dans Je ventre d'une malade, et surtout aux environs de l'ombilic, plusieurs tumeurs dures qui se ramollirent enfin par le laps du temps , vit après la mort la plupart ^ç,^ glandes du mésentère ulcérées^ tandis que d'autres étaient encore endurcies. Mais actuellement passons aux tumeurs qui sont situées à la partie inférieure du ventre.
12. Une femme âgée de quarante ans avait commencé à s'apercevoir autrefois d'une certaine dureté qui s'était formée aux environs de Tutérus à la suite d'un avorlement survenu à l'époque où le fœtus avait près de cinq mois, et à éprouver au même endroit une douleur pongitive, légère, mais continuelle. Elle eut quelquefois de la fièvre. Cependant la tumeur grossit, de telle sorte néanmoins qu'elle était mobile; car on la sentait tantôt à la partie moyenne, tantôt sur les côtés. La nialade souffrait beaucoup de la tête; elle déchargeait son ventre avec peine; il y avait de temps en temps des vomissemens incommodes; mais la douleur ^tait quelquefois si violente dans la tumeur, surtout lorsqu'elle éprouvait des chagrins, qu'il s'allumait une fièvre ardente qui pouvait à peine être supportée. Les symptômes qui ont été indiqués se développèrent en dix ans, pendant lesquels elle ne conçut jamais. Enfin la tumeur étant devenue
(i) Diss, de part, inlest. jejuni, etc. , c. 3, 5- ^^*
J:>£S tumeurs I]>fTEimES DU VENTRE. 22^
immobile, et la douleur et la fièvre aiguë persistant, elle mourut.
Examen du cadavre. A l'ouverture du ventre, Valsalva trouva une tumeur d'un si grand volume, qu'elle égalait une très-grosse tète d'homme. Elle existait dans la paroi postérieure de l'utérus, où elle comprimait violemment l'intestin rectum, et où elle était étroitement attachée aux parties circonvoisines. Elle semblait bien être charnue à l'extérieur par sa couleur, mais sa substance était trop ferme, et elle contenait dans son intérieur deux cavités sinueuses dont les parois ressemblaient à de la chair putride. L'une de ces cavités était vide ; dans l'autre était renfermée une matière séreuse. Cette tumeur occupait aussi le siège des ovaires. C'est pourquoi on ne trouva aucun vestige de ces organes, si ce n'est qu'on vit sur les côtés de la tumeur des vésicules remplies de sérosité, dont quelques-unes égalaient un œuf de pigeon. Une portion de sérosité prise dans ces vésicules fut placée sur du feu, et une autre fut mêlée avec des sucs acides qu'on répandit sur elle. Ni l'une ni l'autre ne se coagulèrent en aucune manière.
i3. Ce cas n'a besoin d'aucune explication ; tant ce qui fut trouvé après la mort répond évidemment à ce qui avait été observé pendant la vie; Ainsi la dureté, la douleur, la tumeur devenue enfin manifeste, ainsi que leur siège, et le défaut de conception pendant dix ans quoique dans la force de l'âge, ayant été la suite de l'avorîement,
228 TRETCTE-NEUVIÈME LETTRE.
indiquent suffisamment une tumeur de l'utérus; et ce n'était pas à un autre objet qu'appartenaient la douleur de tête, les vomissemens et l'augmentation des douleurs dans la partie tuméfiée, surtout après des affections tristes de l'âme, tandis que la violence des douleurs et les fièvres annonçaient une tumeur de mauvaise nature, comme la difficulté de décharger le ventre plutôt que la vessie^ indiquait à quelle partie de l'utérus elle était principalement située. Une seule circonstance, à en croire Aranti (i), pourrait ne point paraître s'accorder assez bien avec le reste. En effet, cet auteur en rapportant les caractères au moyen desquels nous distinguerons les tumeurs de l'utérus de celles du mésentère, dit : celles-là sont douloureuses , égales ^ ont une forme ovale ^ et ne changent nullement de place, La notre fut longtemps mobile, et elle l'aurait été beaucoup plus long-temps et peut-être toujours, si elle ne s'était enfin étroitement attachée aux parties voisines. Est-ce donc qu'Aranti était tombé seulement sur des tumeurs de l'utérus de cette espèce, qui étaient déjà devenues très-grosses et qui se trouvaient adhérentes? s'est-il servi d'expressions qui semblent indiquer peut-être plus qu'il n'en avait l'intention, que ces tumeurs étaient immobiles? Quoi qu'il en soit, il était beaucoup plus facile de comprendre avant la dissection dans l'histoire qui a
(i) P» 44 suprà, ad n. 7 cit
été rapportée que dans celle qui suit immédiatement, quelle partie formait la tumeur au basventre; et cependant ce siège n'échappa point à la sagacité de Yalsalva, comme vous allez l'apprendre incontinent.
