‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 4)Chapitre 2 sur 41 · ÉPITRE DEDICATOIRE · texte numérisé non relu

ÉPITRE DEDICATOIRE

gnais d'abord de paraître agir avec trop peu de respect si dans la première Lettre que je vous écrivais, au lieu de vous remercier de ces grands services que vous m'avez rendus tandis que vous n'en avez reçu aucun de moi, j'osais vous prier d'en ajouter d'autres à ces premiers. Au reste je vous aurais remercié long-temps auparavant de la manière la plus honorable, et qui plus est je vous aurais rendu la pareille, si les moyens égalaient en moi la volonté, comme ils l'égalent du moins pour la reconnaissance la plus profonde dont je sois capable, que je garde et garderai toujours. En effet, ce que vous avez fait pour moi de votre bon gré est tel que la postérité éloignée (car votre Traité immortel sur la Structure , l'Action et les Maladies du Cœur parviendra jusqu'à elle) croira que j'étais dans ce ^siècle ce que moi-mênfe, qui ai la conscience de ma médiocrité, j'avoue ne pas être. C'est pour ma patrie que vous l'avez fait, je pense, pour cette Italie que vous favorisez autant que certains hommes semblent vouloir lui nuire; car je ne puis croire que ceux que ce pays, ou du moins ce Gymnase auquel j'appai tiens, n'a jamais provoqués, soient véritablement ses ennemis. Toutefois ce Gymnase sera satisfait de votre honorable témoignage que la postérité répétera, et de celui d'autres grands hommes qui vous ressemblent, surtout de celui de l'Académie Royale, qui, quoiqu'une loi empêche qu'elle ne s'associe plus de huit membres pris dans les nations étrangères, en a choisi deux, avec bienveillance et générosité dans ce seul Gymnase, mon ami le célèbre marquis J. Poléni, homme d'un ^rand mérite, et moi comme je 1 ai dit.

Mais, pour revenir à vous, quoique je ne m'en sois pas éloigné en parlant dPI' Académie, ce que par une honnêteté toute parliculière vous avez bien voulu m'attribuer

EPITRK DEDICATOIRE.

de vous-même fait que si je vous demande quelque chose, je ne dois pas craindre de passer à vos yeux pour agir avec peu de bienséance. Au contraire cela m'enhardirait à vous adresser d'autres demandes que celle que j'ai annoncée plus haut , si votre excellent Traité dont je parlais tout à l'heure n'avait prévenu toutes mes questions.

Je m'explique : il existait à la fin du dernier siècle un médecin envers qiii nous ne serions pas moins injustes si nous ne convenions pas que c'était un observateur exact dans les maladies, qu'il ne le fut lui-même envers l'Anatomie en avançant sur cette science des choses que j'ai évidemment réfutées , et que des admirateurs d'ailleurs très-zélés de ce médecin n'ont même pas pu défendre. De plus, ces derniers s'étant aperçu par hasard que le principal de ses axiomes pouvait avoir dans l'esprit des ignorans une conséquence telle que la dissection des sujets morts même de maladies parût tout-à-fait inutile pour la recherche des causes des affections, ont bien avoué que cet axiome était très-vrai , mais ils ont fait voir que la conséquence n'était pas du tout juste, et des deux côtés ils ont raison. En effet, cet axiome était que les causes des maladies, du moins de la plupart, sont tout=à-fait inaccessibles à nos sens, de même que celles de la santé, parce qu'elles consistent dans des conformations cachées de petites parties invisibles, dans leurs liaisons, dans leurs mouvemens, et dans les forces qui produisent ces mouvemens et ces liaisons. Or quoique cela soit vrai, il ne s'ensuit cependant pas que les effets de ces causes échappent également à nos sens; car ils se portent sur des parties manifesies, et les changemens morbides que nous trouvons dans celles-ci sont des causes internes évidentes de la plupart des maladies. Ainsi ce n'est pas injustement que ces admirateurs

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