‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 4 sur 44 · Un jeune homme d'environ dix-sept ans est · texte numérisé non relu

Un jeune homme d'environ dix-sept ans est

20 tïlENTE-HUIÏlEME LETTRE,

pris d'une difficulté de respirer, d'une toux sèche , d'une soif très- grande. Il urine peu. Il souffre légèrement au côté droit, sur lequel il se couche constamment. Enfin, il meurt.

Examen ducadavre. Le ventre était rempli d'eau; les intestins et l'estomac étaient blanchâtres, le foie dur dans son entier, et la rate saine, si ce n'est qu'elle était un peu trop grosse. Les conduits de la lymphe n'étaient pas engorgés, comme cela a été observé quelquefois sur certains hydropiques dont les viscères étaient sains. La cavité droite de la poitrine regorgeait d'eau ^ le poumon du même côté était endurci, et toute la face qui regardait le diaphragme et le médiastin, était adhérente à ces parties. Le péricarde ne contenait que peu ou point de sérosité. Le sang éiait liquide dans tous les vaisseaux, même dans ceux qui se trouvent dans les viscères.

17. On comprend pourquoi ce sujet se couchait constamment sur le côté droit, aussitôt qu'on réfléchit que la quantité d'eau qui existait dans le niéme côté, aurait pesé sur l'autre qui était sain, s'il ne se fût couché sur le premier. Mais (i) la femme qui avait la quantité d'eau à gauche, pourquoi ne pouvait-elle pas se coucher sur le côié gauche? C est qu'il est nécessaire d'avoir égard aussi aux poumons, dont le gauche était sain sur la femme, et dont le droit ne l'était pas sur le

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jeune homme. Cependant pourquoi la femme ne pouvait-elle pas se coucher sur le dos? car de cette manière aucun des i]eux côtés n'aurait gêné l'autre, soit par le poids de l'eau, soit par la masse du poumon attaqué d'un phlegmon. Pour le vie 1lard (i), il est certain qu'ayant les deux poumoiis adhérens de toutes parts, et en même temps (Comprimés par l'eau accumulée dans les inters lices environnans, non-seulement il pouvait, mais il devait se coucher sur le dos.

Vous voyez donc pourquoi j'ai dit que le décubitus ne pouvait pas quelquefois s'expliquer facilement. Mais il vaut mieux ne point parler ici longuement de cet ohjet une seconde fois, et rapporter les observations restantes de Valsai va, dans lesquelles il n'observa point l'engorgement des conduits de la lymphe «oint à ThydroiDisie. comme vous avez pu remarquer qu'il n'existait pas non plus dans les deux histoires qui viennent d'être décrites; quoique vous ne compreniez pas facilement, je crois, ce que du moins je n'ai point suffisamment entendu, savoir pourquoi il a dit dans la dernière que cet engorgement avait été observé quelquefois si>r certains hydropiques dont les viscères étaient sains. Assuré.ment il n'a pas pu le dire pour la vieille femme '2), poîir l'homme (:5), pour

(3jN. 10.

l'autre vieille femme (i) et pour le vieillard (2), sur lesquels cet engorgement existait, il est vrai , mais chez lesquels les viscères n'étaient pas sains. Il est donc nécessaire qu'il ait eu en vue d'autres de ses observations, par exemple , celle que je vous ai décrite ailleurs (3), et dans laquelle tous les viscères du ventre étant en bon état sur une hydropique, les vaisseaux lymphatiques se trouvaient en^méme temps engorgés. D'ailleurs il n'a peutêtre voulu dire ici rien autre chose, si ce n'est que l'on trouve aussi quelquefois ces petits vaisseaux engorgés sur les hydropiques dont les vis-* cères du ventre sont sains.

18. Un jeune homme âgé d'environ vingt-hui£ ans, grand mangeur et grand buveur, ayant éprouvé déjà pendant quelques années quelque difficulté de respirer, fut pris enfin d'une hydropisie géoé^ raie. Sept jours à peu près avant sa mort, il se joignit à cette hydropisie une plus grande difficulté de respirer, avec de la toux, des crachats, et une douleur dans la poitrine.

