ACTUELLES
en dépit du temps, des progrès, de la philanthropie et de l’évolution des idées relatives à la société. Tant que le paysan d'Égypte sera tenu dans l’ignorance et écrasé d'impôts et de charges qui l’obligent à plier sous le travail, on le verra dans cet état de déchéance morale de Vâne, à qui Piot bey le compare si justement.
MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE
Le type des Fellahin a été bien souvent décrit, mais les portraits que l’on en a faits sont rarement empreints d’un caractère scientifique. Jonard! pourtant, l’un des membres de l'expédition de Bonaparte, en a donné une description assez juste, qui a été reprise plus ard par le D' Hamy®.
Voici, d’après Jonard, comment est caractér:
sé le type des Égyptiens actuels de la région du Saïd qu’il considère comme les plus purs : « Le visage ovale, allongé ; le front iaut et large, découvert et un peu fuyant, le nez prononcé, droit et un peu aquilin ; les sourcils longs
t droits ; l’œil noir, enfoncé, brillant; les pommettes saillantes ; l'oreille
)ien faite ; la bouche grande, régulière, bien formée; la lèvre légèrement bordée; le men— on carré; les cheveux naturellement frisés mais non laineux; les dents blanche évales et
vien rangées ; le cou fort ; la peau sèche; enfin la taille médiocre et le corps souvent orêle. »
Le savant professeur du Muséum qui a eu, à son tour, l’occasion d'étudier les
Fellahin, ajoute à cette description les observations suivantes que je résumerai ainsi :
L’Egyptien est d’une taille qui s'élève au-dessus de la moyenne. L'examen des proportions du corps fait ressortir un certain degré d’allongement du trone par rapport aux membres. La poitrine, largement développée en travers,
est généralement superbe. Les épaules sont larges, les bras musculeux ; les hanches, au contraire, sont étroites ; les jam— bes, plutôt sèches, n’offrent que fort peu de mollet. Il résulte de cette disproportion entre le tronc et les membres supérieurs d’une part, les membres inférieurs de l’autre, un contraste par fois choquant. Le pied est, comme la main, proportionnellement
un peu long ; sa cambrure est faible, mais son talon estrarement saillant. Le crâne de l'Éeyptien, jusqu'ici peu connu, parait moyennement allongé (sous-dolichocéphale). Il est, en outre, moins haut que large, souvent un peu surbaissé du bregma.
En ce qui concerne la couleur de la peau et celle des yeux, ainsi que celle des cheveux et leur disposition, la description du D° Hamy diffère peu de celle de Jonard; il en est de même de la forme du nez, de la face, et enfin de l’ensemble de la physio— nomie.
! Description des hypogées de Thèbes, dans la Description de l'Egypte antiq., t. I, p. 342.
? Aperçu sur les races humaines
de la basse vallée du Nil (Bull. Soc.
Fig. 107. — Ferrau De Gounnau. anithrop. Paris, t. IX°, 3° série, p. 718).
J’ajouterai à ces détails, qui donnent une idée fort exacte de la morphologie des Fellahin, que la nuance de leur peau varie d’une façon surprenante, suivant qu’on l’observe dans le nord ou
dans le sud du pays égyptien. De jaunâtre ou presque blanche
dans le Delta, elle passe dans la moyenne et la haute Egypte à
on du
la couleur chocolat plus ou moins foncé ; mais dans la rég
Said surtout, en avançant vers la Nubie, elle passe au brun et ressemble à celle des Barabras des Cataractes. Ces observations ont été faites sur un nombre considérable d'individus et sur un
grand nombre de points. Quant aux recherches anthropomé-
triques, je n’ai pu les opérer que sur cent trente-huit sujets appartenant aux localités suivantes : Louqgsor et ses environs (haute Égypte); Gizeh, près du Caire (moyenne Egypte); Korachia dans la basse Égypte.
Les cheveux et les yeux. — Dans le nord comme dans le sud de la vallée égyptienne du Nil, les Fellahin ont les cheveux généralement brun plus ou moins foncé, souvent frisés ou bouclés, mais jamais laineux ni crépus. Comme tous les musulmans, ils se rasent le plus souvent entièrement la tête, moins une mèche qu’ils conservent au lambda. La barbe est légè—
Bresse
Fig.