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CHAPITRE II

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

Les Arabes, depuis leur conquête de 640, furent pendant six cents ans les mai

de tout le pays égyptien, Et conquête turque de 1517 leur pas moins restés la partie princi Aussi a—t-on pu dire que l” comme arabes toutes les parties sont devenues musulmanes, cet

reconnaitre qu’une grande mass(

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: des habitants de la vallée

notamment celle qui se livre à l’agriculture, et qui s’ap}

fellah), appartient à une tout au geait avec les Coptes; elle est « elle n’est pas arabe.

Parmi ceux que l’on peut considérer comme de véritab

re race. Elle a perdu son ic

evenue musulmane, et ne

e manière de voir pourrait

bien que l’usurpation des Mamelouks d’abord, puis aient enlevé la prépondérance politique, ils n’en s

‘intelligence et les aptitu

Egypte tout entière est arabe. Si l’on devait considé

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arle plus que larabe, mais

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grand nombre qui ont abandonné la vie nomade. Ceux-ci sont devenus négociants,

fonctionnaires, employés, ou bons agriculteurs, comme les anciens maitres du sol.

Ce sont les Arabes sédentaires des villes et des villages; ils sont généralement classés actuellement comme Egyptiens. Mais il en est d’autres, et ils sont encore nombreux,

qui ont conservé la vie pastorale, et auxquels le nom de Bédouins doit être réservé.

Cest de ceux-là, seulement, que nous avons à nous occuper ici. Ces Bédouins constituent un certain nombre de tribus plus ou moins nomades, et venues en Égypte à des époques diverses.

Makr

spécial, que Quatremère a traduit et analysé dans ses Mémoires historiques et géogra-

zi, le savant chroniqueur arabe du xv° siècle, a consacré à ces tribus un traité

phiques sur l'Egypte (1811, t. IT, p. 190), et qui a été traduit en allemand par Winterfeld (1847). Dans la liste des noms des tribus citées par Makrizi, il ne s’en trouve que quelques-unes de celles qui vivent actuellement en Egypte. C’est probablement par suite de la fusion avec les possesseurs aborigènes du sol, ou de la dépossession violente d’une partie de ceux-ci par les premiers envahisseurs que leurs caractères propres ont disparu. C’est par suite des mêmes circonstances aussi que la langue arabe et le culte de Mahomet sont devenus prépondérants chez la population rurale de l'Egypte.

D’autres tribus arabes se sont établies dans le pays

à des époques postérieures, et y ont — en partie — adopté la vie sédentaire, Mais ces nouveaux venus, quoique ayant pris la plupart des usages de leurs voisins, ont conservé leur individualité. Ils ont grand soin de ne pas se mêler avec les Fellahin.

Les Arabes qui sont restés nomades et ont gardé leur vie pastorale tiennent pourtant ces derniers et les Fellahin à peu près en égal mépris. Leurs villages sont plus pros-

pères ; ils cultivent et irriguent mieux leurs terres, qui s'étendent en bandes — par assez étroites — entre le Nil et la montagne. Ils possèdent habituellement des chevaux et des chameaux, comme en avaient leurs ancêtres avant de s’adonner à l’agriculture. Il y

a peu de temps encore, on voyait, au premier signal de guerre, ces paysans monter à

cheval, s

armer de la grande lance des Bédouins et camper à quelque distance de leurs

maisons. Le sang arabe s’est bien perpétué chez eux : en armes et revêtus de

leurs burnous, il est difficile de les distinguer de leurs frères nomades et guerriers. Ils en ont conservé la physionomie et les caractères moraux : on retrouve chez eux ces petits yeux brillants, et l'esprit de rapacité toute sémitique du vrai Bédouin du désert. Ce sont de terribles voisins pour les paisibles Fellahin. Tels sont les Ouled-Ma’azeh, entre autres, qui parcourent — avec leurs troupeaux — le désert compris de l’est à l’oues

entre Kosséir sur la mer Rouge et Keneh sur le Nil, et du nord au sud à peu près sous

le parallèle de Suez au Caire, et qu’ils considèrent comme leur territoire propre. A côté deux se trouvent les Beni-Ouassel, qui ont eu la prépondérance dans le désert avant les Maazeh. Ils ont abandonné la vie nomade pour se fixer près du fleuve, dans la pro-

vince de Beni-Souef

Wilkinson, et avant lui Jomard, Amédé Joubert, Dubois Aymé et quelques autres savants ont dressé des listes des tribus arabes fréquentant l'Egypte inférieure et moyenne, mais elles sont toutes plus ou moins erronées, ainsi que le montre la nouvelle statistique officielle qui a été dressée de la population de l'Egypte. On peut citer pourtant, parmi ces nomades, les Ouled-Amarin et les Ouled-Haoueitat du désert entre le Caire et Suez ; les Ouled-Ayaideh et les Ouled-Béli au nord-est du Caire, près de Mataryeh ; les Ouled- Terrabin au sud-est du Caire, ete.

On doit encore citer les Ouled-Aly etles Ouled-Goumat, campés à l’ouest d’Alexan— drie; les Ouled-Souleiman, les Ouled-Harabi, les Ouled-Fergan et les Ouled-Faoueb au

F' 10.000 cavaliers. Il est à remarquer que quelques-unes de ces tribus se donnent une

youm; puis une quinzaine d’autres tribus qui peuvent mettre sur pied plus de

origine plutôt berbère qu’arabe ; telles celles de la région des Sirths.

En Egypte, le nom de Bédouin est celui que l’on donne généralement aux Arabes nomades. Il vient de Bedou (sg. Bedowi), tandis que le nom d’Arabe est plutôt réservé aux émigrés devenus sédentaires. Ils se divisent en tribus ou kabeïleh, dont on a fait Kabyle, nom donné à tort à une partie des Bédoums d'Algérie, et plus particulièrement aux Berbères. Mais en Egypte, on a malheureusement donné le nom de Bédouins, et classé sous cette dénomination, dans les statistiques officielles, tous les émigrés d’Arabie et de Syrie, ainsi que la plupart des Ethiopiens ou des Nubiens de la vallée du Nil, des

Berbères du désert de Libye, de la Tripolitaine, de la Tunisie et de l'Algérie.

Des mnombrables tribus arabes répandues en Egypte, je n’ai pu étudier utilement, durant les années 1897, 1898, 1899 et 1904, qu'un certain nombre d'individus appar— tenant aux huit groupes suivants :

1° Les Ouled-Ayaideh ; 2° Les Ouled-Touarah ; 3° Les Ouled-Ma’azeh ; 4° Les Ouled Harabi; 5° Les Ouled-Aly; 6° Les Ouled-Nagama; 7° Les Ouled-Haouatat: 8° Les Ouled-Khawazi.

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