‹ Recherches Anatomo-Cliniques Sur Les Rapports Entre L'Évolution Du Corps Jaune Et L'Apparition Des RèglesChapitre 10 sur 29 · REC ES · texte numérisé non relu

REC ES

dépendance de l’une ou de l’autre glande génitale. Il croit que la formation du C. J. et la puberté sont conditionrées par une même cause et il conclut: (€ Tout démontre que le soma n’a point de sexe et que ses caractères mors phologiques sont sous la dépensance du germen ».

Se basant sur des remarques de Mac Illroy, de Ch. Walter et de James Oliver, sur les expériences de greffes ovariennes de Foa, CL. Mulon: eroit que l’apparition des caractères sexuels secondaires est due à l’action d’un certain nombre de facteurs qui entraîneraient la formation du C. J. après l’ovulation, lequel ©. J. aurait ensuite sa part dans le développement de la puberté.

20 ACTION SUR LE DÉVELOPPEMENT DU TRACTUS GÉNITAL,— Les vétérinaires d’une part, les physiologistes d’autre part, qui ont pratiqué la castration sur des femelles jeunes Ont noté une régression rapide du tractus génital. C’est Terrier qui, en 1885, signala le premier ce fait. Depuis cette époque, soit expérimentalement, soit chirurgicalement, d’autres auteurs par des castrations suivies de greffes, obtinrent des résultats confirmant l’action de l’ovaire sur le tractus génital.

Fraenkel attribua au C. J. seul l’action sur la trophicité de l'utérus en obtenant une régression utérine par cautérisation des C.'J.. Ancel, Bouin et Villemin eurent des résultats identiques en stérilisant les ovaires par les rayons X.

Regaud et Dubreuil, Magnus, Bucura obtinrent des résultats différents. CI Mulon croit qu'après la castration, l’atrophie utérine est due au repos que subit l’utérus de ce, fait. L'arrêt de régression après la greffe ne serait-il pas la restauration spontanée bien décrite par Wey- . meersch qui se produit au bout d’un temps variable après

LEUR la castration simple et qui est peut-être due à une suppléance des autres glandes à sécrétion interne?

3° ACTION SUR LA GLANDE MAMMAIRE. — Là glande mammaire se développe à la puberté, augmente de volume lors de chaque menstruation chez la femme, lors du rut chez les animaux et s’hypertrophie dès que commence une gestation. Signalons pourtant que, en dehors de la gestation, la mamelle peut donner du lait et cela même chez des vierges (Loisel, W. Heape, 1906).

La sécrétion lactée ne varie pas si on isole la glande mammaire au point de vue nerveux avant la gestation (Eckard, 1855) ou pendant celle-ci (De Sinéty, 1879) et que la section porte sur le système périphérique ou sur la moelle dorsale (Goltz et Ewald, 1873), ou bien que l’on fasse une greffe de la mamelle.

Fraenkel, Ancel et Bouin ainsi que d’autres auteurs ont émis l’hypothèse que l’agent causal du développement de la mamelle était le C. J. Ancel et Bouin, en 191f, ont wontré que la cautérisation des C. J. dans les jours qui suivent leur apparition empêche le développement de la glande mammaire ou l’arrête s’il est déjà commencé.

Sembach et Athias ne considèrent que la glande interstitielle de l’ovaire.

Tous les physiologistes n’admettent pas l’action de L’ovaire sur la glande mammaire et nombreuses ont été les théories émises pour expliquer le développement de celle-ci.

La théorie de Fage et celle d’Ancel et Bouin, résument les diverses théories: il y aurait deux sécrétions indérendantes, l’une entraînant l’hypertrophie mammaire et la venue du C. J., l’autre venue d’une glande myométriale de Putérus et provoquant la sécrétion lactée,

me

DT

4° ACTION SUR LE DÉVELOPPEMENT DU TISSU OSSEUX. — Brian en 1901, Richon et Jeandelize en 1907, Parnon et Golstein en 1909, ont montré que les os des femelles casiréos dans leur jeune âge acquièrent. un développement plus grand que ceux d’animaux témoins et que l’on note un retard de l’ossification des cartilages de conjugaison.

c. L — Action nutritive

Cette action produit son effet sur:

1° L’ENGRAISSEMENT. — [L'adiposité qui suit la castration a été maintes fois signalée; ce phénomène affirmé par Martin et la plupart des classiques a été contesté par

Pinesse et par Jayle. Delbet censidère cette adiposité

cemme assez fréquente et comme indice d’une amélioralion de l’état e général. - : de

2° Les ÉCHANGES RESFIRATOIRES. — Lœwy et Richter en 1899 sur des animaux, Zunz en 1906 par des expériences moins nettes sur des femmes, ont constaté que la quantité d’oxygène consommée par l'organisme est moindre après la castration.

