‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 2 sur 44 · M. ■ I II I I · texte numérisé non relu

M. ■ I II I I

(i) Epist. i6, n. 5.

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il doit songer seulement à conserver ia vie plus long-temps, et non à opérer la guérison?

Mais je disais que Valsalva avait besoin d'une longue suite d'observations de cette espèce, parce que la lympbe elle-même est différente sur les différens sujets et dans les différens temps. Reverborst (i) y ajoutait même la différence du lieu d'où elle provient, puisqu'il a écrit que c'est de la lésion des vaisseaux lymphatiques du foie que dépend l'asciîe dans laquelle on retire une eau jaune et amère. Mais de même qu'il n'est nullement nécessaire d'embrasser l'opinion de cet auteur, de même je pense qu'il n'est point assez prudent d'adopter celle des écrivains qui enseignée î: avec Bonet (2) que c'est des conduits de la lymphe que vient l'eau des hydropiques qui est limpide^ sans couleur y ou teinte très -légèrement , et que celle-là vient des veines qui est comme une séro^ site tantôt pure^ tantôt mêlée avec d'autres humeurs^ et ayant la couleur de V urine. En effet, quand même sur le malade dont ce dernier parle lui-même, et dont les urines ressemblaient à une eau de lessive plutôt noire que noirâtre, cette eau limpide qu'il décrit n'aurait pu s'épancher dans le ventre que par \ç,s conduits de la lymphe, cependant ce liquide peut provenir d'ailleurs sur d'autres sujets dont les urines seraient dans un autre état.

(1) Dissert, de mot. bilis, J. 21.

(2) Sect. hâc 21, schol. ad obs. 18.

ÎO TRETH^rE-HUITlÈME LETTRE.

8. Ensuite si le liquide qui était auparavant une lymphe limpide, change par sa stagnation et par son mélange avec le putrilage des viscères qu'il finit par altérer lui-même, faut-il croire pour cela qu'il n'est pas sorti des conduits lymphatiques? Ajoutez à cela les méprises qui peuvent souvent en imposer dans la dissection des cadavres, si Fou n'y prend garde fort attentivement. En effet, ia première eau qui s'écoule sera quelquefois limpide, non pas parce qu'elle était telle pendant la maladie, mais parce que les parcelles les plus épaisses s'étant affaissées après la mort la sérosité qui était au-dessusétait devenue plus pure. Au contraire, dans quelques autres cas où elle était pure^ elle cesse de l'être par l'effet même de la dissec-tion. C'est ainsi que je remarquai autrefois sur une hydropique qu'après avoir commencé à séparer les côtes du sternum , la sérosité qui s'échappa était limpide; que lorsque j'eus séparé toutes les cotes et enlevé le sternum, elle était rougeâtre; et qu'enfin lorsque j'eus manié les viscères, et que je commençais à peine à les couper, tout ce qui restait d'eau avait pris une couleur rouge. Il faut faire d'autant plus d'attention à ces circonstances, qu'il y a ou qu'il reste moins de sérosité, de telle sorte qu'elle peut être teinte par du sang qui se mêle avec elle, même en petite quantité, d'une manière insensihle et pour ainsi dire cachée.

11 existe aussi des parties qui provenant de quelque viscère lésé, se mêlent avec l'eau, même avant

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l'ouverture du corps, comme je le disais, et sont moins propres à tromper lorsque la lésion du viscère est considérable, et qu'elles-mêmes sont en plus grande quantité. C'est ainsi que dans un cas qu'on lit dans Schacber (i), et où une augmentation de volume et une lésion très-remarquable de l'un des ovaires étaient jointes à une ascite, il ne fut pas étonnant que l'eau, qui du reste paraissait assez limpide , se réunit bientôt après par l'évaporation en une substance grasse , de telle sorte que Veau dégagée par V évaporation formait une partie y et que la portion sébacée qui restait en formait trois. C'est ainsi également que je me souviens d'avoir entendu dire à Albertini que les eaux de certains bydropiques ayant été soumises à l'évaporation, la plus petite partie s'était évaporée, et la plus grande concrétée (je crois que ce fut par quelque cause de cette espèce), tandis que celles de certains autres sujets ayant été exposées au même degré de feu, la plus grande partie s'était évaporée, et la plus petite concrétée. Mais c'est surtout lorsque la lésion du viscère est si petite qu'elle peut facilement échapper aux yeux de Fanatomiste, qu'il faut prendre garde, si quelque concrétion se forme par la force du feu, de la rapporter à une origine qui ne soit pas la véritable.

