SUR LES OI.IGOCHÈTES
nier dans la région postérieure de chaque segment. Celle du VIIIme segment est fort dilatée et forme un cu'ur transverse animé de pulsations rhylhmiques. Celles du lXrae, du Xrae et du XIme segment battent aussi rhythmiqiicment à l'époque du développement des organes générateurs, sans être cependant dilatées en cœur. Les autres ne sont point contractiles. Quanta l'anse intestinale, je ne doule pas qu'elle n'existe dans la région antérieure de chaque segment. Je n'ai malheureusement pas rencontré celle espèce depuis que j'ai découvert l'anse intestinale du TubifexBoniieli, du Limnodrilus Udekemianusel du Lumbricidus variegalus. 11 m'a donc été impossible de l'examiner sous ce point de vue., mais l'analogie permet de supposer que l'anse intestinale existe chez le Limnodrilus Hoffmeisteri comme chez les oligochèles voisins. Les vaisseaux cutanés sont beaucoup moins nombreux que chez l'espèce précédente et leur parcours difficile à étudier, la coloration en étant fort pâle. J'ai cru partout reconnaître qu'ils forment dans chaque segmenldeux paires d'anses (pi. IV, fig. 6 a. c. et a. c.) très-ondulées. Chaque anse part du vaisseau ventral pour se rendre directement à travers la couche musculaire interne jusqu'aux limites de la couche musculaire externe. Le vaisseau circule entre les deux couches musculaires jusqu'à la région dorsale, puis il revient sur lui-même pour s'ouvrir de nouveau dans le vaisseau ventral. Je n'ai réussi à apercevoir ces vaisseaux cutanés que dans le tiers postérieur environ du Limnodrilus Hoffmeisteri. Il est donc probable qu'ils jouent aussi bien que ceux de l'espèce précédente le rôle de vaisseaux respiratoires. Ce Limnodrile élève en effet fréquemment sa partie postérieure hors de la vase pour l'agiter dans l'eau.
Organes segiMenï aires. Les organes segmenlaires sont conformés à peu près comme chez les Tubifex. Ce sont de longs tubes ciliés, trèsenlorlillés, s'ouvranlà l'extérieur dans lessegments qui en sont pourvus par un simple pore, un peu en avant des soies de la rangée ventrale. L'autre extrémité du tube, après s'être engagée dans le dissépiment, va s'élargir en une palette obliquement tronquée qui hotte dans le segment immédiatement antérieur. L'ouverture interne est garnie de
longs cils vibratiles. Les organes segmenta ires du VIIme (6™e séligère) et du VIlInie segment (pi. I, fig. 2) sont recouverts sur unegrande partie de leur parcours de corps sphériques ou pyriformes qui leur donnent l'apparence d'une grappe. Ces globes incolores sont de véritables cellules, car chacun est muni de son nucléus. Ce dernier est toujours placé dans la région de la sphère la plus voisine du tube cilié. Ce sont là vraisemblablement des glandes unicellulaires chargées de déverser un liquide dans le tube excréteur. Celte conformation remarquable n'est pas entièrement particulière aux organes segmenlaires du VHine et du VIHme segment. On la trouve parfois, sur une plus petite échelle, aux organes segmenlaires du XlIIme au XVHIme ou XX™'' segment. Mais c'est toujours quelque chose d'exceptionnel, tandis que cette structure est normale pour les organes du VU'"0 et du V1II"U' segment.
Les organes segmenlaires font toujours défaut aux six premiers segments ainsi qu'au IXme, au X'"% où ils sont remplacés par les réceptacles de la semence, au XI"U', où leur place est occupée, par le canal déférent et au XIImc.
Organes générateurs. A l'époque de la maturité sexuelle les téguments du Xlme et du Xllme segment sont transformés en un cingulum par le développement d'une couche glanduleuse externe.
Les testicules sont toujours au moins au nombre de deux, quelquefois au nombre de trois. Le premier est logé dans le lXme segment. Il adhère à la paroi antérieure du dissépiment IX X. Le second se développe delà paroi postérieure du dissépiment X XL Il occupe le XIine segment et les suivants, protégé par une gaine dissépimentale fournie par le dissépiment XI XII. Le troisième testicule, lorsqu'il existe, est toujours adhérent au dissépiment XII XIII. Les deux ovaires sont pyriformes et placés comme dans l'espèce précédente. Les œufs murs s'engagent dans la gaine dissépimentale qu'ils distendent jusque dans le XVI"" segment.
L'appareil déférent est très-semblable à celui de l'espèce précédente.
SUK LES OLIGOCHÈTES. 55
II se compose d'un entonnoir vibralile (pi. I. fig. 1 e) engagé dans le dissépiment X XI el béant, par conséquent, dans le XmP segment, d'un tube cilié (/"), d'un atrium (c) auquel est attachée une vésicule séminale (g), d'un organe copulaleur (m-b), d'un cloaque (p) et d'un pore génital externe («). Ce dernier est placé à peu près au point où devraient se trouver les soies ventrales du XIme segment, mais ces soies font toujours défaut à l'époque de la maturité sexuelle.
Tout appareil déférent est revêtu à l'intérieur de cils vibraliles, sauf le cloaque, le pénis, l'organe copulaleur el la vésicule séminale. Celleci atteint des proportions énormes. Elle se glisse souvent avec une partie du canal déférent dans la gaine dissépimentale où sont logés le second testicule el les œufs, ou plus fréquemment encore entre l'intestin et les dissépiinenls jusque dans le XIVme ou le XVme segment. Les vésicules séminales de chaque côté sont indépendantes. Je les ai toujours trouvées vides, de même que chez l'espèce précédente et cbez le Titbifex Bonneli, et si je les nomme vésicules séminales, c'est parce que je suppose qu'ellesse remplissent de zoospermes peu a van l l'accouplement.
L'atrium présente la même conformation que dans l'espèce précédente et il est probable, parsuite, que la membrane externe (pi. I, fig. 1 d) joue le rôle d'oviducte.
L'appareil copulaleur est conformé à peu près comme chez l'espèce précédente, si ce n'est qu'il est beaucoup plus long. On y reconnaîtra le manchon interne (pi. I, fig. 1 c") à paroi roide et résistante, renfermant l'extrémité non ciliée (c) du canal déférent, le manchon externe (rf") à paroi plissée el élastique, qui n'est qu'une continuation de la tunique externe de l'atrium, c'est-à-dire de l'oviducle; enfin l'enveloppe musculaire (m) ici très-forte et évidemment composée de fibres longitudinales el de fibres circulaires. L'ouverture b sert donc à la sortie des zoospermes el l'ouverture V à celle des œufs. Dans l'étal normal,, ces ouvertures conduisent dans le cloaque (p), large cavité qui n'est qu'une modificalion de la poche (pi. I, fig. A,p) de l'espèce précédente. Mais il est probable qu'au moment de l'accouplement et peut-être aussi
à celui de la ponte l'organe copulateur fait saillirait dehors par le pore génital (à).
Les réceptacles de la semence (pi. I, fig. 3) sont extrêmement grands. Ce sont de vastes poches divisées par un étranglement en deux parties, dont la plus petite est en quelque sorte le vestibule de la grande. Le réceptacle est formé par une membrane musculaire, tapissée à l'intérieur d'une couche de cellules épithéliales à nucléus très-distinct, même sans l'emploi de réactifs. L'ouverture de cbaque réceptacle (a) est une fente transversale, placée en avant du neuvième groupe de soies de la rangée ventrale, c'est-à-dire au Xnie segment.
Genre CLITELLIO.
