‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 47 sur 106 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

(longueur-largeur) des momies de ce

te époque est de 76,08, la moyenne de l’imdice

facial ophrio-mentonnier est de 94,87 et celle de l’indice nasal de 56,80 ; mais on remar—

quera que, dans cet ensemble, figurc XII dynastie, qui parait autochtone et

momies, est de 74,73 et de 72,90 sur

> le groupe d’Eléphantine ou d’Assouan, de la ont l’indice céphalique (longueur-largeur), sur les

es crânes. L’indice facial de ce même groupe est

de 74,16 sur les momies et de 74,15 sur les crânes ; pour Pindice nasal, il est de 54,72 sur

les momies et de 46,94 sur les crânes.

La mise en série des indices cép groupes, qu'il faut rapprocher des Ethio être de même origine — une partie de

ialiques de longueur-largeur place à côté de ces iens orientaux, des Memphites primitifs — peut la population de Thèbes à la XVII dynastie et

quelques souverains thébains. Tels sont Ramsès II, Ramsès Il°, Seti I°* et Nofertari, dont les indices varient de 73,96 à 74,99.

Les Thébains des Deir el-Médineh de la XIE dynastie (4 momies) et ceux de Drah Abou’l Nègea (cinq crânes de la même époque) peuvent être rangés dans la même catégorie de méridionaux. L?indice des premiers, qui sont encore recouverts de leurs téguments,

est de 74,73 et celui des seconds, qui en sont dépourvus, est de 74,30. Une série

de cinq crânes provenant également de Deir el-Medineh, dont l'indice est de 77,04,

doit être écartée de ce groupe, son identité n'étant pas certaine. Quant aux autres, ils présentent tous un léger prognathisme, qui accompagne, chez les momies, d’autres caractères négroïdes, tels que les cheveux laineux, et une mésorhinie proche de la platyrhinie les ferait prendre pour des Soudanais. Il est probable toutefois que ce sont plutôt des Ethiopiens ou des Nubiens que des nègres proprement dits. Il est bon toutefois de rappeler que Mariette à fait remarquer que, parmi les gens de Thèbes que lon enterrait à Drah Abou’l Nès Un autre fait que les mi

se trouvaient souvent des nègres !.

es en série de l’indice céphalique font ressortir, c’est le groupement de cet indice chez les souverains thébains, tels que Ahmosis I°', Ramsès XIT, Toutmosis I et les prêtres d’Ammon, autour de 75 et de 76. Ce n’est qu’exception— nellement qu’ils dépassent ces chiffres, tels que Touthomosis IL et Toutmosis IT qui arrivent, le premier à 78,23 et le second à 79,05.

Cette mésocéphalie n’a rien de très surprenant si lon admet, suivant quelque

probabilité, que ces rois avaient du sang étranger, sans doute sémite.

L’ethnogénie de Egypte qui, durant la période thébaine, avait étendu sa puissance vers le sud par la conquête de l'Ethiopie et du Soudan, avait dû se ressentir de cette

situation politique aussi bien, du reste, que de l’invasion des Hiksos dans le Nord.

Aussi, n’avons-nous pas été trop surpris de constater que les types de la population du Saïd avaient subi, à cette époque, une influence réelle, aussi bien du Nord que du Sud. Durant la période Saïte, les influences du Nord semblent particulièrement s’être accentuées, ar si l’on en croit l’histoire, le pays se trouvait, dès la fin de la XXI° dynastie, en proie aux étrangers. Et, en effet, alors que le pouvoir: était, dans le Delta, aux mains des rois

1 Itinéraire de la Haute-Egypte, p. 123.

Tinites, les Libyens d'Afrique ainsi que les Sémites d'Asie : Juifs et Syriens d’abord, puis Assyriens et Perses ensuite, dominèrent, tour à tour, jusqu’au moment où les Grecs établirent enfin leur prépondérance.

