‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 48 sur 106 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Après avoir décrit les populations anciennes de l’Egypte, aux divers points de vue anthropologiques, depuis les temps préhistoriques jusqu’à l'aurore de l’époque moderne, nous devons aborder l'étude des populations actuelles de ce merveilleux pays. Celles-ci se composent d’une quinzaine de races d’origines différentes se rattachant aux Africains, aux Asiatiques, aux Européens et aux Américains.

Le groupe africain comprend : 4° les Egyptiens (Coptes et Fellahin); 2° les Bedjah (Nubiens ou Ethiopiens) ; 3° les Soudanais Nilotiques.

Le groupe asiatique est composé : 1° des Arabes-Bédouins; 2° des Syriens; 3° des

5° des Tures ; 6° des Caucasiens, etc.

Arméniens; 4° des Juifs Le groupe européen est constitué par des représentants de la plupart des grandes

nations du Continent et de la Grande-Bretagne.

Le groupe américain est composé pour la plus grande partie de citoyens des Etats-Unis.

Les nationalités des habitants de l'Egypte ont été divisées en quatre groupes :

Le premier, constitué par les indigènes proprement dits, englobe tous les habi— tants qui se sont déclarés égyptiens, quelles que soient leur race et leur religion.

Le deuxième groupe comprend les originaires de l’Empire Ottoman dont la déclaration de nationalité porte la mention « Turquie » ou la désignation d’une province turque.

Le troisième groupe se compose des Bédouins habitant Egypte soit agelomérés en

tribus, soit isolément. Dans ce groupe sont confondus les Bedjah.

Le quatrième groupe comprend les étrangers qui ont fait la déclaration, pour leur nationalité, d’un pays étranger quelconque. Les déclarations portent sur vingt-trois pays différents.

Le recensement officiel de 1897 a constaté, en Egypte, l'existence de 9.734.405 habitants, qu'il divi

se au point de vue administratif de la façon suivante :

ES Pia Rs, à à à à à à à à à à à à à 89078 OnisinairessdenEmpire OHOMAN MS EN 40.126 BÉTOUIDS RE AMEN ENT PEN ER SR A Re 601.427

9.621.831 Etrangers administrés de divers pays . à: . . . . . . . . . 112.574

Notre étude, ne devant comprendre que les populations de la vallée égyptienne du Nil, nous laisserons de côté les Européens et les Américains, puis la plus grande partie des Asiatiques. Ceux-ci, à part les Arabes-Bédouins qui se sont en quelque sorte incorporés aux HEgyptiens, ne doivent être considérés que comme sporadiques sur l’ancien domaine des Pharaons. Nous allons néanmoins en donner un rapide aperçu ethnographique.

Le nombre des Européens établis en Egypte est de plus en plus considérable. On en compte actuellement 112.000 environ. Les différentes nations auxquelles ils appartiennent

se classent dans l’ordre suivant, d’après le nombre de leurs représentants : Grecs,

Italiens, Français, Anglais, Autrichiens, Allemands, Russes, Belges, Suisses, Suédoi , Norvégiens, Hollandais, Espagnols, Portugais, ete.

Les Grecs constituent la colonie la plus nombreuse (38.000 environ); c’est dans leurs mains que se trouvent le commerce le plus élevé et les métiers les plus infimes. Dans toutes les villes d'Egypte, les banques et les magasins de comestibles (bakals) sont tenus par des Grecs. La plupart d’entre eux sont originaires des Iles, et présentent une pureté

de race assez rare partout ailleurs.

Les Italiens, au nombre de 24.454, s’adonnent pour la plupart aux petits métiers de

la vie journalière; tels que tailleurs, cordonniers, marchands, etc. La lanoue italienne D 3 L 9 D

comme la langue grecque à Alexandrie, à Port-Saïd et au Caire, sont presque autant parlées que Parabe.

Les Anglais, jadis peu nombreux, ont vu leur colonie s’augmenter beaucoup dans ces dernières années : de 6.118 en 1882; ils sont actuellement 19.513, y compris l’armée d'occupation, les Indous et les Maltais. Ces derniers sont fort nombreux au Caire et surtout dans le Delta. Les Anglais partagent avec les Français les postes les plus élevés parmi les fonctionnaires européens de l'Etat Khédivial.

Les Français, au nombre de 14.172, constituent la partie la plus relevée de la population étrangère. Après avoir créé et organisé comme savants, jurisconsultes, médecins, architectes ou ingénieurs, la plupart des grandes administrations du pays, ils en ont généralement conservé la direction.