14. Une femme maigre d'environ quarante ans, étant très-sujette à une affection hystérique et surtout à des paroxysmes fort graves dans lesquels tout le corps et principalement les viscères du ventre étaient agités de mouvemens convulsifs, et ayant enfin éprouvé quelques accès plus violens que tous les autres, commença à s'apercevoir d'une dépression manifeste à la région épigastrique, et d'une élévation à l'hypogastre. Celle-là ne changeait jamais : celle-ci changeait souvent dans l'espace d'un seul jour; car comme elle se présentait sous la forme d'une tumeur volumineuse et trèsdure, elle s'affaissait fréquemment tout à coup. De même lorsque la femme prenait des alimens, elle sentait qu'ils se précipitaient jusqu'au même endroit, ce qui faisait que cette partie s'élevait davantage, et que le sentiment de pesanteur qui y existait toujours devenait plus considérable, tandis que quatre ou cinq heures après il s'ensuivait des douleurs très-violentes, des tranchées et des défaillances. La malade se plaignait souvent de ce que tous ses viscères étaient tombés de leur place; car c'est ainsi qu'elle s'exprimait. Ses digestions étaient manifestement lésées; elle avait de la fièvre, et elle était très-maigre. Après avoir vécu trois
sSo TRENTE -NEUVIÈME LETTRE.
mois dans l'état de maladie que j'ai indiqué, elle mourut.
Examen du cadavre. On trouva sur le cadavre ce que Valsalva avait prédit dans une consultation, c'est-à-dire l'estomac tombé à l'hypogastre, de telle sorte qu'il y avait à peine quatre travers d« doigt entre lui et le pubis. Au reste ce viscère avait une autre position que celle que les Éditeurs de la Bibliothèque Anatoniique (i) ont représentée d'après une fille. Car la partie de l'estomac qui répond à Fœsophage s'étendait tellement en long ici, que tout son fond se trouvait à l'hypogastre.
i5. Ce diagnostic de Valsalva est sans doute rare, mais l'observation ne l'est pas moins. Pour commencer par celle-ci, je voudrais vous faire remarquer que l'estomac peut se trouver dans l'hypogastre de plusieurs manières. En effet, il est quelquefois d'une telle ampleur, que j'observai sur une femme que je disséquai dans cet hôpital vers le milieu de décembre de l'an 1717, que son fond n'était pas plus éloigné de l'os pubis que sur celle dont il vient d'être parlé, et que je le fis voir aux assistans, qui en furent d'autant plus étonnés, que ce viscère était vide. Car on sait que lorsqu'il est distendu outre mesure par des vents pu par des humeurs qu'il renferme, il peut parvenir jusqu'au point de faire croire que les femmes sont déjà enceintes depuis long-temps, ou bien
(i) Part. I, ad Glisson. tract, de ventr. et intest., c. 2.
ascitlques; on le sait, cîis-je, surtotit d'après les observations de Moinicheni (») et de Jodon \i)^ dont lé dernier trouva un estomac qui dépassait une aune de Paris après avoir été coupé par le înilieu^ et dont le premier vit ici dans notre Amphithéâtre d Anatomie ce viscère occuper toute la région de V abdomen , et couvrir les intestins euxmêmes. La description du célèbre Widmann (3) fait voir combien il trouva aussi l'estomac étendu sur un homme qui était accoutumé à se gorger chaque jour d'une quantité presque incroyable de pain et de bière.