3° Læ MÉTABOLISME AZOTÉ. — Les résultats des expériences entreprises à ce sujet sont très contradictoires: les uns admettent une diminution de l’azote total et de l’urée ee après la castration (Pinzani, 1899); d’autres notent une augmentation, d’autres enfin nient toute action de l’ovariotomie sur le métabolisme azoté.

4° Les ÉCHANGES MINÉRAUX. — [à encore les résultats sont contradictoires: Curatulo et Tarulli em 1895, Pinzami (1899), Lambert (1993), chez la chienne, Pachon et

Goldstein, Pachon et Papinian chez la femme ont trouvé une quantité d’acide phosphorique éliminé diminuée de près de moitié après la castration. Miossé (1899), Schultz et Falk (1899) sont arrivés à des résultats’contraires.

Se basant sur la première série d’expériences d’une part et sur le fait que l’excrétion du calcium et de l’acide pwhesphorique est augmentée chez les ostéomalaciques, certains auteurs ont préconisé le traitement de l’ostéomajacie par la castration. Malgré de nombreux insuccès, de bons résultats furent observés.

III — Action fonctionnelle

1° ACTION CARDIOVASCULAIRE. — Fedoroff en 1897, après l'injection d'extraits d’ovaires, Lambert en 1907 avec. des extraits de C. J. constatèrent de l’hypertension avec ralentissement du rythme cardiaque. En 1898, notre regretté maître, le professeur Ch. Livon, avec de l'extrait d'ovaire et Patta après la section des vagues obtinrent de l’hypotension. Hallion obtint le même résultat et constatait en outre une diminution de volume de tous les organes sauf du corps thyroïde qui s’hypertrophiait. Vallemin |. en 1910, puis Ancel et Bouin obtinrent de l’hypotension | avee de l'extrait de C. J. seul alors que Pachon et Busquet ne l’ebtinrent qu’une fois sur trois tandis que ces auteurs l’obtinrent toujours avec de l’extrait d’évaire sans C. J. 2

Gley et Champy, en 1912, obtinrent les résultats suivants: les extraits de C. J. sont plus hypotenseurs que les extraits d’ovaires; les C. J. gravides sont plus actifs que les C. J. périodiques. |

Enfin Biéloff, en 1912, aurait trouvé de l’hypotension

: opposés.

TI avec les (. J. seuls et de l'hypertension avee l'ovaire seul. On voit combien il est difficile d’avoir une idée nette sur cette question, les résultats étant les plus diversement

2° ACTION DYNAMOGÈNE. — Brown Séquard en 1890 a attribué à l’ovaire une action dynamogène identique à celle qu'il décrivit en 1899 pour le testicule; l’extrait d’ovaire provoquerait le relèvement des forces chez les femelles affaiblies.

3° ACTION SUR LE RUT, L'OVULATION, LA NIDATION DE L'ŒUF DANS L’UTÉRUS ET LA MENSTRUATION. — à) Sur le rut. fa castration pratiquée après la naissance, rend la femelle indifférente aux approches du mâle et supprime les désirs périodiques; la castration pratiquée à l’âge adulte a des effets inconstants.

. Chez les femmes dont la castration a été prépubérale il n’y à Jamais ni règles, ni désirs sexuels; chez les femmes castrées à l’âge adulte, les règles subsistent quelques

fois; on admet que les désirs sexuels, quand ils persis-

tent sont d’origine cérébrale, le souvenir du plaisir provoqué par les rapports sexuels passés étant assez vif pour faire naître de nouveaux désirs.

Le premier, Martin Barry constata que le follicule se rompt neuf à dix heures après de coït; Bischoff, Raci-

__ borsky, Coste arrivèrent aux mêmes résultats; Fraenkel,

Ancel, Bouin, Villemin assimilèrent le rut et la menstrua-

tien et leur donnèrent le C. J.-comme cause; pour ces au-

teurs, l'ovulation précèderait d’un certain temps le rut. Regaud et Dubreuil montrèrent que chez la lapine, le follicule se transforme 32 heures environ après le coït et que le C..J. n’est formé que quatre jours après et de plus

DRE LE que le voisinage du mâle sans coït provoque le rut mais ron ta déhiscence des follicules.

Cependant il existe quantité d’animaux dont l’ovula- {ion se fait spontanément, la chienne et la chatte par exemple; chez la femme aussi l’ovulation est spontanée (elle se preduit chez la vierge).

Saintmont à observé le phénomène du rut chez des chattes ovariotomisées.

Enfin Læb (1910) est d’avis que le: C. J. est l’agent du calme sexuel qui suit le rut, continue pendant la gestation et dure jusqu’à l’ovulation suivante (teutes périodes pendant lesquelles existe un C. J. en état).

b} S'ur l'evulation. — Quelle est la cause de l’ovulation?