Diagnose. Vers de la famille des Oliguclièles, ayanl Je chaque côté une double rangée de crochets ions semblables, disposés en deux groupes de deux à six. Ceinture ou cliiellum s'éiendanl du X""1 au XIIme segment. Canal déférent s'ouvrant au onzième segment, réceptacles de la semence au dixième1. Pas de vésicule séminale greffée sur le canal déférent. Corps formé d'au moins soixante, segmenls chez l'adulte.
Cette diagnose est pins complète que celle que j'ai précédemment publiée2, bien qu'elle renferme encore quelques lacunes. La position de l'oviducte est, en effet, encore inconnue. Les Clitellio ne paraissent pas avoir d'ovidncte invaginant le canal déférent.
Les rechercbcs analomiques que j'ai faites précédemment sur le Clitellio arenarius Sav. {Peloryctes areiiarius Leuck.) renferment très-probablement une inexaclilude. J'ai décrit3 l'entonnoir vibralile du canal déférent comme étant, cbez cette espèce, en continuation de tissu avec le testicule. Or, l'extension de mes éludes sur la famille desOligochètes m'a conduit à penser que cet entonnoir, engagé dans le dissépiment X/XI, est largement béant dans la cavité du Xme segment, et que le
1 Je rappelle (pie. dans mes Recherches ana forniques, je ne n'ai numéroté que les segmenls séligères. Les canaux déférents y sont, par conséquent, attribués au dixième el les réceptacles au neuvième segment.
2 Recherches anatamiqu.es sur les Annélides, etc., p. 34.
3 Ibid., p. 37.
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testicule est simplement pressé contre lui. J'ai pu m'assurer que tel est bien l'état des choses chez le Clitelho ater Clap. Malheureusement je n'ai pu retrouver le CL arenarius, pour l'examiner à ce point de vue. Mais je ne doute pas que le canal déférent ne soit constitué chez lui exactement de la même manière.
Clilellio ater Clap.
Diagnose. Clilellio de couleur très-sombre, grâce à l'exislencede petites papilles noires, qui sont répandues sur toute la surface du corps, excepté le clilellum, le segment céphalique et la moitié antérieure du premier segment . sétigère. Longueur des adultes variant de 35 à 55 millimètres. Habite la vase du littoral à Saint- Vaast-la-IIougue (Manche).
Ce ver, que j'ai représenté de grandeur naturelle (pi. IV, fig. 7), est fort bien caractérisé par la couleur sombre de ses téguments, qui contraste avec la teinte blanche de l'extrémité céphalique et du clitellum. Les papilles, auxquelles est due cette coloration, sont très-saillantes, de forme ovale et disposées en rangées transversales assez régulières (fig. 9, qui représente le commencement du clitellum). Leur diamètre est de 0nm,01L Généralement, chaque papille présente une petite dépression à son sommet (fig. 10). La rangée la plus antérieure de ces organes est placée à peu près au milieu du deuxième segment (1er sétigère), exactement au niveau des soies (fig. 8). Ces dernières sont semblables dans toutes les rangées. Ce sont des crochets simples (fig. 11 a), ou quelquefois indistinctement bifides (fig. 11 b) et légèrement courbés en S. Chaque groupe ne renferme, généralement, que deux crochets.
Cette espèce est tout à fait impropre à l'étude, à cause de son opacité. Les jeunes individus sont plus faciles a examiner que les adultes, parce que les papilles, primitivement brunâtres, n'acquièrent leur couleur noire qu'à l'époque de la maturité sexuelle. Cette espèce ne paraît, du reste, pas s'éloigner au point de vue anatomique du Clilellio renariusSax.
Le Clilellio ater est très-abondant à Saint- Vaast-la-Houguè (département de la Manche, France), où il habite la vase dans toute l'étendue
mise journellement à sec par la basse marée. Son genre de vie concorde donc entièrement avec celui du Clitellio arenarius Sav. '
Genre LUMBRICULUS Grube.
Diagnose. Oligochèles munis d'une seule paire de réceptacles de la semence, s'ouvrant au IX™0 segment, d'une paire de canaux déférents bifurques, s'ouvrant au X"", et d'une paire d'oviductes, s'ouvrant au XIl"16. Pas de vésicule séminale grefîée sur le canal déférent. Pas de pénis non rétractile. Chaque segment pourvu de deux anses vasculaires contractiles, avec appendices en cœcum, également contractiles. Pas d'anses vasculaires exceptionnellement dilatées, ni de réseau vasculaire cutané. Soies en forme de crochets simples, ou indistinctement bifides, formant deux rangées de chaque côté du corps.
Cette diagnose est destinée à remplacer celle qu'avait donnée M. le professeur Grube8: «Corpus vermiforme seu filiforme, quasi teres, hyalinum acicularum geminarum seriebus 4 armatum. Os inferum, lobulus labrum referens a segmento sequente haud distinctum. Intestinum rectum per totam fere longitudinem sacculis digitatis, vas dorsale ramis amplis contraclilibus iis respondentibus, dilatalum. Cingulum nullum. Vulvœ insignes nullae. Vis sese redintegrandi maxima. »
Cette diagnose avait non-seulement l'inconvénient de renfermer des caractères sans grande importance générique, comme la facilité à reproduire les parties perdues, mais encore celui d'omettre plusieurs des caractères les plus importants, et d'en mentionner d'autres décidément erronés. Les sacs digités, dont M. Grube fait des appendices de l'intestin, n'existent en réalité pas, comme nous le verrons plus bas. La ceinture, loin d'être nulle, est très-apparente à l'époque de la matu-
1 Les réceptacles séminaux du Clitellio ater Clap., sont, comme ceux du Clitellio arenarius Sav., fréquemment habités par un Opalinide, appartenant au genre Packydermon Clap. (v. Recherches anatomiques sur les Annélides, etc., p. 88). Ce parasite, auquel je donne le nom de l'achydermon elongalum Clap.. au lieu d'être élargi dans la partie antérieure, comme le P. acuminatum parasite du Cl. arenarius, est, au contraire, très-effilé en avant (v. pi. IV, fig. 12). Sa longueur est de 0mm,84. La couche corticale de ce parasite est fort épaisse. La cavité du corps s'étend jusqu'à l'extrémité, où elle parait même être en communication avec le •nonde extérieur.
2 Wiegmann's Archw fur Naturgesckichte, 1844, 1. I, p. "207.
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rite sexuelle. Il est, enfin, inexact de dire qu'il n'existe chez ces vers pas de vulve apparente. En effet, l'orifice des canaux déférents (c'est-àdire ce que les anatomistes appelaient la vulve à l'exemple de Hoffmeister, lorsque M. Grube écrivit son mémoire) est extrêmement distinct. La diagnoseque je propose est, en revanche, beaucoup plus complète, et, je l'espère, dépouillée d'erreur.
LUMBRICULUS VARIEGATUS Giube.
Wiegm. Archiv, 1841, t. I, p. 200.
Synonymes : Vers de la première espèce. Bonnet, Insectologie. Edil. in-4°. p. 119. Lumbrkus variegatus. O.-F. Millier, Ilist. vérin. Vol. I, p. 26.
Diagnose. Lombricule à corps rouge, paraissant varié de taches brunes. Les cellules pigmentaires, qui recouvrent l'intestin à partir de la fin du sixième segment, enveloppent le vaisseau dorsal dès le quatrième, et la région dorsale des anses vasculaires de tous les segments Environ 50 à 60 segments chez les adultes. Longueur 3-4 centimètres. — Habite les eaux douces.