Les Autrichiens (7115); les Russes (3192); les Allemands (1281), ainsi que la plupart des représentants des autres nations moins nombreuses, se livrent au commerce,

Parmi les races asiatiques habitant l’Egypte, on doit citer les Arméniens, les Juifs, les Syriens, les Tures et les Caucasiens (Géorgiens et Tcherkesses divers).

Les Arméniens émiorés de l'Asie occidentale se sont depuis longtemps fait une place importante sur le sol égyptien. Par leur intelligence, leur instruction, ainsi que par leurs qualités de travailleurs, d’hommes d'ordre et d’économie, beaucoup ont été appelés à occuper des emplois élevés dans l'administration. Un certain nombre sont de riches joailliers où sont à la tête de grandes industries. On en compte 2500 environ répartis à Alexandrie, au Caire, et dans quelques autres grands centres.

Les Juifs, dont 12.695 se disent Egyptiens et 12.527 sont d’origine palestinienne ou roumaine, vivent surtout dans la Basse-Egypte où ils exercent avec succès leurs métiers

e prédilection : de courtier, de changeur, ete. C’est parmi eux que se trouvent les plus opulents banquiers d'Alexandrie. Les Juifs ont conservé en Egypte, où ils ont été si nom-

breux dans l’antiquité, plus que partout ailleurs, leur physionomie primitive. Au milieu

’une population brune, ils se distinguent par la blancheur de leur teint; leurs yeux bleus ou gris avec des cheveux châtains.

Les Syriens, au nombre de 2000 environ, se rencontrent surtout à Alexandrie où

s viennent généralement se livrer au commerce de détail. Les Tures, jadis fort nombreux en Egypte, puisque la dynastie des vice-rois était

d’origine turque, tendent à diminuer chaque jour da rantage, On n’en compte guère plus

de 15.000 actuellement, et encore sont-ils loin d’être de race pure. Les Ottomans €

l'Egypte sont presque tous des employés civils ou militaires ; il en est pourtant quelques uns qui sont marchands au bazar. En Egypte, comme en Turquie, les fonctionnaires turcs sont en partie la cause du désordre administratif qui a nui pendant si longtemps à la prospérité du pays.

Les Caucasiens, Géorgiens ou Tcherkesses, importés jadis en assez grand nombre, comme les Abyssins du reste, pour en faire des esclaves, tendent à diminuer aussi de

nos jours. Il n’y a pas longtemps qu’ils étaient encore vendus publiquement pour le service des harems royaux ou des riches particuliers concurremment avec des serviteurs soudanais.

À côté des divers peuples étrangers à l'Egypte, et qui sont venus s’y fixer depuis longtemps, se place un groupe de populations émigrées, depuis plusieurs générations, de diverses régions dela Méditerranée. Les gens qui représentent ce groupe, composé surtout de Syriens et de Grecs ont reçu le nom de Levantins. Ils parlent généralement, outre

l'arabe, la langue du pays de leurs aïeux. De plus, au contact des Européens, ils appren— nent les langues de ces derniers, et ils les parlent avec autant de perfection que de volubilité. Is possèdent en général une grande routine des affaires, et, dans beaucoup d'importantes maisons de commerce, on emploie volontiers ces Levantins habiles et

polyglottes en qualité d'acheteurs où de magasiniers. Il y a parmi eux des gens fort riches. Ils ont su également se rendre indispensables aux consulats qui les emploient comme interprètes avec les autorités locales.

Les populations habitant la vallée égyptienne du Nil se ‘apportent à quatre grands

groupes :

1° Les Eayrrrexs comprenant les Coptes et les Fellahin.

2 Les ArABEs-BÉDOuINS comprenant un très grand nombre de tribus parmi lesquelles on peut citer : les Ouled-Ayadeh; les Ouled-Touarah; les Ouled-Harabi; les Ouled-Aly ; les Ouled-Ma’azeh ; les Ouled-Aouetat ; les Ouled-Khawazi, ete., ete.

3° Les Brpran (Nubiens ou Ethiopiens Nilotiques) comprenant les Bicharieh, les Ababdeh et les Barabra.

1° Les Soupaxais NiLoriQues comprenant les Chilloucks, les Dinkas, les Nouers, éiC. etc.

Ces quatre groupes de populations constitueront les quatre chapitres de cette seconde partie.

Fig, 89,— Jeunes BicHARIEH.

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UxE SAKIEYH DES ENVIRONS DE BÉDRACHEIN.

(Photographie de M. René Dreux.)

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