‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 41 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

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594 QUARAWTE-DEUXl JÊME LETTRE.

que cette méthode a besoin aussi d'un certaio appui particulier. Celui-ci a fait également celte remarque (i) sur la mérhode de Raw, malgré l'addition d'un nouvel instrument. Mais en outre il a averti (2) savamment que dans ce qu'on appelle le haut appareil, il faut que la vessie soit saine et ample.

Au reste il n'importe pas peu non-seulement au lithotomiste, mais encore au médecin, de savoir et de considérer ce qui a été dit jusqu'ici sur l'épaississementdes tuniques et leur facilité moins grande à s'étendre , qui coexistent le plus souvent avec une diminution considérable de la capacité de la vessie. Car, par exemple, si une suppression d'urine dans ce viscère atteint un homme sujet à une dysurie, le médecin ne s'en laissera pas facilement imposer /comme le chirurgien cité ailleurs (3) , par la moins grande tension de l'hypogastre, de manière à croire qu'il n'est pas encore temps d'évacuer l'urine au moyen d'un cathéter. En effet, il conjecturera d'après la tension légère, mais trèsincommode, qui existe à cet endroit, qu'il y a déjà dans la vessie autant d'urine qu'un viscère de cette ^espèce, étroit et peu extensible, peut à peine en contenir, surtout si le malade est vieux, de ma» nière qu'il paraisse assez vraisemblable que l'âge

(1) Ibid.f 5. 29.

{2)Ibid,, §. 18.

(3) Epist. 41, n. 14.

DE LA DYSURIE ET DE L ARDEUR DE î/URIKE. 595

ajoute encore à la dureté et à la rigidité des tuniques, et si avant la suppression il était accoutumé à /iriner souvent, mais peu abondamment. Je ne me suis jamais repenti d'avoir examiné attentivement ces circonstances pour hâter à propos l'évacuation de l'urine supprimée.

36. Bien que cette Lettre soit déjà fort longue j cependant si je veux y embrasser aUvSsi, comme je l'ai promis au commencement, les autres affections relatives aux vices de l'urine, il est nécessaire que je parle plus succinctement d'un grand nombre de différens objets. Ainsi d'abord aux autres causes de la difficulté d'uriner sur lesquelles j'ai écrit jusqu'ici, il faut joindre également celles qui se présentent dans l'urètre. Il a été démontré dans la Lettre précédente (i) de quelle manière la glande prostate qui embrasse le commencement de ce canal, non-seulement rend difficile, mais empêche la sortie de l'urine, en s'endurcissant et en grossissant. Mais lorsqu'elle s'endurcit et se tuméfie en même temps par suite d'une ulcération et du pus qu'elle renferme, il peut arriver quelquefois que la surface interne se désenfle par l'effusion de celui-ci, et même que se trouvant corrodée par les ulcères elle laisse à l'urine une voie d'autant plus ouverte, que la callosité empêche le sphincter de resserrer l'orifice de la vessie, comme l'empêchait un squirrhe de la prostate noté par le grand

(i)N. i3j 14, 17 et seq.

de Haller (i). Il surviendra donc alors une strangorie, comme dans l'observation du célèbre Fantoni (2), que l'on peut expliquer ainsi, d'après mou opinion.

Mais ptiisque les choses se passent ainsi dans certains cas, et que dans d'autres le nouveau pus ne peut pas sortir de la prostate, ce qui fait que la surface interne de la glande se tuméfie de nouveau au-dessous de cette callosité supérieure, tantôt il surviendra une strangurie, tantôt une difficulté d'uriner, laquelle sera quelquefois si considérable, qu'elle dégénérera en une suppression d'autant plus dangereuse que l'inflammation de cette glande, ou sa dureté et sa tuméfaction empêcheront l'usage du cathéter. Ceci est arrivé souvent à d'autres praticiens et quelquefois à moi-même dans l'exercice de la médecine, et je vois que le même cas se présenta à Valsai va sur un chevalier pour lequel il écrivit en 1714 un conseil , où il répondit que si par hasard il srirvenait une suppression de cette espèce, et qu'il ne fût pas possible d'ouvrir la voie naturelle de l'urine, il approuvait aussi ce que d'autres proposaient, c'esl-à-dire l'ouverture d'une nouvelle voie pratiquée avec un instrument adroitement introduit à travers le périnée. Il ajoutait même que si quelque chose empêchait par hasard cette opération, on pouvait, quand la

(i) Opusc. palhoL, obs. 35.