Quelquefois au contraire ce n^est pas à cause de l'augmentation de son volume que l'estomac occupe i'hypogastre et d'autres régions du ventre par quelqu'une de ses parties; mais tout en conservant sa grosseur naturelle, il se porte en bas, soit par l'une de ses extrémités, par exemple par la droite, comme dans l'exemple cité (4) de la Bibliothèque Anatomique ^ auquel vous pouvez en ajouter aussi une autre de Méry (5), soit en totalité. Or il peut se porter vers les parties inférieures ou parce qu'il y est entraîné, ou parce qu'il y est poussé. Sur un malade de Vésale (6) il était telle-^
(i) Sepulchr. , sect. liac 21, obs. 42 et 48.
(2) Ihid.
(3) Act. N. C. , tom. 6, obs. 149.
(4;N. 14 in fin.
(5) Mém. de l'Acad. Roy. des Se. , a. 1701, obs. 5.
(6) De corp. hum. fabr.^, 1. 5^ c. 4.
ment entraîné en bas et hors de son siège naturel par le poids de Tépiploon qui était extrêmement lourd, que ce viscère ne remplit plus ses fonc>lions, et que le hoquet s'étant déclaré, la mort survint. 11 était également entraîné par presque tous les intestins grêles tombés dans le scrotum , comme dans cette observation de Méry, ou dans un autre sac très-long, comme dans une autre histoire de Chr. -Henr. Papen (i). Mais il était poussé en bas sur d'autres sujets qui ont été disséqués par Valsalva (2) ou par moi (3), et sur lesquels il était pressé ou par le diaphragme qui était déprimé, ou par le foie qui était très-gros. A ce dernier genre appartiennent surtout deux observations de Fantoni le père (4). Au reste je cite ici tous ces exemples pour indiquer en général les causes de l'abaissement de l'estomac, et non parce qu'en effet il avait été poussé jusqu'à l'hypogastre. E-uysch (5) le vit bien à cette région en disséquant le cadavre d'une femme morte d'un asthme; mais il ne dit ni par quelle cause ce viscère après avoir abandonné sa place naturelle avait occupé l'hypogastre avec les intestins ^ ni quelles incommodités répondaient à ce siège extraordinaire pendant là
(1) Epist. de hern. dorsal.
(2) Epist. 17, n. 2S,
(3) Epist. 21 j n. 24.
(4) Obs. roed. anat. 5 et 2/{,
(5) Obs. anat, chir. 56.
vie; motifs pour lesquels je passe à dessein sous silence d'autres observations de descente de l'estomac, surtout celles où cette descente était moins considérable.
Quant à ce que le célèbre Molinelli (i) remarqua dernièrement, cela appartenait plutôt, à ce que je crois, à une autre maladie qui s'y était jointe, c'est-à-dire à une tumeur volumineuse et dure qui bouchait entièrement le commencement de l'intestin duodénum, d'où l'on peut faire dépendre non-seulement les vomissemens extrêmement difficiles et de longue durée de toutes les substances, ainsi que l'extrême maigreur et la couleur ictérique, mais encore cette grosseur si considérable de l'estomac, quil descendait jusqu à la région du pubis et qa il occupait presque tout Vhypogastre y SLÏnsi que la longueur plus que naturelle de l'œsophage, et par conséquent la chute de V estomac. En effet, de même que par le poids de cette tumeur le pylore qui lui était attaché se trouvait plus déprimé, de même par l'occlusion de la voie de communication entre celui-ci et les intestins les alimens et les boissons non-seulement avaient agrandi l'estomac en s'y arrêtant trop long-temps, mais encore avaient à la fin tiraillé et allongé l'oesophage attaché à l'autre orifice en l'irritant fort souvent et en le forçant à des contractions violentes , comme l'indiquaient les vomissemens ex-
(i) Comment, de Bonon. Se. Acad. ^ t. 2, p. i^ in medic.
