‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 50 sur 106 · COPTES · texte numérisé non relu

COPTES

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

Les Coptes représentent avec les Fellahin la populat r donne quelquefois le nom de « peuple de Faroùm », c’es

ion égyptienne actuelle. On t-à-dire peuple de Pharaon.

Is ont, d’autre part, plus que les autres éléments ethniques de la région, le droit de se dire Égyptiens. Leur nom même de Copte, Cophte ou Koubt, semble n'être qu’une

cor

bs, et les latins celui

rupüon de lancien nom de Memphis : Haïkouphtah, demeure du double de Phtah, dont les Grecs ont fait le mot Aïyu

de Aegyptus, Égyptien. On

sait qu'ils ont appliqué ce mot en même temps au peuple et à la contrée qu’il habitait.

se

On a prétendu que l’appellation de Copte vient du nom d

e Coptos où cette population

retira, lors de la persécution des Grecs, et qui devint l’une de leurs cités les plus

importantes. Suivant Savary, qui voyageait en Égypte vers 1777, ce nom viendrait de

Coblos, coupés, car ils ont toujours conservé l’usage de la circoncision qui est sans aucun

doute antérieur à l'invasion arabe. Volney*, de son côté,

Quoubli, nom qui es

Ce

che lett

pense que Copte vient de

; purement et simplement la traduction en arabe du mot égyptien.

serait pour lui, par suite d’une altération évidente du mot grec &-goupti en égyptien que ce nom se serait formé. Il fait remarquer en effet que la

z les Grecs anciens, et que les Arabes n°:

re p, ils remplaçaient ces lettres par g et 2. Les Copte

descendants et les représentants des autochtones de l'Égypte

Volney* prétendait, du reste, q

manière de voir basée sur la philologie (fig. 90 à 94).

mil

la cruauté de leurs oppresseurs étrangers, ils ont en main tent

con

de

aut

lettre 7 étant prononcée ow

rant ni la lettre y, devant &, 0, w, ni la

s sont donc proprement les

et les véritables Egyptiens.

1e la morphologie de ce peuple vient confirmer cette

Les appréciations les plus diverses et même les plus étranges ont été énoncées au sujet du dénombrement des Coptes. D’après les documents les plus authentiques, on sait qu’ils étaient environ six millions au moment de la conquête arabe. Le R. P. Macaire estime même, d’après Eutychim, que la population copte pouvait monter à dix-huit

ionsi. Depuis lors, cette population a eu de fréquentes f

re la sécurité d’une vie tranquille. Et, du reste, en Egyp

Depuis 1882, cependant, le recensement officiel parai sentiques. A cette époque, l'Égypte comptait 400.000

ma

uctuations, car écrasés par

es circonstances cédé à la

ation d’échanger, en reniant leur religion, beaucoup d’humiliations et de souffrances

e, comme partout en dehors

‘Europe, quelle valeur peut-on attribuer aux évaluations démographiques ?

t avoir trouvé des chiffres Coptes. Mais ce nombre,

gré les fréquents mariages entre Coptes et Musulmans, «

esquels vont à l’encontre de

la prospérité numérique de la nation copte », a augmenté et augmentera encore, par suite

! Lettres sur l'Egypte, in-80, Paris, 1785.

* Voyage en Syrie et en Egypte, 8° édition, t. I, p. 7, Paris, in-8°, an VIII.

3 Loc. cit.

Histoire de l'Eglise d'Alexandrie, in-8°, le Caire, 1894, p. 232.

de l’excédent constant des naissances sur les décès. Les Coptes se marient en effet un peu plus tardivement que leurs voisins non chrétiens ; ils sont rigoureusement mono games, respectent davantage les liens du mariage, sont sédentaires, se nourrissent mieux, quoique plus économes, et soignent mieux leurs enfants qu’ils élèvent presque tous. Cest ainsi que le recencement de 1898 a compté 609.511 Coptes, dont 484.770 habitent la Haute-Égypte et 124.741 habient la Basse-Éeypte. Ils forment e 6,26 pour 100 de la population

otale de l'Égypte. Ils vivent au Caire au nombre de 10.000 environ.