Ce n’est pas le système nerveux, car la destruction des connexions nerveuses ovariennes ou la greffe des ovaires re gêne pas l'ovulation. L'’utérus ne peut être mis en cause Car l’ovulation se produit après hystérectomie (Bischoff, Abel). Beard (1897) crcit que l’ovaire a une action inhibitrice sur l’ovulation pendant la grossesse et entre les menstruations. Læb émet la même hypothèse en 1911 que celle émise par Prenant en 1898 et il la confirme en extürpant les C. J., ce qui-rapproche les ovulations.

CL. Mulon en se reportant aux enseignements de la physiologie comyparée nie toute action du €. J. sur l’ovulation. À : ;

e) Sur la nidation de l’œuf. — Fraenkel et Cohn puis Magnus pratiquant l’ovariotomie sur des femelles ayañt eu le contact du mâle six jours auparavant, trouvèrent au quatorzième jour l’utérus vide. Fraenkel montra ensuite que la castration n’a d'effet certain que si elle a lieu avant le quatorzième jour qui suit le coiït.

Ancel et Bouin, en 1909, indiquèrent que le développe-: ment des modifications utérines en vue de la nidation est

où — ) —

parallèle à l’évolution du €. J. Maudl de Vienne réfuta ces résultats. Lœb à constaté 1 évolution normale de grossesses chez des lapines castrées sept jours après l’accouplement. Skobansky (1904) n’eut pas d’avortement lors d’ovariotomie double au douzième jour alors qu’il en eut par tenipuncture des C. J. Kleïnhaus et Scheick en 1908 obtinrent des proportions identiques d’avortements et de continuation de grossesses soit après ovariotomie soit après simple laparotomie. Dans tous ces cas d’avortements, il est bien difficile de faire la part qui revient au shock opératoire ét: “Us qui revient à l’extirpation des ovaires.

Enfin signalons les cas d’ovariotomies doubles pratiquées chez des femmes gravides et qui accouchèrent 269 jours après (Essen, Meller), 276 jours après (Laptorn, - Smith). |

CI. Mulon dans sa thèse cite des observations voulant prouver que le C. J. n’a aucune action sur la nidation.

d) Sur la menstruation. — Nous énumèrerons plus loin dans les théories de la menstruation, le rôle qui à été attribué au €. J. et les résultats que nous avons tirés de l’étude du ©. J. chez des femmes normalement réglées.

49 AGTIoN HÉMATOPorÉTIQUE. — Lies chiennes castrées perdraient 40 p. 100 de leur hémoglobine et leur formule sanguine serait notablement abaissée (Breuer, Von Seiller). à ; Rokitansky a émis la théorié ovarienne de la ehlorose. Elle serait due soit à un hypofonctionnement ovarien (Hayem), soit à une toxémie due à l’hyperfonctionnement du C. J. (Villemin). Enfin CI. Mulon émet l’hypothèse que c’est la chlorose qui est une toxémie, le C. J. par son rôle antitoxique fixerait les poisons et s’hypertrophierait.

5° ACTION DU C. J, SUR LES AUTRES GLANDES VASCULAIREE SANGUINES. — Lies corrélations de l’ovaire avec les autres glandes à sécrétion interne, font partie de la loi générale qui lie toutes les glandes vasculaires sanguines.

a) Ovaire et corps thyroïde. — TL'’ovaire a une action . sur la thyroïde: lors de la puberté et lors des règles, on peut noter une hypertrophie thyroïdienne; d’après Muller l’apparition des goîtres chez la femme se ferait très souvent lors des premières règles.

L'hypothyroïdie (myxædème) s'accompagne de ménor-

ragies et de dysménorrhée dues à üme hémophilie générale dysthyroïdienne (Roume), l’opothérapie thyroïdienne à dose appropriée entraverait la menstruation (Blandel, Jouin).. - Hofmeister (1892), puis Otto Lanz et C'eni (1904) montrèrent que les caractères sexuels secondaires, la menstruation et l’instinct sexuel n’apparaissaient pas chez les femmes thyroïdectomisées dans leur jeune âge. Les études sur le développement des follicules thyroïdiens après la castration ou la méropause, sont assez contradictoires (Cecca, Parhan et Golstein).

Les injections d’extraits d’ovaires produiraient de lhypertrophie thyroïdienne ( Hallien, 1907).

b) Ovaire et hypophyse. — L’hypophyse des femelles augmenterait après la castration (Fichera, 1905). Cecca le nie. On peut rapprocher le développement osseux qui se produit après la castration précoce de celui du gigantisme ct de l’acromégalie où il éxiste une hypertrophie hypophysaire.

e) Ovaire et thymus. — Le thymus s’atrophie au fur et à mesure que l’ovaire se développe (Schedel et Flemming). Je poids du thymus des femelles castrées serait plus grand que celui des femelles nullipares et celui-ci

Page 1