IX
5l4 SOIXANTE-UNIÈME LETTRE.
ne suis pas homme à nier que la terreur dont on est frappé, ne puisse l'augmenter; mais je ne suis pas non plus homme à penser qu'elle puisse la produire. Car comment la terreur aurait-elle pu la produire sur plusieurs sujets (je rapporterai quelques-uns de ces cas plus bas (i)), qui ignorant que l'animal qui les avait mordus était enragé, et occupés de toute autre idée, prouvèrent tout à coup par des signes très-évidens, et qui furent bientôt funestes , qu'ils étaient déjà attaqués de la maladie, touchant laquelle ils n'avaient pas conçu de soupçon ? Ainsi le virus introduit , quelle que soit sa manière d'agir, doit être reconnu pour la cause de la maladie. Or plus il conserve sa force d'une manière cachée et insidieuse , pour faire enfin explosion, plus il faut prendre garde qu'il ne s'introduise; et si par hasard il s'est introduit, il faut le combattre avec soin avant qu'il ne déployé ses forces.
C'est pourquoi si on proposait cette question, les chairs d'un animal enragé peuvent-elles communiquer la rage à ceux qui les mangent? je serais moins convaincu par l'exemple deScaramucci (2) qui rapporte que la chair d'un cochon mordu par un chien enragé, avait été maïigée impunément, bien qu'il fût constant que la rage s'était déjà manifestée sur ce cochon , que je ne le suis par des
(1) Eph. N. G, , dec. 3, a. gel 10, inappend. sub n. 6.
BES DELIRES QUI SURVIENNENT SANS FIÈVRE. 5l5
exemples contraires, el nommément par un de Bauhin (i), auquel il faut ajouter en oulre une observation de Lémery (2) relative à un chien qui devint enragé pour avoir mangé du sang qu'on avait tiré à un hydropliobe. En effet, la circonstance que ce sang n'était pas cuit, comme les chairs ont coutume de letre, n'apporîe pas une grande différence, puisqu'il faut une force de feu bien différente, et même extrême , pour que nous croyons que le virus fixé d'une manière très-opiniâtre, a pu être entièrement détruit. Quant aux observations rapportées d'après Zacutus (3), et relatives à du sang de chiens enragés, qui s'était attaché à l'épée avec laquelle on les avait percés, et qui avait conservé le virus, au point qu'introduit ensuite dans des blessures, même plusieurs années après, il produisit la rage; bien que ces obs<:f^citions soient trop extraordinaires, pour que tout le monde puisse y ajouter foi, cependant, si je ne me trompe, il me semble en avoir lu dans le célèbre Brogiani (4) une plus croyable, et je ne nierai pas qu'il ne faille avertir les prosecteurs qu ils prennent bien garde , en examinant les cadavres des hydrophobes, de se piquer les mains,
(1) Apud Stalpart. , cent, i, obs. 100, in schol. hand procul a fine.
(2) Hist. de TAcad. Roy. des Se, a. 1707, obs. anat. i*
(3) Apud Stalpart. , schol. cit.
(4) De veneno animant. , p. 2.
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OU d'oser témérairement, s'ils y ont de petits ulcères , les tremper dans leur sang, ou dans quelque autre humeur.
12. Relativement à ces précautions, et à d'autres, pour empêcher l'introduction d'un virus si formidable, s'il faut pécher dans un sens, personne ne niera qu'il ne vaille mieux être trop prudent que pas assez, en réfléchissant combien il est difficile et incertain de triompher de ce virus après son introduction , avan4: qu'il ne se manifeste par la difficulté de boire de l'eau et par la crainte de ce liquide. En effet, lorsqu'il est parvenu à ce point, il est si rare d'obtenir des guérisons heureuses, stables, parfaites et certaines, qu'eu égard à ce qui arrive le plus souvent, on peut regarder encore comme vrai ce qu'Ovide ( i ) disait de son tem ps de la médecine : Et elle ne secourt pas as^ec les eaux quon redoute. D'après cela il est d'autant plus désirable qu'il ne parvienne pas à ce point. Quant au bain, tant vanté dans d'autres pays, la plupart des médecins n'y ont point de confiance, non-seulement dans ces pays, comme nous l'avons vu ailleurs (2), mais encore chez nous. C'est pourquoi il s'en est trouvé qui ont eu recours au vif-argent, ou à ses préparations. D'autres, imitant leur exemple, surtout de notre temps, même parmi les Italiens, ont commencé à employer ce moyen préservatif.