Charles Bonnet a fait, au siècle dernier, d'intéressantes observations sur la facilité avec laquelle ce ver reproduit les parties amputées. C'est le Lumbrkus variegatus de Muller, comme M. Grube l'a prouvé jusqu'à l'évidence, et c'est, par conséquent, à tort que Ilotfmeister a considéré ce nom comme synonyme de son Sœnuris variegata.
Le Lumbriculus variegatus est commun aux environs de Genève. Je l'ai trouvé en particulier en grande abondance dans le lit du Rhône à la Coulouvrenière et dans le lit de la Seime. On le rencontre, soit dans la vase, soit au milieu des conferves. Sa manière d'être le distingue immédiatement de tous les autres oliûocbètes d'eau douce. Il est d'une vivacité surprenante. Au moindre danger, il s'éloigne à la nage par des mouvements semblables à ceux d'une anguille. En même temps, son corps s'épaissit et se raccourcit. Un choc suffît pour le rompre. L'effroi qu'il semble éprouver à la moindre agitation de l'eau le pousse parfois à se briser spontanément en deux ou plusieurs fragments, dont chacun continue à nager avec vivacité, et reproduit au bout de quelques jours un ver complet.
Le ver qui a servi de sujet à mes recherches est certainement le même que Bounet a eu sous les yeux et coïncide donc entièrement axecle Lumbricus variegalus de Mùller1, puisque c'est là le nom que le célèbre auteur de F Historiavermium donna au ver de Bonnet. En revanche, je n'oserais affirmer que M. Grube ait observé exactement le même ver. Certainement son Lombricule répond à la diagnose générique que j'ai établie. Il existe cependant entre ses données et mes observations quelques légères divergences qui méritent d'être mentionnées. La figure très-soignée, qui accompagne son mémoire, représente le ver comme étant beaucoup plus long relativement à l'épaisseur que ceux que j'ai observés. M. Grube indique la grandeur absolue de l'animal comme étant un peu supérieure (4 à 5 centim. ) à celle de mes vers. Il fixe le nombre de leurs segments à 100, ajoutant, il est vrai, qu'il est parfois moitié moindre, tandis que les individus observés par moi ne comptaient que 50 à 60 segments. Enfin, M. Grube dessine les soies comme étant légèrement bifides, tandis que dans le Lombricule de Genève elles sont dans la règle simples (fig. 14, a) et ne présentent que très-exceptionnellement un petit appendice qui les fait paraître légèrement bifides. Ces soies sont généralement au nombre de deux de chaque groupe, comme M. Grube l'indique. J'ai trouvé cependant fréquemment des individus portant quatre soies à chaque groupe des segments antérieurs. Ces différences, bien que dignes d'être relevées, ne m'ont pourtant pas paru suffisantes pour justifier la création d'un nom spécifique nouveau.
Le mémoire de M. Grube a considérablement étendu nos connaissances pour ce qui tient aux Lombricules. Il renferme cependant quelques erreurs. En outre, les organes générateurs et les organes segmentaires ont entièrement échappé à ce savant anatomiste. Il reste donc bien des lacunes à combler. Je pense faire disparaître les principales dans les lignes qui suivent.
1 Vennium terrestrium et fîuiialiliuni mccincta kistoria , in— 4°. Bnfniae et Lipsiae, 1783. Vol. I, Ilelminthica, p. 26, el : Von Wûrmern des siissen und salzigen Wassers, in-4°. Kopenhagen, 1771, p. 33 el 41.
SIR LES 0L1G0CHÈTES. 41
Je ne m'arrêterai pas à la coloration que M. Grube a montré dépendre uniquement des vaisseaux sanguins et du canal intestinal. Je dirai seulement que la figure de M. Grube n'est pas parfaitement exacte en ce sens qu'elle fait commencer dès le premier segment les taches latérales qui sont dues aux cellules pigmentaires. Elles ne commencent réellement qu'à la partie postérieure du sixième segment.
Système vasculaike. Le système vasculaire est composé d'un vaisseau dorsal, d'un vaisseau ventral, d'anses périviscérales, d'anses intestinales et de cœcums cardiaques.
Le vaisseau dorsal bat constamment avec énergie, aussi Bonnet le nommait-il la grande artère. On l'aperçoit très-bien à l'œil nu comme une ligne rouge sinueuse, malgré les cellules pigmentaires qui l'enveloppent dès le quatrième segment. Le vaisseau ventral est encore plus évident, parce qu'il n'est point recouvert de cellules pigmentaires. C'est la seule partie du système vasculaire qui ne soit pas animée de pulsations rliylhmiques.
Dans la partie postérieure de chaque segment (sauf les premiers), il existe une anse intestinale contractile (pi. IV, fig. 4, ai.). Elle enserre étroitement l'intestin ; elle est même cachée sous la couche pigmen taire qui enveloppe cet organe. On peut cependant la trouver avec facilité. L'anse périviscérale (fig. 4, ap.) contractile existe dans tous les segments sans exception. Elle embrasse moins étroitement l'intestin que la précédente, sans être cependant exactement accolée à la paroi du corps. Dans les segments qui renferment les organes générateurs, l'anse périviscérale devient sinueuse à l'époque de la maturité sexuelle.
Les cœcums contractiles sont des appendices des anses soit périviscérales, soit intestinales. Ils servent à activer la propulsion du sang. Ces organes huit entièrement défaut dans la région antérieure du ver. Ce n'est qu'à partir du XVIIIine segment que chaque anse périviscérale est munie d'abord d'un cœcum sur son bord postérieur, puis plus en arrière de deux, plus en arrière encore de plusieurs (pi. IV, 4). L'anse intestinale reste dépourvue d'appendices contractiles jusqu'au XXIV"16
42 RECHERCHKS ANATOMIQCES
segment. Au XXVme et aux suivants, elle porte un cœcum à son bord postérieur. Plus en arrière, elle en porte plusieurs. Le nombre des cœcums contractiles peut s'élever au moins jusqu'à huit pour l'anse péri viscérale et à quatre pour l'anse intestinale, ce qui fait 24 cœcums dans un seul segment.
Bonnet connaissait déjà les cœcums contractiles de l'anse périviscérale qui sont plus faciles à observer que les autres. « A la jonction des anneaux, dit-il' , on remarque de petits vaisseaux à plusieurs branches qui paraissent être les produits de la grande artère, cependant, comme je n'ai pu leur découvrir de systole et de diastole, on pourrait soupçonner avec vraisemblance que ce sont des ramifications des veines. » Celte dernière remarque est surprenante. Le mouvement de systole et de diastole est, en effet, extrêmement facile à observer dans les cœcums, ces organes ne diminuant pas seulement de diamètre pendant la systole, mais se raccourcissant en outre, souvent jusqu'au tiers de leur longueur première. Treviranus* en a décrit le jeu avec beaucoup d'exactitude.
M. Grube ne mentionne pas l'anse intestinale ni ses appendices. Il a, en revanche, vu comme Bonnet l'anse périviscérale et ses cœcums, mais il l'a mal interprétée. Il décrit, en effet, dans chaque segment un appendice de l'intestin en forme de sac digilé. La sang pénètre, selon lui, du vaisseau dorsal dans les digitalions du sac qui sont animées de pulsations semblables à celles du vaisseau dorsal. M. Grube a donc considéré tout l'appendice vasculaire comme aveugle et n'a pas reconnu la communication avec le vaisseau ventral. Ce savant ajoute que celle disposition lui semble d'une interprétation difiieile. Il pense que les digitalions appartiennent réellement à l'intestin et que leurs contractions proviennent simplement de vaisseaux logés dans leurs parois. Les digitalions elles-mêmes seraient des "landes déversant leur sécrétion dans l'intestin.