Je voudrais que vous comprissiez par ces con-

(i) Diss. de virgine asci.

sidéra tions, et par d'autres que je passe à dessein sous silence, pourquoi j'ai dit que Valsalva avait besoin (i'un grarid nombre d'observations de cette espèce (que je ne dédaigne pas, mais pour lesquelles j'exige le soin le plus scrupuleux), afin que négligeant celles dans lesquelles il pouvait se commettre quelque méprise, il se servît utilement des autres après les avoir comparées avec des expérieiices semblables sur la lymphe et sur le sérum du sang, dans le but qu'il s'était proposé, quel qu'il fut. Le célèbre Ph. Fréd. Gmelin (i) exhorte à faire line comparaison de cette espèce, à l'endroit où il rapporte ses expériences sur l'eau visqueuse d'une ascitique. Vous lirez d'autres expériences faites par J. Christ. Pohl (2) sur un liquide que contenaient les vésicules d'une hydropisie enkystée. Celles de l'illustre Sénac (3) sont moins multipliées, puisqu'il n'a employé que l'évaporalion» Vous en trouverez dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de Paris (4) quelques-unes qui appartiennent à un cas particulier, attendu qu'elles sont relatives à une hydropisie laiteuse, qui fut produite, à ce qu'il paraît, non point par le chyle épanché uniquement à la suite d'une rupture des petits vaisseaux chylifères, comme dans une ob-

(1) Commerc. litt. , a. 174^, hebd. 62 , n. 3.

(2) Att N. C, lom. 8, obs. III.

(3) Traité du Coeur, 1. 4, c. 3, n. 4^ et c. g, n. 2.

(4) Ann. 1700.

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servation de Littre (i), mais par celui qui était mêlé avec cette grande quantité deau commune aux ascitiques. Au reste, Duverney le jeune a enseigné ailleurs dans les Mémoires (2) de la même Académie, qiielle est la qualité la plus ordinaire des eaux qu'on évacue sur les hydropiques, et combien elle varie; et il Ta fait d'une manière qui est assurément plus simple, puisque sans l'emploi d'aucun secours étranger il ne se sert que de ses sens, et en même temps beaucoup plus commode, et d'une utilité plus générale pour le pronostic.

9. Mais pour ne pas paraître avoir oublié la "vieille femme dont l'histoire a été rapportée (3), si vous comparez son observation avec celle de la bossue (4) qui précède immédiatement, et avec îa première de l'homme (5), vous comprendrez que son décubitus ne fut pas autre que celui que comportait le côté de la poitrine le plus affecté. Relativement à la soif qui avant la mort était diminuée sur l'homme, et éteinte sur là vieille femme, vous pourrez peut-être croire ou que la force du sentiment se trouvait affaiblie quand les sujets étaient près de mourir, ou bien que le ventre

(i) Hist. de rAcad. Roy. des Se, ann. 1710, obs. anat. 7. (2) Ann. 1703.

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étant déjà distendu, luie partie de Fliumeur qui restait dans le sang allait alors lubréfier la gorge; ce qui était indiqué par la matière catarrhale que la vieille femme crachait. En effet, il n'est pas nécessaire que la sérosité du sang ne soit pas propre sur tous les hydropiques à détruire la soif, c'està-dire, d'après le goût que quelques médecins lui ont trouvé dans certains cas, qu'elle se rapproche beaucoup plus du muriate que de l'eau.

lo. Un homme âgé de cinquante ans avait eu luie hydropisie générale.

Examen du cadavre. Le ventre, quoique ne paraissant nullement tendu en dehors, était rempli d'eau. Le foie avait une couleur noire, la rate était un peu augmentée de volume, les autres viscères du ventre étaient sains. Les conduits de la lymphe étaient extrêmement engorgés; et comme il y avait plusieurs glandes éparses au-dessous des vaisseaux émulgens près de la veine-cave et de l'aorte, ces conduits se portaient du mésentère à ces glandes, et de celles-ci dans le canal thoracique. Dans la poitrine, il y avait une humeur aqueuse, et les poumons étaient parsemés de taches noires. Le péricarde était tellement dilaté par une hydropisie qui lui était propre, qu'il ressemblait par sa grosseur à la vessie urinaire d'un bœuf distendue par de l'air. Comme tous les vaisseaux de ce corps étaient gros proportionnellement aux autres parties, le cœur Tétait aussi; mais son oreillette gauche se trouvait dilatée au point qu'elle

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égalait presque la moitié de ce viscère. Au reste, ja membrane extérieure de ce^ui-ci était corrodée à gauche, et ses vaisseaux étaient remarquables par leurs intorsions variqueuses ; d'ailleurs les ventricules contenaient un sang liquide sans aucun indice de concrétion.

