‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 17 sur 106 · A LA DIXIÈME DYNASTIE · texte numérisé non relu

A LA DIXIÈME DYNASTIE

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

On a vu dans les pages précédent

émises sur les ori

mes des Egyptiens.

es combien sont encore incertaines les opinions

es seules notions que l’on possédait jusqu’à ces

dernières années sur les premiers temps de l’histoire de l'Egypte, cette période obscure

qui a immédiatement suivi la période pi d'Abydos, de Karnak et de Sakkarah, (

rois. Mais ces renseignements qui seml

“historique, étaient fournies par les listes royales ui donnent des séries de cartouches des premiers

lent présenter quelque précision, au moins pour

les deux premières dynasties, n’avaient pas le caractère d'authenticité désirable pour

établir l’histoire. Comme la fait rer

ont été probablement forgées, après c

des commencements de la monarchie sé rois primitifs survivaient à peine à lou dans la vallée du Nil, et les Egyptier à établir les chainons qui leur manquai et, par conséquent, à la création du mo

Quant à l’origine de la constitution

siècles, toutes les traditions se sont conc

! Notes sur différents points de grammaire et d'histoire (Recueil des travaux, loc. ci.

64 et 120.

L'EcxPTe

marquer M. Maspero !, les premières dynasties

oup, par les historiens égyptiens. Le souvenir

ait perdu au cours des siècles; quelques noms de

li lors de l’époque de lapogée de la civilisation is, se considérant comme autochtones, tenaient ent pour rattacher leur histoire à celle des dieux nde.

écyptienne telle qu’elle a duré pendant de si longs :entrées sur le seul nom du roi Ménès, le fonda—

. XVI, p. 56,

teur de Memphis, d’après la légende. Toutefois, des documents authentiques pouvant être aitribués à son règne manquaient jusqu’à ces derniers temps. Il personnifiait, comme il personnifie encore actuellement, les débuts de la monarchie. Il était le premier chef reconnu de toutes les populations des bords du Nil, le créateur de tous les grands travaux, des premières institutions, toutes choses qui, sans aucun doute, n’ont pas été l’œuvre dun seul homme, mais celle de plusieurs générations. Depuis les découvertes de MM. Amelineau, de Morgan et Klinders Petrie, on n’en est plus réduit aux légendes,

“a on se trouve en possession de documents positifs qui permettent actuellement d’es—

quisser l’histoire des trois premières dynasties. La lecture des inscriptions d’Abydos a permis de reconnaitre les noms de quelques

rois de la première dynastie, et celles de Negadah, le nom de Ménès. Des sceaux royaux

d’Abydos ont révélé ensuite le nom de Alsa, le premier roi de la deuxième dynastie, et celui de N’Maathapi, lune des reines de la troisième dynastie. I résulte de ces faits que les documents archéologiques et anthropologiques que lon possède de Négadah, d’'Abydos et des autres nécropoles dont les mobiliers funéraires sont analogues à ceux de ces derniers, ne peuvent plus être considérés comme préhistoriques.

Que les deux premières dynasties soient ou non originaires de Tanis, la prépondé-

rance de Memphis devint bientôt fort grande et, dès la troisième dynastie, elle imposa

ses souverains aux autres districts. Cest à cette époque que remonte Sesorthos, sur— nommé l’Esculape égyptien, l'inventeur des constructions en pierre et de Pornementation des murailles par les hiéroglyphes. A cette époque remontent aussi une partie des grands mastaba de Memphis. La quatrième dynastie, dont Snofrou, le constructeur de la pyramide de Méidoùm fut le premier roi, parait avoir été une période de haute puissance. Cest à ses

successeurs Kéops, Kephrèn et Neukheris que l’on doit la construction des trois grandes

pyramides de Gizèh. Un nombre considérable de monuments, et des plus remarquables,

appartiennent encore à cette dynastie, tels que les tombeaux des pyramides de Gizèh et de

