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Une femme déjà blanche, était morte de la

54o SOIXANTE-DEUXIÈME LETTRE.

même maladie en peu d'heures , au même endroit, vers le milieu de décembre de l'an 1756; elle était affectée d'une paralysie des membres du côté droit.

Examen du cadastre. Comme j'étais sur le point de disséquer le cerveau à sa place, je prédis la même chose que sur la femme précédente aux jeunes étudians, qui étaient restés en grand nombre après la leçon que j'avais faite sur les os en général ; ensuite ayant écarté la dure-mère, je fis voir les vaisseaux de la pie-mère qui étaient engorgés de sang à gauche, où l'on voyait également au-dessous de cette membrane quelque chose de semblable à une espèce de gélatine. Disséquant ensuite le cerveau, dont la substance était ferme, tandis que celle du cervelet était très-molle, je trouvai un peu d'eau dans les ventricules latéraux, mais rien qui s'éloignât de l'état normal dans l'hémisphère droit, ni dans aucune des parties contenues dans ce côté du crâne. Ayant coupé profondément l'hémisphère gauche en long , je trouvai une quantité de sang noir et coagulé, que tout le monde jugea être de deux onces. Ce sang était à côté du corps strié, et s'était épanché au-dessous de lui dans la substance médullaire; et bien qu'il eût déchiré cette subsifance, il ne s'était pourtant ouvert aucune voie pour pénétrer dans le ventricule voisin , ou pour s'en aller hors du cerveau. Étant occupé d'autres choses, je ne disséquai rien de plus sur ce cadavre.

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10. J'avais écrit jusqu'ici le 3i décembre de Fan 1758, lorsque le lendemain revenant à l'hôpital pour reprendre les exercices d'anatomie qui avaient été interrompus, je trouvai une autre occasion de recueillir une observation, qui doit être réunie à celles de Valsalva que j'ai citées.

11. Un mendiant d'environ cinquante ans, dont l'épine était contre nature de la manière que je décrirai plus bas, avait été frappé d'apoplexie un mois auparavant, se trouvant sur la place publique; lui aussi avait les membres du côté droit paralysés, et la bouche de travers. On le reçut aussitôt à l'hôpital; les saignées et les autres moyens ordinaires qui lui furent administrés , lui furent assez utiles pour qu'il pût parler. Quelques jours après il éprouve de nouveau une attaque d'apoplexie; et de nouveau les secours de la médecine le soulagent. Enfin il succombe à une troi* sième attaque.

Examen du cadavre. Comme il ne s'était rien écoulé de remarquable pendant qu'on coupait circulairement le crâne, et qu'on l'arrachait bientôt après de la dure-mère, qui lui était fort étroitement adhérente, j'annonçai d'avance aux auditeurs, qui étaient très -nombreux, ce que j'ai coutume de leur annoncer, et l'événement confirma ma prédiction. En effet, on ne trouva nulle part dans la dissection aucune partie qui s'éloignât de l'état naturel en dedans du crâne, si ce n'est Fhémisphère gauche du cerveau. La partie médullaire

intérieure de cet hémisphère, qui était adjacente au ventricule latéral , ayant été déjetée par du sang, renfermait une telle quantité de ce sang noir et à demi concrète, qu'une cuiller médiocre l'aurait à peine contenue. Du reste, l'épine de cet homme était contournée de telle sorte que je ne me souviens pas d'avoir vu ce vice porté plus loin sur aucun autre sujet. En effet , elle était tellement courbée à droite vers la dernière vertèbre du dos, qu'elle formait un angle moindre qu'un angle droit dirigé en bas^ en même temps que les corps de cette vertèbre et des quatre ou cinq qui sont placées sur elle, étaient tournés à gauche, de manière qu'ils regardaient, non pas la paroi antérieure de la poitrine , mais exactement le côté gauche. Sans doute la courbure qui a été décrite était beaucoup plus grande que celles qu'on remarquait à la région de toutes les vertèbres des lombes, et à celle des vertèbres supérieures du dos et des vertèbres inférieures du cou. Mais cependant on voyait manifestement à l'une et à l'autre région une inclinaison de l'épine qui représentait un arc, dont la convexité était tournée à droite, et la concavité à gauche dans les lombes , tandis que la convexité était tournée à gauche, et la concavité à droite, à la partie supérieure du dos et à la partie voisine du cou. Enfin, je remarquai que le ligament qui embrasse par derrière, à l'instar d'un demi-anneau, l'apophyse de la seconde vertèbre du cou qu'on appelle odontoïde, en dedans de la pre-

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mière , était attaché à l'apophyse, peut-être à raison de la position continuelle ou du moins très-fréquente du cou, position qui était plus commode à un homme conformé de cette manière.

