‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 40 sur 106 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

Après la défaite de Darius IT, Alexandre le Grand fut accueilli par les Egyptiens comme un véritable libérateur. Il sut gagner rapidement leur confiance, en se montrant zélé pour leur religion, et surtout en se rendant au temple d’Ammon dans la grande oasis. Durant le peu de temps qu’il resta en Egypte, il fonda la ville d'Alexandrie, où bientôt affluèrent les Juifs, les Grecs et les négociants de toutes les nations de l’Orient. . commerce y grandit, dès lors, d’une facon extraordinaire, et cette nouvelle ville mariime devint, en peu d'années, le centre du commerce du monde entier, ainsi que l’avait évu son fondateur. À la mort d'Alexandre, l’empire macédonien s’écroule et l'Egypte devient la satrapie de Ptolémée I ou Soter, fils de Lagos, qui prend la régence pour: hilippe Arrhidée et Alexandre Il, fils d'Alexandre le Grand. A la mort de celui-ci, il

rend le titre de roi. À partir de ce moment, l'Egypte restera sous le sceptre des Ptolémées

jusqu’à la bataille d’Actium et la mort de la célèbre Cléopâtre. Les premiers princes de la

dynastie ptolémaïque portèrent, par leur sage administration et leur bonne politique, la

juissance de l'Egypte au plus haut degré: mais il n’en fut pas de même de leurs succes seurs. Peu à peu, la trop rapide prospérité amena son cortège de vices et de désordres an

milieu desquels naquirent les crimes, dont cette dynastie s’illustra.

Les Romains, qui connaissaient l'Egypte, surent profiter de l’état moral de ses der niers maitres, et parvinrent, sans peine, à en faire une province romaine. On doit remar—

quer, toutefois, que si les Ptolémées ont réussi, durant une assez longue période, à

ramener la prospérité en Egypte, c’est grâce à cette idée constante, dont ils ne se sont L'Ecyrre. 15

jamais départis, à savoir qu’au lieu de chercher à gréciser Egypte, ils travaillèrent toujours à s’éeyptianiser eux-mêmes. Ils n’eurent pas de peine à se croire les chefs de la religion égyptienne, au même titre que les anciens pharaons dont ils étaient devenus les successeurs. Ils eurent grand soin de couvrir le sol égyptien de temples qui célébraient eurs vertus officielles, et qui témoignaient de leur religion. Tels sont les temples de hilé, d'Edfou, de Denderah et quelques autres moins importants. Les Ptolémées ne se contentèrent pas de ménager et même de flatter les susceptibilités religieuses des Éeyp— iens. Par de grands travaux, ils attirèrent à Alexandrie tout le commerce du monde

alors connu. Les nouveaux maitres de l'Egypte encouragèrent encore l’agriculture, les sciences et les arts, tout comme ceux-ci avaient été encouragés aux époques les plus lorissantes des dynasties pharaoniques.

On éleva de superbes palais, surtout sous le règne de Cléopâtre. Le vieux style égypien fut alors remis en honneur, et atteignit même des effets vraiment magnifiques, comme le montre, par exemple, le kiosque de Philé. Soter avait été le disciple d’Aris—

ote, et avait gardé de sa fréquentation un très grand amour des sciences et des arts. Aussi attira-t-il à sa cour des savants, des lettrés et des artistes. Cest par ce groupe— ment extraordinaire que fut constituée cette réunion d’hommes instruits et remarquables, qui est connue dans l’histoire, sous le nom d’Ecole d'Alexandrie. On ne doit pas oublier! non plus, que c’est au même Ptolémée Soter qu'est due la création de la célèbre Biblio thèque, autour: de laquelle avaient été groupés des jardins zoologique et botanique, des musées d'art et des laboratoires scientifiques. Au lieu, enfin, de bouleverser l’administration égyptienne, les Ptolémées préférèrent se laisser aller au fil du courant égyptien, tout en prenant leurs précautions en vue de sauvegarder leur influence et leur pouvoir. Ils se contentèrent de conserver toutes les charges et les fonctions administratives de PEgypte, en leur donnant à côté de leur nom antique un nom correspondant en grec. Ils se réser— vèrent les premières et les plus importantes de ces charges, laissant les autres aux Eeyp-

tiens. Is avaient adopté l'union du pouvoir civil et du pouvoir religieux sur une même

tête, et de même qu'ils élevèrent aux dieux de l'Egypte des temples dans le plus pur style égyptien, ils conservèrent au pays les usages locaux, les coutumes du peuple, comme avant leur arrivée au pouvoir.