Quoique Pon puisse affirmer, d’une façon générale, et pour l'Egypte, plus que pour tout autre pays, que les conquêtes militaires ont rarement modifié le type de la race d’une contrée — car le sol de la vallée du Nil parait s’assimiler à peu près toutes les formes exotiques — l'influence des Asiatiques s’y est fait sentir quelque peu, durant cette période Saïte si agitée. On constate, en effet, une élévation notable dans l’indice céphalique (longueur-largeur) de l’ensemble qui monte à 75,40 pour les momies seulement, avec des indices individuels arrivant fréquemment de 76 à TS. On remarque, entre autres, Roui avec 76,11; Net-Seken avec 76,83; puis une série de femmes anonymes de la XX VI dynastie de Gournah, avec 7

Quant aux indices relevés sur des crânes de la même époque, principalement celui Q F ;

,17 et enfin Anha-Pon, avec 78,33.

de longueur-largeur, le chiffre de la moyenne est supérieur à celui de la période précédente de plus de deux unités, puisqu'il est de 74,44. L'indice de hauteur-largeur est de 65, alors que celui des Thébains est de 71,66. Dans cette série cranienne, ce sont les femmes de Médinet el-Gournah qui sont les moins dolichocéphales avec 75,56, tandis que les hommes donnent le chiffre de 74,72.

Faudrait-il encore attribuer cette tendance à la mésocéphalie que présente la popu-

lation de cette époque à l'introduction, en masses de plus en plus nombreuses, des Sémites qui sont, on lesait, en Syrie, manifestement brachycéphales ? Cette hypothèse est fort vraisemblable. Car en faisant abstraction de l’influence peu durable des invasions asiatiques,

on ne doit pas oublier que les Pharaons, usés par les luttes, en furent réduits à un moment à rechercher l’appui des peuples voisins, à marier leur filles aux rois juifs et leurs fils à des princesses cananéennes.

Durant la période gréco-romaine et byzantine, l’ethnogénie de Egypte devient encore plus complexe, dans le Delta principalement où, après les Sémites asiatiques, affluèrent à leur tour les Grecs et les Romains.

Dans le Saïd et en Nubie, la population moins exposée aux relations avec les £'ens du ? Le]

Nord garda plus longtemps son type dans toute sa pureté. Pourtant, on voit peu à peu l’in= dice eranien de longueur-largeur monter de 74,44 à 76,40 et même à Montfalout à 77,65. Tels furent les types divers que les Egyptiens anciens ont présentés. Ceux-ci devaient être assurément différents, suivant les régions, comme cela se constate de nos jours, et ces types durent se modifier sur certains points, sous des influences multiples. Mais ces modifications ne furent que locales et surtout temporaires. Ainsi que le montrera l’étude des peuples actuels, le retour aux formes anciennes n’est plus un fait exceptionnel. Cest une loi générale que la comparaison des moyennes des indices de la

tête, de la face et du nez des populations anciennes et modernes achèvera de démontrer, Dans le tableau ci-joint on trouvera la mise en série de l'indice céphalique moyen de longueur-largeur observé sur les crânes et les momies de près d’un millier d'individus

d’origine généralement connue. La moyenne de l’ensemble est de 75,

Mise en série générale de l'indice céphalique des Egyptiens anciens.