12. Autant cette configuration si vicieuse de Tépine que j'ai décrite courbait l'aorte, qui lui est adhérente, autant elle s'opposait au cours facile du sang vers les parties inférieures. Aussi étaitelle cause qu'une plus grande quantité de ce liquide se portait au cerveau , et que ce viscère était disposé à l'apoplexie sanguine. Mais ce qui fit que celle-ci ne produisit pas une mort plus prompte, ce fut non-seulement la non-lésion de ces deux protubérances qui se trouvent à la base des ventricules, mais encore les saignées faites à propos, qui empêchèrent que la lésion ne s'étendît jusqu'à elles, et qui firent que l'épanchement de sang ne se fit que lentement, en petite quantité, et par intervalles.

i3. Dans ce genre d'apoplexie, la lésion que j'ai trouvée le pi us sou vent, existe dans rhémisphère du cerveau opposé au côté du corps paralysé, comme le confirment, non-seulement ces observations, mais plusieurs autres des miennes, dont la plupart vous ont été citées ou rapportées ailleurs (i), mais dont il me reste cependant quelques-unes, dont une vous sera envoyée dans la Lettre sui-

(i) Epist. II, n. lo et seq. ; III, n. 2, 3, 14 et seq.; V, n. 7; XI, n. 10, 12; LI, n. 43.

vante (i). Et cela est encore confirmé, non-seulement par mes observations, mais aussi par celles des autres, qui on t également été indiquées ailleurs (î^), et auxquelles vous ajouterez celle qui a été citée par le célèbre Sulzer (3) d'après Archibaldus Adams, celles que Méad (4) affirme avoir recueillies je?/^^^ d'une Jois anciennement à Vhôpitaly et enfin l'exemple, tout-à-fait semblable aux miens, qui se présenta à un homme très - expérimenté , M. A. Caldani (5), qui vit après une forte apoplexie et une paralysie de tout le côté droit, le corps strié du côté gauche corrodé dans sa moitié, et rempli de sang grumeleux. Mais il existe aussi des observations d'une paralysie, non pas du côté opposé, mais du côté soujacent à l'hémisphère du cerveau dans lequel se trouvait la lésion. Oui, il en existe ; et Valsalva (6) ne Ta pas dissimulé dans les siennes, comme moi je ne le dissimule (7) pas dans les miennes. Bien plus, j'ai rapporté dans les Lettres anatonliques (8) sept histoires extraites des livres d'autres auteurs; si par hasard vous voulez en ajouter une à celles-là, d'après le célèbre

(i)Epîst. 63, n. 12.

(2) J^id, easd. epislolas.

(3) De actione cerebri decuss., §. 8.

(4) Monit. med. , c. 2, ^. 2.

(5) Leltera sulF insensitiv. , etc. , ^. 5i.

(6) Tract, de aura hum., c. 5, n. 5.

(7) Epist. 57, n. 14 , i5 ; et epist. anat. i3 , n. 23 , 25.

(8) ïbid,^ eod., n. 25.

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Bergeriius (i), et une ou deux qui se trouvent dans Sulzer (2) déjà cité, je ne m'y opposerai pas. Je vous prierai cependant de bien examiner ce qu'on peut objecter à plusieurs d'entre elles (objections que j'ai faites (3) moi-même à quelquesunes, comme Sulzer (4) qui n'avait pas vu mes Lettres anatomiques les fit ensuite à d'autres, bien que vous croyez qu'il en existe quelquesunes auxquelles il n'y a rien à objecter); et alors vous comparerez le petit nombre de ces dernières histoires avec la quantité presque innombrable de celles de Valsalva et d'autres auteurs. Car, de cette manière, vous comprendrez aussitôt à laquelle de ces deux classes d'observations doit ajouter foi le médecin qui a égard, comme il le doit, à ce qui arrive le plus souvent, et cela non-seulement en théorie, mais encore*en pratique, de telle sorte que s'il faut surtout appliquer le trépan, comme l'indique Sulzer (5) déjà nommé plusieurs fois, sur uu crâne qui aurait reçu un coup pour un épanchement de sang ou 'de pus existant audessous de lui , et si aux signes de cet épanchement se joint la paralysie de l'un ou de l'autre côté, c'est celle-ci qui indiquera le siège de la com-

(i) Ventriculor. latéral, cerebri nova tab. not. dd. (2)S. i3.

(3) Vid. epist. indicatas.

(4) %' 16 et seq.

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