L'influence de cette civilisation mtense et remarquablement élevée, dont la basse Joypte était devenue rapidement le foyer, s’était répandue sur tout le pays et jusqu’en Nubie. Toutefois, le nombre de ses propagateurs était restreint, et leur action ne put s'exercer que sur une minime partie de la population. Le modeste fellah de la période tolémaïque resta le fellah du pharaon, toujours travaillant pour le fise et le maitre, comme encore de nos jours. Devenue partie intégrante de l'empire romain, privée de toute autonomie, regardée uniquement comme une province riche où les gouverneurs allaient

aire ou refaire leur fortune, l'Egypte est définitivement déchue, et n’a plus d'histoire à

oprement parler. Toutefois, vers la fin de cette période, elle exerce encore une immense influence sur le monde civilisé, mais cette influence n’est plus politique; elle est pure- ‘li

ne changea rien à l’administration précédente, mais il remplaça par des Romains les

ment religieuse. Quand Octave (30 av. J.-C.) réduisit Egypte en province romaine, il

hauts fonctionnaires grecs. On n’oublia pas les grands travaux entrepris sous la dynastie

précédente, et l’on poursuivit l'achèvement de plus d’un édifice religieux. Peu à peu, les Romains, se sentant plus forts dans la vallée du Nil, se hasardèrent en Ethiopie.

Tibère et ses successeurs, jusqu’à Constantin, voulurent, comme Auguste et César, conserver leur pouvoir et leur influence, en continuant à administrer le peuple avec dou ceur ef en maintenant l'illusion d’un Etat égyptien national. Le christianisme, qui était apparu de bonne heure en Egypte, s’y répandit rapidement. expansion de ce mouvement religieux, dont le foyer réel se trouvait dans le Delta, n’eut d’abord qu’un faible retentissement dans le reste du pays. Il s’y développa cependant plus tard, lentement il est vrai, et eut à subir nombre de persécutions, jusqu’au moment où Théodose le Grand institua le christianisme comme religion d’État. À partir de la domination byzantine, le bruit des querelles religieuses qui troublaient tout l’Orient eut un véritable retentisse— ment en Egypte. Tour à tour, l’arianisme et leutychianisme se disputèrent la foi des Egyptiens; sous Justinien cette dernière doctrine finit par l'emporter, et les Coptes y

sont restés fidèles. Ceux-ci constituent en réalité le fond de la population. Bien qu'ayant embras

: en masse la religion chrétienne, ils ne cessèrent point d'être égyptiens, et leurs idées ne devinrent chrétiennes que de nom. Toutefois, leurs coutumes tendirent à se modifier peu à peu sous l’influence des moines et des cénobites et, en particulier, sous celle de saint Antoine. Le christianisme s’était approprié, par la force des choses, les anciennes idées de la religion du pays, ou plutôt s’y était plié, car on ne change pas du jour au lendemain la mentalité religieuse d’un peuple, vieux de plus de six mille ans, même par les prodiges les plus étonnants.

Le christianisme se distimgua en Egypte par une floraison extraordinaire de ce que l’on appelle le monachisme. On vit se multiplier cette multitude de dévots de toutes sortes parmi lesquels se recrutaient les gens qui se consacraient au service de la Divinité. Ceux-

ei se retiraient fréquemment en dehors de leurs villages, et ils étaient nourris par leurs concitoyens. Antoine fut le premier de ces anachorètes qui, avec Macaire, Pacôme et d’autres cénobites, couvrirent le pays de couvents où affluèrent nombre de fervents. C'est de ces couvents que sortirent ces innombrables moines coptes qui gagnèrent la confiance du peuple, et apportèrent dans toute la vallée du Nil la plus effroyable immo— ralité. En général, moines et cénobites appartenaient à la plus basse classe de la population. Et, si l’on en croit les récits de Schnoudi lui-même, un des moines les plus illustres

du temps et leur historiographe, ce furent leurs crimes, leurs excès de tous genres et

leur fanatisme qui durent entrainer rapidement le pays à la ruine. En proie à un pareil état

moral et aux d

issensions religieuses qui partageaient le peuple, l'Egypte marchait rapide ment à l’anarchie, et allait bientôt tomber dans la servitude des Arabes qui ne devaient

pas tarder à arriver.