1 Tnsectologie. Édition in-i°, p. 123.
8 Beobachtungm ans der Zoolomie und Physiulogie, in-4°. Bremen, 1839, p. 59-60.
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Celte interprétation de M. Grube est décidément erronée. Il n'existe aucun appendice digité de l'intestin. Les vaisseaux sont conformés comme je l'ai dit plus haut. En outre, la couche de cellules pigmentaires qui recouvre tout le vaisseau dorsal à partir du IVme segment s'étend aussi sur la région dorsale de l'anse périviscérale et sur une partie des cœcums. M. ( jruhe a pris celle couche colorée pour une partie de l'intestin1.
Organes segmentaires. Les organes segmenlaires de celte espèce sont assez caractéristiques. Ils s'éloignent de ceux des ïuhifex pour se rapprocher de ceux des Slylodrilus. L'ouverture externe (pi. III, fig. 2,a) est un simple pore, circulaire, relativement large, situé très-en avant des soies ventrales de chaque segment. Elle conduit dans un tube cilié (f) incolore. L'extrémité interne de l'organe présente un renflement glanduleux (n)en forme de massue, coloré en brun et surmonté d'une petite coupe ciliée (e) incolore. L'étranglement qui sépare celle coupe du renflement glanduleux, le pied de la coupe, en un mol, est engagé dans le dissépimenl (dss) qui sépare du segment précédent le segment auquel appartient l'organe segmenlaire. L'ouverture de la coupe, c'est-àdire l'extrémité interne de l'organe segmenlaire est par conséquent béante dans le segment précédent. Les deux extrémités du tube cilié ne tardent pas à s'accoler l'une à l'autre à une petite dislance soit de l'ouverture inlerne, soit de l'ouverture externe, et font ensemble un grand nombre de circonvolutions, dont la fig. 2 ne représente que le commencement. On trouve donc toujours dans cet organe segmenlaire deux tubes accolés dans chacun desquels le mouvement vibralile offre une direction inverse de celui du tube voisin.
Les organes segmentaires font défaut aux six premiers segments. Au septième, il en existe une paire dont la coupe vibralile est engagée dans le dissépimenl VI/VII, et dont les circonvolutions embrassent élroile-
1 J'eslime fort probable que le genre Euoxex Gi\, auquel M. Grube allribue également des appendices digilés de l'intestin, en est tout aussi dépourvu que les Lumbriculus. Une disposition de même nature aura sans doule donné lieu à une méprise semblable.
ment le vaisseau ventral non-seulement dans le VIImc, mais encore dans le Vlll,lie et le lXme segment. Les organes segmentaires manquent ensuite dans le VIIIme segment, dans le lXme où ils sont remplacés par les réceptacles de la semence, dans le Xme et le XIme où les bifurcations de l'appareil déférent prennent leur place, au XIIme où les oviductes sont leurs représentants, puis ils reparaissent au XIIIme, au XIVme et à tous les suivants.
Organes gènékateuks. A l'époque de la maturité sexuelle, le ver se munit d'un cingulum très-distinct à l'œil nu et occupant le IXme, le Xrae, le XI,ne et le XIIme segment. L'appareil mâle et l'appareil femelle sont entièrement distincts l'un de l'autre, ce qui nous permet de les étudier séparément.
Appareil masculin. Les testicules sont au nombre de deux ou plus souvent de trois. Le premier occupe le VIII™ segment; il se développe à la face antérieure du dissépimcnt VI1I/IX. Le second se forme dans le X",c segment, mais en général il se développe de manière à occuper en outre le Xlme et le XIIme et souvent même le XlIIrae et le XlVmc. Il est protégé par une gaîne qui appartient au dissépimcnt X/XI et qui entraîne dans son développement les vaisseaux du Xme segment. Le troisième testicule peut s'étendre du XIIIme au XVIIIme segment, enveloppé dans une gaîne fournie par le dissépimcnt XII/XIII. Ces différents testicules sont des sacs à paroi mince, grisâtre et semée de taches jaunes. Ils renferment des zoospermes dans tous les degrés de développement. Les zoospermes mûrs, tels que ceux qu'on voit former une gerbe compacte dans les entonnoirs vibraliles, sont très-caractéristiques de cette espèce. Ils se composent de deux parties (pi. III, lîg. 4): l'une plus épaisse et de couleur obscure est consomment tordue en spirale, l'autre, beaucoup plus mince, est simplement filiforme, sans torsion appareille. Leur longueur est de 0mm,07. Lorsque les zoospermes ont atteint cet élat de maturité, ils quittent les testicules par une voie qui est encore problématique, peut-être par simple débiscence de la paroi. On les voit alors s'accumuler entre la paroi des deux testicules
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postérieurs et la gaîne de ces testicules. Ils forment là une masse opaque, et par conséquent très-noire sous le microscope. Plus tard, ils pénètrent jusque dans le Xme et le XIme segment, où ils s'engagent dans les entonnoirs vibratiles.
L'appareil déférent s'éloigne singulièrement de celui des genres précédemment étudiés. Il ne peut, en effet, être question ici d'un emboîtement d'une partie de cet appareil dans l'oviducte; en revanche, l'appareil lui-même, bien que privé de la vésicule séminale des Tubifex et des Limnodrilus, est fort complexe. Il existe, en effet, quatre entonnoirs vibratiles, c'est-à-dire deux de chaque côté, lors même qu'il n'y ait qu'une seule paire de pores masculins externes. Ces pores (pi. III, tig. 1 a) sont placées en arrière des soies ventrales du Xme segment qui sont toujours présentes, même à l'époque de la maturité sexuelle. Quant aux entonnoirs, les antérieurs (e) sont engagés dans le dissépiment IX /X et s'ouvrent par conséquent dans le IXme segment, et les postérieurs (e) sont engagés dans le dissépiment X/XI, s'ouvrant dans le X™ segment. De chaque entonnoir part un canal déférent cilié (/"/"). Les deux canaux déférents du même côté vont s'ouvrir dans un atrium commun (c), tapissé d'un épithélium vibratile très-délicat, dont les cellules ont un diamètre de 0ram,0I 2. L'atrium est entouré d'une masse glanduleuse (<//), sécrétant sans doute un liquide destiné à se mêler à la semence. Cette masse ovale atteint au moment de la maturité une longueur de 0mm,3 à 0,1. L'atrium s'ouvre directement à l'extérieur par une espèce de papille saillante entourée d'une dépression circulaire et d'une auréole assez élégante qui paraît due surtout à une sculpture particulière des téguments (fig. 1, b).
Nous verrons plus tard que cet appareil déférent doit être considéré comme l'homologue des organes segmenlaires du Xme et du XImc segment. Le pore externe (a) appartenant au Xme segment et non au XIme, on est en droit de dire que le canal déférent postérieur est greffé sur l'antérieur.
Appareil féminin. Les ovaires, au nombre de deux, sont des corps py-
riformes attachés par leur pointe à la face postérieure du dissépiment X/XI. Chacun d eux est fixé au côté externe de l'entonnoir vibratile du même côté. Les œufs mûrs vont se loger comme chez les espèces précédentes dans les segments suivants à côté des testicules, de manière à faire croire à l'existence d'une matrice imaginant le testicule.
