‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 51 sur 106 · ACTUELLE · texte numérisé non relu

ACTUELLE

le plus souvent écartées de la tête.

ses Coptes sont rarement d’une taille élevée, ’ai observés est de 166. Toutefois, si l’on

de 1"60 à 1"64, tandis que quarante-quatre

Mise en série de la taille debout des Coptes TAILLE DOTE LOCALITÉS TOTAUX DÉBOUT DIVERSES (Go'et179) (39'et69) | 151 1 » 1 153 3 1 4 154 îl » de | 155 2 2 4 | 156 1 » 1 | 157 1 1 2 | 458 2 2 4 | 41:9 1 » 1 | 160 5 3 8 161 3 » 3 162 3 » 3 163 6 4 10 16% 7 4 11 165 9 2 11 166 15 2 ani 167 3 3 6 168 10 4 14 169 2 sl 3 170 8 » 8 171 7j il 8 172 2 » 2 173 il 1 2 174 d 2 3 | 475 2 « 2 | 176 3 1 4 178 2 1 3 180 2 » 2 181 il » 1 182 1 » L 184 » 1 1

ont de 1°65 à 1"69, on en voit trente-six qui arrivent à 170 et au-dessus. En revanche,

on constate que dix-huit individus n’atteien

Ce sont les hommes d’Assiout qui sont

ent pas même 160.

; les plus grands : six sur seize vont jusqu’à

170 et au-dessus. Ceux de Lougsor sont moins grands, car vingt-huit sujets sur soixante

et onze ne dépassent pas 1"69, dix-neuf

atteignent à peme 1"64, et dix-neuf seule

ment arrivent à 1"10 et au-dessus. Les femmes de Louqsor présentent toutes des tailles

inférieures à 1"69, deux seulement sur dix-sept ont cette taille; trois ont de 1"64 à 168

et toutes les autres atteignent à peine 1"60.

La moyenne est de 1"65.

La taille des Coptes se rapproche de celle des Fellahin (cent six sujets : 1266), des Ouled-Touarah du Sinaï (dix-huit sujets : 1"66), des Ouled-Mà-azeh de Kosseir (vingt sept sujets : 1°67), et des divers groupes de Berbères de Tunisie et d’Aloérie, variant de 1"65 à 166.

La grande envergure est grande chez les Coptes, sa moyenne est de 1"71. Elle se soixante-deux fois 170; elle va dix-neuf fois de 1"65 à 1969, treize fois de 1260 à 1°6% et sept fois elle n’atteint pas 1"60. Chez les gens d’Assiout, elle dépasse neuf

fois sur seize 170, et quarante-six fois chez ceux de Louqgsor. Comparée à la taille, la

dép:

grande envergure lui est quatre-vinet-deux fois supérieure ; huit fois seulement égale et onze fois inférieure. (est à Assiout qu’elle dépasse au plus haut degré la taille, car treize sujets sur seize sont dans ce cas.

La tête et ses diamètres. — Les Coptes sont des dolichocéphales avecun indice moyen (largeur-longueur) de 75,40. On trouve, parmi les cent cinquante sujets étudiés, soixante et quinze mésocéphales, dont les indices varient de 75 à 79,9 et dix brachy— céphales avec des indices de 80 à 82, dont soixante et onze sont de Lougsor. En revanche, on en rencontre soixante-cinq dont les indices sont inférieurs à 75. Dans cette catécorie, neuf sur seize sont d’Assiout.

La mise en série montre encore que ces cent cinquante Coptes se groupent, par l'indice céphalique, en quatre séries principales de fréquence. La première série composée de quatre-vingt-huit sujets monte à l’indice de 76; la seconde composée de vingt-deux

sujets est caractérisée par l'indice de 75; la troisième, composée de cinquante-sept sujets,

ne va que jusqu’à l'indice de 73 et la quatrième, composée de trente sujets, n’atteint que Vindice 71. L'indice moyen de fréquence se trouve, en somme, entre les indices 71 à 77

Les indices de hauteur montrent des têtes moyennement élevées. L'indice de hauteur-

largeur-aurieulo-bregmatique est de 86 1 l'indice de hauteur-longueur est de 65,24, Les Coptes présentent, on le voit, comme on pouvait s’y attendre, de grands rapports avec les Fellahin. Au point de vue de indice céphalique, ils diffèrent peu, puisqu'il n’y a entre eux qu'un écart de treize millimètres. Il en est de même des autres indices ainsi que de la taille.

I] faut ajouter que les Coptes, comme les Fellahin, se rapprochent à divers points de

vue de la plupart des Arabes, venus dans la vallée du Nil à différentes époques, mais sur— tout des Barabra de la Nubie, ainsi que des Berbères de la Tunisie et de la Tripolitaine.

FELLAHIN

Les Fellahin' réprésentent la partie la plus considérable de la population de

l'Egypte, les trois quarts peut-être. Le mot de Fellah veut dire paysan, rustre, laboureur

de la racine arabe falah (labourer). Ils représentent avec les Coptes, beaucoup

nombreux, la population aborigène du pa

rs ou du moins les descendants, plus

purs des E

vptiens des temps pharaoniques, eux-mêmes mêlés de bien des

moins ou moins

peuples

différents. Les Fellahin, lors de la première conquête musulmane, durent forcément perdre

une partie de leur pureté ethnique. À ce moment, en effet, un grand nombre

arabes envahissant le territoire, s’emparèrent, non seulement des terres des

de tribus

emiers

occupants, mais aussi de leurs femmes. Du mélange partiel qui dut s’établir de ce fait, se

forma une race mixte, laque

le adopta rapidement Vus religion de Mohamed. Ceux qui ne tombèrent pas sous le joug du vainqueur, cc

la minorité, gardèrent leur

reste de la population pour former la petite nation copte, qui s’est peu modifiée depuis.