Il ressort encore de la statisique générale qui a été dressée à a suite de ce dernier recensement qu'il y a 1 Copte pour 16 habitants pour tout le pays; mais dans la laute-Éeypte, oùils sont plus nom— breux qu'ailleurs, on en compte 1 our 8 habitants. Les Coptes se rencontrent, comme on l’a vu, sur— out dans la Haute—eypte. Leur

centre de densité se trouve à Louqsor,

Esneh, Girgeh et surtout à Akhmim, à Siout, puis dans le Fayoum.

Actuellement, leur capitale parait être El Médinet-Fayoum. Ils possèdent, dans cette région, des vil lages entiers; sur certains points, ils ont pris pour demeures d’anciens couvents plus ou moins fortifiés, dont les habitants primitifs étaient voués au célibat. Dans ces sortes de retraites, éloignées en général des chemins de conquérants, ils ont pu

garder intactes leurs mœurs et leur

O1 rsite ou’ils o pb & à foi monophysite qu’ils ont reçues de Re Byzance.

Cantonnés jadis dans certains centres où ils exercaient leurs métiers de prédilection,

ils ont actuellement le droit de s’établir dans toutes les parties de PÉgypte. Ils deviennent quelquefois fonctionnaires, mais ils ne sont qu’exceptionnellement appelés à remplir des rôles politiques comme les Arabes, les Arméniens ou même les Juifs. Avant leur assimi— lation aux Musulmans pour les droits civils, les empiétements de l’islam étaient continuels, surtout à l’occasion les mariages pour lesquels les parents, et même les jeunes filles, n’étaient souvent pas consultés.

L'Ecvere 3

Par suite de leur contact avec les Fellahin et

les Arabes, ils partagent nombre d’usages avec E $ £

leurs voisins. Le costume, qui jadis était une marque distinctive, ne diffère plus : le Copte porte maintenant la même galabieh que le Fellah, et le voile est le même chez les femmes des deux groupes. Il en est de même du turban, dont la couleur sombre distinguait de loin un Copte d’un Fellah. Jadis, on voyait les citadins enrouler autour de leurs têtes le turban blanc des laboureurs et se vêtn: comme eux afin d’ac— croître, at-on dit, leur dignité, mais sans doute aussi afin de dissimuler le plus possible leur présence dans les pays où ils ne sont pas en majorité.

Les Coptes se circoncisent, conformément à l’ancienne coutume égyptienne bien antérieure à

Mohamed, ainsi que nous en a informés Hérodote. Cet usage, de même que nombre d’autres, qu’ils par— Fig. 91. — Copre px Louosor. tagent avec les Musulmans, fait que ceux-ci les

accueillent maintenant volontiers parmi eux, notamment à la mosquée. Comme les Fellahin, les Coptes, les femmes surtout, se tatouent en bleu, le visage, les mains, etc., sauf qu’ils font entrer la croix parmi les ornements dont ils décorent leur peau générale ment plus blanche que celle des Fellahin. La plupart se noircissent le bord des paupières avec le kohol.

A l'exception d’un petit nombre qui professent la religion grecque ou romaine (4.630)

ou qui‘ont répondu aux prédications des missionnaires de l’Église réformée anglaise ou américaine (12.507), les Coptes se rattachent par leur culte aux chrétiens jacobites, euti-- 314).

On sait que la secte à laquelle Eutichès a donné

chiens, monophysites ou monothélites (592 son nom ne reconnait dans Jésus-Christ qu’une seule nature, la nature divine.

Aucun autre peuple de PAsie où de PAfrique n’a embrassé le christianisme aussi vite et avec autant de ferveur que les Coptes. Habitués de tout temps à considérer la vie comme un péléri-

nage et la mort comme une préparation à celle

de l’autre monde, ils trouvèrent dans le pessi-

misme chrétien, renonçant au monde pour songer à la mort, de grandes affinités avec leurs con— ceptions religieuses primitives. Las de cette foule nombreuse et confuse de divinités, grâce à

laquelle les prêtres intéressés les tenaient éloignés

de toute croyance plus pure et plus profonde, Fig. 92. — Coprr DE Louoson. ils devaient tout naturellement rattacher à leur

propre génie la doctrine de la rédemption comme leur apportant la délivrance et le salut. Ils se firent rapidement du christianisme une conception plus austère et plus lugubre que celle d'aucun autre peuple; c’est pourquoi la pénitence se transforma pour la première fois chez eux en ascétisme, et le désir de mourir au monde conduisit de pieux zélateurs dans les retraites des anachorètes. Pour ces fanatiques, la question de foi l’emportait sur les affaires politiques et celles de la vie civile.