[2) Epist. supià^ 11. 35 cit. 8. n. 18.

DE LA. DYSUIÎIE ET DE l'aRDEUR DE l'uRINE. 597

nécessité y forçait, évacuer l'urine avec l'aiguille dont on se sert pour enlever l'eau aux hydropiques, en renfonçant obliquement de haut en bas à la région de la vessie immédiatement au-dessus des os du pubis. J'ai voulu noter ceci pour que. vous sussiez ce qu'il peosait aussi lui-même de ce double moyen de secours dans le cas où l'urine ne peut pas être évacnée d'une autre manière, afin de conserver la vie du malade en attendant que l'art ou la nature ouvrent l'ancienne voie de l'urine.

En effet , pour ce qui regarde la ponction à l'hypogastre, Weitbrecht (i) écrivit à Goetz qu'ayant été pratiquée sur un soldat à Pétersbourg elle avait été louée par les uns ^ et blâmée par les autres^ et qu'il laissait aux chirurgiens le soin de juger si cette méthode mérite le blâme ^ ou des éloges et r imitation. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle produisit un grand soulagemen t pendant dix jours, c'est-à-dire jusqu'à ce que d'antres parties, surtout celles qui avaient été la cause de la suppression de l'urine, furent pareillement la cauv«e de la mort; car en même temps que la dissection découvrit les vices de ces parties, elle fit voir qu'il n'y avait aucune lésion aux endroits où et par où l'aiguille était passée, et par conséquent elle confirma le jugement de tant d'auteurs d'un grand mérite qui avaient recommandé cette poiiction auparavant, mais qui n'étaient peut-être pas très-

(i) Coramerc. litt. , a. 1733, hebd. 2, n, 1.

SqB QUAEANTE- deuxième Ll'.TTRE.

connus alors de tout le monde dans cette ville. Relativement à rincision du périnée, Valsalva n'ignorait pas, je pense, qu'il avait dans son gymnase de Bologne l'auteur qu'il imitait; je veux parler de Zecchio, autrefois médecin très-célèbre, qui écrivit (i) à Rota sur cette opération , de telle sorte que l'on voit qu'il se croyait l'inventeur de cet heureux moyen. Et effectivement, quoique Riolan (2) objecte à Zeccliio, à l'endroit où il loue la ponction supérieure, ainsi que cette incision inférieure, et où il recommande même de faire celle-ci sur le côté du périnée, s'il est nécessaire, ce en quoi il a aujourd'hui des partisans qui se servent aussi à cet endroit de la même aiguille qu'à Th}^pogastre; quoique, dis-je, il objecte à Zecchio que ce moyen était déjà mis en usage depuis cent ans parles médecins de Paris, cependant Zecchio était jeune, il est vrai , cent ans auparavant, mais il était d'âge à avoir pu l'apprendre de la nature ellemême; car il dit qu'il fut instruit par elle, parce qu'il avait vu qu'après la rupture d'un abcès au périnée, où il s'éiaitybr/72^ spontanément sur des calculeux, les douleurs et toutes les incommodités cessèrejit par l'évacuation de l'urine.

3j. Cette réponse de Valsalva dont je parlais tout à 1 heure, est adressée à un chirurgien de la Lombardie, qui en le consultant au nom du ma-

(i) Consul t. med. 58.

(?,) Encheired. anat. , 1. 2 , c. 3o.