Sakkarah, la statue dite du Sheikh-el-Beled, celle du Scribe du Louvre, ete., ete. Durant la cinquième dynastie, la civilisation égyptienne semble avoir atteint son

apogée. Les rois continuent à se faire élever des pyramides pour abriter leurs tombeaux,

telles que celles d’Ounas et de Ti à Sakkarah. La sixième dynastie est origmaire de l’ile d’Eléphantine dont les souverains les plus connus sont Téti, Pépi I”, et la reine Nitocris. (GK l’on connaisse. A la fin de la sixième dynastie, l'empire s'écroule ; des troubles sérieux

à cette époque que remontent les premières tentatives d’explorations africaines que

éclatent à l’intérieur. Tandis qu'au Nord, des rois autonomes règnent à Héracléopolis et

d’autres à Memphi dynasties (VII à ]

des princes thébains s'emparent du pouvoir: au Sud. Les dernières

, ont laissé peu de souvenirs dignes d’attirer l’attention.

NÉCROPOLES

On connait actuellement un assez grand nombre de nécropoles remontant aux trois premières dynasties, et lon possède de nombreux documents funéraires relatifs à ces

temps primitifs. Cest principalement aux fouilles méthodiques de MM. Petrie, Amelineau

et de Morgan qu’on les doit. Ils proviennent des nécropoles de Négadah, d’Abydos, de Beït Allam, de Gebel Silsileh, de Kawamil, d'El Amrah, d'El Khozan et de quelques autres qui ont été considérées autrefois comme préhistoriques.

Négadah.— (Cette nécropole, qui a donné le célèbre tombeau royal attribué à Ménès, a été fouillée en 1897 par M. de Morgan assisté de MM. Wiedemann et Jequier. Deux ans auparavant, M. Petrie avait exploré les nécropoles de Toukh et de Ballas, et, bien que Fun de ses ouvrages soit intitulé Neguadah and Ballas, la véritable nécropole de Négadah était encore vierge.

C’est en interrogeant les nombreux kjækken-maæddings de la région que M. de

Morgan découvrit dans un petit tell, situé au nord de la nécropole septentrionale, les restes un monument de briques crues qui devait attirer particulièrement son attention à cause jt

faire sortir de terre le tombeau du premier roi des Égyptiens. Ce tombeau, dont je ne

d de son importance. Des fouilles activement et soigneusement conduites devaient bien

décrirai que très sommairement la disposition — qu’il faut lire dans le deuxième volume de M.de Morgan! — paraît être, sans conteste, le plus archaïque et le plus considérable, dans sa catégorie, de tous ceux qui ont été ouverts dans la vallée du Nil. Ses ruines actuelle— ment dégagées se composent d’un vaste rectangle long de 54 mètres et large de 27.

A l’intérieur se trouvent vingt chambres, divisées en deux séries : l’une, celle du centre

se compose de cinq chambres, dont la plus grande parait avoir contenu le mort auquel le monument avait été élevé ; les quatre autres sont de pareilles dimensions. La seconde série comprend seize salles semblables, beaucoup plus petites et situées autour des pièces du centre et arrondissant le rectangle. Le monument tout entier semble avoir été volontaire

ment incendié. Partout, aux alentours du tombeau royal, se trouvent, en très grand nombre,

es sépultures de gens du peuple, toutes renfermant des mobiliers funéraires qui présentent les mêmes caractères que ceux des autres sépultures de la même époque primitive. Dans la chambre centrale ou royale, M. de Morgan a recueilli un raeloir en silex,

ivers éclats, un moule ou mortier en grès, environ quatre-vingts jarres en terre rouge

bouchées à l’aide de cônes d’argile portant le sceau royal, de nombreux vases cylindriques

en terre grise, quelques vases arrondis en terre, et des restes de deux ou trois étoffes

ifférentes. Dans les autres chambres, on a recueilli d’innombrables vases cylindriques et