L'oviducte est assez difficile à trouver, son ouverture étant peu apparente. Cet organe a la forme d'une trompe ou d'un entonnoir. Toute sa surface interne est ciliée. La grande ouverture de la trompe, destinée sans doute à saisir les œufs dans la cavité du corps, est engagée dans le dissépiment XI / XII. Elle est béante dans le XIme segment. L'autre extrémité de la trompe se termine par le pore féminin, placé immédiatement en arrière du dissépiment XI/ XII, à peu près sur l'alignement des soies ventrales. Ce pore appartient donc au XIIme segment, et nous verrons que l'oviducte doit, en effet, être considéré comme l'organe segmentaire du Xllme segment, bien que son pore externe soit situé trèsen avant des soies ventrales sur le bord antérieur du segment. Je n'ai pas figuré cet oviducte, très-semblable du reste à celui du Slylodrilus Heringianus (pi. IV, fig. 17).
Les réceptacles de la semence sont deux poches sphériques à paroi épaisse, portées par une espèce de pédoncule tubulaire, ou canal éjaculaleur de la semence emmagasinée (pi. III, fig. 5). Chaque réceptacle s'ouvre par un pore trilobé au sommet d'une papille peu élevée, placée dans le voisinage immédiat des soies du IXme segment.
Genre STYLODRILUS Clap.
Diagnose. Oligochètes munis d'une seule paire de réceptacles de la semence s'ouvrant au IXme segment, d'une paire de canaux déférents bifurques s'ouvrant au XDIC et d'une paire d'oviductes s'ouvrant au XIIme. Pas de vésicule séminale greffée sur le canal déférent. Une paire de pénis longs, acérés et non rélractiles. Chaque segment pourvu de deux anses vasculaires contractiles sans appendices aveugles. Pas d'anses vasculaires exceptionnellement dilatées, ni de vaisseaux cutanés. Soies en forme de crochets simples ou Irès-indislinctement bifides, formant deux rangées de chaque côté du corps.
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Cette diagnose est suffisamment claire pour ne laisser aucun doute sur les limites du genre Stylodrilus, qui ne contient du reste jusqu'ici que l'espèce décrite plus bas. Ce genre se distingue immédiatement par l'existence des pénis et l'absence des cœcums vasculaires du genre Lumbriculus, avec lequel il a du reste beaucoup d'affinité.
Stylodrilus Heringianus Clap.
Diagnose. Slylodrile à segnienls formés chacun d'un double anneau, à l'exception des trois premiers. Un cristal de forme oclaédrique parfaite dans chaque réceptacle de la semence. Environ 70 à 80 segments. Longueur 2,5 à 3 centimètres. Habile la vase des eaux douces, Genève.
Ce Slylodrile que je dédie à M. Hering, si justement célèbre par ses recherches sur les Lombrics, est commun aux environs de Genève. Je l'ai trouvé dans le Rhône, dans l'Aire près du Bois de la Bâtie, dans la Seime près de Villette et de Vandœuvre. A l'œil nu il est facile de le confondre avec le Tubifex Bonneti, dont il se distingue cependant par une plus grande vivacité. Sa coloration lire en outre plus sur le jaune ou l'orangé, grâce à la teinte des cellules pigmentaires qui recouvrent l'intestin à partir du VIIme segment.
A l'aide de faibles grossissements, on reconnaît que les segments du ver sont normalement composés chacun de deux anneaux (pi. III, fig. 11), dont l'antérieur est beaucoup plus étroit que le postérieur. Ce dernier porte les soies. Ce n'est pas sans raison que je rapporte chaque anneau mince à l'anneau plus large qui le suit et non à celui qui le précède ; en effet, les dissépimenls viennent toujours s'insérer au bord antérieur des anneaux étroits. Les trois premiers segments (fig. 11) ne montrent cependant jamais trace de celte subdivision en anneaux secondaires.
Les soies sont généralement groupées deux à deux dans chacune des quatre rangées. Ce sont des crochets courbés en S et munis d'un renflement médian. Ils se terminent par une pointe tantôt simple (fig. 11 a), tantôt vaguement bifide (fig. 11,6).
Système vasculaire. L'appareil vasculaire est formé d'un vaisseau dorsal et d'un vaisseau ventral mis en communication l'un avec l'autre dans chaque segment par une paire d'anses intestinales et une paire d'anses périviscérales. Tout l'appareil est animé de pulsations rhylhmiques, sauf le vaisseau ventral.
L'anse intestinale (pi. IV, fig. 2, aï), au lieu d'occuper la partie postérieure de chaque segment comme chez le Lumbriculus variegatus Gr., en occupe la partie antérieure comme chez les Tubifex et les Limnodrilus, avec lesquels les Stylodriles ont pourtant bien moins de rapports qu'avec les Lomhricules. Celte anse est noyée dans la couche pigmenta ire qui enveloppe l'intestin. Il est néanmoins facile de l'apercevoir, vu son diamètre considérable.
L'anse périviscérale (fig. 2, ap) n'est, il est vrai, pas appliquée contre la paroi du corps, mais elle n'enserre pas étroitement l'intestin comme la précédente, aussi pensé-je pouvoir l'assimiler à l'anse périviscérale des autres genres. Elle est plus épaisse que l'anse intestinale.
Les mouvements de diastole et de systole de cet appareil vasculaire se succèdent avec beaucoup de rapidité. On ne voit jamais plus de deux segments successifs placés simultanément dans l'état de diastole. En d'autres termes, un premier mouvement systolique d'un segment est déjà suivi d'un second, lorsque le premier s'est propagé seulement jusqu'à la distance de deux segments en avant. On voit par conséquent courir simultanément un grand nombre d'ondes systoliques les unes derrière les autres, de la queue jusqu'à la tète.
Organes segmentaires. Les organes segmentaires(pl. IV, fig. 14) rappellent ceux du Lumbriculus variegatus. Le pore externe (a) est placé immédiatement en avant des soies de la rangée ventrale. L'ouverture interne (e), placée dans le segment précédent, est une petite coupe ciliée, obliquement tronquée, et à bord irrégulier. Elle est engagée dans le dissépiment (dss). Immédiatement derrière ce dernier , le tube cilié présente un renflement glanduleux (n) moins large que celui du Lumbricule, mais coloré en jaune-brun comme lui. Les deux moitiés
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du tube cilié sont accolées l'une à l'autre, de manière à constituer un seul cordon creusé de deux canaux, dont chacun présente un mouvement vibratile inverse de celui de l'autre.
Les organes segmentaires font défaut dans les six premiers segments. Ils existent au VU""' pour disparaître de nouveau au VIIIme, au IX""' où ils sont remplacés par les réceptacles de la semence, au Xme et au XIme où l'appareil déférent en tient lieu, au XII"1'' où l'oviducte les remplace, enfin ils reparaissent au XIIIme, à partir duquel on les trouve dans tous les segments sans exception.
Organes générateurs. A l'époque de la maturité sexuelle, il se développe une ceinture ou clitellum, occupant le Xme, le XIme et le XIIme segment.
Appareil masculin. Cet appareil offre la plus grande analogie avec celui du Lumbriculus variegatus. Il existe trois testicules. Le premier, placé au VIIIme segment, procède de la paroi antérieure du dissépiment VIII IX. Le second occupe le Xme segment et les suivants. Il procède de la face postérieure du dissépiment IX/X. Le troisième procède de la face postérieure du dissépiment XI/ XII, et il s'étend parfois jusqu'au XIVnie segment.