NECROPOLES

Durant les périodes qui ont suivi la période saïte, et notamment durant la période grecque ou ptolémaïque, on à continué, surtout dans la Thébaïde, à inhumer les morts

dans les hypogées. C’est ainsi que dans certaines nécropoles on trouve des momies, notoire- “ F Le 2

ment ptolémaiques superposées à des momies saïtes. Mais, peu à peu, cette coutume s’est modifiée et, dès l’apparition du christianisme, on a commencé à construire des caveaux en briques. Le mode d’embaumement, qui n'avait pas beaucoup changé d’abord, tend rapidement à se transformer, et cet art qui avait atteint un si haut degré durant les périodes thébaine et saïte, tombe bientôt en décadence. Les procédés se simplifient insensiblement, jusqu’au moment où, sous linfluence des moines, les Romains et les

Byzantins n’embaumèrent plus. Durant l’époque ptolémaique, les incisions rituelles

l’éviscèrement et la longue salaison ne sont pas constants, mais en revanche Pemploi du bain de bitume chaud prend une importance de plus en plus considérable. Celui-ci est

employé, non plus seulement comme à l’époque saïte, en badigeon à lextérieur ou en

injections partielles à l’intérieur, mais il est répandu à profusion dans le thorax. On l’y a fait pénétrer tantôt par la bouche, tantôt par: une ouverture pratiquée à la hauteur de

lépaule, en enlevant la clavicule. Souvent aussi, la tête a été séparée du tronc afin de la mieux remplir du liquide conservateur, puis replacée au moyen d’une cheville de bois. Fréquemment le mort a été plongé tout entier dans un bain de bitume bouillant, de manière à le cuire réellement. Les bandelettes, dont le nombre est toujours considérable

(de 15 à 20 tours en moyenne), sont imbibées elles-mêmes de bitume et adhèrent solide

ment aux cadavres, dont 1l est difficile de les séparer. Le tout ne forme souvent plus qu’une masse compacte noire et lourde. Le résultat de ces procédés a été d’enfermer dans Pintérieur des os les matières grasses que la salaison et la dessiccation tendaient à faire disparaitre. La plupart des squelettes des momies de cette époque sont très hygromé-

triques et suent la graisse.

Durant les périodes romaine et byzantine, l'emploi du bitume aussi bien que l’éviscèrement tendent à disparaitre, et bientôt on se contentera d’une salaison sommaire et de la dessiccation à l'air et au sable. Les momies ne sont presque plus colorées par le bitume, et sont le plus souvent blanches. L’emmaillotage, au lieu de se faire sur le corps même du mort, comme durant les époques pharaoniques, ne s'exécute que par dessus les

vêtements dont il est revêtu. Le talent des embaumeurs, qui avaient gardé quelque

souvenir des traditions artistiques du passé, consistait à donner au sujet qu'ils préparaient l'apparence momiforme reproduite par les mosaïques byzantines. Les détails des ensevelis— sements de cette époque ont été minutieusement décrits par M. Gayet, dans son étude des nécropoles gréco-byzantines d’Antinoé, à laquelle je né puis mieux faire que de renvoyer le lecteur !.

L'usage des hypogées creusés dans la montagne a persisté durant les époques romaine et byzantine, mais ils sont différents de ceux de la Thébaïde. M. Gayet en a ouvert un certain nombre à Antinoé. Ceux-ci sont généralement précédés d’une chapelle, bâtie en brique cuite, recouverte de stue et portant des traces de fresques, :

écutées dans le style grec. La chambre sépulcrale est de petites dimensions et ne dépasse guère 2 mètres de profondeur, sur 2 mètres de largeur et 0"50 de hauteur. Ces caveaux

funéraires sont intermédiaires entre les petites sépultures de la plaine enfouies dans

! L'exploralion des nécropoles gréco-byzantines d'Antinoé (Annales du Musée Guimet, XXX, Paris, 1902 et 1993). d

e sable et, consistant en un simple berceau de briques erues abritant juste un corps, et les grandes sépultures maçonnées, formées de dalles et composées de trois ou quatre salles avec plafonds portés par des pilastres. Geux-ei ont jusqu'à 3 mètres de hauteur, andis que certaines pièces ont jusqu’à 40 et 60 mètres de longueur, par 20 et 40 mètres de largeur.