234 TREJÎfTE-ïfEUVlÈME LETTRE.
trêniement difficiles; de telle sorte que dans ce cas la chute de restomac se joignit à sa grosseur, et que cette chute dépendait de causes qui ne le poussaient pas en bas, mais qui l'y entraînaient. Maintenant si on compare l'observation de Valsai va avec tontes celles-là, on verra combien elle est rare.
i6. Valsalva trouva donc à l'hypogastre et non à la région ombilicale, non pas une partie de l'estomac qui y serait descendue par suite de l'augmentation de son volume ou du changement de situation de l'une de ses extrémités, mais bien tout son fond. Les convulsions des viscères contenus dans le ventre l'avaient entrauié avec beaucoup de danger à cet endroit . en amincissant, et par conséquent en allongeant la partie qui se continue avec l'œsophage. Car, bien que Molinelli (i) ait vu l'œsophage lui-même allongé, et que Fantoni le père ait noté dans la première (2) des deux observations que j'ai citées que le sujet se plaignit fréquemment de la langue qui lui semblait rétractée vers sa base, indice non équivoque (comme son fils , homme d'un grand savoir, l'a interprété (3)) que l'œsophage était tiré en bas et allongé, et bien qu'il ne faille point refuser facile-» ment à l'œsophage entraîné vers les parties infé-
(1) N. i5 in fin.
(2) Obs. 5.
(3) Schol. ad eamd. obs.
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRIi!. Q?)5
rieures quelque portion de cette longueur aussi considérable que Valsai va observa, cependant puisqu'il reconnut lui-même qu'elle appartenait à l'estomac, il ne convient pas de dire qu'il ne fallait pas l'attribuer à ce viscère en très-grande partie.
Que si l'observation de Valsalva n'était pas remarquable parmi toutes les autres par les différences que j'ai indiquées tout à l'heure, elle le serait du moins par une circonstance; c'est que tandis que dans les autres histoires il y avait en même temps quelques autres parties du ventre qui étaient très-gravement affectées, comme l'épiploon , le foie, l'un des reins, le pancréas, le duodénum ou un autre intestin, et (pour ne pas omettre d'autres lésions de l'estomac lui-même) le pylore qui était presque entièrement obstrué, ou ce viscère dont toutes les parois étaient extrêmement relâchées , dans l'observation de Yalsalva il n'existait rien de tout cela, et, abstraction faite de ce prolongement de la partie supérieure de l'estomac , tout ce qu'il y avait de lésion consistait dans la chute de ce viscère; en sorte que cette histoire semble faite pour apprendre les signes particuliers de cette maladie. En effet , ces signes y sont si bien et si clairement exposés, que la difficulté que j'ai dit (t) être plus grande dans le diagnostic de cette affection que dans celui de la tumeur de l'utérus, doit être estimée non d'après l'indication obscure
(i)N. i3infin.
des syniptôrnes, mais d'après la rareté de la maladie indiquée. Mais la rareté elle-même ne peut point être un obstacle à la sagacité de ceux qui savent chercher habilement les signes, et les bien examiner, parce qu'ils sont exercés aux dissections y comme Valsalva l'était, et à la découverte desfonc^ lions et des usages des parties internes ; deux choses que Galien (i) exigeait absolument des médecins qui voulaient acquérir la faculté d'établir de tels diagnostics y après avoir enseigné comment il avait reconnu lui-même que l'estomac d'un sujet était petit et arrondi, et que la vessie d'un autre se trouvait petite et proéminente, et d'autres dispositions plus obscures que celles-là.
17. Le même auteur avait cependant enseigné un peu plus haut (2) que Von ne peut pas connaître tout ce qui est dans le corps ^ et (3) que ce qui ne tombe pas sous les sens, il faut tenter de Vem* brasser autant que possible^ sinon dans une connaissance très -certaine y du moins dans une conjecture artificielle; et après avoir appliqué tout ce que j'ai rapporté aux constitutions intérieures qui sont naturelles , il ajoute bientôt (4) qu'il faut distinguer celles qui dépendent d'une maladie d'après les lésions des fonctions ^ ou d'après les excrétions ,
(i) Art. med., c. 74.
