Taousra
Fig.
visage est allongé, le menton effilé et saillant rappelle un type asiatique, peut-être sémite.
Mais il est encore un autre genre de monuments dans lesquels les artistes ont poussé, aussi loin que possible, le souci d’être vrai : tels sont, entre autres, les bas-reliefs géné ralement peints des temples de Medinet Habou, de Déir el-Babari, d’Abydos et de Karnak, puis ceux des hypogées royaux de Biban-el-Molouk et de Biban-el-Soultanat.
Dans les premiers, on a représenté différents épisodes d’une expédition entreprise par ordre de la régente Hatasou (Hatshopsitou), dans le pays de Pount, sais doute la côte des Somali. « Dans le plus curieux de ces fragments, le chef sauvage s’avance en suppliant.
Derrière lui marche sa femme. Elle a la chevelure soigneusement peignée et amenée par
derrière en queue épaisse. Un collier, formé de gros disques enfilés, orne son cou. Elle a
une grande chemise jaune sans manches, qui lui descend jusqu'au milieu des jambes.
Quant à ses traits, ils sont assez réguliers, quoique plus virils que féminins, mais tout le
reste de sa personne est repoussant. Ses bras, sa poitrine, ses jambes sont, en effet, comme chargés de chairs amollies, le bassin se projette en arrière et accuse une difformité que artiste a rendue avec une complaisance singulière. Ce qu'on voit des jambes au—
dessous du bord inférieur de la chemise est énorme et semble indiquer un commencement
d’éléphantiasis. En ne reculant pas devant la représentation de cette monstruosité, l'artiste
a sans doute pris plaisir à provoquer une comparaison et à faire sentir un contraste; en
face de ce type presque bestial de la femme barbare, combien devait paraitre plus aimah encore la beauté de la race égyptienne *. »
À Abydos, on admire la superbetête de Sèti 1°"; puis c’est le profil de Thoutmosis [#';
à Médinet Habou; celui de sa femme Aahmosis à El Asasif, ceux de Thoutmosis III et
de sa femme Taïa à Biban-el-Molouk. On remarque encore dans les hypogées, les effigies
des Ramsès et des Minephtah que je reproduis iei (fig. 26 à 31) d’après les dessins de
Rosselini.
1 Perrot, Hist. de l'Art, t. I, p. 696.
Fig. 32. — La REINE Taïa.