(1) De ponto, 1. i, eleg. 4»
(2) Epist. 8 ^ n. 26 et 29.
C'est ainsi qne Morandius ( r) a rapporté plusieurs observations de ce genre. Cependant il joignit le mercure à d'autres alexipharmaques : il y ajouta même ensuite le musc, à l'imitation des Chinois, et cela afin que le préservatif, comme il le dit lui-même, pût être plus sûr. Ce grand nombre de moyens, ainsi que des ventouses placées sur la plaie dès le commencement sur quelques sujets, et même le fer chaud profondément appliqué sur presque tous, non-seulement laissent les médecins dans l'incertitude de savoir à quel remède il faut principalement rapporter la guérison , mais encore rendent l'homme qui a été mordu, et qui doit employer les mêmes moyens, craintif , et in-^ certain si après cela il sera en sûreté, par la raison surtout qu^il doute si ceux qu'on dit avoir été guéris, avaient réellement absorbé !e virus, et auraient certainement été attaqués d'hydrophobie. Bien que ce doute ne soit pas juste à tous égards, cependant cette hésitation même dans un cas des plus graves doit nécessairement être assez fâcheuse, pour qu'aucune précaution ne doive paraître inutile afin d'éviter le virus de la rage, même dans le but de se garantir de cette seule incertitude.
i3. Quant au remède communiqué à l'Académie Royale des Sciences de Paris (2), bien qu'il ait été
(1) Suprà, ad n. 9 cit.
(2) Hist. de TAcad. Roy. des Se, a. 1749, obs. anat. 4.
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d'un merveilleux secours non-seulement comme préservatif 5 mais aussi comme curatif, il ne faut pas lui accorder une assez grande efficacité pour se reposer sur lui avant qu'il ne soit constant qu'il ait produit le même effet dans tous les cas, et pendant un long espace de temps. En effet, on a reconnu par une longue expérience , que beaucoup de moyens de ce genre qui avaient été en honneur autrefois, ne réussissent pas. Aussi l'Académie a-t-elle pensé, avec la sagesse qui la distingue, qu'elle ne devait pas négliger, pour une chose d'une si grande importance y de publier l'histoire qui lui avait été communiquée, sans pour cela interposer son jugement. Or l'histoire mérite certainement d'être lue; car elle est écrite avec exactitude, et elle confirme contre l'opinion de ceux qui sont dans le doute, que ces auteurs ont dit vrai qui ont rapporté qu'un chien enragé a quelquefois communiqué le virus sans blessure, et avec son écume seulement. Au reste, je vous ai indiqué ailleurs (i) où vous pourriez lire les noms de ces auteurs ; et vous y ajouterez, entre autres, celui du célèbre professeur de Pavie , Mazzucchelli (2).
Plaise à Dieu qu'il vienne un temps où ce remède, ou quelque autre aussi simple, soit suffisamment confirmé par de nombreux essais , ou
(i) EpistS, n. 21,
p.) Apiid Morandium ^ paulo ante cit.