Les luttes terribles et sanglantes, qui anéantirent au vi‘ siècle la vie et les biens de milliers de personnes, étaient dues à des causes de telle nature que la plupart des combattants ne les comprenaient pas. De subtiles différences d'opinions dogmatiques faisaient alors prendre les armes, et la haine qui animait, les uns contre les autres, les fidèles d’une religion d'amour a été assez forte pour pousser les vaincus, c’est-à-dire les monophysites à faire bon accueil aux armées de Islam, peut-être même à les appeler dans leur propre patrie.

es Coptes ont un clergé autonome et de nombreux moines. Le patriarche est élu

par les moines des cinq plus grands couvents de l'Égypte : ceux de Saint-Paul, dans le

désert Occidental, puis les deux couvents de la vallée du Natron, et celui de Madagh près

de Montfalout, ont seuls ce privilège. Ils ont de nombreuses écoles, mais pour les garçons seulement. On leur apprend à lire en copte et en arabe les psaumes, les évangiles et les épitres. La langue copte ne leur est presque jamais enseignée grammaticalement, aussi est—il rare de trouver un Copte sachant parler et écrire sa langue correctement.

Le culte, ni édifiant, ni solennel, offre un spectacle qui ne manque cependant as d'intérêt. Le Copte fréquente beaucoup l’église, mais que peut-il gagner à cette réquentation et comment s’y conduit-il ? Dans la Æexiseh, on prie et on chante en angue copte, c’est-à-dire dans la langue des Égyptiens, telle qu'on la parlait au 1 siècle. Personne ne comprend ce vénérable idiome, pas même la petite fraction des êtres qui, d'ordinaire, savent le lire. Depuis le vr° siècle, la doctrine des Jacobites est dans un état de léthargie qui ne lui a pas permis de tenter le moindre progrès. Dans aucune autre communauté religieuse le jeûne n’est plus fréquent que chez les chrétiens de

"Egypte et de PAbyssinie. A l'entrée de l’ég genouillent en passant

glise, les fidèles se

devant les images des saints pendues aux murs ou devant l'autel; ils baisent la main du

être. Le culte, auquel la communauté assiste debout, dure souvent trois heures comme

chez les Arméniens. I] consiste surtout en la lecture ou le récitatif de prières et de frag=

ments d’évangiles, soit en copte, soit en arabe. Le prêtre y est assisté par un maitre d'école et un chœur de jeunes garçons. Pendant toute la cérémonie, les fidèles s’entre— iennent sans aucune gêne, comme s’ils étaient chez eux. Au bout d’un certain temps, le être, balançant un encensoir brülant, sort du Le-%e/ (sanctuaire), se mêle aux fidèles et leur donne sa bénédiction en posant sa main sur la tête de quelques-uns d’entre eux.

La cérémonie de la cène, qui a lieu assez fréquemment, succède au culte ordinaire. A la

ête de la naissance du Christ, le 6 janvier, hommes et jeunes garçons se plongent dans

e puits des fonts baptismaux, dont le prêtre bénit l’eau, ou même dans le Nil où il verse de l’eau bénite.

Actuellement, lenombre de leurs églises dépasse cent-vingt et celui de leurs couvents

qui tendent à disparaitre est encore considérable, De nombreuses ruines d’édifices reli—

gieux, que l’on rencontre maintenant sur des points où il n’existe pas de Coptes, témoi— enent que la population y était encore chrétienne, il y a quelques siècles.

