‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 40 sur 44 · DE LA. DYSURIE ET DE L ARDEUR DE LORINE · texte numérisé non relu

DE LA. DYSURIE ET DE L ARDEUR DE LORINE

Tavait observé sur les mêmes animaux, et de la même manière, à ce que je crois; quoiqu'il semble que l'une des cavités appartînt à la dilatation de l'ouraque plus qu'à la vessie, ce qui fait, comme le dit (i) celui-là, que cette disposition n'a lieu presque toujours que sur les quadrupèdes, et que dans celle que Blasius (2) trouva une fois sur un. bomme, l'une des cavités était très-petite : et en long, comme le même Blasius (3) le vit sur un autre homme, chez lequel toutefois il reconnut en le disséquant avec soin, que c'étaient plutôt deux vessies unies entre elles par leurs côtés, qu'une seule divisée par une cloison. Au reste, il n'est pas évident pour moi quelle était et comment était placée la cloison que Bauhin (4) dit avoir été trouvée sur un prince. Ce qui est évident, c'est que ce que tant d'auteurs écrivent avoir été observé par Coïter sur une fille que j'ai également eu occasion de citer ailleurs , aucun ne l'aurait écrit s'il avait lu Coïter plus attentivement. En effet, celui-ci (5) sans avoir fait nulle part aucune mention de cloison a bien rapporté en premier lieu qu'il trouva sur cette fille deux vessies urinaîres , l'une naturelle et placée à son siège y Vautre née du côté droit du col de la matrice, presque deux fois plus

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(i) Obs. 8, modo cit.

(2) Part. 4, obs. med. 18.

(3) Ihid. , obs. 19.

(4) Theatr. anat. , 1. 1^ c. Zi, not. k.

(5) Obs. anat.

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grosse que la vessie naturelle^ très-remplie cF urine ^ et ayant deux tuniques ^ comme la vessie naturelle ; et quil ne vit dans celle-ci aucun méat , soit pour Ventrée y soit -pour la sortie de F eau. Mais il répond plus bas, à l'endroit où il a dit qu'on peut chercher comment se forma cette vessie non-naturelle et par quelles voies V urine entra dans cette vessie ad-jacente, quil n est pas étonnant que sur cette fille qui avait V utérus en mauvais état , et dont la purgation menstruelle se faisait mal et irrégulièrement ^ cette eau claire et limpide se fût accumulée entre les membranes quon trouve en grand nombre dans le bas-ventre, et quelle eût formé pour elle cette vessie par V expansion des membranes^ comme cela a eu lieu dans d'autres endroits; en sorte qu'il ne peut pas ne pas être clair pour tout le monde qu'il a décrit non pas une autre vessie urinaire existante dès la naissance, mais une grande hydatide formée enfin par la violence de la maladie.

Comment donc a-t-il pu se faire que Riolan (i) ait écrit que Coïter trouva sur cette fille une vessie double, Vune et Vautre remplies d'urine, mais une seule ayant des uretères, et déchargeant une portion de ce liquide dans Vautre? Ou bien encore comment Th. Bartholin (2) a-t-il pu avancer que la vessie a rarement deux cavités séparées par une membrane ou cloison^ et telles que celles que Vel-

(1) Antliropogr., I. 2, c. 28.

(2) In additis ad pains Instit anat.;, 1. i, c. 20.

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cher Coïter trouva sur une fille de trente-cinq ans. Si Tiilpius (i) n'eût pas suivi bientôt après cet auteur dans rexplication de cette cloison de Coïter, ainsi que Blasius(2) qui du moins nomme positivement Bartholin , la même erreur ne se serait pas propagée dans tant d'autres livres même très-modernes, qu'il n'est pas nécessaire d'indiquer ici en particulier; erreur que j'ai voulu détruire enfin, et .qui m'a forcé d'être un peu plus long que je ne l'aurais voulu. Mais je reviens au sujet.

Lorsqu'on rencontre deux ou plusieurs vessies qui communiquent entre elles, et que par un certain mode de structure elles ne paraissent pas exister toutes depuis la naissance, comme par exemple si aucune uretère ne se rend à quelqu'une d'entre elles , et que celle-ci ne puisse pas paraître avoir été formée par la dilatation de l'ouraque, principalement sur les animaux brutes, il ne faudra pas la regarder comme une autre vessie, surtout s'il y a un calcul , ou s'il a existé antérieurement une strangurie, ou une dysurie, ou une fréquente rétention d'une grande quantité d'urine, comme cela a lieu fréquemment chez les buveurs; mais il faudra la prendre plutôt pour une hernie de la vessie naturelle, c'est-à-dire pour un petit sac produit par la violence de la maladie. Telle était par exemple, à ce que je crois, celle que Bartho-

( 1 ) L. 3 j obs. med. ^ c. 5.