La population rurale des Fel 0.000 environ, 338

répandus dans la vallée du Nil, de la mer à la première cataracte, soit dans la

ahin habite, au nombre de 6.

moyenne et la basse Egypte.

Le territoire du fellah est celui que linondation atteint : ses pieds ne foulent (

limon laissé par le fleuve. Ses maisons, ou plutôt ses cabanes en terre, bordent ce

Le limon du fleuve mêlé à un peu depaille, voilà les matériaux de ce gite rustiqt

toiture est faite de roseaux, de tiges de maïs et autres frêles herbes sèches. Dans

régions, comme à Gournah par exemple les Fellahin se sont établis dans que

ve exclusif de la langue arabe et la

ype primitif et leurs croyances anciennes. Ils s’iso

1e dé

t-à-dire

èrent du

) villages aute, la ue’ie

e limite.

nt la

certaines

ques—uns

des innombrables hypogées creusés par les Thébains. Au-devant de la plupart «

demeures souterraines

plus ou moins vastes où est parqué le bétail. Dans ces encein

sont élevé

e ces s des enceintes en pierres sèches formant dés cours

es se trouvent également un

four et de petites constructions en terre mêlée de paille hachée destinées à contenir leurs

provisions. Ces constructions, généralement de forme cylinc

aussi à d’énormes champignons. Les parois extérieures en

rique, ressemblent souvent

sont ornées parfois de motifs

en relief représentant des animaux ou d’autres sujets. Pour: ouverture, ces demeures, aussi

bien que les cabanes en terre, n’ont que la porte, qui seuleéc

aire etaère l’espace où s’en—

tasse la famille, une partie du bétail et de la basse-cour, espace restreint, de quelques mètres

carrés seulement. La vermine, la malpropreté, les relents de ce

te agolomération n’y laissent

rien à désirer, Et pourtant, comme le fait remarquer Piot bey ?, il est étonnant que dans des

milieux si favorables à l’extension des contagions les épidémies si fréquentes dans les villages

arabes ne soient pas plus meurtrières. Cela est dù à influence atténuante et destructive que

‘ Pluriel de Fellah.

ÉPToccttNpièr:

la chaleur et la lumière solaires, si intenses en Egypte, exercent sur les agents pathogènes.

L’habitant d’une telle demeure vit de peu. Sa sobriété peut rivaliser avec celle du chameau et de l’âne. Mais il ne semble pas que ce soit tout à fait par goût que les pauvres

Fellahin se contentent de leur pain de sorgho assaisonné de fèves bouillies, de riz, de

dattes, de lait caillé et de fromage aigre. Si l’occasion se présente d’un festin, le Fellah oublie vite sa tempérance et il se gave littéralement. Ceux qui jouissent de quelque

aisance ont une table abondamment servie. La viande est, comme le pain de blé, un

article de luxe. La plus commune est celle du buffle et du mouton, puis celle de la chèvre et du chameau, enfin la viande de bœuf vient en dernière ligne, non parce qu’elle es

moins appréciée, mais parce qu’elle est la plus chère’. L'eau du Nil, vantée, non sans

raison, par les poètes, est la seule boisson du

aysan égyptien. Mais il attache peu d’impor-— a, ie. Ils F |

ance à son filtrage, et la boit à peine dépos ont pourtant un ustensile appelé 47, grand vase

en terre poreuse, en usage en Egypte depuis

ui filtre bien l’eau. Mais les

’antiquité, et

fellahin aiment mieux puiser à même leau

joueuse qui y est renfermée que de recueillir celle filtrée par ses parois, d’où elle sort lim—

ide. Cest une des principales occupations de la

emme d'Egypte que d'aller puiser l’eau, soit au Nil, soit au canal voisin, et c’est un des tableaux

classiques de cette terre antique, un des émer-

veillements auxquels saccombent tous les étran—

ue celui de ces femmes isolées ou en

gers,

groupes, allant et venant, à l’aube ou vers la

fin du jour, chargées de la lourde cruche posée

sur la tête. Elles s’empressent, les mains libres,

dans le frou-frou de leur robe de cotonnade

bleue, droites, sveltes, belles de lignes, et

d'élégance fière. Dans les arands centres, comme à Louqsor par exemple où la consommation d’eau est considérable, ce sont les hommes qui vont puiser l’eau au fleuve au moyen de grandes outres.

Le Fellah n’est chez lui qu’au bord du Nil ; il ne le quitte jamais, et on ne le trouve pas ailleurs. C’est, au contraire, au delà du fleuve, sur le sable du désert, que le Bédouin plante sa tente.

Le Fellah est rarement propriétaire de tout le sol qu’il cultive. Il a peu ou point de chameaux, encore moins de chevaux; il élève quelques rares bêtes à cornes : bœuf, vaches, buffles, ainsi que des moutons et des chèvres. Il est peu de familles qui ne possè— dent au moins un âne : cet animal, patient par excellence, sobre, soumis, ressemble en tous points à son maitre.

1 Piot bey, loc. cit.

L'EcyeTe.

POPULATIONS

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