Après la conquête de l'Egypte par Amr, les Coptes, traités d’abord avec clémence, occupèrent, pendant assez longtemps, les premiers emplois dans l'administration du pays. Toutefois, ils eurent bientôt à soufirir de persécutions de toutes sortes, qu’ils durent sur— tout à leur ambition sans bornes et à leurs continuelles conspirations contre leurs nouveaux | maitres. Les Mahométans les ont souvent accusés d’avoir été les auteurs de ces fréquents et terribles incendies qui ravagèrent le pays.

Habitués de tout temps à se considérer comme le premier des peuples civilisés et à ne voir, dans les Grecs, que leursélèves qu'ils regardaient avec mépris, les Coptes crurent

trouver dans les Arabes le moyen désuré de se débarrasser de la

domination grecque. Ils eurent le tort de croire que, une fois dé—

livrés des Byzantins, ils sauraient bien vaincre les sauvages fils

du désert. Mais leur orgueil et leur vanité nationale eurent à

subir la plus honteuse des défaites, et ils tombèrent sous le joug de l'Islam qu'ils avaient cru repousser à jamais.

Cette nation a conservé d’anciennes pratiques bien antérieures à l'invasion des religions étrangères. Cest ainsi qu’ils construisent encore leurs tombeaux en forme de maisons, comme les Barabra du reste, et chaque famille s’y réunit chaque année une fois pour un repas funéraire. Ils donnent à leurs enfants des noms de baptème qui rappellent les plus anciens personnages de Pantique Egypte, tels que celui de Ménus qui vient sûrement de Menas où Menès, le

prétendu fondateur de la première dynastie égyptienne. Les Coptes n’ont pas tout à fait perdu leur ancienne langue. Ils l'ont conservée dans leurs livres religieux et dans leur liturgie ;

de fait, elle est devenue une langue morte comme le latin, et très

peu de personnes la comprennent. [Arabe l’a remplacée en dehors

PRE PRET RS EEE CIN de l’église, partout dans l’usage courant. La langue copte tomba Fig. 93.— GEORGES GATTAS, É ë inrereère À Louosor. en désuétude peu après l’envahissement de l'Egypte par les Arabes.

Au milieu du rx° siècle, soit 200 après la conquête, elle était encore comprise par la généralité des Coptes, mais le x° siècle ne s’était pas écoulé que la majorité des habitants de la Basse-Eeypte avait cessé de la parler et de la comprendre. | Elle paraît s’être maintenue beaucoup plus longtemps dans le Saïd. Georges Gattas, mon

interprète, m'a assuré qu'à Zénieh, village peu éloigné de Lougsor, quelques prêtres du couvent de Saint-Pacôme ont réussi à la maintenir encore de nos jours comme idiome

usuel. Mon ami, M. Legrain, qui a bien voulu vérifier le fait, a écrit en arabe au patriarche de Saint-Pacôme en le priant de luirépondre en copte. Celui-ci s’est exécuté de très bonne grâce et s’est empressé d'adresser à M. Legrain plusieurs lettres en langue copte accompagnées d’une traduction, en regard, en langue arabe. Au rapport de Makrizi, les femmes et les enfants ne parlaient guère de son temps, c’est-à-dire vers la fin du

xrv* siècle, d'autre langue que le copte-saïdi. Mais, ici comme dans la Basse-Egypte,

Arabe le supplanta bientôt d’une façon définitive.

On sait que c’est par l'étude de la langue copte que l’on est parvenu à comprendre le démotique et, par suite, les hiéroglyphes.

Au point de vue du caractère des Coptes, on peut dire que la gravité des sujets des pharaons s’est changée en tristesse morose, et leur zèle au travail en eupidité. Si, grâce à leurs talents héréditaires pour l’arithmétique, ils excellent à caleuler, ce qui les fait rechercher comme caissiers et comptables, en revanche, la noblesse des sentiments et la générosité, si propre à leurs voisins les Arabes, leur font un peu défaut. Ils respectent la loi qui leur

Fig. 94. — FEMMES GOPTES DU VIEUX CAIRE PRÉPARANT DU COMBUSTIBLE.

interdit la polygamie, mais ils abusent souvent, dit-on, de l'alcool qui ne leur est pas interdit.