L'appareil déférent est bifurqué. 11 existe par conséquent deux entonnoirs vibratiles de chaque côté. L'antérieur (pi. IV, fig. 13, e) est engagé dans le dissépiment IX/X, le postérieur {e) dans le dissépiment X/XI. Le premier s'ouvre par conséquent dans le IXme segment, le second dans le Xme. Lorsque ces entonnoirs sont remplis par une gerbe de zoospermes, leur bord se renverse et chaque entonnoir, au lieu de présenter la forme que j'ai figurée pi. III, fig. 15, prend l'apparence décrite et représentée chez le Limnodrilus Udekemianus Cl. (pi. I, fig. A). De chaque entonnoir vibratile naît un canal déférent cilié (pi. IV, fig. 15, \\[ ) qui va s'ouvrir dans un atrium commun, tapissé d'un épithélium vibratile (c). Cet atrium est recouvert d'une épaisse couche glanduleuse (gl) et se continue en une sorte de conduit éjaculateur qui mène au pénis (p). Ce dernier a une forme de cône très-al-
longé , atteignant une longueur totale de 0""",28 , ce qui équivaut presque à la moitié de la largeur de l'animal. Il est percé dans toute sa longueur d'un canal non cilié et implanté à la partie ventrale du Xme segment, très-en arrière des soies ventrales de ce segment. Ces derniers persistent même à l'époque de la maturité sexuelle. Les pénis sont en général couchés sur la face ventrale, formant un angle droit avec l'axe de l'animal, ou bien placés parallèlement à cet axe, la pointe en arrière. Je n'ai jamais vu la pointe dirigée en avant.
Appareil féminin. Les deux ovaires, pyriformes, sont placés dans le Xpiie segment, adhérant à la face postérieure du dissépiment X/XI. Les œufs mûrs , longs de 0mm,28 , s'engagent dans la gaine dissépimentale qu'ils distendent souvent jusqu'à la partie postérieure du XVIme segment. J'ai constaté quelquefois la présence d'une seconde paire d'ovaires, attachés à la face postérieure du dissépiment IX IX. Je ne crois cependant pas que ces ovaires existent dans la règle. L'oviducte est comme chez les Lombricules. C'est une trompe (pi. IV, lig. 17) tapissée de cils vibratiles. Elle est engagée dans le dissépiment XI 'XII, s'ouvrant à l'intérieur dans le XIme segment, à l'extérieur par un pore (a) difficile à trouver, placé à la face ventrale du XIIme segment, à nue assez grande distance en avant des soies de la rangée ventrale. Les cils qui s'agitent dans cette ouverture aident à la reconnaître.
Les réceptacles de la semence sont des poches globuleuses (pi. IV, lîg. 15), portées par un pédoncule tubuleux qui s'ouvre à l'extérieur par une fente transversale (a) placée immédiatement en arrière des soies ventrales du neuvième segment. On trouve constamment au fond de chacun de ces réceptacles un octaèdre parfaitement régulier ( fig. 15, cr et fig. 16). Rarement j'en ai trouvé deux dans un seul réceptacle, mais jamais je n'ai vu de réceptacle dépourvu de cristal. La hauteur de cet octaèdre est de 0""",0r>5. Je ne sais rien sur sa nature chimique. Je puis seulement dire qu'il est insoluble dans l'acide acétique, soit étendu, soit cristallisable. Peut-être est-ce de l'oxalate de chaux. Je ne connais aucun autre Oligochète présentant de particularité semblable.
SUR LES OLIGOCHÈTES. 51
Genre Trichodrilus Clap.
Dugnose. Oligoehèles munis de deux paires de réceptacles de la semence, placés au XIme et au XIIme segment, d'une paire de canaux déférents bifurques s'ouvrant au Xme et d'une paire d'oviductes s'ouvrant au (?). Pas de vésicule séminale greffée sur le canal déférent. Chaque segment pourvu d'un grand nombre d'anses contractiles sans appendices aveugles. Pas d'anses vasculaires exceptionnellement dilatées, ni de vaisseaux cutanés. Soies en forme de crochets simples, groupés en deux rangées de chaque coté du corps.
Ce genre se distingue de tous les autres Oligochètes par la circonstance remarquable que les réceptacles de la semence, au lieu d'être situés en avant des canaux déférents, sont placés en arrière d'eux. Cette disposition peut d'ailleurs permettre aussi bien que l'autre une fécondation réciproque.
Trichodrilus Allorrogum Clap.
Dugnose. Tricliûdrile d'un beau jaune, filiforme, à lobe céphalique très-allongé. Soixante et dix segments environ chez les adultes. Longueur 2-2 lj.2 centimètres. Habite la vase du lit de la Seime (canton de Genève).
La belle couleur jaune de ce Tricbodrile est due aux cellules pigmentaires qui recouvrent l'intestin et la plupart des vaisseaux. Dans la partie postérieure du corps, cette couleur passe au rouge à cause du plus grand développement des vaisseaux.
Le lobe céphalique de cette espèce se distingue par sa longueur (pi. III, fig. 15). Les soies sont de simples crochets (fig. 15, a) renflés dans le milieu et toujours disposés deux à deux dans chacune des quatre rangées.
Système vasculaire. Le sang de ce ver offre la particularité de renfermer des éléments celluleux, rares, il est vrai, mais relativement fort gros. Le système vasculaire, à l'exception du vaisseau ventral, est contractile. Le nombre des anses contenues dans chaque segment est variable. Dans la partie antérieure on n'en compte que deux, mais dans la région médiane et postérieure on en compte cinq et même exception-
nellement six par segment. Toutes ces anses sont semblables entre elles et rentrent dans la catégorie de celles que j'ai désignées jusqu'ici sous le nom d'anses périviscérales. En effet , elle n'embrassent point étroitement l'intestin (pi. IV, fig. 3). La couche pigmentaire qui enveloppe le vaisseau dorsal, s'étend aussi sur la moitié dorsale des anses. Celte couche, tout à fait semblable à celle qui recouvre l'intestin, fait défaut au vaisseau ventral.
Les anses vasculaires étant fort nombreuses et en même temps fort larges dans la partie postérieure du ver, les espaces intervasculaires sont réduits à de très-petites dimensions. Il en résulte que toute cette région présente une coloration rouge fort intense.
Organes segmeïvtaires. Les organes segmenlaires sont très-semblables à ceux des Lombricules et des Stylodriles. Leur pore externe (pi. III, fig. 7, a) est situé Irès-cn avant des soies ventrales. L'extrémité interne est engagée dans le dissépiment qui sépare le segment contenant l'organe en question du segment précédent. Avant de traverser ce dissépiment, le tube cilié s'entoure d'une masse glanduleuse brune, en forme de massue (n). L'organe se termine dans le dissépiment antérieur par une partie incolore pourvue d'un sillon vibratile légèrement spiral. C'est l'ouverture interne de l'organe.
L'organe segmentaire fait défaut aux six premiers segments. Il existe au VIInie et, si je ne me trompe, au VIII"" , mais il fait défaut au IX»IC ; il manque également au X"10, au XIm' et au XIIme, où il est remplacé par l'appareil déférent et les réceptacles de la semence. Il reparaît au XlIIme segment et à tous les suivants.
Organes générateurs. Appareil masculin. Les organes mâles offrent une grande ressemblance avec ceux des Lombricules et des Stylodriles.
Les testicules se développent au nombre de quatre paires, dans le dixième, le onzième, le douzième et le treizième segment. Chacun d'eux procède d'un dissépiment qui lui fournit une gaine dans laquelle circule un vaisseau sanguin. Toutefois, chaque testicule est libre dans sa gaine. Il peut, lorsqu'il est d'un petit volume, savoir à l'époque du dé-
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veloppement régressif des organes générateurs, abandonner sa gaîne et flotter librement dans le liquide de la cavité périviscérale. Le fait que chaque testicule est double ne doit point surprendre. Dans les espèces précédemment étudiées on voit, en effet, très-fréquemment le premier testicule être double. Cet organe paraît donc être virtuellement pair comme les ovaires.