DES DÉLIRES QUI SURVIENNENT SANS FIÈVRE. SlQ
qu'il en soit de même d'un moyen que le savant Arrigonio (i) a proposé pendant que j'écrivais ceci; je veux parler de rartériotomie pratiquée sur le dos du pied d'après sa méthode : moyen qui a réussi, comme il le prouve par une observation! Quoique cette observation soit unique , et qu'on ait employé dans ce cas d'autres remèdes, que d'autres médecins, entre autres Morandius, ont aussi coutume d'employer , vous la lirez néanmoins avec plaisir, comme aussi trois autres relatives à des maniaques, qui sortirent de l'hôpital guéris par le même moyen, à l'exception d'un seul, qui, étant déjà rétabli, fut malheureusement enlevé par un phlegmon dans l'espace de cinq jours. Cephlegmon commençaitau métacarpe qu'il s'était froissé auparavant avec les chaînes de fer qui l'entourait, en s'agitant avec trop de violence dans un accès de fureur, et s'était étendu de-là avec une grande rapidité au bras, et du bras à l'épaule. En lisant ceci, vous louerez le conseil de Valsalva, que je vous ai rappelé ailleurs (aj; savoir qu'il faut sans doute contenir les sujets furieux avec des liens fermes, mais point durs. Du reste, relativement à cettç artériotomie, je ne veux pas que vous ignoriez que les jeijnes étudians m'ayant demaudéde faire mettre Faitère à découvert à la partie même du tarse où on doit
(i) Dissertaz. délia mania, etc., p. 3, c. 2 (2)Epist. 8, II. 5.
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l'ouvrir , nous vîmes qu'elle était située, du moins sur ce sujet, non-seulement sous les tégumens communs, mais aussi sous les tendons extenseurs des doigts.
14. Avant de terminer, je veux ne point passer sous silence un cas qui fut observé à Padoue, l'an 1754, par un médecin dont la bonne foi m'est très-connue. Il n'appartient pas tout-à-fait à l'hydrophobie; cependant il s'en rapproche, et sous plusieurs rapports il semble lui appartenir, comme vous le comprendrez d'après le court récit que je vais en faire, et d'après les réflexions que j'y ajouterai. Une chatte ayant peur d'un petit chien qui venait vers elle, alla à sa rencontre pour empêcher qu'il ne fît du mal à ses petits qu'elle avait mis bas depuis peu. Le maître de la chatte reçoit le petit chien dans ses bras. Mais le méchant animal attaque le bas de la jambe de son maître avec ses dents et ses griffes , et le blesse à la partie antérieure un peij. au-dessus du tarse. L'homme ne sent et ne craint aucun mal les trois premiers jours, attendu que la chatte n'avait donné ni avant, ni après, aucun signe de rage. Mais quatre jours après la morsure il fut pris d'une telle anxiété aux environs de la région précordiale, que, ne pouvant plus y résister, il eut recours à un médecin qui me raconta tout cela, en demandant du recours avec des instances, un regard et un visage qui firent craindre un prochain accès de fureur. C'est pourquoi des sangsues et des
ventouses furent appliquées sur les blessures (sur lesquelles on appliqua aussi pendant long-temps, d'après le désir du malade, cette pierre exotique qu'on appelle cobra ); du sang fut tiré plus d'une fois, comme le pouls l'exigeait, du membre supérieur, et du membre inférieur du côté opposé; on donna fort souvent une grande quantité d'eau , que le malade buvait sans aucune répugnance et sans aucune difficulté; et comme on n'obtenait absolument aucun soulagement avec ces moyens et avec d'autres , et que même le délire s'y joignit, il n'y eut qu'un seul remède qui diminua les anxiétés, le bain d'eau, à tel point que toutes les fois que celles-ci étaient plus considérables, le malade s'y jetait de lui même, ce qui arriva souvent ; car c'était dans la saison chaude de l'année. Enfin il fut pris d'une fièvre assez intense, mais non pas de longue durée; et après avoir beaucoup sué, il paraissait déjà guéri quatorze jours après la morsure. Mais ensuite, à chaque pleine lune, il sentait certaines irritations monter du lieu mordu, qui était entouré d'une couleur livide (comme il arrive dans les suglllations ) , parce que les plaies s'étaient fermées trop promptement; etlorsque cesirrita^ionsétaientparvenues à la région précordiale, elles donnaient lieu à ces extrêmes anxiétés qui avaient existé auparavant, et dont il ne pouvait être délivré que par les saignées. Ces accidens étant revenus de la même manière, et dans le même temps, jusqu'au dix-
huitième mois, elles commencèrent à ne revenir que toutes les quatre pleines lunes; elles revenaient encore à cet intervalle quatre ans après la morsure , pendant que j'écrivais ceci.