Un autre trait des plus saillants du caractère des Coptes, c’est la haine pro fonde qu’ils professent pour les autres sectes chrétiennes : l’aversion des Musulmans pour les infidèles n’en donne qu'une faible idée. Ils ont passé longtemps pour être économes jusqu'à l’avarice, dissimulés, sombres, souvent fourbes et peu scru— puleux, rempants ou insolents, suivant leur fortune et la position sociale qu’ils ont acquise.

Ils sont généralement intelligents, travailleurs, très aptes à l'instruction. Les femmes, toutefois, restent encore, de même que toutes les femmes de l'Egypte, en dehors de la

isation ct plongées dans la plus profonde ignorance. Il ne faut pas perdre de vue qu'ayant été placés, durant de longues années, sous un régime d’oppression etmême d’esclavage, le caractère des Coptes a dû acquérir les défauts etles qualités des autres races qui ont eu à subir les mêmes traite ments, telles que les Arméniens et les Juifs. On doit reconnaitre aussi qu’au contact des duropéens qui fréquentent de plus en plus leur pays, la plupart des défauts que l’on pouvait leur reprocher ont maintenant

isparu.

Cest parmi les Coptes que l’on recrute les écrivains et les comptables des admi-

nistrations ainsi que les interprètes ou

l'o2mans.

Comme les Arméniens et les Juifs,

s sont surtout changeurs, banquiers, cour—

iers et marchands. Ils sont quelquefois in—

ustriels, mais rarement agriculteurs. Ils

ES MARNE one GE Din CNE excellent dans la tissanderie, lhorlogerie et la bijouterie. Ce sont eux qui fabriquent,

en Egypte, les fausses antiquités, comme les Arméniens fabriquent celles de la Turquie.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

Le type copte a été bien souvent décrit et les versions les plus contradictoires ont été émises sur ses caractères. Il n’est qu'un point sur lequel tous les auteurs sont d’accord, qui est toutefois discutable, c’est la ressemblance qu’il présente avec celui de l'Egyptien ancien, tel que nous le montrent les monuments de l’antiquité. Parmi les auteurs qui se sont le plus occupés de la morphologie des Coptes, je citerai tout d’abord Samuel Georges Morton'. Suivant ce savant anthropologiste, is doivent être considérés comme un groupe mixte dérivé, dans diverses proportions, des types caucasique et nègre; et ces origines peuvent expliquer les caractères différents que les voyageurs leur ont attribués.

« Denon, par exemple, les décrit comme ayant des fronts plats, des yeux mi-clos,

une bouche tombante, placée à une orande distance du nez, de grosses lèvres, peu de barbe, un corps informe, des jambes arquées et des orteils longs et plats. Denon pense même que ces traits correspondent, d’une manière remarquable, à ceux de la figure humaine telle que la représentent la peinture et la sculpture égyptiennes! »

« Et Sonnini, après les avoir décrits dans des termes presque analogues, ajoute ce

4 Samuel Morton, Crania Egyptiaca, or Observations on Egyptian ethnography, in-4°, Philadelphia, 1844, p. 55.

Fig. 96. — Copres DE Louosor.

ES

reproche que, tandis qu’ils sont les plus laids des hommes, ils sont les plus corrompus et

les plus dégoûtants. Si nous comparons ces descriptions vraisemblablement exagérées

avec celles de Brown, Lane et quelques autres voyageur ee

vue, si grande qu’elle dispense de toute autre explication

« Brow

et il ne vit rien d’anormal dans la texture des cheveu M. Lane, sont généralement erands et allongés, légèremen nez est droit, sauf que le bout est gros et rond; les lèvres noirs et bouclés. Madden ajoute qu’ils sont caractérisés entre les yeux. Belzoni a observé des Coptes aussi blonds nous assure qu’ils sont largement mélés de sang juif e Depauw, découvre en eux une descendance chmoise. »

Ces o

prouvent que

inions ainsi que beaucoup d’autres que lor

es Coptes diffèrent beaucoup entre eux, et qu’i

s, la différence est, à première

, par exemple, ne fut frappé par aucune ressemblance avec le type nègre »;

x. « Les yeux des Coptes, dit t obliques et toujours noirs. Le

et les cheveux

lutôt épaisse par une distance remarquable que des Européens. Rosellini romain, et d’Avezac, comme