des jarres en terre cuite bouchées par des cônes d'argile au nom des rois ; de nombreux vases en albâtre plus où moins brisés, des fragments de vases en roches dures, plusieurs coupes en porphyre eten cristal de roche; des couteaux et des poignards en silex droits et courbes, admirablement retouchés et plus ou moins brülés ; des tablettes rectangulaires en schiste vert; des sceaux au nom du roi, des objets en ivoire : statuette et plaquettes représentant des lions, des poissons, des pieds de petits meubles et de petits vases ; des bracelets en nacre et en écaille de tortue; puis une perle en or, divers menus objets en cuivre, ete. Pour la description complète de ce merveilleux mobilier funéraire, comme pour: celle du tombeau lui-même et de sa

construction, je ne puis que renvoyer à l’ouvrage de M. de Morgan qui, malgré les critiques plus ou moins justifiées auxquelles il a donné

lieu, restera une œuvre considérable et du plus haut intérêt au point de vue scientifique.

! Recherches sur les origines de l'Egypte : le tombeau royal de Négadah, p. 148.

Abydos. — On avait trouvé depuis longtemps dans cette localité, connue surtout par son temple de Séti I*, de superbes silex taillés; mais jusqu’à ces dernières années, on es avait attribués à la XII où même à la XVIII dynastie. On les a considérés ensuite comme préhistoriques. Les fouilles que M. Amelineau‘ y a opérées en 1896 ont montré qu'ils appartenaient aux trois premières dynasties. Cet archéologue découvrit sur un emier plateau des tombes nombreuses, toutes construites sur le même modèle : elles

consistaient en une chambre unique creusée dans le gravier et revêtues de briques crues.

Quelquefois, ces chambres étaient bordées de petites loges étroites et irrégulières. On y

rouvait des squelettes dans attitude repliée, les genoux ramenés vers la poitrine et les mains vers le visage. Toutes ces sépultures renfermaient de la poterie grossière ornée de dessins primitifs. En poursuivant les fouilles, on découvrit quelques caractères inscrits sur des vases en pierre dure, puis une stèle. D’autres buttes ou {e//, voisines des premières, et dont quelques-unes présentent des traces d’ncendie, recouvraient de vastes tombeaux

pour la plupart ravagés par les Coptes primitifs. Sous l’une de ces buttes incendiées,

M. Amelmeau trouva des silex admirablement taillés, entre autres trois cent vinetquatre pointes de flèche de toutes formes. Une autre butte dite d’Om el Gaab renfermait des tombeaux de proportions beaucoup plus considérables. À côté se trouvaient des

constructions plus petites renfermant les unes des corps repliés, les autres des magasins

-emplis de grandes jarres, ainsi que des vases plus petits en terre et en pierre. De ceux-ci

il ne restait que des fragments, portant des mscriptions qui n'étaient rien moins que les

noms des seize premiers souverains ayant gouverné Egypte. Ces noms étaient inscrits

ans un rectangle surmonté d’un épervier, dans la forme ordinaire de ce que l’on appelle les bannières royales.

De grands vases estampillés au nom d’un roi contenaient les substances les plus diverses ; céréales, dattes, encens, fruits variés et matières grasses difficilement détermi-

nables. En outre, on y vit des poteries faites au tour et ornées de serpents sur la panse ;

es vases en onyx, en albâtre et en roche volcanique ; la plupart étaient décorés de motifs géométriques, de coquilles, ete. M. Amelineau a cru découvrir dans la forme des hiéroglyphes, dans celle des stèles, dans les titres royaux, des caractères archaïques. 11 s’en autorise pour attribuer à des rois préhistoriques ou à des dynasties divines que Manethon appelle les Manes, les tombeaux qu’il a exhumés des buttes d’Abydos. El Amrah, — (elte nécropole a été en partie fouillée, en 1895, par M. de Morgan?,

et depuis a été dévastée par les pillards. Elle est située à 6 kilomètres au sud d’Abydos.

r ce point de la vallée du Nil, les terres cultivables sont séparées du pied de la mon—

tagne par un vaste plateau d’alluvions caillouteuses ; c’est dans ces dépôts que se trouvent souvent, mêlées à des tombeaux d’époques diverses, les sépultures archaïques. Celles-ci sont toutes du même modèle ; elles se composent d’une simple fosse ovale creusée dans le sol et profondes de 150 à 2 mètres au plus.