DE LA. DYSTJRIE ET DE L ARDEUR DE l'uRINE. 5ç)(J

lade, lui avait écrit entre autres choses ceci qui mérite de ne pas être passé sous silence à cet endroit, « qu'il se souvenait qu'il avait trouvé une « pierre dans la glande prostate en disséquant le « cadavre de son éminence le cardinal Morigi. » Cette maladie est celle dont a traité J. Chr. PohI dans une dissertation qu'il publia à Leipsick , l'an 1737, sur les Prostates affectées d'un calcul j, et où il examine dans un but bien louable, une maladie qui, outre la dysurie et de fréquentes envies d'uriner, peut produire d'autres incommodités, et entre autres des douleurs soit au lieu affecté , soit aussi dans toute l'urètre, parce que ce canal n'est point assez protégé contre l'acrimonie de l'urine, à raison de la diminution de la quantité de l'humeur de la prostate qui le lubréfie, ou de l'altération de sa nature. Il aurait été à désirer que le vieux porte-faix sur lequel Pohl trouva de ces calculs, n'en eût eu aucuns dans les reins, et même que ceux-ci eussent été très-sains, qu'il n'eut point existé au-dessus de la glande prostate, au fond même de la vessie^ une légère marque d'inflammation, et surtout qu'il n'y eut point eu aux environs de cet endroit une tumeur qui née de cette glande elle-même, s'élevait en dedans, présentait la grosseur d'une cerise, et était semblable à un squirrhe, si ce n'est qu'elle était remplie de pus. En effet, Fou peut douter si tous les signes que Pobi recueillit avec habileté des a<r;is du mort, étaient dus principalement à ces calculs;

60O QUARAIVTE' DEUXIEME LETTRE.

comme vous auriez raison de rester dans le doute, si je rapportais cerrains symptômes que j'ai décrits plus haut (i) sur Cortini , à cette matière tartareuse et déjà presque calculeuse, qui était contenue dans un sinus, de l'intérieur de la même glande. Ayant trouvé d'ailleurs sur un autre homme dont il sera fait mention ailleurs à cause d'un état particulier et constitutionnel du prépuce et du gland , quelques calculs jaunes et petits fixés un peu profondément dans la prostate, je ne pus pas savoir à quelles incommodités ils avaient donné lieu , parce que le sujet était un étranger et qu'il avait été reçu à cet hôpital pour une inflammation trèsaiguë et mortelle de la poitrine. Je compris cependant une chose, c'est qu'il n'avait pas pu éjaculer le sperme; car les calculs étaient placés et fixés à un endroit tel qu'ils empêchaient entièrement sa sortie.

Cette observation m'en rappela d'autres que j'avais lues. En effet , Marcellus Donatus (2) a écrit qu'un homme dans la prostate duquel il trouva une pierre qui y était ûxée, ne put rendre dans le coït quune très-petite quantité de sperme ^ qui était extrêmement aqueux. De son côté, Fréd. Lossius (3) donne comme une cause de stérilité, un calcul qui bouche très'étroitement le méat qui des prostates

(2) De medica hist mirab., 1. 4 > c. 3o.

(3) L. I, obs. medic. 33.

DE LA DYSTTRIE ET DE l' ARDEUR DE l'uRINE. 6oI

s'ouvre dans Vurètre, Il semble qu'il faille ajouter à ces auteurs Nie. de Blegny (i) qui raconte que Féjaculation du sperme fut également empêchée sur un autre homme à cause de la tuméfaction et de l'endurcissement de la caroncule séminale , parce que le sperme s'y était endurci en forme de pierre, tandis que les vaisseaux éjaculateurs étalent pareillement remplis de pierres très-dures y dont la plupart avaient la forme et la grosseur d'un pois. De plus, Fab. Bartoletti, qui aurait dû être nommé auparavant, remarqua, d'après le rapport de Rhodius (2), qu'r/Tz calcul avait été formé par le sperme retenu, et que V urine cessa de s' écouler par la compression o^u il exerça sur V orifice de la vessie. Au reste, je suis étonné que Rhodius et Bariholin (3) qui citent cette dernière observation, aient omis , contre leur habitude , de faire mention de celle que j'ai indiquée en premier lieu d'après Donatus, et à plus forte raison de celle qu'on lit dans le même Donatus (4) relativement à un petit caillou trouvé dans la prostate d'un médecin de Mantoue. Mais en outre Terraneus' (5) dit avoir observé sur un vieillard qui avait des pierres dans les reins y dans la rate et dans les poumons , des calculs petits et inégaux dans les petits tubes des jpros-

(1) Zodiac, med. Gall. , a. 2, mart. obs. 4.

(2) Cent. 3 , obs. med. 27.

(3) Cent. 4, Epist. med. 6.