1 pourrait citer, ajoute Morton, s sont physiquement et morale

ment un mélange de toutes les nations qui ont successivement dominé en Egypte ou grossi

sa population variée : Egyptiens de diverses castes, Grec

Nègres et quelques autres. Telle était, du moms en par après tout, les traits qui sont les plus invariables chez nègre, et ils sont manifestes dans l’ossature de la tête et «

« Les habitants des villes d’Arabie et d'Egypte, dit

s, Romains, Arabes, Hébreux, tie, l’opinion de Pugnet. Mais, e Copte viennent peut-être du e la face. »

Burkhardt, sont accoutumés à

prendre en mariage des esclaves abyssiniennes ou des négresses » ef, dans une autre

jartie de ses voyages, le même auteur décrit une classe de peuple en Nubie qui est le yages, F

produit direct de ce mélange de races et qui semble, d’après sa description, répondre

aux caractères des Coptes eux-mêmes. Les esclaves Nouba (parmi lesquels il faut distinguer ceux qui sont nés au Senaar de mâles nègres et d’Abyssiniennes) forment une

classe moyenne entre les noirs et les Abyssins. Leurs traits, quoiqu'ils gardent quelque

chose de leur origine nègre, ont encore quelque chose de régulier; leur nez, quoique plus petit que celui des Européens, est moins plat que celui des nègres; leurs lèvres sont moins épaisses et leurs pommettes moins proéminentes. Quelques-uns ont les cheveux laineux,

mais, chez la plupart, ils sont semblables aux cheveux des Européens, mais plus 2TOSSIers

et souvent bouclés. »

Après l’énoncé de pareilles assertions, il est temps d'arriver à des

appréciations

baséés sur des observations précises, telles que celles de Larrey'. Aucun tableau de cette

race ne parait plus exact, en effet, et n’a été plus fréquemment* reproduit que celui qu’en a tracé ce savant anatomiste.

x comme les

« Tous les Coptes, dit-il, ont le ton de la peau jaunätre et fumeu

Abyssins; leur visage est plein sans être bouffi; les yeux sont beaux, limpides, coupés en

amande et d’un regard languissant; les pommettes saillantes; le nez presque droit, arrondi à son sommet; les narines dilatées, la bouche moyenne, les lèvres épaisses, les dents blanches symétriques et peu saillantes ; la barbe et les cheveux rasés et crépus. »

! Notice sur la conformation physiologique des Egyptiens, etc. (Description de l'Egypte, t .— Relation historique et chirurgicale de l'expéd. de l'armée d'Orient, p. 404, Paris, 1803. ? Pritchar, Hist. nat. de homme, trad. fr., Roulin, t. I, p. 214. Paris, 1843.— Ritter, loc. cit., p.121.

— Perrier, sur l'Ethnogénie Egyptienne (Mém. Soc. anthr. de Paris, t. I, p. 448).

Fig. 97. — Copres DE Siour.

L'Ecyere,

Bien que ce signalement descriptif des Coptes laisse peu à désirer comme exactitude, et qu’il donne une idée assez juste du type de cette race, il ne répond pas aux exigences actuelles de la science, et l’on n’y trouve pas les renseignements précis que fournit l’anthropométrie.

Toutefois, avant d'entrer dans l’étude des mensurations que j'ai relevées sur cent cinquante Coptes, dont vingt-trois femmes, je crois devoir donner un aperçu de la morphologie de ces sujets d’après mes propres observations.

La nuance de la peau des Coptes varie comme celle des Fellahin, suivant la latitude : elle passe du blanc mat, quelquefois jaune pâle, au bronze et au brun. Le Copte citadin lui-même, qu’on l’observe à Alexandrie, à Siout ou à Louqsor, sans parler d’As— souan, présente ces diverses nuances. Chez les cultivateurs, on trouve cette même gamme, mais les tons en sont plus foncés et se rapprochent de ceux des Fellahin.

Les cheveux et les yeux. — Les Coptes ont presque tous les cheveux brun foncé, durs et frisés où bouclés. Beaucoup se rasent la tête comme les Musulmans et portent toute la barbe, laquelle est d’une teinte généralement moins foncée que celle des cheveux.