i5. Abstraction faite des chiens, je ne me souviens pas d'avoir lu quel'hydrophobie, oudesaccidens graves qui s'en rapprochent, aient pu être produits plus souvent que par des chats. Que si les chiens et les chats étaient les seuls animaux qui eussent ces follicules qui rendent une humeur fétide à l'anus, on pourrait tirer de là une confirmation assez plausible de la conjecture de ceux qui placent au nombre des causes pour lesquelles les chiens deviennent enragés, l'obstruction du petit sac^ et même des petits sacs; car il y en a deux qui contiennent cette matière fétide, qui semble être la partie la plus acre des humeurs , de sorte que si elle est portée dans le sang y ou quelle nen soit pas séparée convenablement ^ elle est propre à produire toutes les maladies les plus graves. Au reste, il est certain qu'elle jouit d'une très-grande force irritante, comme je l'ai compris dans d'autres circonstances, et surtout lorsqu'en disséquant une belette je fis sortir une humeur de ces petits sacs, qui étaient grands proportionnellement, et je sentis aussitôt mon nez frappé par une odeur aigre sauvage, à tel point qu'elle ne me parut devoir être mieux comparée à aucune autre qu'à celle du soufre brûlé. Mais ces petits sacs eji^istent non - seulement chez les be-
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leltes, mais encore chez lant d'autres animaux, comme vous l'aurez lu dans mes Adversaria (i), même avant que d'autres auteurs n'eussent indiqué qu'ils existent sur d'autres, et notamment Dupeyron (a) sur V animal qui produit le musc; de sorte qu'il n'est point étonnant que des hommes de mérite aient écrit ensuite quon les trouve sur presque tout le genre des quadrupèdes y ou du moins, puisqu'il faut pourtant excepter plusieurs espèces, surtout ^ comme le dit le célèbre Fantoni (3), sur les quadrupèdes et les carnivores qui ont des griffes.
Cette cause de la rage étant donc mise de côté, si nous n'avons égard qu'au fait, il est à peine douteux qu'après les chiens les chats ne soient ceux des animaux qui produisent le plus souvent l'hydrophobie, comme je le disais, ou des accidens qui s'en rapprochent beaucoup. Scaramucci (4) en rapporte trois exemples, deux sur deux femmes, et un sur un prêtre; Brogiani (5) deux, un sur un prêtre,un autre sur un homme;Lindern (6) un: et, pour ne pas être trop long, Stalpart(7) a rapporté à lui seul neuf exemples, dans lesquels des chats avaient communiqué la rage, qui avait produit la
(i) IV, animadv. 29.
(2) Mém. de l'Acad. R. des Se. , a. ly^i.
(3; Diiisert. anat. renov. 4.
(4) Suprà, ad n. 1 1 cit.
(5) P. 2 Ibid cit.
(6) Commerc, liu. , a. 1735, hebd. 11, n. :2.
(7) Cent. I, obs. 100, et in schoL
5^4 SOIXAJYTE-UNIÈME LETTRE.