Examen du cadavre. On trouva sur le cadavre le ventre et la poitrine remplis d'une sérosité bru« nâtre, et tous les viscères teints de la même couleur, si ce n'est les intestins et l'estomac. Celui-ci dépassait de beaucoup les bornes de sa grosseur

(3) Epist. 16, n. 4»

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naturelle. La rate était aussi trois fois plus volumineuse qu'elle ne devait l'être. La bile était pâle. Aucuns conduits de la lymphe ne se présentèrent à la vue. Le poumon gauche était très-enflammé, circonstance par laquelle on crut avec raison que la mort avait été accélérée, et qui fit que ce poumon était adhérent à la plèvre au moyen de certaines membranes, dans les interstices desquelles élait renfermée la sérosité qui a été décrite*

19. Ce fut plutôt par une hypothèse que par l'autorité d'Hippocrate, ou d'après la dissection des hydropiques, que la plupart des médecins furent conduits autrefois à regarder comme causes de l'hydropisie, d'abord le foie, et ensuite la rate, comme vous l'apprendrez même dans le Sepulchretwn^ soit à l'endroit où (i) l'on fait voir que dans les livres d'Hippocrate on accuse dans ce cas non pas l'un ou l'autre de ces viscères, mais plusieurs à la fois, soit au passage où (là) après avoir rapporté un très-grand nombre d'examens d'entrailles d'hydropiques, on démontre que ces deux viscères étaient sains. Et en effet, toute partie, et même toute cause qui peut retarder le cours du sang ou de la lymphe , ou augmenter outre mesure la sécrétion de l'humeur par laquelle les cavités des corps sont lubréfiées, ou bien diminuer ensuite l'excrétion de cette humeur, est capable de

(i) Sect. hâc 21, schol. ad %. î\p obs. 7. (2) Sect. ead. , obs. i et seq.

donner naissance à cette maladie. Mais outre cela , il y a dans le ventre des parties particulières, d'oii il se répand quelquefois un liquide dans sa cavité. Il exista, dit Piccolhomini (i), un homme qui buvant beaucoup et ne rendant point d'urine même par l'introduction du cathéter, éprouva une tuméfaction du ventre, qui parvint peu à peu à un degré étonnant. Il mourut enfin, et ses reins présentèrent dans toutes leurs parties des déchirures produites par des calculs; en sorte qu'il était évident que l'urine s'était écoulée de ces viscères dans le ventre, et l'avait distendu. Yous dYez dans ]e Sepulchretum^ à l'endroit où j'ai cherché en vain cette observation de Piccolhomini, d'autres histoires dePlater (2) etdeDodonée(3) relatives à une ascite formée, malgré l'état sain du foie et de la rate, par un écoulement d'urine qui s'était opéré des reins ou de la vessie, qu'une ulcération avait perforés. Quant à ce que Dodonée (4) indique en outre, il n'est point douteux que la même chose aura lieu si par hasard les uretères se rompent ou se corrodent, comme Galien (5) l'a enseigné le premier, et comme Eustachi (6) entre autres le confirme,

(1) L. 2, anat. prael. 23.

(2) Sect. cit.', obs. 8, J. 2.

(3) Ibid. , obs. 55, §. 23.

(4) lUd.

(5) De naturaL.facuL, 1. i, c. i3.

(6) Tract, de ren. , c. ult.

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lorsqu'il rapporte qu'ayant coupé ces organes sur une béte vivante, et cousu l'abdomen, il trouva la cavité du ventre totalement remplie d'urine, comme si ranimai était afjecté cVune hjdropisie. D'ailleurs deS histoires d'Abrah. Vater (i) et de Winhart (p.) enseignent que cet accident eut lieu sur deux hommes, après la rupture de ces conduits. C'est à ce genre d'observations qu'il faut rapporter celle du célèbre Berner (3) sur un enfant de six ans, chez lequel l'urine ne pouvant pas sortir des reins, les avait tellement distendus, qu'elle s'écoulait dans la cavité du ventre par une voie qu'elle s'était ouverte à travers leur surface, et qu'elle était répandue autour des intestins. C'est même à ceci qu'appartiennent les ulcères qui perforent l'estomac à un endroit tel qu'en donnant issue aux boissons plutôt qu'aux alimens, ils peuvent produire une ascite, ou l'augmenter. C'est ce qui arriva dans les observations des hommes savans, Sam. Crats (4), Ad. Christ. Thébésius (S), Rod. Jac. Camerarius (6), et J. Georg. Hoyer (7). D'ailleurs il ne manque pas de nouveaux exem-

(i) In proer. edito Wilemberg. , januàr. ^ a. 1720.