D’après M. Gayet!, deux types d’ensevelissements sont à noter dans ces caveaux. Jans l’un, « le corps, non embaumé, a été plongé dans un bain de bitume. Des feuilles

d’or mesurant 4 centimètres sont appliquées sur le front, les avant-bras, les mains

es genoux et les pieds. L?or est le plus souvent jaune pâle, quelquefois, par: exception,

argenté. Les veux, les narines, la bouche, les oreilles et les organes sexuels sont

jareillement dorés... »

Ces corps ainsi préparés sont ceints ensuite de nombreux réseaux de bandelettes analogues à ceux qui recouvrent les momies pharaoniques.

Pour quelques-uns des morts, cet appareil se recouvre, à son tour, de toiles plus fines, collées ensemble et décorées de peintures, de reliefs stuqués et coloriés ou de dorures. D’autres portent un masque de plâtre sur le visage, fixé au moyen de cordons. Pour ce type d’embaumement, aucun vêtement ne recouvre le corps sous les bandelettes. Ces sépultures exclusivement gréco-romaines doivent être considérées comme les plus anciennes, et nombre d’entre elles datent, à n’en pas douter, du premier siècle de la fondation d’Antimoé. Rien n'indique encore le christianisme : tout au contraire, les quelques mdices qu'il a été possible de recueillir annoncent les cultes olympiens.

Le second type de sépulture est celui des tombeaux maçonnés en forme de sépulere. [ls sont purement romains et ne renferment que des « momies blanches ». Celles-ci, non embaumées et non baignées dans le bitume, ont conservé la teinte de l’épiderme. Les morts sont vêtus et non emmaillotés, et leur mobilier funéraire prouve que leur religion était eréco-éeyptienne.

Les morts de cette nécropole d’Antinoé étaient sans doute des Égyptiens pour la

plupart, mais beaucoup de Grecs etde Romains doivent se trouver parmi eux. Le mélange

est certain et, par suite, l’étude de ces momies perd de son intérêt au point de vue de la connaissance du type égyptien de la fin de cette période. C’est ainsi qu’un grand nombre de tombeaux portent des inscriptions grecques et des noms grecs, ce qui tendrait à prouver que beaucoup de personnages inhumés dans cette nécropole n'étaient pas des

Égyptiens.

MORPHOLOGIE ET ANTHROPOMÉTRIE

D'APRÈS LES MOMIES

Momies de la T'hébaïde. — Les momies de l’époque grecque ou ptolémaïque sont les plus répandues, et ce sont aussi les moins bien conservées. Il est vrai qu’elles n’ont Ï I as été embaumées avec le même soin que celles des périodes précédentes. Aucune ne I [

présente les traces de ces diverses ouvertures rituelles qui avaient été pratiquées, surtout

1 Gayet, loc. cit.

dela X VITE à la XX VIe dynastie, dans le but, soit de permettre aux liquides de s’écouler lentement, soit de faciliter l’eviscération des corps. D’autre part, le procédé le plus employé à cette époque pour: la conservation des morts, le bain de bitume, ayant eu pour résultat d’enfermer les matières grasses, celles-ci apparaissent rapidement à la surface dès qu’elles sont privées de leurs enveloppes extérieures et qu’elles se trouvent au contact de l'air, surtout hors de lEgvypte. J’ai eu l’occasion d'étudier une cinquantaine de ces momies, soit au Musée du Caire, soit au Muséum de Paris où au Muséum de Lyon, où j'en ai apporté une bonne série. Voiciles caractères morphologiques et anthropométriques les plus importants.