(2) Comment, cit. in Vesling, ;

oSo^ QUARANTE-DEUXIÈME LETTRE. \

îiii (j) dit avoir été observée dans cet Amphilhéâ" tre, non point par lui à la vérité, mais par Moinicheni, qui vit une petite vessie née à côté d'une plus grosse, avec laquelle elle coranuiniquait. Mais au contraire je regarderai un peu plus facilement comme une double vessie (car du moins des ure^ tères particulières se rendaient à chaque cavité), celle que Stegmann (2) décrit sur un jeune homme, malgré la djsurie, Tischurie et un calcul dont le sujet était affecté.

Enfin, il est une chose que je ne passerai point sous silence avant de terminer ce que j'avais à dire sur ces petits sacs; c'est qu'il faut faire attention à ceux qui se manifestent avant que la vessie ne soit enflée, ou qui, si elle est déjà enflée, ne peuvent être imputés à une ouverture des tuniques externes de la vessie que le scalpel aurait blessées par hasard, ouverture à travers laquelle les membranes internes poussées en dehors par l'air qu'on a introduit, simuleraient un petit sac qui n'aurait point existé pendant la vie, et qui en imposeraient à des anatom,istes maladroits et point assez prudens, comme j'ai remarqué que cela est arrivé quelquefois.

33. Au reste de même que je trouvai l'épaississement des tuniques de la vessie sur le paysan (3)

(1) Allât, quart, renov. , 1. 1, c 20. (2} Eph. N. C, dec. 3^ a. 4^ obs. no. (3) N. 28.

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dont il a été parlé jusqu'ici , de même vous avez pu remarquer qu'il fcit également observé sur la jeune fille de la campagne (i) et sur le jeune homme (2), chez lesquels il avait existé une difficulté d'uriner grave et longue, produite pareillement par un calcul. A ceci ajoutez la vessie que le célèbre Détharding (3) a fait dessiner, et même celles dont vous verrez la description dans Ruysch (4), où vous lirez qu'elles avaient les parois épaisses d'un travers de doigt par la même cause, de telle sorte que dans l'un des cas il ne restait de place que pour quelques gouttes d'urine entre elles et un calcul volumineux. Cette disposition était également connue de Rivière (5) qui écrit qu'on trouve sur les cadavres de cette espèce les tuniques épaisses d'un doigt ou d'un pouce, en sorte qu 'elles remplissent quelquefois toute la cavité de la vessie, et qu elles embrassent de très-près le calcul lui-même. Et pour ne pas trop vous éloigner du Sepulchretum , quoique (6) j'y trouve aussi ces détails extraits de Rivière, vous y lirez que cet épaississement égalait un travers de doigt médiocre, même sur un enfant (7),

(3)Eph N. C.,dec. 3,a. 9,obs. 3i.

(4) Cent. , obs. anat. chir. 89, et thés. anat. 2, ass. 3 , n. 5.

(5) Prax. raecîic. , 1. 14, c. i.

(6) Sect. 28 hujus 1. 3, obs. i^, et sect. aS in schol.^ ad obs, 1^ J. 8.

(7)5. eod.

et que sur un autre calculeux (i) la vessie était devenue extraordmairement charnue; ce qui n'était point inconnu nou plus de Rivière, qui (2) avait noté que«ie corps de la vessie devient charnu.

Mais ceci n'a pas Heu seulement lorsque la dysurie dépend d'un calcul. En effet, pour omettre ce que vous comprendrez en lisant une certaine observation de Hoffmann qui a été citée en premier lieu dans la Lettre précédente (3), et qui appartient à ce sujet, vous avez certainement vu dans la même Lettre (4) que dans un cas où la dysurie était également produite par une excroissance de la glande prostate, les fibres de la vessie étaient devenues si épaisses que Valsalva trouva en les examinant, qu'elles ressemblaient aux colonnes du coeur par leur forme et par leur grosseur; pour ne point parler ici d'une observation de Piccolhomini (5), que je suis étonné de ne pas voir rapportée dans le Sepulchretuin , et qui a pour sujet une jeune fille qui fut en proie à une fièvre continuelle et à des douleurs extrêmes, produites par la force corrosive et l'acrimonie des humeurs, lesquelles api es avoir dépouillé la vessie de sa tunique interne , avaient laissé les fibres charnues de la inem-

(2) Obs. 19 cit.

(4) N. 6, Fiel, etiam Epist. /^o, n. 4.