(4)C. 3ocit.

(5) De gland. , c. 5.

602 OîJA.RA]yT£-DEUXlÈME LETTE.E.

tates et des vaisseaux déférens qui éjaculent le sperme jusqu'au commencement de V urètre ; ces calculs causaient des douleurs , et étaient un obstacle soit à r urine qui de<s> ait passer sur eux , soit au sperme qui devait les traverser. Et avant lui, Jac. Douglas (r) rapporta avoir trouvé sur un autre vieillard quelques petits corps durs semblables à des pois blancs , et qui répondaient pour la consistance au corps cité ( il avait rencontré ce corps dans une tumeur chez une femme, et il n'avait pas décidé s'il était osseux, ou plutôt pierreux et tartareux ) ; mais ils étaient plus polis quant à la face externe y et quelques-uns d'entre eux étaient placés sur le corps même de ces glandes (prostates), tandis que quelques autres étaient attachés par de petites racines à la membrane qui les couvre.

J'ai voulu vous rappeler ici toutes ces observations; non pas qu'elles ne soient pas assez connues (car plusieurs d'entre elles ont été rapportées dans le Sepulchretum (^i), quoique en différens endroits), mais afin que vous puissiez les réunir à celles de Pohl et aux miennes, bien q^n ne puisse encore déduire d'aucune un signe assez spécial pour reconnaître les calculs de la prostate. Car quoique dans la plupart de celles que j'ai indiquées, l'éjaculation du sperme fût empêchée,

(i) P^id, Act. Erud. Lips. ^ a. 1707, m. febr. (2) L. 3, secl. 24, obs. 17^ §. 4, etsect. 34, obs. 5, §. l\, et obs. 6 , ^. !, et in addit. , obs. 3,

DE LA JjYSUîIIE ET DE l'aRDEUK DE LURINE. 6o3

cependant d'une part cet effet n'a point été produit par tous les calculs de la prostate, et de l'autre il ne l'a pas été par eux seulement; car ils ne sont pas tous placés à un endroit où ils puissent obstruer ou comprimer les deux méats du sperme, et d'ailleurs l'obstruction ou la compression de ceux-ci a lieu quelquefois par d'autres causes. Mais quand on ne peut pas soupçonner que les mêmes calculs sont nés de la matière séminale, croironsnous alors qu'ils se composent aussi de cette substance, entre autres, qui s'est présentée assez souvent à moi sous la forme de petits grains de tabac dans l'intérieur ou auprès de la glande? Vous pour» rez le juger par vous-même, lorsqu'en traitant (i) de la gonorihée, je parlerai de cette matière, des sinus qui la renferment quelquefois, et des autres lésions de la prostate.

38. En disant quelques mots maintenant de certaines lésions qui sont communes aussi au reste de l'urètre, je ne parlerai pas une seconde fois des calculs que je vous ai décrits ailleurs (2) sur le corps d'une femme et qui étaient sous la membrane interne de ce canal. Je ferai connaître plutôt quels vices se sont offerts à moi dans toute l'étendue de l'urètre sur un si grand nombre de cadavres que j'ai disséqués, vices qui pourraient se rapporter à la controverse relative à la nature

(i) Epist. 44, n. 20 et seq.

'(2)Epist.34, n-33.

6c)4 QUABA1\ TE-DEUXrÊM£ LETTRE

des caroncules (car c'est ainsi qu'on les appelle), que la plupart des auteurs d'autrefois regardaient comme se développant dans ce canal, surtout si une gonorrhée virulente avait existé précédemment; mais un très-petit nombre de médecins le croient aujourd'hui, et la difficulté d'uriner et les obstacles opposés au cathéter, que ceux-là rapportent à des caroncules, d'autres leur assignent différentes causes, et principalement des cicatrices, ou un engorgement et des varices des vaisseaux sanguins qui rétrécissent certains endroits de l'urètre, cas auquel appartient aussi une observation qui se trouve sous le n° xxii parmi celles qui ont été ajoutées à cette vingt- cinquième section du Sepulchretum. Bien plus, on a dit que le corps spongieux même de l'urètre s'élève dans l'intérieur de ce canal, aux endroits où une gonorrhée aurait affaibli davantage certaines parties de la tunique interne. Comme cette tunique est si mince, vous serez moins étonné, je pense, si par hasard elle cède à la pression que le sang exerce en distendant les cellules de ce corps, puisque vous savez que les parois mêmes des corps caverneux de la verge qui l'emportent tant sur elle en épaisseur et en force, s'élèvent aussi quelquefois par une cause analogue en forme de nœud, comme cela a été dit même autrefois par Aranti (i). Goulard('2),

(i) De Uimor. p. n. c. 5o.