iriorl; le premier de ces cas avait été observé par lui-même, les autres avaient été cités par Amatus, Fabrice de Hilden, Zaculus. 11 y en eut aussi un exemple à Padoue, les années précédentes, sur un homme noble, qui, ainsi que le prêtre de Brogiani , priait ceux qui le visitaient de vs'en aller plus loin, de crainte qu'il ne les mordît, confirmant ainsi ce dont plusieurs médecins avaient averti, que tous les hydrophobes ne délirent pas. Mais, si vous voulez jeter les yeux sur la plupart des exemples cités, vous saurez en outre qu'il est arrivé plus d'une fois qu'on ne pouvait pas soutenir que la maladie eût été produite par la terreur , puisque les sujets qui en avaient été attaqués plusieurs mois après, ignoraient que le chat qui les avait mordus était enragé, comme dans le observations de Stalpart et de Fabrice de Hilden. Bien plus , la même ignorance paraît avoir existé aussi chez les deux hommes cités par Lindern et Brogiani, surtout chez le second, attendu qu'il avait été mordu par un chat qu'il frappait, de telle sorte qu'il semblait que l'animal avait été poussé à le, mordre par la colère plutôt que par la rage, comme dans le cas que j'ai rapporté (i). Au reste, c'est à ce cas qu'appartient jusqu'à un certain point ce qui avait lieu sur le prêtre de Scaramucci; savoir que le serrement de la gorge ^ dont il avait été promptement délivré, rewint pendant
plusieurs années à la même époque de Vannée ^ où il avait été assailli par un chat enragé , qui n'avait laissé sur la peau que l'impression de ses dents sans la déchirer. Mais deux autres exemples du même auteur appartiennent bien davantage à ce même objet. Les voici : une femme, dont j'ai parlé trop succintement, ainsi que d'autres sujets dont le cas était analogue, dans la huitième Lettre (i), présenta les premiers signes de l'hydrophobie , lorsqu'après la plaie déjà fermée elle sentit comme un rayon se porter à trai^ers le bras vers la poitrine^ en produisant une sensation inflammatoire. Quant à l'homme , qui , de trois qui avaient été mordus par le même chien, vécut seul environ quatre ans après la mort des deux autres, il avait une plaie sur laquelleon avait appliqué un fer brûlant, et qui laissait écouler tous les ans (car elle n'était jamais parvenue à la cicatrisation) une grande quantité de sang, à l'époque où il avait été vciOTAn ^ jusqu à ce quon eût coupé la veine à V endroit de la jambe où la blessure aK^ait été faite. Et, puisque j'ai déjà parlé aussi d'un chien enragé , je voudrais qu'entre autres observations relatives à ce sujet, vous lussiez celle que Roscius écrivit à Fabrice de Hilden (2). Vous verrez combien d'accidens graves se manifestèrent sur une dame, si ce n'est qu'elle ne refusa jamais de boire de l'eau, après une douleur très-
(2) Cent. 1;, obs. thir. 86.
SsG SOIXANTE-UNIEME LETTRE.
vive du bras, qui avait été mordu par un chien enragé sept mois auparavant; or elle éprouva les mêmes accidens après le même nombre d'années, le même bras étant toujours le point de départ; puis elle les éprouva six ans après, ensuite seulement un an après; l'année d'après elle les éprouva deux fois, la vsuivante trois fois, de telle sorte cependant que plus les accès étaient fréquens, plus ils étaient courts. Aussitôt après la blessure reçue on employa plusieurs remèdes; mais à la suite de l'emploi de ces remèdes , la plaie s'était cicatrisée. Comme cette circonstance réussit mal aussi à la femme citée d'après Scaramucci, et qu'il fut, au contraire, fort avantageux pour l'homme dont il a élé parlé d'après son observation, que la plaie ne se fût jamais cicatrisée, on peut voir facilement qu'il est bon l'avertissement de tous ceux qui ont enseigné qu'il faut tenir la plaie ouverte fort longtemps, et que si par hasard elle s'est fermée trop vite, il faut l'ouvrir aussitôt. De même que j'ai loué ailleurs (i) ces médecins, de même je voudrais qu'on eût suivi leur conseil dans le cas que j'ai rapporté.
i6. Au reste, comme le même cas, réuni à d'autres que j'ai rapportés ailleurs (2), et surtout à ceux que je viens d'indiquer , confirme d'une manière assez plausible mes conjectures relativement
(i)Epist. 8, n. 26.
(2) Ibid,, n. 21 et Sa.
à la communication de ce virus par le moyen des nerfs , et à la nature convulsive de la maladie; de même le soulagement , produit uniquement par le bain d'eau , s'accorde avec Topinion que j'ai émise (i) sur l'emploi de ce moyen, qui n'est pas entièrement à dédaigner. Quant à l'utilité des sueurs extrêmement copieuses, elle confirme ce que les anciens et les modernes ont enseigné à leur sujet. La plupart de ces auteurs ( pour ne pas être obligé de les nommer ici en particulier) seront suffisamment indiqués dans la dissertation d'Edimbourg, que j'ai citée plus haut {'i). Adieu.
(i) Ibîd., n. 2g.