(2) In appentl., l. 2, Act. N. C. , siib n. lîl.

(3) Eorumd. Ad., t. \, obs. 219.

(4) Eph. N. C, clec. 3^ a. 3^ obs. 40.

(5) Et cent. 3 et 4? obs. 120.

(6) Et cent. 5, obs. 43.

(7) Et Act.^ t. 4, obs. 124.

pies à ajouter à ceux qui sont indiqués dans le Sepulchretuin ^ relativement à l'état sain à\x foie et (le la rate sur des hydropiques. Voyez, si vous voulez, pour omettre d'autres cas, et spécialement celui de Va ter que je citais un peu plus haut (car il appartient aussi à ce sujet, même d'une manière toute particulière); voyez, dis-je, ceux qui sont fournis par l'Académie de Vienne (i), et entre autres celui (2) où tout le monde aurait cru d'autant plus facilement que le foie était très-gravement affecté, que la malade ne s'était plainte de rien autant que d'une douleur de ce viscère. Cependant on ne trouva aucune lésion dans celui-ci , ni dans sa vésicule ; mais on rencontra une érosion si considérable dans la partie voisine du mésentère, qu'elle égalait presque la largeur de la paume de la main. Quoique tout cela soit vrai, il ne fallait cependant point que certains auteurs adoptassent l'opinion contraire, au point de prétendre qu'on ne devait accuser que très-rarement, pour ne pas dire jamais, le foie ou la rate. Vous lirez, par exemple, dans une des sections (3) précédentes du Sepulchretum, que rieii n est plus ordinaire au vulgaire des médecins que d'accuser la rate, comme si elle était la source de presque tous les maux. Certaiueraent il faut avouer que ces médecins se sont

(1) Dec. Z , a. 5 et 6, obs. 1 3 et 168, et a. 6 et 8, obs. i86»

(2) Obs, eâd. 186.

(3) Sect. 19, in adclit, , obs. 3.

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trompés sur ce point. Mais relativement à ce qu'on ajoute immédiatement après , au contraire rien nest plus rare quand on consulte les entrailles après la mort y que de trouver quelque lésion dans ce viscère^ si quelqu'un l'entend d'une manière générale, ou d'une manière particulière pour l'ascite, un grand nombre d'observations rapportées dans le Sepul-chretum lui-même (i) font voir combien cette assertion est éloignée de la vérité; ce qui est confirmé d'ailleurs par cinq (2) des neuf histoires que j'ai décrites d'après Valsalva, et dans lesquelles la rate s'est trouvée ou très-dure, ou plus grosse que dans l'état naturel, et même trois fois trop volumineuse, comme dans la dernière, Cjui m'a fourni l'occasion d'écrire ceci»

Que si l'on parle du foie, voys verrez dans quatre de ces histoires qu'il était ou pâle et tacheté, ou noir, ou entièrement dur, ou bien que la bile se trouvait pâle. Et il n'est pas étonnant qu'une maladie que j'ai dit avoir surtout pour cause le ralentissement du mouvement du sang, dépende assez souvent d'une lésion des viscères à travers lesquels ce liquide passe doucement et lentement d'après le vœu de la nature, de telle sorte que s'il s'y joint quelque nouvelle cause qui retarde son cours, il ne pourra avoir qu'un mouvement extrêmement lent. Aussi se présente-t-il de toutes parts des

(1) Vid. quot sub obs. 6 et 7, et alibi congeranînr.

(2) N. 6^ 10 ;, iZ j 16^ 18. .

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observations que vous pourrez réunir à celles de Vaisalva , et à celles qui se trouvent dans le SepuU chretuin y de manière que lorsque je vous aurai indiqué les endroits où vous en trouverez un assez grand nombre, je ne doute nullement qu'il n'en reste beaucoup ailleurs. Voyez, par exemple, ce que Duverney le jeune (i) observa dans la dissection de deux filles ascitiqnes, et ce que !es Curieux (a) de la Nature trouvèrent sur plusieurs sujets affectés de la même maladie. N'omettez pas non plus ce que le célèbre Bechmann (3) vit sur un homme illustre. De toutes ces dissections d'asci tiques, vous n'en lirez pas une où vous ne reconnaissiez que le foie était en mauvais état. Vous remarquerez d'ailleurs en même temps qu'il est positivement notédans quelques-unes d'entre elles, que la rate était également affectée.