« Le corps a été déposé sur le côté gauche, les jambes repliées de telle sorte que les

genoux soient à la hauteur du sternum; les avant-bras sont allongés en avant et les

1 Les Nouvelles Fouilles d'Abydos, in-8, Angers, 1896. ? Recherches sur l'origine de l'Égypte, l'âge de la pierre et les mélauæ, in-8°, Paris, 1896, p. 85.

mains placées l

Autour du mort

de cendres ou d°

une sul sont des

ossements d'animaux; pl

‘autre, devant la face. La tête est légèrement penchée en avant.

vases, erandes urnes de fabrication grossière, souvent remplies

us près du corps, on a rencontré des vases peints

et d’autres rouges dont les bords sont noircis et brunis, des vases en pierre grossièrement

creusés, des figurines de taillés, et plus rarement «

On a trouvé dans cet

schiste représen

es massues en al

poincons ou autres menus objets, qui mon

J'ai eu l’occasior types parfaits « comme par la « temps pharaon

elles se tiennent

1 de visiter en 1898, 6t €

‘omposition du mobilier

ues, qu'il est impossible

côte à côte.

‘aimes sépultures

es nécropoles de l’époque

ant des poissons ou des quadrupèdes, des silex bâtre, des colliers et des bracelets en coquilles. » quelques rares instruments en bronze : aiguilles, rent l’arrivée des métaux. Cette nécropole, que ù j'ai recueilli aussi quelques objets, est un des : archaïque. Par la disposition de la sépulture de celles des

‘unéraire, elles diffèrent tellement

e les confondre les unes avec les autres, quand

Béit-Allam. — Cette nécropole actuellement ruinée, comme du reste la plupart des

autres stations € du village de G déterminé Pexp

e cette époque, avait unc

iredh, aux habitants duc

oration, et en a retiré de

taient tous les caractères d’archaïsme de €

Kawamil.

du genre de cel

étaient rectangulaires. Un certain nomln

vases. Le mort

peu les uns des

— Cette nécropole, fouil

e d'El Amrah. La plupai

avait été replié dans prest

autres. Aucune ne rappelai

» assez orande importance. Elle était située près uel est due sa dévastation. M. de Morgan en a beaux mobiliers funéraires. Les sépultures por— elles des autres nécropoles analogues.

ée par M. de Morgan, renfermait des sépultures

t étaient ovales, mais quelques-unes cependant

#e de corps avaient été déposés dans de grands

ue toutes, et les mobiliers funéraires variaient

par sa richesse celles de Négadah et d'Abydos.

Des nécropoles, telles que celle de Gebel Silsiléh, de Negadah nord, de Gébélem

et quelques autres, ont donné encore des ossements en

eùt été intéressant de les étudier aussi, mais ils ne prés

lus où moins grande quantité. Il

entaient pas, au même degré, des

caractères d'authenticité suffisante pour être utilisés dans un travail véritablement scien—

tifique. La plupart des nécropoles d’où ils proviennent o

les habitants, et

que ceux qui pouvaient appartenir à des sépultures arel

d'autres plus re

clandestines dans Gébélein. — Des vases rouges à bords noircis avaient été rencontrés à Gé

auprès d’un cerc

fermer une nécropole du genre de celle de Né régulière n’y a 6 1897. Les produits de ces recherches clandestines montrent que Gébéleim renferme superbe nécropole :

Durant l’un de à Khozan, le chef « dantiquités et des savants étrangers qui sont autorisés ou non à faire des foui

icer

cela de telle manière, de

‘ueil du moyen Empire, et

té

ratiquée, et pourtant «

uwchaïque.

mes séjour à Louqsor, €

s. Jai pu me rendre compte des

lusieurs localités, note

nt été fouillées ou plutôt pillées par l’aveu même des explorateurs de ces nécropoles, iaïques sont généralement mêlés à

résultats néfastes de ces fouilles

amment à Gébélem.