L'appareil déférent est bifurqué. Il existe donc de chaque côté deux entonnoirs ciliés. L'un (pi. III, fig. 6, e), engagé dans le dissépiment 1X/X, s'ouvre dans la cavité du IXme segment, l'autre (e'), engagé dans le dissépiment X/XI, s'ouvre dans le Xme. De chacun de ces entonnoirs part un canal cilié qui va déboucher dans une même cavité sphérique (c), tapissée d'un épilhélium vibratile. Celle cavité est évidemment l'homologue de l'atrium des Lombricules et des Stylodriles. Sa paroi est, du reste, recouverte à l'extérieur d'une masse glanduleuse (gl) comme la paroi de l'atrium de ces vers. Dans cette cavité que j'ai toujours vue remplie d'un liquide incolore, s'agitent deux faisceaux de cils plus longs que les cils vibraliles qui tapissent toute la surface. Ces deux faisceaux correspondent aux ouvertures des canaux déférents, qui sont diamétralement opposées l'une à l'autre. De cet atrium part un canal qui va se terminer au pore masculin (a). Ce dernier occupe le sommet d'une papille très-peu saillante, placée au dixième segment, un peu en arrière du groupe de soies de la rangée interne ou ventrale. Ces soies persistent même à l'époque de la maturité sexuelle.
Appareil féminin. Les ovaires (pi. III, tig. 6) sont deux organes globuleux, portés par un long pédicelle qui adhère à la face postérieure du dissépiment X/XI. Les œufs les plus développés se détachent de l'ovaire et on les trouve alors depuis le XD>e jusqu'au XVI»ie segment, probablement dans une gaîne dissépimentale, comme dans les genres précédents.
L'ovidncte m'est inconnu. À l'époque où j'étudiais ce ver, je ne connaissais pas encore les oviductes des Lombricules et des Stylodriles. Il est à mes yeux fort probable qu'il doit en exister de semblables chez le
Trichodrilus Heringianus. La question est de savoir où ils sont placés, les organes sexuels des Trichodriles affectant une distribution très-différente de ceux des Lumbricules et des Slylodriles. Je pense qu'on devra les chercher au IXme segment, la trompe engagée dans le dissépiment VIII / IX. Ce segment est, en effet, dépourvu de l'organe segmentaire et l'observation m'a enseigné que, chez tous les Oligochètes limicoles, le segment porteur de l'oviducte est privé de cet organe.
Les réceptacles de la semence sont, comme je l'ai dit, au nombre de deux paires. Ce sont des poches à peu près sphériques et brièvement pédicellées (pi. III, fig. 9). Ils s'ouvrent au XIme et au XIIme segment, un peu en arrière des soies de la rangée interne ou ventrale.
Genre ENCHYTR^EUS Henle.
Diagnose. Oligochètes munis d'une seule paire de réceptacles séminaux s'ouvrant au Vm* segment, d'une paire de canaux déférents s'ouvrant au XIlme et d'une paire d'oviductes (?) s'ouvrant également au XIIme. Pas de vésicules séminales, ni d'anses vasculaires dilatées en cœur. Pas d'estomac musculeux. Sang incolore. Soies rectilignes ou légèrement recourbées à l'une des extrémités et distribuées en groupes nombreux formant deux rangées de chaque côté du corps. Ligne dorsale communiquant avec l'extérieur par des ouvertures.
La diagnose la plus complète que nous eussions jusqu'ici de ce genre est celle de Dr Hoffmeister1. « Corpus teres, indistincte annulatum annulis augustis, quadrifariam ternis et quaternis 2 pedicellis sequalibus aculeatum. Numerus annulorum a 50 ad 70; diaphragmata laxa, color sangninis pallidus. Ventriculus musculosus nullus. » La diagnose nouvelle a l'avantage de recourir à des caractères beaucoup plus précis et par conséquent d'appréciation plus facile.
1 De vermibus quibu.sdam, etc., p. 8.
9 Ces nombres ne sont point constants. Chez les gros individus de VEnchytrœus vermicularis, j'ai trouvé, en général, les premiers groupes formés de quatre soies, mais plus en arrière, on comptait jusqu'à huit soies dans un seul groupe.
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EnchytrvEus vermicularis Hoffm.
Wiegm. Arch. 1843, 1. 1, p. 193.
Lumbricus vermicularis O.-F. Mûll. Hist. verm. t. 1, p. 26. Enchylrctus albidus Henle. Mûll. Arch. 1837. p. 89.
UEnchytrœus vermicularis est un ver bien connu, grâce au beau mémoire de M. Henle \ Ce mémoire laissait, il est vrai, subsister certaines lacunes, surtout au sujet des organes générateurs. M. d'Udekem s'est chargé de les combler et nous devons à ce savant une description détaillée de l'appareil reproducteur, soit de YE. vermicularis, soit de YE. Galba Hoffm. Cette description et les belles figures qui l'accompagnent renferment cependant quelques inexactitudes qui méritent d'être relevées ici.
M. d'Udekem a représenté les entonnoirs vibratiles des Enchylrceus comme s'ouvrant dans les testicules, la paroi de ces entonnoirs étant en continuité de tissu avec la paroi de la partie antérieure du testicule. Acceptant cette donnée comme exacte, j'ai distingué ailleurs "2 le genre Pachydrilus par la circonstance que ces entonnoirs vibratiles flottent librement dans le liquide de la cavité périviscérale. Or, je me suis assuré depuis lors que les Enchytrseus se comportent à ce point de vue exactement comme les Pachydrilus. La fîg. 7 de la pi. II est une représentation très-exacte de l'appareil déférent de YEnchytrœus vermicularis au moment du développement maximum de l'appareil reproducteur. On y reconnaît la papille copulatrice (a) placée à la région ventrale du XIInie segment, le tube cilié (f) et enfin l'entonnoir cilié (e) engagé dans le dissépiment XI/XH. Cet entonnoir est fort long et à paroi glanduleuse comme celui des Pachydrilus. Un faisceau de zoospermes est engagé dans son ouverture. Celle-ci est librement ouverte dans la ca-
1 Ueber Enchytrœus, eineneue Annelidengattung. Miiller's Archiv, 1837.
2 Recherches anatomiques sur les Annélides, etc., p. 6.
56 RECHEUCHES ANATOMIQUES
vite du XIrae segment. Seulement, grâce à sa longueur, l'entonnoir vibratile peut osciller autour du point fixé au dissépiment, point qui lui sert d'hypomochlion. Il peut même se renverser de manière à tourner son ouverture vers l'arrière et à pénétrer jusque dans le douzième segment.
Les organes mâles de YEnchxjtrœus vermicularis sont donc conformés exactement comme ceux des Pachydrilus.
Passons à l'appareil féminin.
Les ovaires sont nombreux et flottent dans le liquide de la cavité périviscérale du XIIme au XVIme segment. Dans chacun d'eux, il ne se développe qu'un œuf à la fois jusqu'à maturité. Cet œuf-là est à lui seul plus gros que tout le reste de l'ovaire (pi. III, fig. 10). Il y a une similitude parfaite entre ces ovaires et ceux du Pachydrilus verrucosus que j'ai décrits ailleurs, avec la différence que ces derniers ne sont pas détachés de la paroi du corps.