(5) L. 2 , anat. prselect. 24.

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hrane externe tellement enflammées , quon aurait dit quelle était entièrement charnue; tant, dit- il, ces fibres grossissent quelquefois et deviennent remarquables. A cette observation vous réunirez celle de R. J. Camérarius (i) où il est question d'une vessie semblable à une masse charnue., dont les panais avaient V épaisseur de deux pouces ^ et dont la cavité était à cause de cette disposition à peine plus grande qu une noix ; ce qui vous étonnera moins, lorsqu'en lisant l'histoire que j'ai citée plus haut (2) d'après les Actes helvétiques, vous remarquerez que tel était l'épaississement des tuniques de la vessie, que quoiqu'elle égalât presque elle-même la tête d'un enfant, elle avait pourtant une cavité qui recevait à peine une noix.

Comme j'ai dit un plus haut que les fibres de ces tuniques étaient quelquefois semblables aux colonnes du cœur, je ne voudrais pas que vous ignorassiez que la même comparaison a été faite non-seulement par Vaisalva, mais encore par d'autres observateurs (3) qui ont ensuite rencontré des cas analogues. Et vous-même , si vous trouviez par hasard une vessie telle que celle dont le célèbre Trew (4) a donné la description et le dessin, et

(i) Eph. N. C, cent. H^ obs. 10.

(3) J^id. apud Brendelium, n. 2, program. suprà ad II. 18 cit.

(4) Commerc. lilt., a. 1734, hebd. 6^ n. 5.

qui, après V entière destruction de sa tunique interne, présenta au lieu des fibres de la tunique muscuieuse^ différens trousseaux rassemblés d'une manière extraordinaire y et séparés par de grandes lacunes intermédiaires, vous ne pourriez point vous servir d'une autre comparaison. Toutefois la vessie dont la substance était aussi épaisse^ contenait des calculs volumineux et couverts d'aspérités. Mais ce fut sans calculs, ainsi que dans les cas dont je parlais tout à rtieure, que Hotlinger (i) trouva la vessie épaisse d'un travers de petit doigt, et ayant des fibres remarquables qui étaient ^/'oj-^e^ comme de grosses cordes y ce qui était le résidtat de l'acrimonie de l'urine, qui était telle quelle excita sur les mains au ^YO^ecX^ur un prurit très-incommode. Genselius trouva aussi (2) un épais si s sèment de ce viscère, produit par de petits ulcères et une excroissance de la prostate qui retenaient une urine purulente. Enfin Baïer (3), pour ne pas citer ici d'autres auteurs, vit une vessie qui avait X épaisseur d'un pouce y parce qu'elle était ulcérée à l'intérieur, et par suite tellement irritée, qu'en resserrant les orifices des uretères par sa fréquente contraction et en y fjiisant séjourner l'urine, elle dilata extraordinairement toute la partie restante de ces conduits, qui acquirent la grosseur du pouce,

(1) Eph. N. C. , dec. 3 , a. 9 et 10, obs. 233. ('2) Eorumd. cent. (5^ obs. 84.

(3) Eoramd. Act. , t. 3, obs. 122.

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ainsi que les bassinets des reins. Et moi aussi j'ai \u plus d'une fois l'épaississement des tuniques de la vessie, sans que ce viscère fût affecté d'aucun calcul , comme vous l'avez appris non-seulement dans la dernière Lettre (i), mais encore dans d'autres (2). Eu effet, soit que l'urine excite fort souvent la vessie à l'évacuer, comme chez les grands buveurs, soit que quelque autre cause agisse sur elle comme un stimulus, le sang se rend plus abondamment à cet organe, et augmente l'épaisseur de ses membranes.

Ainsi les tuniques de la vessie s'épaississent aussi par d'autres causes, quoique cela arrive beaucoup plus souvent par une difficulté d'uriner. Mais réciproquement je crois que cette difficulté est augmentée et quelquefois produite ou bien entretenue par l'épaississement des membranes, comme je le ferai voir en peu de mots après que j'aurai rapporté une observation, qui, si elle eût pu être achevée, aurait été décrite dans d'autres Lettres plutôt que dans celle-ci.

34. Un matelot âgé de cinquante-cinq ans, un peu gras, grand buveur, accoutumé à uriner non sans difficulté, et sujet peut-être par cette cause à une hernie du scrotum, était venu à cet hôpital, non point pour l'une ou l'autre de ces incommodités , mais pour une douleur de la gorge , qui tou-

(2) Epist. 4^ n. 19; etEpist. 10, n. 19.

tefois n'était pas assez considérable pourTempécher de se lever de temps en temps. C'est pourquoi après s'être promené le matin dans l'hôpital, et avoir regagné son lit bientôt après, on l'y trouva mort avec une couleur noire de la face, qui pâlit ensuite. Le cadavre qui était encore chaud le lendemain matin, fut transporté au gymnase, où j'avais déjà commencé mon cours d'anatomie, vers la fin de janvier de l'année 1733.