éleim,

on en avait induit que cette localité devait ren—

adah ou d'El Amrah. Aucune fouille

le a été complètement dévastée pendant l'été de

uit une

nn février 1899, alors que je pratiquais des fouilles

es fouilleurs pillards, fournisseur ordinaire de la plupart des marchands les en

Egypte, me proposa de me conduire sur quelques points, au sud de Louqsor, où exis—

taient, disait-il, des tombeaux contenant des silex taillés et des vases rouges, non encore ouverts et connus de lui seul. Me voyant peu disposé à accepter sa proposition, notre fouilleur m’apporta un soir une jolie série de petits vases, de pendeloques en ardoise et quelques lames de silex, le tout présentant des types d'El Amrah. Il m’avoua que ce n’était là qu'un échantillon de ses trouvailles durant lété précédent, le seul moment

propice pour exécuter ce genre de fouilles en toute sécurité. Il ajouta que, si je voulais venir chez lui, il me montrerait une très grande collection d’objets semblables à ceux de Negadah et de Khozan. Enfin, la nécropole étant épuisée, il me dit que tous ces objets avaient été trouvés à Gébélein, dans des fosses ovales, à côté de squelettes repliés sur eux-mêmes, dont il avait encore un exemplaire. N’ayant pas répondu à son invitation, la veille de mon départ je reçus comme suprême tentation, une caisse contenant le

susdit squelette accompagné de quelques poteries que je me décidai à acquérir. Mais des

produits de fouilles acquis dans de telles conditions n’ont qu'un intérêt de curiosité,

et sont en quelque sorte perdus pour la science. Pourtant, bon nombre de documents publiés dans ces dernières années n’ont pas d'autre origine que ceux dont il vient d’être question. Des tombes de la même époque et renfermant des cadavres dans la position

accroupie ont été également découvertes à Akhmim".

El Khozan.— (Cette nécropole”, sur laquelle j’ai déjà attiré Pattention, est située à

15 kilomètres au nord de Lougsor, sur la rive droite du Nil, dans la commune d'El Khozan, et se divise en deux sections : l’une est au nord du village, à 4 kilomètres du Nil, au lieu dit Sheikh-Benet-Beri ; l’autre est au sud et à 6 kilomètres du fleuve, à la limite du désert. Cest au mois de janvier 1899 que, grâce à une autorisation spéciale du Gouvernement, je consacrai quelques semaines à l'exploration de cette nécropole, dont l'existence m'avait, du reste, été signalée par M. Legrain. M. Maspero® avait trouvé, jadis, près de Sheikh-—Benet-Beri, des vases en terre rouge bordés de noir au-dessous d’une stèle de la sixième dynastie.

Ces nécropoles ayant chacune plus de 1 hectare de superficie, la moitié à peu près

en avait été déjà ouverte et spoliée. Aïdé d’une vingtaine de Fellahin, j’ai pu faire déblayer trois cent vingt tombeaux, non encore fouillés: cent quatorze dans la première section et deux cent six dans la seconde. Aucun indice extérieur ne révélant la présence des sépultures qui ont été, du reste, découvertes par des travaux de culture, ce n’est que par des sondages superficiels que l’on peut trouver leur position. Tous ces tombeaux sont creusés à même l’argile dont le Nil quaternaire a recouvert tout le pays. Les fosses, fort irrégulièrement espacées, sont, le plus souvent, distantes les unes des autres de 3 ou £ mètreset sont disposées en quinconce. Toutes sont rectangulaires et non rondes ou car— rées, comme il en a été signalé dans la région. Leur profondeur atteint 2 mètres et leur largeur estde 1 mètre à 150. Chaque tombeau renfermait de deux à six corps, rarement un seul. Tous sont étendus et non repliés ; ils sont presque toujours orientés nord-sud.