M. d'Udekem ' a considéré ces ovaires comme des groupes d'œufs, et il a réservé le nom d'ovaire à un sac membraneux qui les entourerait et qui s'ouvrirait à l'extérieur par deux ouvertures placées à côté des orifices des deux canaux déférents et sur la même papille que ces orifices. Ces ouvertures seraient les oviductes et il y aurait par conséquent chez les Enchytraeus une invagination complète du canal déférent dans l'ovaire et l'oviducte. Il est naturel que M. d'Udekem ait cherché s'il ne retrouverait point chez les EnchytraBUs une disposition analogue à celle qu'il avait découverte chez les Tubifex. Mais je crains qu'il ne se soit laissé entraîner trop loin et qu'il n'ait fini par voir ce qu'il désirait trouver. Je ne pense pas me tromper en affirmant que les ouvertures qu'il attribue à l'appareil féminin n'existent pas. L'invagination en question me semble tout aussi difficile à admettre.
11 est nécessaire, par conséquent, que les œufs suivent pour arriver au dehors un autre chemin que celui décrit par M. d'Udekem. Je ne
1 Développement du Lombric terrestre, p. 15.
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doute pas qu'il ne doive exister pour celle sortie des ouvertures particulières, mais il s'agit de les trouver. Peut-être faut-il chercher ces oviductes dans une paire d'orifices que personne n'a signalés jusqu'ici chez YEnchytrœus vermicularis. Les orifices en question sont placés chacun au sommet d'une papille située au \IIme segment (pi. II, fig. 8, o), à peu près à mi-chemin entre la papille de l'orifice mâle (a) et les soies ventrales (s). Chacune de ces ouvertures conduit dans un canal qui traverse les deux couches musculaires et qu'on semble même pouvoir poursuivre un peu au delà. Je n'ai malheureusement pu jusqu'ici reconnaître la conformation de son extrémité interne. Ces orifices soin difficiles à trouver à moins qu'on ne les observe de profil, comme dans la fig. 8 de la pi. II.
Si ces ouvertures sont bien les oviducles, ce serait un exemple tout nouveau de distribution des organes générateurs chez les Oligochètes. On ne trouve, en effet, jamais dans cette famille le canal déférent et l'oviducte réunis sur un même segment, sauf dans le cas d'invagination l'un par l'autre. Cette exclusion de l'un des organes par l'autre est une conséquence nécessaire de l'homologie de chacun d'eux avec un organe segmentaire. Chez YEnchytrœus vermicularis cependant, les deux organes se trouveraient réunis dans un seul et même segment. Ce fait s'expliquerait si l'on suppose que le XHme segment est formé par la fusion de deux. Celle hypothèse n'est peut-être pas aussi absurde qu'elle en a l'air. En effet, le XIIme segment est deux fois plus long que chacun des autres. En outre, ses soies offrent une disposition toute spéciale : les soies sont normalement placées très-près du bord antérieur de chaque anneau. Dans le XIIm' segment , elles sont, au contraire, à une petite distance du bord postérieur. Celte anomalie disparaîtrait si l'on admettait que le XIIme segment est formé par la réunion de deux segments, dont le postérieur seul porterait des soies. Mais c'est là encore une pure hypothèse.
Les réceptacles de la semence sont placés au Vme segment et ressemblent beaucoup à ceux du Pachijdrilus semifuscus que j'ai figurés ailleurs.
Il n'existe jusqu'ici aucune figure satisfaisante des organes segmentâmes des Enchytraeus. Ces organes sont tout à fait semblables à ceux des Pachydrilus que j'ai décrits et figurés ailleurs '. La figure 9 de la pi. II représente un des organes segmentaires de \"E. vermicularis Henle ; e est l'ouverture interne, a le pore externe. Les circonvolutions du tube cilié sont, comme on le voit, réunies les unes aux autres par une masse glanduleuse. M. Henle, auquel nous devons des observations d'un si grand prix sur les Enchytraeus, a déjà remarqué que l'organe segmen taire, considéré par lui comme un appareil respiratoire, n'existe point dans tous les segments. Il manquerait , suivant lui , dans les quatre, ou plus rarement dans les cinq premiers segments. Dans le premier cas, on les trouverait du 5m'' au 8"10 segment, mais ils manqueraient de nouveau du 9me au llme pour reparaître dans tous les suivants. Dans le second cas, il y en aurait quatre paires du G'"' au 9me segment et ils ne manqueraient que dans le llmc et le 10mP. Il faut remarquer d'abord que M. Henle paraît n'avoir compté que les segments sétigères, puisqu'il place les organes générateurs au llme segment, et qu'il faut, par conséquent, élever tous ces chiffres d'une unité pour les comparer aux miens. Même en tenant compte de ce fait, ces données de M. Henle ne concordent point entièrement avec mes observations, .le n'ai jamais trouvé d'organe segmenlaire dans les six premiers segments (M. Henle l'a observé quelquefois au VIme). Il existe très-certainement au VIIrae, au VIIIme, au IX'»e, au Xnie et au XI"»\ Il fait constamment défaut au XIImc et je n'ai pas su le trouver au XIII11" où M. Henle le signale pourtant. A partir du XIVme, je l'ai trouvé dans tous les segments.
11 résulte de tout ce qui précède que les Enchytraeus sont beaucoup plus voisins des Pachydrilus que je ne le pensais précédemment. Ces derniers ne se distingueraient plus des premiers que par leur sang, qui est généralement rouge au lieu d'être incolore, et parce qu'ils habitent la mer au lieu de vivre dans la terre des jardins. Toutefois, je puis ajou-
1 Recherches anatomigues sur 1rs Annélides, etc., p. 30, pi. Il, li;,'. 2.
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ter encore un caractère différentiel, savoir l'existence chez les Enchytrseus d'orifices particuliers, dont je n'ai point vu de traces chez les Pachydrilus.
Lorsqu'on examine de face la ligne dorsale d'un E. vermicularis sur un ver non mutilé, on lui trouve l'apparence d'une bande longitudinale à honls parallèles enlre eux (pi. II, fig. 11). Dans chaque segment, on voit se dessiner sur celte bande une figure ovale (p) placée transversalement. C'est un orifice, conduisant dans un petit canal qui perce de part en part la paroi du corps, comme on peut s'en convaincre dans une vue de profil (fig. 10, p). Ce sont donc là autant de pores qui mettent la cavité périviscérale en communication avec le monde extérieur.
Avant de quitter VE. vermicularis, je désire signaler la fréquence de parasites dans la cavité périviscérale de ce ver. Il est très-habituel d'y rencontrer de petits nématodes indéterminables. Quelquefois aussi j'y ai rencontré un ver enkysté et armé d'une couronne de crochets qui parait être un scolex de cestoïde. Le diamètre de ce parasite enroulé sur luimême est de 0ffim,055.
Genre NEMODRILUS Clap.
Diagnose. Oligochèles présentant deux pseudo-segments en dvant du segment buccal . Vaisseau ventral contractile dans la paitie antérieure du corps. Une anse vasculaire très-sinueuse et non contractile dans chaque segment. Soies isolées en forme de crochets simples, formant deux rangées de chaque côté, les soies externes ou dorsales étant deux fois aussi longues et aussi larges que celles de la rangée interne ou ventrale.
Cette diagnose laisse subsister bien des lacunes, mais elle est largement suffisante pour caractériser le singulier et rare Oligochète auquel je donne le nom de Nemodrilus filiformis Clap.
Cet Oligochète est réellement filiforme, car bien que large de 4/s à V3 de millimètre seulement, il atteint la longueur de 9 centimètres. Le seul