‹ Recherches anatomiques sur les hernies de l'abdomenChapitre 35 sur 85 · C II · texte numérisé non relu

C II

sion , si le poids est soulevé avec le bras correspondant, le tronc étant incliné à gauche ; 3° qu’un effet opposé a lieu dans le cas contraire.

A quoi sont dues ces différences que j’ai été à même d’observer toutes les fois que j’ai trouvé l’occasion de faire l’expérience que je viens d’indiquer, et que j’ai répétée sur moi-même? Je crois qu’on peut en trouver la vraie cause dans la forme que prend l’abdomen , et dans la direction suivant laquelle ses muscles se contractent dans ces trois cas.

Dans l’état de rectitude du tronc, on sait que la face inférieure du diaphragme regarde en bas et en avant, de telle sorte que pendant l’abaissement de ce muscle, lors de l’inspiration, les viscères sont poussés obliquement dans ce sens, vers la paroi antérieure de l’abdomen, qui se distend en obéissant à leur force d’impulsion. Mais lorsque des efforts ont lieu, le tronc étant fléchi directement en avant par l’action des muscles droits et obliques fortement contractés, la paroi antérieure du ventre devient droite (i), diminue d’étendue en hauteur, le diaphragme s’incline en arrière vers l’excavation pelvienne, s’oppose directement à la cloison concave que forme la paroi] inférieure de l’abdomen, contre laquelle il pousse les viscères; ceux-ci pressent alors également sur les anneaux de l’un et de l’autre côté, mais beaucoup plus obliquement, et avec bien moins de force, par conséquent, que lorsque le tronc est maintenu droit pendant la même contraction. Tandis que ces efforts ont lieu , c’est spécialement sur les organes renfermés dans le bassin que porte la pression; aussi avons-nous soin de mettre le tronc dans une semblable inclinaison lors de l’excrétion des matières fécales endurcies, de l’expulsion difficile des urines, etc. Une ligne passant parle milieu du diaphragme qu’elle coupe à angle droit, et tombant au centre de l’excavation du bassin, indique la direction suivant laquelle les viscères sont déprimés; la pression estplus forte au centre, mais elle est égale de chaque côté de cette ligne ; les deux anneaux sont égale-

(x) Elle peut meme devenir concave en avant, lorsqu’elle est fortement tirée en arrière vers la colonne vertébrale par le muscle transverse. Ce muscle agit, dans ce cas, comme une ceinture contractile , retenue immobile par la partie postérieure de sa circonférence , et ramenant dans ce se«s les parties qu’elle embrasse.

V oyez PI. I , fig. x.

Voyez PI. I, fig. a.

ment pressés, et les hernies ont autant de tendance à se faire à droite qu’à gauche.

Tout change quand on soulève un corps pesant, ou qu’on fait une forte traction avec un seul membre, en inclinant le tronc du côté opposé. Voici ce qui arrive dans le cas où nous employons le bras droit à cet effet, comme cela se pratique le plus souvent : le membre abdominal droit s’étend, se fixe solidement sur le sol, s’arc-boute, afin d’avoir plus de force de résistance ; le corps pesant étant saisi, le tronc se fléchit à gauche, et devient concave dans ce sens ; la base de la poitrine se rapproche de la crête iliaque de ce côté, et s’éloigne en même temps de celle du côté droit. Il résulte de cette inclinaison , que les parois latérale et antérieure du côté gauche diminuent sensiblement d’étendue , deviennent plus épaisses , plus résistantes , tandis que les mêmes parois du côté droit sont distendues , affaiblies et présentent plus de surface à l’action des viscères. Mais déplus, par cette flexion plus ou moins considérable du tronc et de la poitrine à gauche, la direction du diaphragme se trouve changée relativement à l’axe de la cavité abdominale ; la concavité de ce muscle se dirige vers le côté droit; aussi la ligne qui le coupe perpendiculairement et qui indique le sens suivant lequel a lieu son action , ne passe plus par la ligne médiane de l’abdomen, ne vient plus tomber dans le centre de la cavité du bassin , comme dans le cas précédent, mais bien Foyez PI. I , fig. 3. dans la fosse iliaque droite qui forme lu partie du ventre directement opposée au diaphragme (1). Aussi les viscères, poussés dans cette direction, agissent-ils avec beaucoup plus d’énergie sur les parois abdominales droites qui sont déjà distendues et amincies , que sur les parois du côté gauche qui sont contractées sur elles-mêmes, plus épaisses et moins étendues. Delà, sans doute, l’impulsion plus forte qu’éprouve, de la part des viscères abdominaux , la main appliquée sur les ouvertures droites.

Des effets absolument opposés ont lieu si on soulève des fardeaux avec le membre gauche.

(i) L’extrémité inférieure de cette ligne, placée dans la fosse iliaque lors de l'inclinaison simplement latérale du thorax, se rapprochera ou s’éloignera de l’anneau inguinal , si b poitrine est en même temps portée en arrière , ou dirigée en ayant.

Si on fait attention maintenant que, dans la plupart des circonstances, nous employons le bras droit pour tirer, l’épaule correspondante pour lever les corps pesants, et qu’en même temps nous inclinons le tronc à trauche , on se rendra facilement raison , sans recourir à une différence dans la structure des canaux fibreux des deux côtés , de la plus grande fréquence des hernies du côté droit, sur lequel porte spécialement la pression des viscères de l’abdomen. D’après ces observations, je suis porté à regarder, sans en avoir cependant la preuve matérielle, les individus gauchers comme plus exposés aux hernies du côté gauche; chez eux , en effet, le bras de ce côté est plus souvent employé, et la courbure latérale du rachis se trouve à droite, comme l’a démontré M. le professeur Béclard (i).

(i) Le testicule droit est en général plus élevé que le gauche chez les individus adultes ; différence de position qui n’est que peu ou point marquée chez les enfans et les vieillards. J’ai recherché la cause de cette disposition, et j’ai trouvé , i° qu’il n’y a pas à la simple inspection de différence appréciable pour le volume entre les deux testicules ; que celui du côté droit est cependant presque constamment un peu plus pesant , et que par conséquent on ne saurait attribuer sa position élevée à sa pesanteur moins considérable ; 2° que le cordon testiculaire du côté droit est ordinairement moins long , un peu plus gros que celui du côté gauche , et que les anses de son muscle crémaster sont aussi plus courtes et plus prononcées. Pour reconnaître ces différences , il faut disséquer les parties sur des individus très-forts , et apporter dans cet examen la plus grande attention. Sur le cadavre du nommé Foulard supplicié, âgé de 21 ans, très- fort et. parfaitement conformé , j’ai mesuré le volume et déterminé le poids des parties placées à gauche comparativement à celles du côté droit. Voici ce que j’ai obtenu pour les testicules et les cordons qui les soutiennent :

Le testicule gauche, encore renfermé dans le scrotum, était placé un pouce plus bas que le droit.

Je disséquai avec soin ces organes , de manière à ne conserver que les vaisseaux testiculaires contenus dans leur gaîne , le crémaster, le testicule et la tunique vaginale. Le cordon du côté droit était un peu plus gros que le gauche, et les anses de son crémaster plus courtes et plus fortes que celles de ce dernier.

Longueur du cordon mesuré depuis l’anneau jusqu’au y côté droit ... 5 pouces, bord supérieur du testicule i côté gauche. . . 4 pouces.

Je coupai le cordon au niveau de l’anneau inguinal, et j’obtins les résultats suivants pour le poids :

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