Les yeux toujours bruns, sont allongés et légèrement relevés aux angles externes comme chez certains Bédouins et quelques statues antiques. Ils sont assez rapprochés, car la moyenne de leur écartement bipalpébral interne est de 29 millimètres avec un dia-

mètre bipalpébral externe de 93 millimètres. L'indice bipalpébral moyen est de 30,52.

On doit remarquer toutefois en lisant la mise en série de cet indice que quatre-vingt à 29, tandis que l’on en voit cnquante-six

quatorze sujets présentent des indices inférieurs qui dépassent l’indice de 33. La moyenne de fréquence se trouve done entre 29 et 34, car

soixante-dix-sept sujets, parmi lesquels se trouvent presque tous les gens d’Assiout, pré—

sentent des indices oscillant entre ces deux chiffres.

Mise en série de l’indice bipalpébral Mise en série de l'indice céphalique des Coptes. | des Coptes.

= — = = ———— LOCGALITÉS | LOCALITÉS INDICES DE LOUQSOR DIVERSES TOrAUX INDICES s TOTAUX (960"et179) (310et69) 25 3 68 » » »

26 2 5 69 5 » 5) 27 7 2 ÿA| 5 3 8 28 10 5 “ 14 2 16 29 14 6 2 4 6 10 30 20 “ 73 12 5 di7) 31 12 5 | 74 6 2 8 32 8 3 | 75 414 8 22 33 12 2 | 76 15 4 19 34 13 1 | 77 11 3 44 35 4 » 78 9 1 10 36 3 » 19 0] 4 10 37 2 » 80 6 { 7 38 1 » 81 1 » d 39 2 » 82 1 » 1 83 il il

SG. Je mon

Fig. 98. — Copres De Beni-Souer.

Le nez, la face, les oreilles et la bouche. — Le nez des Coptes est droit, souvent court et moins abaissé que chez les Fellahin; le bout est arrondi généralement et les narines fréquemment dilatées. Sa longueur ou hauteur moyenne est de 46 millimètres et sa largeur moyenne de 35 millimètres, ce qui conduit à un indice moyen de

SO. Les Coptes sont done mésorhiniens.

La mise en série de indice nasal qui fournit un caractère ethnique si constant en général montre chez les Coptes une hétérogénéité déconcertante. Elle fait songer aux opinions extraordinaires que Morton a relatées au sujet de l’origine et de la formation de cette race. On voit, en effet, cet indice courir de 52 à 108 avec des groupements de fréquence autour de 72 (dix sujets), de 75 (neuf sujets), de 76 (six sujets), de 79 (sept

sujets), de 82(huit sujets) et de 86 (sept sujets). Ces groupements montrent encore que, sur cent cinquante Coptes, il s’en trouve trois au-dessous de Pindice de 60 ; vingt-trois de 60 à 69,9 ; cinquante-six de 70 à 79,9 et cinquante-six de 80 et au-dessus. On rencontre done parmi ces Coptes un peu plus d’un tiers de platyrhiniens, et c’est à Assiout qu’ils sont

plus nombreux car on en trouve la moitié dépassant lindice de 80. À Lougsor et dans la région on en voit guère que 20 0/0. Il est à remarquer que les femmes sont beaucoup moins souvent platyrhiniennes que les hommes, car on n’en compte de ce type que trois sur dix-sept à Louqsor, tandis que sept sur dix-sept présentent dans cette même localité des indices de 60 à 69,9 et six de 70 à 79,9.

Par l'indice nasal, les Copte

tm

se rapprochent des Ouled-Harabi du Fayoum

(vingt-neuf sujets : 76,59); des Fellahin {cent-six sujets : 77) et des Ouled-Touarah di

Sinaï (dix-huit sujets: 75,55). Les autres populations de l'Egypte, les Barabra exceptés (quarante-huit sujets : 82,22) et les Ouled-Ma-azeh (vingt-deux : 83,7)) ainsi que la plupart des Berbères de Tunisie et d'Algérie sont toutes plus leptorhiniennes que les

Coptes.