Examen du cadastre. Le ventre ayant été ouvert dès qu'on le jugea convenable, l'épiploon se présenta rétracté au-dessus de l'estomac et de Ui partie voisine de l'intestin colon; le foie était légèrement tacheté de rouge et de blanc, comme un beau marbre^ et il était plutôt volumineux que petit; mais la rate était plus grosse que lui proportionnellement, et cependant elle ne l'était pas excessivement. Les reins et les uretères étaient dans l'état naturel; néanmoins la vessie était fort ample, et ses tuniques étaient extrêmement épaisses. L'urètre ne présenta nulle part aucune lésion , quoique la couronne du gland, aux limites qui le séparent du prépuce, parût d'après des cicatrices qui y existaient, avoir été attaqué autrefois de petits ulcères. Le sac de la hernie s'offrit dans le scrotum , mais il était vide. Le tronc de l'aorte qui descendait sur les vertèbres des lombas, était en quelque sorte tortueux, ainsi que ses branches iliaques, qui présentèrent en quelques endroits une dureté osseuse, et des taches blanchâtres intérieurement;

DE LA DYSURIE LT DIi l'aRDEUR DE l'uRINE. oSq

mais l'aorte ne laissa voir que des taches. Dans la poitrine, le cœur était plus gros que clans Tétat naturel. Les valvules semi-lunaires de ce viscère étaient endurcies en quelques endroits, mais un côté de la valvule mitrale antérieure offrit un os. Bien qu'il se fût écoulé beaucoup de sang noir et liquide de la veine-cave qui fut incisée près du diaphragme, cependant il y avait dans les deux ventricules du cœur des concrétions polypeuses d'une structure assez ferme, et d'une couleur d'un blanc cendré à l'intérieur; celle du côté droit, qui était plus épaisse, se prolongeait au loin dans Tarière pulmonaire, et l'autre pénétrait assez avant dans l'aorte. D'ailleurs l'aorte, dont tout le tronc parut plus gros que dans l'état naturel , était parsemée çà et là à sa face interne, depuis le diaphragme jusqu'au cœur, de taches blanchâtres, telles que celles qui ont été indiquées, et ces taches étaient d'autant plus nombreuses, qu'elle s'approchait davantage de ce viscère, de telle sorte que là où elle est creuse pour former les trois petits sinus de Valsalva, ces taches étaient beaucoup plus évidentes, et sur le point d'être changées en os. En outre, à un certain endroit situé entre le cœur et la courbure, et qui avait trois ou quatre doigts de long, et deux de large, elle présentait aussi a l'intérieur des inégalités formées par des rides épaisses K,t comme tortueuses; et il n'y manquait pas non plus d'indices un peu obscurs d'érosion. Du reste , les taches, et bien moins encore les autres lésions, ne

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se propageaient pas à travers les carotides; en sorte que je fus moins fâché de ce que l'examen anatomique des autres parties qui fut fait avec autant de soin que l'examen de celles qui on t été indiquées, ayant duré, comme à l'ordinaire, plusieurs semaines, pendant lesquelles on apporte ordinairement d'autres parties appartenant à d'autres cadavres, on enterra la tête de ce sujet à mon insu , de manière que je ne pus pas y chercher la cause de la mort subite. J'examinai seulement le pharynx qui avait été déposé avec le larynx. Celui-ci était sain , ainsi que toute la trachée-artère et les poumons. Je trou-i vai plus épais que dans l'état naturel les côtés du pharynx où j'ai dit que cet homme éprouva de la douleur, et en les coupant, je vis que cet épaississement était dû à la substance du pharynx luimême, qui se trouvant trop distendue semblait représenter quelque chose qui tenait pour ainsi dire le milieu entre un corps glanduleux et un corps muqueux.

35. Si vous examinez attentivement ce qui appartenait sur cet homme aux organes urinaires que je considère seulement ici, certes vous comprendrez qu'il n'y eut rien à quoi on dût imputer la difficulté d'uriner, si ce n'est à l'épaississement extrême des tuniques de la vessie. Je n'ignore pas ce qui est rapporté d'après Guarinoni dans les Supplémens de cette section vingt-cinquième (i)

(i)Obs. 19.