Thébains anonymes d'un hypogée populaire de Gournah. — Ces sujets sont au nombre de 12 (6 et 6 9). Dans leur ensemble, ces momies présentent une assez

grande homogénéité. La moyenne du diamètre antéro-postérieur est de 182 millimètres (183; 9 180 millimètres). Le diamètre transverse moyen est assez élevé, car il atteint 142 millimètres (o* 145; 9 140). La hauteur des cränes est relativement forte, car ils mesurent 125 millimètres (6 126; 9 124). L'indice céphalique moyen (longueur-largeur:) est de 78,02(4 79,23; 9 17,71). L'indice céphalique moyen de hauteur-longueur est de 68,68 (+ 68,65; ? 68,88) et celui de hauteur-largeur de 88,02 (o 88,89; 9 88,57). La mise en série de l’indice céphalique (longueur-largeur) montre que les extrêmes vont

de 75 à 82, et que la moyenne de fréquence se trouve autour de 77. Le frontal maximum

moyen des douze sujets est de 109 millimètres (112; & 106); et le frontal minimum n’est que de 98 (4 99; 9 97). L'indice frontal moyen est de 89,91. L'indice bipalpébral moyen de l’ensemble est de 28,76 avec un diamètre moyen interoculaire de 27 millimètres et un diamètre moyen bipalpébral externe de 94. La face n’est pas au

si longue dans ce groupe que dans ceux des époques précédentes. L’indice facial moyen est de 98,45 (o 100; 9 97,61). Il est vrai que le bizygomatique moyen est de 129 millimètres, tandis que l’ophrio-mentonnier n’est que de 127 millimètres. Le nez de ces momies est court, car la moyenne de sa longueur n’est que de 46 millimètres (o 48; 8 44). L'indice nasal moyen de la série est de 58,69 (o 60,41; 9 59,09). La taille moyenne de ces sujets est de 159 (œ 1"60; 9 158).

Comme complément à cette étude d'ensemble, je crois devoir décrire en détail deux momies, l’une d’une jeune femme, l’autre d’un homme, à cause des particularités qu’elles présentent.

Anonyme n° 7 d'un hypogée populaire de Gournah. — Par son aspect extérieur,

cette momie, qui est celle d’une femme de trente-cinq à quarante ans, diffère peu de celles de la fin de la période saïte. Comme ces dernières, elle est noire et ses bandelettes sont adhérentes à la peau, en partie brùlée. Le bitume bouillant parait avoir été la seule sub— stance employée pour la préparation de cette momie. Les bras étaient étendus le long du corps, et les mains avaient été emmaillotées séparément avec le plus grand som. Les

jambes, emmaillotées aussi séparément, avaient été réunies au moyen d’une grande

pièce d’étoffe faisant onze tours; les interstices avaient été comblés par des fibres végétales et des chiffons. Le tout avait été imprégné de bitume chaud, de façon à constituer un seul bloc compact ct solide.

La tête, soigneusement recouverte de sept épaisseurs de toile fine, légèrement impré-

gnée de bitume, porte encore ses cheveux. Sur le front avait été fixée l’image d’un oiseau découpée dans une feuille mince d’or. Afin de faciliter son opération, qu’il a simplifiée singulièrement, l’embaumeur avait décapité le sujet. Une solution chaude de bitume avait pris la place du cerveau enlevé par le trou occipital. La cage thoracique tout entière fut remplie ensuite de la même substance, grâce à une ouverture pratiquée au sommet droit, par l’ablation de la clavicule. Cette opération eut pour résultat d’empâter les viscères et de les réunir en un paquet compact, au bas et à gauche de l’épigastre. Une cheville en bois traversant l’atlas et l’axis reliait la tête au tronc. Les bandelettes et pièces de toile enveloppant la tête avaient été ramenées, avec art, sur les épaules et sous le menton, de manière à dissimuler les mutilations que lui avaient fait subir les embaumeurs.

La tête de ce sujet est longue, car son diamètre antéro-postérieur maximum est de 187 millimètres et son diamètre transverse maximum est de 141 millimètres. Son indice céphalique moyen est de 75,40. Sa hauteur auriculo-bregmatique est de 121, ce qui donne un indice de hauteur-longueur de 64,70, et un indice de hauteur-largeur de 85,81. Le frontal maximum est de 106, et le frontal minimum de 94. I’indice frontal est de 88,67. Les yeux sont peu écartés l’un de l’autre, 25 millimètres les séparent ; mais le diamètre bipalpébral externe est cependant de 400. L'indice bipalpébral est de 25. La face est plutôt large qu’étroite. Sa longueur totale est de 128, et sa largeur bizygomatique est de 130 millimètres. L'indice facial est de 101,56. Le nez est d’une longueur moyenne, atteignant 53 millimètres, et sa largeur est assez faible; elle n’attemt que 30 millimètres. L'indice nasal de ce sujet est de 56,60. Sa taille est de 1"54, c’est-à-dire qu’elle est inférieure à celle de la plupart des autres individus de cette époque que nous avons étudiés précédemment.

