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pression du cerveau, et par conséquent celui de l'épanchement autour de ce viscère.
i4- En voilà assez pour ce qui concerne le cerveau. Mais qu'arrivera-t-il si la lésion appartient au cervelet? si la lésion existe dans l'un, ou auprès de l'un de ses lobes, produira -t-elîe une hémiplégie, et si elle la produit, la produira-t-elle dans le côté du corps opposé, ou soujacent? Voilà le problème que j'ai proposé dans la treizième Lettre Anatomique (i); et je ne me repenspas de l'habitude que j'ai, et que j'observai alors en ne voulant rien déterminer d'après une seule observation; ayant même avoué que celle-ci peut s'expliquer de plusieurs manières, j'avertis qu'il fallaiten attendre d'autres, et d'un autre genre. En effet, je suis tombé depuis sur une observation moins récente, et j'en ai lu une autre toute nouvelle; or, dans l'une et dans l'autre, l'hémiplégie des membres soujacens, et non opposés, répondait au lobe du cervelet dans lequel existait la lésion, comme je vous l'ai écrit dans une autre Lettre (2). Toutefois, averti par les variétés qui se sont quelquefois présentées même contre le point de doctrine de Valsalva, confirmé d'ailleurs par tant d'exemples constans^ j'ai pensé qu'il était plus sur de ne rien établir avec trop de précipitation d'après deux faits, mais de leur en réunir auparavant d'autres, et d'autres
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(3)Epist. Sa, n. 27.
DE l'jÉPIT.KPS. , Dt:S COJVVULS. , DE LA PARAL» S/j^
encore, qui prouvent la même chose, comme Valsalva le fit avant de publier sa doctrine. Je n'ignore pas que si vous voulez tout examiner avec soin , comme il convient , ces exemples se présentent plus rarement que ceux qui sont relatifs au cerveau, comme vous avez pu le reconnaîtred'après les notes que j'ai faites (i) à une de mes observations , dans laquelle il est dit que j'avais trouvé dans l'un des lobes du cervelet une cavité assez grande et tout à-fait pleine de sang; et vous pourrez le voir d'après une autre observation, que je vous ai promise à cet endroit, et à un autre (2), et que je vais rapporter immédiatement.
i5. Un homme d'environ quarante- huit ans, accoutumé à se servir de charbons brùlans encore plus que son métier ne l'exigeait (or, il était cuisinier), et à tenir la tête trop près du feu , avait commencé à se plaindre de douleurs très* aiguës de cette partie un an auparavant. A ces douleurs il se joignit une telle faiblesse des deux membres inférieurs , qu'il ne pouvait plus se tenir ni sur l'un ni sur l'autre. Cette débilité, ces douleurs, et une petite fièvre qui s'y était jointe, l'ayant forcé à se coucher, et à appeler enfin un médecin, on lui tira du sang d'abord du bras, et ensuite du pied, par la raison aussi qu'il avait de temps en temps un peu de délire. Il fut bien délivré du
(i)Epist. 60, n. 7.
(2) Epis t. 52, n. 26.
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délire, mais tous les autres symptômes persistèrent. Ayant renvoyé son médecin , il continua à faire usage des remèdes céphaliques que celui-ci avail prescrits, mais inutilement, au point qu'après être resté couché quatre mois chez lui , atteint de tous les maux que j'ai indiqués, il fut enfin transporté à Thôpital, où il ne vécut pas plus de dix jours. Le pouls était tendu, vibrant, du reste médiocre, et jamais fébrile. La respiration était naturelle, ainsi que l'appétit. Et bien que les membres inférieurs fussent paralysés, quant à leur mouvement, ni les membres supérieurs, ni aucune autre partie du corps, n'étaient atteints d'une affection analogue. La plupart du temps il y avait du sommeil- pendant le jour, et un peu de délire la nuit. La saignée, entre autres moyens superflus, ayant été pratiquée au bras, et peu de jours après au pied , il arriva par hasard qu'il mourut la nuit, sans avoir donné dans tout le jour de la veille aucun signe de défaillance; bien plus, ayant dîné comme à son ordinaire, et ayant même fait une partie de son petit souper au commencement de la nuit, on s'aperçut tout à coup qu'il rendait l'âme. Comme il avait sa connaissance par intervalles (car il ne l'avait pas le plus souvent), il avait dit plus d'une fois à sa sœur chez lui, et à d'autres à l'hôpital, qu'il désirait qu'on ouvrît son crâne après sa mort, pour chercher la cause de sa maladie atroce. C'est ce que je fis moi-même le lendemain, qui était le lo janvier de l'an 1764?
DE l'ÉPILEPS., des CONVULS. , DE LA PARA.L. 549'
en présence de plusieurs personnes qui étaient restées à l'hôpital après la leçon d'anatr)mie.