DES TtlMEURS INTERNES J)U VENTRE. 287
OU d'après les douleurs ^ ou d'après les tumeurs contre nature, ou d'après quelques-uns de ces signes, ou d'après tous. Assurément il nous a savamment montré par là, comme il convenait à un si grand maître, les lieux et pour ainsi dire les sources des symptômes. Mais telle est souvent l'obscurité des maladies, et tels sont la sympathie et le voisinage des parties, qu'il faut rarement espérer cette connaissance très certaine , et tenter plus souvent la conjecture artificielle , et la proposer avec modestie et réserve. Voilà la marche que j'ai suivie dans d'autres occasions, et que j'ai cru devoir suivre dans certains cas qui ne sont pas très-communs , et qui se trouveront parmi ceux que je vais vous décrire maiirtenant dans un ordre tel qu'ils répondroht à ceuit qui ont été rapportés d'après Yalsalva , sinon par la nature et par le siège des tumeurs, du moins par la région moyenne ou inférieure qu'elles occupaient dans le ventre; quoique celle par laquelle je commencerai occupât en parlie un lieu un peu plus élevé, et qu'elle ne différât pas d'une (i) ^^^ celles qui ont été décrites plus haut, si toutefois il fallait reconnaître un anévrisme dans cette tumeur et dans la mienne; or il n'est pas permis d'affirmer la chose comme certaine, pour l'une à raison de la brièveté de l'histoire des signes, et pour l'autre parce que la dissection ne fut point faite.
238 TREJN'TE-WEUVIÈME LETTRE.
i8. Une fille honnête et pieuse, âgée de quarante-quatre ans, qui déjà depuis deux mois avait éprouvé une suppression totale des menstrues, qui avaient été abondantes chaque mois jusqu'alors, commença à se plaindre d'un prurit des paupières et des yeux, et de palpitations du cœur (à ce qu'elle disait elle-même), qui étaient courtes à la vérité, mais qui revenaient. Celles-ci étant devenues subitement plus graves et continuelles, je suis appelé. Alors la malade, pour m'indiquer leur siège, touche, non pas sa poitrine, mais son épigastre. Je mets ma main sur cette dernière partie, et je sens un corps dur et volumineux s'agiter avec une grande force et frapper ma main. On aurait dit qu'il y avait là-dessous une grande tumeur anévrismatiquC;, dont les pulsations redoublaient de temps en temps, et qui occupait dans le milieu une partie assez considérable des régions supérieure et moyenne du ventre. Effectivement les autres médecins n'y virent pas autre chose. Quant à moi, je convenais bien avec eux que ces pulsations n'appartenaient nullement au cœur, attendu qu'il n'y avait aucune vibration dans la poitrine, et que l'exploration du pouls à l'un et à l'autre carpe n'indiquait rien qui s'éloignât de Tétat naturel, si ce n'est qu'il était un peu trop fréquent. Mais je ne pouvais être d'accord avec eux quant à l'anévrisme, soit pour d'autres motifs, soit surtout parce que les temps de ces pulsations ne s'accordaient nullement avec ceux du pouls. En effet,
DKS TUMEUnS INTERNES DU VENTRE. ^Bq
les intervalle.^ des prilsahons étaient extrêmement inégaux, ainsi que leur force; car le plus souvent la main était frappée avec la plus grande violence, et quelquefois plus faiblement, tandis qu'il ne survenait aucuns changemens au pouls de carpe. Cependant il était beaucoup plus facile de dire ce que ne semblait pas être, que ce que semblait être cette tumeur qui était volumineuse et dure, comme il a été dit auparavant, qui se trouvait embrassée pour ainsi dire dans une circonférence de cercle, qui s'élevait de temps en temps des vertèbres des lombes pour frapper la main, mais qui se dérobait aussitôt, de telle sorte qu'il n'était pas facile de trouver, malgré la maigreur de la fille, à quel endroit elle s'était retirée, jusqu'cà ce qu'elle s'élevât de nouveau et qu'elle frappât la main. D'un autre côté, s'il était évident que Ton rencontre assez souvent dans le ventre des femmes hystériques des espèces de boules qui les gênent en montant des parties inférieures, il ne l'était pas moins que ces boules ne se joignent pas à des pulsations de cetîe espèce de manière à simuler des anévrismes. Cependant après avoir passé en revue dans mon esprit cette dernière circonstance et toutes les autres qu'on pourrait objecter, et avoir remarqué en même temps quels phénomènes rares se rencontrent souvent et contre toute attente sur ces femmes, je sentis que je penchais à conjecturer que tout ce qu'il y avait à cet endroit pouvait facilement être rapporté à une affection liyàtérico-
q/^O TREWTE-TfEUViÈME LETTRE.