II. Il est difficile de croire que Valsalva ayant trouvé le péricarde distendu par de i'eau, et l'oreillette gauche agrandie, au point qu'il s'ensuivit peut-être en grande partie l'hydropisie générale, comme il en était résulté le ralentissement du mouvement du sang clans toutes les parties; il est, dis-je, difficile de croire qu'il ne se fût pas informé de tout ce dont le malade s'était plaint, ou que, s'il avait appris quelque chose de particulier, il ne l'eût pas noté. Cependant pour ce qui regarde l'hydropisie du péricarde, comme la vieille femme dont j'ai parlé plus haut (i) avait aussi cette membrane extrêmement distendue par de l'eau, vous avez pu voir si parmi les signes qui sont rapportés dans cette histoire il y en avait quelqu'un qui appartînt plus particulièrement à l'hydro- péricarde qu'aux autres états contre nature qui furent trouvés en même temps qu'elle. Assurément il n'est pas dit que le décubitus eût été très-difficile primitivement, ni nécessaire et accompagné de la position basse de la tête dans les derniers temps; symptômes que vous compa-

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lerez avec ceux dont j'ai fait mention à l'endroit où j'ai examiné (i) pour l'amour de la vérité, les différens signes de celte hydropisie proposés par différens auteurs. D'ailleurs pour que vous ne commenciez pas à soupçonner d'après l'observation que je vais rapporter immédiatement, que son symptôme particulier est la nécessité du décubitus en supination, soyez averti que cela est contredit non-seulement par tant d'autres obser* vations dans lesquelles l'affection et le signe existèrent séparément, mais surtout par celle que je décrirai aussitôt après la suivante.

12. Une vieille femme de soixante-dix ans respirait difficilement, avait une grande soif, était tourmentée par une toux sèche, et ne pouvait se coucher que sur le dos. Ces symptômes ayant duré l(nig-temps, et les pieds s'étant œdématiés, elle mourut.

Examen du cadavre. Le ventre éta i t rem pli d'eau. Les conduits de la lymphe aux environs de la partie de l'aorte qui fournit les émulgentes, étaient engorgés, et ils étaient à peine apparens dans le mésentère et ailleurs. Les reins étaient petits sans étxe exempts d'hydatides. Dans la poitrine, \^s poumons étaient sains, et il y avait une quantité médiocre de sérosité; mais le péricarde en était rempli, et dans celte nicmbrane, le cœur deux fois plus gros que dans l'état naturel renfermait

(ï) Epist. 16^ n. 45.

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une concrétion polypeuse molle, tandis que les oreillettes contenaient du sang par lequel elles étaient considérablement gonflées. Du reste, le sang conservait sur ce cadavre sa liquidité et sa couleur naturelles.

i3. Un vieillard du même âge est pris d'une œdématie des pieds, d'une grande soif, et d'une toux si douloureuse et si violente par intervalles^ qu'il paraît suffoqué. Il crache une matière caîarrhale ; il respire difficilement; il ne peut se coucher qu'en supination ; le pouls est petit et faible. Il meurt.

Examen du cadavre. Dans le ventre, il y avait de l'eâu en stagnation, et les conduits de la lymphe, à la division des vaisseaux émulgens, étaient si engorgés, que trois ou quatre d'entre eux égalaient chacun la grosseur d'une plume d'oie. Là rate était très-grosse, et présentait à l'extérieur quelques petits corps semblables à des grains dé millet. Dans la poitrine, l'un et l'autre poumon étaient adhérens au dos , aux côtés et au sternum \ laissant entre ^eux et la plèvre des interstices ciiîi contenaient de l'eau. Au contraire, il n'y avait point de liquide dans le péricarde, qui commençait déjà à s'attacher au cœur au moyen d'un grand nombre de fibres membraneuses. 11 y avait du sang coagulé dans les ventricules de ce viscère, ainsi que dans l'oreillette droite, dans laquelle ce liquide représentait au premier aspect une portion de placenta utérin. Le ventricule gauche contenait

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