‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladiesChapitre 24 sur 39 · EPITRE DEDICATOIRE · texte numérisé non relu

EPITRE DEDICATOIRE

maladies des jnembres intérieurs du corps humain étaient inconnues y les anciens médecins voulurent y dit cet ancien auteur, que les parties intérieures fussent mises en évidence par Panatomie des animaux brutes. Ou, si nous faisons abstraction de cela, on ne peut certainement pas nier que la première anatomie ne soit principalement permise, et même aussi protégée et encouragée par les princes, que parce qu'elle est nécessaire à la seconde. En effet, il importe beaucoup à chacun en particulier, et à tous en général, que les causes internes des maladies et leur siège ne soient pas ignorés des médecins, soit que ces maladies attaquent des sujets isolément, ou des familles entières par suite d'une malheureuse hérédité, soit qu elles régnent dans des villes et dans des provinces. Or les médecins, même les plus recommandables, avouent que de toutes les maladies, il en est à peine trois ou quatre qui aient leur signe pathognomonique y c'est-à-dire tellement propre, qu'il les distingue de toutes les autres, tandis que toutes les autres ne peuvent être reconnues que par la réunion de plusieurs signes, parce que presque toujours elles ne dépendent pas d'une cause simple et qui n'affecte qu'une seule partie. Ils désirent donc beaucoup d'abord d'augmenter, s'il est possible, ces signes particuliers et tout-à-fait propres, et ensuite, s'ils ne le peuvent pas, d'établir, du moins d'après la réunion de plusieurs caractères, comme il a été dit, ce qu'il y a de principal dans chaque maladie. Car on a remarqué fort souvent que les symptômes que l'on regardait comme les principaux , et presque comme propres , ne l'étaient réellement pas, puisqu'on a trouvé sans eux les

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mêmes lésions intérieures que l'on croyait i^uliquées par eux, ou bien les mêmes signes avec des lésions bien différentes.

Ces choses, et d'autres qu'il vous est souvent arrivé, savant Mechel, ainsi qu'à rnoi, de lire, d'entendre dire et de voir, et surtout les causes de maladies tout-à-fait nouvelleset inconnues qui se rencontrent quelquefois, confirment les justes plaintes des médecins relativement aux causes cachées des maladies, et à leurs sièges que Ton n'a point encore suffisamment cherchés. Comme on dtnt r ertainement moins attribuer ceci à la négligeiice cics anatoniistes qu'à la nature même de la chose qui est presïjiie immense et interminable, il ne peut rien arriver (ie pins utile pour le genre humain j i^ que si nous tous qui cultivons l'anatomie, comme vous le faites avec courage, et comme je n'ai pas négligé de le faiie selon mes facultés, nous réunissons nos efforts pour rassembler pour le bjen public le plus d'observations de ce genre que nous pourrons; 2". que si, dans la crainte qu'il n'arrive dans la suite ce qu'il faut déplorer qu'il soit arrivé plus d'une fois, que les observations soient mortes avec leurs auteurs, nous prions tous les prosecteurs de recueillir et de publier dans leur vieillesse celles qu'ils n'auront pas publiées auparavant, et de suivre en cela, sinon mon exemple, du moins celui de Méad, qui est digne d imitation, en rapportant avec une extrême bonne foi, non pas comme ce dernier, peu de choses, mais tout ce qu'ils auront observé avec exacti* tude. Car c'est ainsi, et non autrement, qu'il pourra enfin arriver un jour que nos descendans auront un aussi grand

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