ORIGINES ET ANCIENNETÉ DES SUJETS NOMBRE DE SUJETS ©” @ OBSERVATEURS INDICES Pek-chou-su thébain de la XXVI® Dynastie 1 momie 1 » Chantre te Memphites de Guébelein dits préhistoriques . . . . . . 1 crâne » di — JP — de Beitt-Allam — DLL PEER CET 25 — 13 12 D' Fouquet 2.43 —= d'El-Amrah = HALLE 11 — 8 3 — 7272 Thébains d’Assouan de la XII° Dyne ë 6 — 3 3 Chantre 12092 Memphites de Nézadah dits préhistoriques. . . . . . . 400 — » » Fawcette dl — de Kawanil — RE LEO en br) 30 — 49 11 D: Fouquet Ge — d'EI-Khozan — SA a ro 35 — 24 11 Chantre 7 Orus fils de Roui, Saïte de la XXII° Dy Rates 1 momie 1 » == 7 Memphites de Négadah dits préhistoriques. SET er cp 43 crânes 28 15 D: Fouquet 7 Thébains de Gournah de la XVIIIe Dynastie . . . . . . 35 — 20 15 Ghantre 7 Ramsès III, roi de la XIX° Dynastie . 1 momie 1 » — Te Mirineri Sokarimsof, Memphite de la VI° Dreste 1 — » = 7 Ramsès II, roi de 1 XIX:° Dynastie : 5 DONNE 1 — 1 » — 7 Thébains de Drah Abou’l Négga de la XI! pren. arte A0 crânes 18 22 — ÿ de Thèbes de la XVII Dynastie. . : . . . . 2T — 18 C2] 3roca 7 Saïte de Deir-El-Bahari de la XXII° Dynastie, . . . . . 10 momies 7 3 Chantre fé Horson Saïte de la XXVI° Dynastie. . . D d'a Rd ME 1 » — 7 Nessi-Tam-Bas-rou, Saïte de la XXII° Bone NE ci oc e 1 — 1 » — 7 Thébains de Deir-el-Medineh de la XII° Dynastie. - 1 — 4 » == g Séti I°", roi dela XIX® Dynastie . . . 5 & 0 1 — 1 » — 7 Saïte de Médineh-el Gournah de la XXVI' De a. nie 36 crânes 20 16 7 Ptolémaïque de Montfalout, XXX° Dynastie 2? momies il l — 17 Abamès Nofertari, reine de la X VIII Dynastie 1 — » 1 — 7 Nib-Soni, Saïte scribe de la XX° Dynastie. LE A 1 — 1 » — 7 Thoui-Atoir, Saïte de la XXIe Dynastie. . . . . . . . 1 — 4 » T Ahamosis I£", roi de la XVIII* Dynastie. 1 — il » - 7: Ramsès XII, roi de la XX° Dynastie. 1 — jl » — 7 Thoutmosis Ie, roi de la XVIIIe Dynastie . 1 — 1 » — 7 Saïtes de Thèbes de la XXVI° Dynastie . 5 = 5 » — 7 Gréco-Byzantins d'Antinoé . +: . . . . . + . . . . 5 — 8) 2 — TE Egyptiens de Denderah, époques diverses . . . +. . . . 11 crânes 6 D Schmidt 75 — de Thèbes, — — 170 77 — 7 Saïtes de Gournah de la XXI° et XXII° pres 20 momies 15 5 Chantre 7 — de Thèbes, XXI: et XXII° Dynasties — » » — 7 Prêtres d'Ammon, XXI° Dynastie — Q) 5 —— Fi Naïf Sart, Saïte de Thèbes de la XX VI Dynreties — 1 » — 7 Egyptiens d'Abydos, époques diverses : crânes 3% 20 Schmidt 7 Thébains de Deir-el-Bahari de la XII à la xx: menée momies 24 Chantre T Ptolémaïque de Sakkarah ë crânes 13 Ÿ Broca ï Roui, seigneur de Thèbes, de la xx parlée CUS Cu 0 1 momie Al » Chantre 76.11 Thébains de Médineh-el-Gournah Ptolémaïque . . . . . 45 crânes 25 20 — 76.26 — de Thèbes de la XVIII Dynastie . . . . . . 10 momies 10 » — 16 Neit Seken, Saïte de la XXII° Dynastie. . . D 1 — 1 » — 76 Thébains de Deir el-Médineh de la XII° prete ET et 5 crânes 5 » — 7 Memphites de Sakkarah de la IV® Dynastie. . . . . . . 5 — 31 20 Broca Une Romains d'Antinoé. DC Loc 0 9 momies 1 8 Chantre ae Pinotmou I", de la XX° Dynastie. . . . . . . 0 == 1 » — Hits Ptolémaïque de Montfalout . . . + . . . . . . . . 14 crânes 8 6 — 7 — de Gournah, res PRET ER ne 12 momies 6 6 — 78 Thoutmosis III, roi de la XVIIIe Dee DMC NES 1 = 1 » — 78. Anha-Pou, Saïte de la XXI° Dynastie . 1 — 1 » — 78. Thoutmosis IL, roi de la XVIIIe Dynastie. . . . . 4 — il » — 79 Egyptiens du moyen âge, vieux Caire . . . . . . . . 26 crânes 1% 12 — Fi ——— + mm

BOPU

On remarquera ensuite que tou de la région thébaine, et que les plus

s ces sujets sont de la Haute-Egypte, et spécialement méridionaux présentent l’indice céphalique le plus bas,