conviilsive. Mais ayant à peine indiqué ma conjecture, et négligeant toute controverse, comme j'ai coutume de le faire aux lits des malades, lorsque d'ailleurs on est d'accord sur le remède, je consentis aussitôt à ce qu'on tirât du sang , comme la cause antérieure évidente l'exigeait. Après la saignée, la malade commença à se trouver tellement mieux, que le lendemain il ne restait plus aucune palpitation. Et elle ne s'en plaignit jamais plus, du moins pendant les quatre ou cinq mois que je passai ensuite dans mon pays, jusqu'à ce que je vins à Padoue en 171 1 pour enseigner la médecine. Toutefois je n'ai pu savoir d'une manière certaine par quelle maladie elle fut emportée quelques années après, me trouvant ici moimême, et son cadavre n'ayant pas été disséqué.
19. Les artères qui, si elles sont dilatées en forme d'anévrisme, peuvent produire dés pulsations trop fortes à l'endroit du ventre qui a été indiqué dans l'histoire en question, sont la céliaque avec ses grosses branches , la mésentérique supérieure , l'émulgente droite, et l'aorte, mais celle-ci beaucoup plus souvent que toutes, et les autres trèsrarement, à l'exception de la céliaque. En effet, aux causes communes à toutes les autres artères, comme l'érosion, la constriction et d'autres analogues, vous en ajouterez encore avec moi une qui est particulière à la céliaque, quand vous aurez fait attention à ces flexuosités tortueuses et fréquentes par lesquelles le cours du sang vers la
DES TUMEURS INTERNES DU VENTRE." 2^ î
rate étant retardé dans sa branche spléniqne , une grande partie de ce liquide et son irapétncsité se réfléchissent sur les branches nées avant ces obstacles, sur l'origine même de la spléniqne, et sur le tronc extrêmement court de la céliaque; en sorle que s'il s'y joint quelque autre cause qui agisse trop fortement et trop long-temps, il se forme plus facilement un anévrisme. Mais quoiqu'il y ait à cet endroit autant d'artères, et qu'il s'y trouve plus d'une cause de dilatation de ces vaisseaux, il existe aussi plusieurs circonstances qui doivent nous rendre réservés et nous faire craindre de prendre quelquefois mal à propos des pulsations pour l'indice d'un anévrisme déjà formé. D'abord parmi ces circonstances se trouve une grande maigreur, comme je le conclus aussi d'après l'avertissement donné autrefois par Bérenger (i) pour blâmer une autre méprise commise par quelques médecins sur une femme maigre : U aorte étant au milieu, dit-il, on sent principale^ ment sur les corps maigres de grandes pulsations à la région de V estomac et des intestins. Prosp. Martianus (2) ne balança pas non plus à expliquer ainsi ces grandes pulsations qui existaient sur le fils d'Eratolaus absolument au même endroit que sur notre fille, comme cela est écrit dans le sep-
(O Comment. 9, super anat. Mundiai.
(2) Annot. ad vers. 55 , sect. 2 , coacar. prfenot.