(2) .Traité des Maladies de l'Urèlre.

J)i: LA DYSURIli: ET DE l'aRDEUR DE l'uRIJYE. 6o5

pralicien tros-expérimenlé , pense que ce genre d'obstacle est plus fréquent dans l'intérieur de l'urètre que tous les autres, qu'il ne nie point, et cela parce que c'est le plus propre à rendre raison des phénomènes, comme il le fait voir, et à expliquer entre autres choses comment il ne se présente aucuns obstacles sur les cadavres de certains sujets qui s'en sont plaint jusqu'à la mort. C'est quie la cause qui poussait ces cellules en dedans venant à cesser à la mort avec la force de la circulation du sang, ces cellules se désemplissent insensiblement, s'affaissent, et ne laissent aucun indice de leur existence à l'œil de ceux qui les cherchent. Cependant je crois que lorsqu'elles ont réellement existé sur le vivant, elles peuvent s'apercevoir sur le mort, si on distend le corps spongieux de l'urètre avec de l'air insoufflé autant qu'il l'avait été pendant la vie, et si après l'avoir fait dessécher dans cet état on incise l'urètre pour voir dans son intérieur le lieu où l'obstacle avait coutume de se faire sentir.

Mais il ne manque pas d'auteurs qui combattent encore en faveur des caroncules, soit qu'il faille les admettre dans d'autres endroits de l'urètre, soit surtout dans la caroncule séminale elle-même qui se serait tuméfiée. Lancisi lui-même s'est montré leur partisan dans sa lettre à Genselius (i); mais personne n'a traité ce sujet avec plus de détails

(i) Eph. N. C, cent. 6, obs. 84,

6o6 QUARAKTE-DFUXIÈME LETTRE.

et de soin que Bénévoli fi), qui ne s'est pas contenté, comme Lancisi, de citer des observations, mais qui en a rapporté qui lui sont propres , et qui a enseigne que cette maladie consiste dans Fuicération de cette même glande. Toutefois il n'a pas nié une circonstance que je voudrais que deux écrivains, du reste très-érudits, eussent remarquée, et il Ta même avouée (2) positivement, savoir qu'il peut en outre y avoir dans l'urètre d'autres obstacles, dont quelques-uns ont également été rencontrés par lui-même, et qui sont produits par des rétrécissemens, par des rides, par des cicatrices, et même quelquefois par quelque excroissance charnue; seulement il a prétendu que ces lésions ne peuvent pas, comme l'ulcération de la caroncule séminale, donner lieu à tous les signes particuliers au moyen desquels il distinguait la maladie dont il parlait, des autres obstacles qu'il avait bien connus , et qui s'opposent à Turine et au cathéter. Si d'autres travaillent à faire mieux reconnaître ces obstacles par des caractères certains , comme lui a fait reconnaître le sien, il n'est pas douteux que cela ne soit d'un aussi grand intérêt pour les médecins, qu'il l'est de se comporter différemment dans les différens genres d'obstacles, soit pour porter le pronostic, soit pour agir, ou du moins pour s'abstenir.

(i) Nuova proposiz. int. alla carunc.

(2) C. 2 etc. 3.