Il existe aussi d'autres liistoires d'après lesquelles vous comprendrez (\\\ç^ tandis que dans la même maladie le foie ne s'était pas beaucoup éloigné de Vétat naturel, la rate était grosse et un peu dure, ou que pendant que le foie se trouvait toutà-fait dans Vétat naturel , la rate était plus grosse

(i) Mém. de l'Acad. Roy. des Se. , a. 1 701 et 1703.

(2) Dec. 3, a. 5 et 6;, obs. 9.76; et a. 7 et 8, obs. i53; et a. 9 et 10, obs. 239, 241, 248; et cent. 1, obs. 3, in coroll. 3; et cent 3 , obs. 12 ; et cent. 8, obs. 27 ; et cent. 9, obs. 64 î et cent. 10 , obs. 86 ; et Act. , t- 6 , obs. 1 5.

(3) Commerc. litt., a. 1742, iiebd. 82^ n. i.

DF L HYDROPISJE ET DE LA. TYMPANITE. 29

quà r ordinaire y squirrheuse dans sa totalité , et tellement dure y quon ne pouvait la fendre et la diviser sans difficullé avec un rasoir. li'un de ces derniers exemples est de Lentilius (i), et l'autre du célèbre Cohausen (2). Je ne disconviens cependant pas que des lésions qui n'existaient pas au corameîicement dans ces viscères, ou dans le pancréas, dans le mésentère, et dans les autres parties que le ventre contient, ne puissent quelquefois être produites par une bydropisie qui a duré pend.\uît fort long-temps. Mais il y a souvent des indices qin prouvent que ces lésions existaient antérieurement . soit que l'on considère tout ce qui a maltraité le malade avant Thydropisie, soit que Ton ait égard à certains objets qui se rencontrent dans la dissection après la mort, comme on îe verra dans Fliistoire suivante.

20. Une femme avait eu une bydropisie ascite. Examen du cadavre. En disséquant le cadavre

on ne tr«uiva aucune cavité remplie d'eau, si ce n'est celle du ventre. Les intestins n'étaient pas distendus par de l'air. Mais le foie était dur, et sa vésicule contenait une pierre qui occupait toute sa cavité. Les conduits de la lympbe n'étaient nullement apparens.

21. Cette bistoire est uue.de ces autres observations de Valsalva que je vous ai promises dans

(i) Ejoh. N. C.^ cent. \ q\i, obs. 168,

(2) Commerc. iitt.^ a. 1743, hebd. 26, n. 2 , cas. 3.

3o TREIVTE -HUITIÈME LETTRE.

la Lettre précédente (i), pour vous faire t^oîîi^ prendre clairement qu'il n'a pas plus remarqué que moi la coexistence de l'ictère avec des calculs de la vésicule biliaire. D'un autre côté il n'est pas vraisemblable qu'une aussi grosse pierre n'eût pas commencé à se former îrès-long-lemps auparavant, pour parvenir enfin à remplir totalement la vésicule, et par conséquent qu'une ancienne lésion n'existât pas dans le foie qui avait sécrété pendant si long-temps une bile propre à la formation d'une pierre de cette espèce. Quant à ce qui est positivement exprimé, que les intestins n'étaient pas distendus par de Fair, cela tend à faire comprendre que bien que l'ascite et la tyrapanite puissent se compliquer l'un l'autre, cette complication n'a pourtant pas lieu constamment, comme quelquesuns semblent le croire. Bien plus, de même qu'il arrive plus rarement qu'avec l'ascite il n'existe ailleurs aucune autre hydropisie, comme sur la femme en question, de même il arrive moins fréquemment qu'il y ait chez les ascitiques une grande quantité de vents renfermés dans l'estomac et dans les intestins, et qu'il se trouve chez les tympanitiques beaucoup d'eau épanchée dans le ventre, surtout quand la maladie n'est pas encore invété-^ rée. Et en* effet, elle était peu abondante sur la femme dont il va être parlé immédiatement. 29.. Une femme âgée d'environ trente ans fut