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du SepulcJireUim , où il est dit -que l'ëpaississeiDent dont je parle nest pas toujours nuisible à l'excrétion de Furine, titre que l'on a mis à cette observation. Mais outre qu'il faut entendre que Guarinoni , si je comprends bien sa pensée d'après le peu de mots qui s'y trouvent, parle non pas d'une dysurie , mais d'une ischurie, qui eut lieu enfin lorsque cet épaississement et la dureté furent parvenus au dernier degré; je voudrais que vous réfléchissiez aussi que je ne rapporte pas la dysurie elle-même à tout épaississement, comme lorsqu'il dépend seulement de l'augmentation naturelle de la substance des fibres charnues, qui les rend même plus propres à la contraction , mais bien à celui qui énerve les fibres par des sucs étrangers intermédiaires, et qui engoue tellement toutes les autres parties des tuniques, qu'il les rend moins flexibles, et par conséquent rebelles à la contraction.

Et en effet, si parmi les observations qui ont été citées plus haut (j) vous lisez principalement celles que j'ai indiquées d'après Camérarius et d'après les Actes Helvétiques, vous saurez parfaitement que ces vessies extrêmement épaisses étaient composées d'une suhsidince fibreuse à la vérité, mais squin^heuse ^ ou du moins dure et calleuse; en sorte que quoiqu'elles ne fussent pas agglutinées de toutes parts au bassin^ comme l'était celle de

Hotti îiger, il leur manquait beaucou p fie force pour se contracter, d'où résultèrent à la fin ce travail et ces efforts en urinant. On observe encore plus souvent sur les calcul eux ces efforts produits par la même cause, à moins que Turine ne s'écoule quelquefois par hasard d'elle-même par suite de la faiblesse du sphincter. C'est ainsi que la vessie du sujet dont Mauchart (i) a fait la description, était épaisse et comme calleuse. C'est ainsi que le célèbre Targioni ('i) vit sur un patricien de Pistoie les tuniques de la vessie épaisses d'un doigt, calleuses, et remplies de stéatomes ; de manière que ne pouvant pas être distendues , elles ne pouvaient contenir qu'une très-petite quantité d'urine entre elles et un calcul volumineux. D'ailleurs, comme l'étroitesse et le rétrécissement de la vessie se joignent presque toujours à l'épaississement de ses tuniques, comme on le voit aussi (3) d'après un exemple de Fantoni sur un homme qui après une dysurie de longue durée produite par un calcul de la vessie, présenta bien aux anatomistes les uretères extrêmement grosses, mais la capacité de la vessie e\\e-v[\èïx\ç^ fort petite à cause de la contraction ex-* cessive des memhi^anes ; c'est là la raison pour laquelle les calculeux sont souvent sujets à des incommodités et à des dangers plus graves s'ils veu-

(1) Epli. N. C. , cent. 7, obs. 1 5.

(2; Prima raccolta cli osservaz. med.

(3) De obs. med. et anat. Epist. 8 ^ n. i5,

1)E Lk DYSUÎIIE ET DE l'aRDJ^UR DF l'uRÏNE. ÔqS

lent se faire opérer. En effet, le mouvement du cathéter qu'on a introduit étant nécessairement empêché par cette disposition, ou bien on ne peut point chercher suffisamment les calculs, comme dans le cas de Laubius (i) sur un homme dont la vessie était extrêinemejit épaisse et resserrée, ou bien si le chirurgien fait violence, le malade ne peut en aucune manière la supporter, comme dans un exemple qu'on voit dans le célèbre Schreiber (2) sur un autre sujet dont la vessie très-contractée , accommodée à la grosseur du calcul qu elle conte-naît y et extrêmement épaissie ^ ne laissait aucune place pour tourner le c^ihéter. D'ailleurs après l'incision de la vessie, il peut quelquefois arriver ce que Schroecke (H) a vu même sur le mort, c'està-dire que ce viscère étant excessivement épais et resserré autour du calcul , celui-ci ne puisse être remué de sa place et tiré hors du bassin qu'avec difficulté. Ajoutez à cela que si la vessie a été consi-, dérahlement rétrécie par le calcul, il ne peut y avoir lieu à la méthode de Foubert sans s'exposer à une grave erreur, comme le célèbre Resselrino^ (4)^^^ a donné le sage avertissement, et comme l'a trèsbien confirmé Aug. Fréd. Pallas (5) par la raison

(i) Eph. N. C, cent. 8, obs. 22.

(2) Epist. suprà ad n. 82 cit.

(3) Eph. N. C. , cent. 10^ obs. 100.

(4) Dissert, de Hist. etmeth. Foubert., n. 67.

(5j Dissert, de variis calcul, secandimelhodis, J. Sg.

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