Anonyme n° 8 d'un hypogée populaire de Gournah. — Cette momie, qui est celle d’un jeune homme de vingt-cinq à trente ans, présente le type de l’embaumement par le bain de bitume, sans aucune trace d'autre préparation, ni incisions rituelles, ni salaison. Les téguments extérieurs sont attaqués par la substance employée, sans doute, bouillante : on ne trouve aucun débris de cheveux, ni de poils. À Pintérieur, les viscères se trouvent réunis en une masse solide dans le bassin. Le liquide conservateur semble avoir été introduit par la bouche. Cette momie est d’un ton noir foncé. Les bras sont étendus

le long du corps, et chaque membre a été enveloppé séparément. La ve encore Ê ; [

pourvue de son prépuce, et enveloppée dans le scrotum, avait reçu un emmaillotage spécial.

Ce sujet est moins dolichocéphale que le précédent, ca: son indice céphalique lon eueur-largeur est de 76,34. Le diamètre antéro-postérieur maximum est de 186, et le diamètre transverse est de 142. La hauteur du crâne auriculo-bregmatique est de 118. L'indice de hauteur-longueur est de 63,44, et celui de hauteur-largeur de 83,09. Le frontal maximum et le frontal minimum diffèrent des précédents. L'indice frontal est pourtant de 91,43 au lieu de 88

37. L'indice bipalpébral est de 35, car le diamètre interne est de 33, et le dianètre externe de 94. La face est un peu plus large que celle du n° 7. L'indice facial est de 100,78, avec un diamètre ophrio-mentonnier de 127, et un diamètre bizygomatique de 128. Le nez est plus large chez ce sujet que chez le

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mbaumé par le seul procédé du bain wésente pas de trace de cheveux ni 188 millimètres et son diamètre transv regmatique est considérable, car el (longueur-largeur) est de 73,40.

argeur de 86,95. Le frontal 1 minimum atteint à peine 9 ue par 28 millimètres. I/inc iamètre ophrio-mentonnier est « acial est de 96,87.

le 1"68.

ent, présente la même physionomie. La tête beaucou

ice céphal

102 millimètres seulement, et le minimum de 88 : l'indice yeux sont très peu distan

ipalpébral pébral est «

’ophrio-men

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ransverse maximum. Sa hauteur est assez 2ranc

ar le diamètre bizygomatique n

n° 7, car l’indice nasal est de 68,63. Sa longueur totale est de 51 et sa largeur de 35. a taille atteint 160.

Gardien des crocodiles sacrés du temple de Monfalout. — Cet individu a été

e bitume. Sa couleur est d’un brun foncé; il ne

de poils. La tête est forte ; sa longueur est de

rerse maximum est de 138. Sa hauteur auriculo—

e est de 120 millimètres. L’indice céphalique

ui de hauteur-longueur de 63,83, et celui de naximum est erand, il mesure 106 millimètres et 8. L'indice frontal est 92,44, Les yeux ne sont

ice bipalpébral est de 25,45. La face est large :

e 124 millimètres et le bizygomatique de 128.

Le nez est assez long et étroit : l’indice nasal est de 52,08.

‘dienne des crocodiles sacrès de Monfulout. — Ce sujet, la femme sans doute

> plus courte que celle du

ien ne mesure que 178 millimètres dans son grand diamètre et 137 seulement dans

le ; elle atteint 120 milli— ique de longueur-largeur est de 76,96; celui de hauteur-

ie frontal maximum est de frontal est de 86,27. Les

es seulement les séparent.

: celui de hauteur-largeur de 87,59.

s l’un de l’autre, puisque 28 millimètr

externe est cependant presque identique à celui du gardien.

e 24,07. La face est tout autre que celle du précédent : l’indice

20. Le nez est aussi long que celui du gardien, mais il est un peu

que millimètres et

indice nasa

est de 51,92. La taille est del "64.

Mise en série de l'indice céphalique Mise en série de l'indice nasal de 14 momies ptolémaïques de 44 momies ptolémaïques CS EU =— EE

THÉBAINS DES THÉBAINS e INDICE ANOYMES CROCODILES TOTAUX INDICE ANONY S GROCODILES TOTAUX

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