DE LA DTSURIE 1<T DE L ARDEUR DE l'uRINE. 607

Vous compreiîez que dans cette controverse , qui du reste est difficile à raison de cette différence si grande qui existe entre les observations, je ne rejette aucune de ces histoires, imitant l'équité de Celse , et suivant l'opinion des hommes du premier mérite. // est vraisemblable, dit celuilà (i), quoique dans un autre sujet, que chacun a omis ce qu'il na pas connu y et que personne n'a imaginé une chose qu'il n'a pas vue. Quant à Astruc (2), à Heister (3), et à Platner (4), auxquels on peut ajouter aussi Walther (5), ils ne doutent pas que les genres d'obstacles ne soient différens chez les différens individus, qu'il n'importe pas que tout le monde les ait tous vus, et qu'il suffit que tous aient été confirmés par des observations certaines. Si Genselius (6) a trouvé lui-même quelque caroncule , je l'admets aussi volontiers que Tétroitesse et le rétrécissement de l'urètre observés par Brunner (7) et par d'autres. Mais ce que ces deux auteurs ajoutent, je ne l'admets pas en entier aussi volontiers; car tout ce qu'ils avancent ne constitue pas des observations relatives à ce sujet, mais bien des conjectures, et je dis cela même

(i) De medic. , 1. 7, c. 14.

(2) De morb. Vener., 1. 3, c. 4^ §• 4 et alibi.

(3) Instit. chir. j p- 2, sect. 5, c. 38^ n. 1.

(4) Instit. chir. , §. i336.

(5) Dissert, de collo viril, vesic. , et cœt, J. i5 et seq.

(6) J^id. obs. 84 cit.

(7) Eph. N. C, cent, i, obs. 7 1 et 97.

6o8^ QUA-RANTE-DEUXIÈME LETTRE.

de ce que Genselius rapporte comaie des observations. En effet, qu'ont de commun avec ceci ces (pviJ.ctTcL d'Hippocrate (i), c'est-à-dire d'après l'expression de Celse (a), c^s petits abcès , qui parvenant promptement à la suppuration, comme il arrive, l'établissent la santé par l'effusion du pus? Admettons que les autres objets appartiennent à ce sujet. Mais ceux qui ont cru avoir guéri une caroncule, ont-ils au moins produit pour preuve de leur opinion la même que Galien (3), qui, après avoir détruit avec le cathéter une caroncule née d'un ulcère, à ce qu'il avait conjecturé, remarqua que V excrétion de V urine fut suivie non-seuiement (Tun peu de sang, mais aussi de fragmens de chair. Ceux qui ont trouvé des caroncules sur les cadavres, et c'est la manière la plus certaine de les observer, sont beaucoup moins nombreux que ne semble le croire Genselius, abstraction faite de ceux qui ayant vu des excroissances charnues dans l'urètre ont pourtant remarqué qu'elles ne s'étaient pas développées dans ce canal (or c'est sur celles-là que je fais des recherches ici;, mais qu'elles naissaient de la vessie d'où elles étaient suspendues dans l'urètre. Puisqu'il en est ainsi , vous serez moins étonné, je pense, si ayant examiné attentivement une si grande quantité d'urè-

i(i)Sect. 4? aplior. 82.

(3) De loc. aff., 1. 1^ c. 1

DE LÀ DY8ljRIE ET DE l'aRDEUR i)K l'uRINE. 6oC)

très depuis que je me suis livré à l'élude de l'anatomie, et en examinant encore tous les jours, je dis que j'ai à peine une observation certaitie d'une excroissance charnue située dans ce canal , tandis que j'en ai plusieurs de cicatrices et de rétrécissemens, et que dans cette unique observation l'excroissance n'existait pas sous ces dernières lésions.

3g. Un jeune homme mourut à cet hôpital à la suite d'une blessure de la tête , vers le milieu de décembre de l'an 1717.

Examen du cadavre. Après avoir examiné avec soin les viscères du ventre seulement, ainsi que l'aorte et le larynx, à l'examen desquels je me livrais alors tout entier, et après en avoir fait la démonstration à ceux qui étaient présens, voici ce que je trouvai contre nature. L'estomac était ample, et présentait à peine quelques rides. Le foie était plus volumiiieux que dans l'état naturel, et son artère était également trop grosse. Les reins offraient des cicatrices; rr>ais le gland de la verge en offrait davantage, et elles étaient grandes au point de le rendre difforme et de le rapetisser. A partir de là l'urètre était très- manifestement rétrécie jusqu'au tiers de sa longueur ; et il ne se présenta nulle part aucun de ces gros conduits que j'ai fait connaître (i), et dont le siège était presque occupé par une ligne non-continue, formée par une légère excroissance de chair boursouflée.

(i) Ad vers. 1, n. 10.

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