— 72,92 — lequel se place dans la catégorie des groupes des premières dynasties, dites

préhistoriques, qui oscillent entre 7 seulement aux plus anciennes dyr XX VI dynastie avec 74,85 et 75, mésocéphalie, soit de 76,26 à Deir e à la IV®. Que conclure de ces faits, comme dans le reste de la vallée >opulation originellement dolichocéy est de 99 et celui de l’indice nasal «

iques laissés par les anciens Egy de reconstituer leur physionomie gé

population de la vallée du Nil, au

ions anthropométriques et cranio Virchow*. Leséléments de ces por On remarquera tout d’aborc

,43 et 73,62; que les bas indices n’appartiennent pas nasties, puisqu'on les trouve encore à Thèbes à la 40. On voit, au contraire, des indices touchant à la —Médinet, à la XII dynastie, et de 77,09 à Sakkarah, sinon qu’à certaines époques il y eut dans le Saïd,

du Nil, un apport de brachycéphales, au milieu d’une

bale. La moyenne de l’indice facial ophrio-mentonnier e 90:

On a bien souvent essayé, en se basant sur les innombrables documents artis—

tiens, ainsi que sur l’observation de leurs momies,

nérale, le type moyen purement morphologique de la

temps des Pharaons. Les portraits schématiques les

plus vrais qui en ont été retracés, et qui concordent, du reste, assez bien avec nos observa—

ogiques, sont ceux de MM. Maspero', Hamy? et raits peuvent se résumer de la manière suivante :

que deux types doivent être distingués parmi les

Egyptiens de l’antiquité comme dans la plupart des populations anciennes où modernes.

Lun est fin et l’autre grossier.

Le premier était grand et éla

ncé avec une attitude fière et impérieuse. Il avait les

épaules larges, les pectoraux saillants, les bras nerveux, les mains fines et longues, les

hanches peu développées, les jaml mollet s’accusent fortement sous ls

es sèches : les détails du genou et des muscles du à peau ; les pieds allongés, minces, cambrés faible

ment et s’aplatissant, à l’extrémité, par suite de l'habitude d’aller sans chaussures. La

tête est relativement courte, le vi

yeux sont largement ouverts ; les légèrement aquilin ; la bouche est sont petites, égales, bien plantées e

La peau, blanche à la naissanc

sage est ovale; le front est légèrement fuyant ; les pommettes peu saillantes ; le nez est fort, droit ou large avec des lèvres charnues et bordées ; les dents t saines ; les oreilles sont élevées,

e, brunit plus ou moins rapidement suivant qu’elle

est plus où moins attaquée par le soleil, et par conséquent suivant la région. Les hommes

ont été généralement représentés

de couleur rouge. Les femmes moins exposées à la

grande lumière sont peintes en jaune dans les tableaux; leur teint était d'autant plus clair qu’elles appartenaient à une classe plus élevée et qu’elles étaient originaires du Sud

ou du Delta. Leurs cheveux tendaient à onduler et même à friser en petits anneaux, surtout

dans le Sud, sans jamais tourner à la laine des nègres. La barbe était clairsemée et

n’était épaisse qu’au menton.

! Histoire ancienne des peuples de l' ? Aperçu sur les races de la basse vallé

* Anthropologie Egyptiens (Correspond.-Bl. der Deutschen anthropolog. Gesell., 1888, n° 10, p. 107).

Orient, t. I, p. 47.

e du Nil /Bull. Soc. anthr. Paris, 1886).

Le second type, plus vulgaire mais moins fréquent, était trapu, courtaud et lourd. La poitrine et les épaules sont plus larges proportionnellement au bassin, une dispro— portion choquante et apparente régnait entre le haut et le bas du corps. Le bassin est étroit et les jambes sont grêles. La tête est allongée, légèrement refoulée en arrière et surbaissée au sommet; le visage est plus long que dans le type fin et fréquemment un peu prognathe; e nez est droit ou légèrement concave et court, avec des narines largement ouvertes; les yeux sont petits et parfois un peu bridés; les joues sont rondes ; le menton carré et les èvres épaiss

»s mais non renversées. Les traits de ce type sont en général grossiers et comme taillés à grands coups d’ébauchoir.

Les caractères extérieurs de ces deux types d’Egyptiens dont les variétés infinies passent des unes aux autres

se rencontrent avec des nuances, dans les mêmes régions, depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours.

Fig. 88. — AmENÉMHAIT III L'EGypre. 19

PiGkONNIERS 4 MEniNer-EL-FAyouM.

(Photographie de M. René Dreux.)

Page 1