Examen du cadavre. Il s'était écoulé de l'eau pendant qu'on coupait la tête, et qu'on ouvrait le crâne. Avant d'inciser le cerveau, et surtout après l'avoir incisé, je fis remarquer que la cavité du crâne de cet homme était oblique, et que son côté gauche, surlout vers la partie postérieure, était beaucoup plus éloigné de la partie moyenne que le côté droit. Les vaisseaux qui rampent à travers les méninges et sur les parois des ventricules latéraux, contenaient plus de sang que dans l'état naturel ; et il en était de même des peti Is vaisseaux qui traversent la substance médullaire du cerveau, comme l'indiquaient des points de sang plus remarquables qu'à l'ordinaire. Cette substance était fort dure dons les hémisphères. Au contraire, le corps calleux était mou, et la voûte, ainsi que le trajet médullaire qui passe devant les colonnes de sa base, étaient beaucoup plus moux; et ces colonnes l'étaient considérablement, de telle sorte que leur substance semblait être délayée. I.e corps strié du côté gauche était aussi plus mou que celui du côté droit; mais le septum lucidum était assez ferme. Les trois ventricules antérieures contenaient beaucoup d'eau limpide, dans laquelle nageaient les ailes des plexus choroïdes, qui, pourtaîjt, n'étaient pas pâles. La glande pinéale distendue par une eau semblable, s'étant rompue facilement pendant qu'on soulevait la partie
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moyenne de ces ventricules , il n'en resta qu'une petite parcelle de la base^ qui était fixée à sa place. Le troisième ventricule parut plus court que dans l'état naturel; mais le quatrième se montra certainement plus long , après que le cervelet eut été coupé par le milieu, comme à l'ordinaire, et porté sur les côtés. En coupant ce viscère, comme je le dis, je trouvai une chose que la surface, qui était semblable à ce qu'elle est ordinairement, ne permettait même pas de soupçonner. Voici le fait: à peine étais-je parvenu, avec le scalpel, à la profondeur d'un travers de doigt, que, rencontrant une résistance insolite, je m'arrêtai, et qu'en écartant la partie que j'avais coupée je fus fort étonné de ne voir dans les sections aucun indice de l'arbrisseau médullaire , tandis qu'à sa place il y avait des stries médullaires dirigées entre la substance corticale , et qui n'envoyaient nulle part aucuns ramuscules. Alors , m'étant servi d'un scalpel plus pointu et plus fort? je coupai tout ce qui restait de la partie moyenne du cervelet jusqu'au quatrième ventricule, et je commençai à voir la lésion pour laquelle je vous décris principalement cette observation. La substance n'était ni molle, ni de deux couleurs, ni entrecoupée par un très-grand nombre de sillons profonds ; mais elle était squirrheuse , d'une seule couleur, qui approchait de la couleur de chair détrempée; et elle était formée d'espèces de corpuscules arrondis, tellement unis entre eux qu'on ne
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voyait nulle part aucun interstice , aucune membrane, aucuns vaisseaux sanguins. D'un côté cette lésion s'étendait un peu à droite, et de l'autre elle s'étendait dans presque tout le lobe gauche du cervelet. En effet, à l'exception de la surface de ce lobe, qui était formée par la substance naturelle , laquelle était peu considérable en quelques endroits et nulle à la face inférieure, tout le reste était occupé par une lésion absolument identique^ qui tenait la dure-mère étroitement attachée, surtout sa partie inférieure, de telle sorte qu'on pouvait croire qu'elle était née à cet endroit, et que de là elle s'était propagée pour attaqîier les autres parties que j'ai indiquées. Quoique le lobe droit fût d'une substance molle dans la partie corticale comme dans la partie médullaire, cependant, coupé en travers, il ne présenta pas, dans l'une et dans l'autre, la disposition qu'il présente ordinairement sur les autres sujets, mais une disposition évidemment différente, bien qu'elle ne le fût pas autant que sur cette partie moyenne du cervelet, qui offrit là où elle était molle et co»n posée d'une substance double, des sections différentes de celles que nous voyons constamment , et telles qu'elles ont été indiquées un peu plus haut. Je ne pus remarquer rien de plus qui s'éloignât de l'état naturel, quoique j'eusse disséqué toutes les parties avec spin , et chacune à sa place. Je n'eus pas le temps d'examiner autre chose sur ce cadavre. i6. J'ai dit à quel endroit on peut croire que ce
squirrhe du cervelet commença. Mais commençat-il à gauche, parce que la cavité du crâne était grande outre mesure de ce côté ? C'est ce que je ne dirai pas , pas plus que je ne déterminerai l'endroit où pril son origine la disposition insolite de la substance médullaire dans le lobe droit et cette partie moyenne du cervelet. Car il ne paraît pas croyable qu'il en fût ainsi , dès la naissance, sur un homme qui avait vécu quarante-sept ans sans aucune incommodité de la tête. II est plutôt vraisemblable, pour passer à d'autres choses, que, les progrès de la lésion squirrheuse étant cause qu'il était reçu de moins en moins de sang dans cette partie du cervelet, dans laquelle on ne voyait plus aucun de ces vaisseaux si nombreux qui descendent profondément çà et là sur tous les sujets entre les segmens( qui étaient ici entièrement oblitér/s), une quantité d'autant plus grande de ce liquide était poussée dans les vaisseaux du cerveau , soit extérieurs, soit plus profonds, et que c'est de là que résultèrent et les douleurs, et les délires légers très-fréquens , et enfin la mort à l'époque où il s'écoula en même temps une grande quantité d'eau' dans le cerveau. Tout cela put avoir lieu d'autant plus facilement, non-seulement à raison de la profession du sujet et de l'habitude peu prudente qu'il avait en l'exerçant , mais aussi à cause de cette mauvaise disposition du cerveau, à laquelle elles s'étaient jointes, et qui est indiquée par la forme irrégulière du crâne, soit que cette forme devienne