Les fosses avaient été sans doute recouvertes de branches de palmier, car on en trouve çà

! Forrer, Ueber Steinzeit Hochergrüben, Strasbourg, 1901. ? Bull. Soc. anthrop. de Lyon. Compte rendu Congr. Assoc. fr. de Boulogne, 1899. * Maspero, Archéologie égyptienne, p. 243. Etudes de mythologie, ete., I, p. 281.

et là quelques fragments, puis remblayées par le sable. Aucune trace de muraille ou de bri= ques crues n’est apparue dans les fouilles.

Chaque sépulture était accompagnée d’un mobilier funéraire qui rappelle ceux d'El Amrah. Il se compose de deux à trois pièces au moins, et souvent de huit à dix parmi

ise, de dimensions

lesquelles domine la céramique. On y trouve de grandes jarres en terre 2 variées, à fond généralement pointu, des vases cylindriques à fond ovoïde ou plat, ornés de cercles ou de chevrons sur la panse et le bord; des vases de divers types et des gobelets en terre rouge peints en noir sur les bords; des vases en terre jaune portant, peints en rouge, des animaux et des ornements divers; des plats ou assiettes, des coupes rondes et ovales, ornées de chevrons, cercles et autres motifs géométriques gravés et enduits de terre blanche ou peints en noir (fig. 41, 43, 44, 49).

Ces mobiliers renferment encore des parures en coquilles marines, cyprea moneta, petoncle, ete., et en roche verte schisteuse, telles que bracelets et pendeloques. Celles-ci représentent des oiseaux, des tortues, des poissons (fig. 38 à 40), des barques, des rondelles, ou des rectangles en forme de fer à rabot. Ces derniers objets se trouvent, le plus souvent, dans des plats déposés près de la tête du défunt.

On a recueilli encore dans ces sépultures des figurines grossières, généralement des oiseaux décorant des peignes en os et en ivoire (fig. 34 et 35), des fragments de vases

et de massues en pierre dure (diorite et brèche) (fig. 37), enfin de rares lames en

silex finement retouchées ainsi que des pointes de javelot (fig. 36 et 42). J’ai acquis, le dernier jour de mes fouilles, des mains de l’un des Fellahin que j’occupais, quelques autres pièces en silex, meilleures que celles que j'avais recueillies, ainsi que de petites hachettes (fig. 33 et 11), et un poinçon ou ciseau en cuivre sans doute. Ces objets avaient été trouvés, n’affirma ce fellab, peu de jours avant le commencement de mes travaux, près de la surface de l’un des tombeaux de la première section qui avait été, en effet,

bouleversé depuis peu. Il est possible aussi qu’ils m’aient été soustraits pendant mes fouilles.

Un tombeau de la section nord, dont le mobilier funéraire était assez riche (deux

jarres, un vase cylindrique, deux assiettes etune pendeloque en forme d’oiseau), ne renfer-

mait aueun débris de squelette. L'une des jarres, la plus grande, était pleine de cendres parmi lesquelles se trouvaient quelques menus débris d’ossements, probablement humains. Si mon observation est juste, il faut donc croire que l’usage d’incinérer les morts aurait existé dans cette nécropole. Ce fait, dont je n’ai constaté qu’un exemple à El Khozan, a

été «

e j'aie à insister ici sur sa situation et les particularités qui la caractérisent. Je dois en parler toutefois à cause de la précieuse série de crânes que l’on en possède, et qui viennent d’une nécropole appar— tenant, d’après Mariette, à la IV® dynastie. Cette série, envoyée au Muséum de Paris en 1867 par cet illustre égyptologue, ne porte aucune indication sur la nature de la nécropole

d'où elle a été extraite. Je ne connais aucun document anthropologique relatif aux

nécropoles contemporaines des cinq dernières dynasties de la période memphite.

! Wiedmann, dans Recherches sur les origines, p. 215, 1897.

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