La face est large avec une hauteur totale (ophrio-mentonnière) de 128 millimètres et un diamètre bizigomatique maximum de 131 millimètres. L'indice facial moyen est done de 402,34. Cet indice élevé est dù autant à la faiblesse du diamètre vertical

qu’à l’exagération du diamètre transverse qui depasse 130 millimètres chez plus de la moitié des sujets. Au reste, chez les Coptes comme chez les Ouled-Touarah du Sinaï — qui par suite d’une coïncidence singulière présentent le même indice facial — on trouve sur la totalité des individus observés une forte proportion de faces eurignates.

La mise en séri

e de l’indice facial montre que quarante-neuf sujets sur cent cim-

uante ont des mdices supérieurs à 105; puis cinquante-huit de 105,9 à 100; vingt et un e99,9 à 95 et enfin quinze au-dessous de 95. L’hétérogénéité de l’indice facial des Coptes

est aussi

grande que celle de son indice nasal, puisque les extrêmesse trouvent à 89 et 123. Ils peuvent être groupés cependant en trois séries dont l’une (quarante-trois sujets) n’atteint que 100; la seconde (trente-trois sujets) s’arrête à 104 et la troisième, la plus forte (eim— uante-sept sujets), descend à 106.

Les femmes sont plus brachifaciales que les hommes, car on en voit à Lougsor

ouze sur dix-sept dont l’indice dépasse 105, alors que dans la même localité on ne voit que vingt-six hommes sur soixante et onze sujets de ce sexe atteionant ce chiffre

Ce sont les gens d’Assiout qui viennent ensuite avec des indices de 100 à 104,9, au

ÉGY PTIENS 165

nombre de huit sur seize. De la même localité, on trouve d'autre part quatre hommes sur seize présentant des indices inférieurs à 95. L'indice facial des Coptes est comparable à celui de leurs voisinset parents tels que les Fellahin (cent six sujets : 103,93) ; les Ouled-

Mise en série de l'indice nasal | Mise en série de l'indice facial des Coptes. | des Coptes.

—— - ————— Îl 5 T- — = | LOCAL INDICES DE LOUQSOR TOTAUX | INDICES DE LOUQSOR DIVERSES TOTAUX

(£69"et179) (310°et69) (969'et179) (31œet69)

87 3 » 3 | 116 1 1 2 88 1 1 2 | 117 » » » 89 1 1 2 118 1 » 1 90 1 1 2 119 » » ) 92 dl » À 129 » » »

93 di » L 121 sl » 1 95 1 » 1 122 » » »

96 1 » 1 12€ 1 » 1 97 d » il 750 100 2 » 2 RCE 108 1 » 1 450 | Ayaïdeh (vingt-sept sujets: 100); les Barabra (quarante-sept sujets : 100), mais il est

inférieur comme chez les Fellahin, à ceux des Bicharieh (quatre-vingt-onze sujets : 104,12) et à celui des nègres Nilotiques qui dépassent lindice de 107.

La bouche est moyenne; les lèvres sont charnues en général et les dents belles et bien placées. La moyenne du diamètre de la bouche est de 51 millimètres.

Les oreilles sont grandes, bien faites et Ê ;

La taille et la grande enverqure. — ÿ L

la moyenne des cent cinquante sujets que j

trouve vingt-huit sujets, dont la taille varie

Mise en série de la grande envergure des Goptes

RUES DE LOUQSOR TOTAL (96 o'et17 9) (310'et6 9)

53 » 1 1 54 4 » 4 55 > 2 x 58 À 1 ï 69 5 2 7 161 2 » 2 62 » 1 1 63 2 $ 2 164 4 A 8 cs 4 2 6 66 5 3 8 167 à 5 2 68 4 » 2 69 2 » 2 170 9 5 14 171 2 3 É ie 6 3 9 173 1 5 1 174 6 4 7 175 6 2 8 76 4 a n 177 . 2 5 178 6 , 6 180 9 À 10 81 2 » 2 82 3 » 3 18: À 1 2 se 3 » 3 185 4 1 5 86 1 2 3 87 1 » 1 190 1 . ñ

POPULATIONS

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