DE l'iIYDROPïSIE ET DE LA TYMPANITE. Si

prise, après des douleurs chroniques des mem- Lres, d'une gale abondante et humide. Pour s'en débarrasser, elle fit usage d'un onguent d'après le conseil d'un empirique. Par ce moyen la gale fut bienlôt sèche^ il est vrai; mais une fièvre aiguë se déclara , accompagnée d'une grande chaleur et d'une grande soif, et de douleurs de tête très- Yiolentes. A ces symptômes se joignirent ensuite îe délire, une assez grande difficulté de respirer, une légère tuméfaction de tout le corps, un gonflement considérable de tout le ventre, et une grande inquiétude; enfin la mort l'enleva six jours après que la fièvre l'eut fixée dans son lit. Examen du cadavre. On remarqua dans la dissection du cadavre, qu'en enfonçant le scalpel dans la peau et dans la chair il ne s'écoula point d'humeur aqueuse ; en sorte qu'il était évident que cette tuméfaction générale dont il a été parlé, n'était point une espèce d'oedème ou d'anasarque, ce que les pieds pressés avec le doigt indiquaient aussi, puisqu'ils ne conservaient aucune trace de la pression. A l'ouverture du ventre, qui était également gonflé et extrêmement tendu , il ne s'écoula point d'eau, mais les intestins et l'estomac sortirent aussirôt, ne contenant que de l'air qui les distendait au point que ce dernier viscère remplissait plus de la moiîié de la cavité du ventre. 11 y avait cependant dans cette cavité un épanchement de sérosité limpide d'une ou de deux livres ; cette sérosité sembla d'abord se con-

créter légèremeiU par l'action du feu, mais ensuite elle s'évapora entièrement, presque comme l'eau du péricarde, si ce n'est qu'elle laissa au fond ihi vase une sorte de pellicule jaune. Dans la poitrine, les poumons furent trouvés adhérens à la plèvre au moyen de quelques espèces de memlyranes qui siiïiulaient un corps gélatineux, et qui ét^aierit si nombreuses , qu'il semblait que les poumons n'avaient pu se clilater qu'avec moins de liberté. Quand on coupait ces membranes, il s'en écoulait une humeur trarjsparente. Le cœur était adhérent à la partie droite du péricarde au moyeu de quelques fibres membraneuses; il y avait du sang liquide dans ses ventricules, mais cependant on remarqua un commencement de concrétion polypeuse légère dans celui du coté droit. Il ne fut pas permis de disséquer la tête.

9.3. La gale al^Oîidante et humide qui avait délivré la femme des douleurs chroniques de ses luemljres , ayant été répercutée mal à propos > causa la mort. C'est que les petites parties acres qui avaient coutume d'irriter auparavant les membranes des membres, s'en allaient déjà utilement pour la santé, par les petits ulcères qui s'étaient formés sur la peau. Mais ces petits ulcères s'étant desséchés, ces parcelles s'arrêtèrent dans le sang, et en irritant les parties internes donnèrent lieu à la fièvre aiguë et aux autres incommodités extrê-* mement graves qui l'accompagnaient, entre autres à la tympanite. Bien que cette espèce d'hy-

DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPANlTE. 33

dropisie (car les anciens l'ont ainsi appelée) succède ordinairement à des maladies chroniques, comme Littre(i) le dit, cependant elle a lieu quelquefois dans les affections aiguës comme ici, et même dans des maladies beaucoup plus aiguës encore, comme cet auteur l'a vu lui-même, et comme je le rapporterai ailleurs. A la vérité il est facile de concevoir avec lui qu'après des affections longues et graves il ne peut point naître d'un sang languissant, des esprits qui soient tels par leur quantité et par leur qualité que les fibres des intestins et de l'estomac l'exigent pour résister suffisamment à l'air qui se trouve dans leur cavité, surtout si ce fluide est abondant et extrêmemem; raréfié, et pour l'empêcher de distendre d'une manière incroyable les parois de ces viscères. Mais dans cette maladie aiguë l'air était certainement porté à la raréfaction, puisqu'il paraissait se répandre jusqu'à un certain point dans les petits vaisseaux qui sont sous la peau, et à travers lesquels il passait peut-être moins librement, et puisqu'il semblait donner lieu à une sorte d'emphysème léger. Cependant, croirons-nous que la langueur du sang et la faiblesse des tuniques de ces viscères purent avoir ici pour cause, sinon la longueur, du moins la violence de la maladie? mais celle-ci étant accompagnée de douleurs de tête très-violentes, d'inquiétude et de délire;, indiquait

(i) Mém. del'Acad. Roy. "des Se, a. 1713.

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