CHAPITRE II
ETHNOGENIE ET ETHNOGRAPHIE
L'histoire de l'ancienne Egypte est restée enveloppée fort longtemps d’un voile épais, et n’a été qu'un champ de stériles controverses tant qu’on ne l’a connue que d’après les auteurs grecs et latins. Les récits d'Hérodote, de Diodore de Sicile, et la liste des dynasties égyptiennes, écrite en grec, par le grand prêtre Manéthon, ont été, jusqu’à Champollion, les seules sources d’information dont on pouvait disposer. Les monuments, ces témoins authentiques qui avaient assisté à l’évolution et à la décadence des populations de la vallée du Nil, et sur lesquels chaque génération avait tracé son histoire en caractères prétendus mystérieux, n’avaient pas encore livré leurs secrets. En retrouvant la clef,
si longtemps cherchée, du déchifement des hiéroglyphes, Champollion a substitué
aux tâtonnements et aux incertitudes une méthode scientifique qui a permis de lire les inscriptions dont ils sont couverts. On y à trouvé un guide sûr pour en ressaisir la signification, en même temps que la confirmation des documents de Manéthon.
Les égyptologues pensent actuellement, comme le fait remarquer M. Maspero !, le chef indiscuté de l’égyptologie moderne, « que le système de Manéthon a rendu et rend encore service à la science ; s’il n’est pas, dit-il, l’histoire même de l'Egypte, il la repré sente assez fidèlement pour qu’on ne puisse le négliger quand on veut la comprendre et en rétablir la suite. Les dynasties forment le cadre nécessaire dans lequel rentrent la plupart des événements et des révolutions dont les monuments nous ont conservé la trace. » Je
! Histoire ancienne des peuples de l'Orient, t, 1, js
PEMPS HISTORIQU
ne saurais donner ici le document complet de Manéthon ; le tableau suivant, emprunté à Lenormant, en résume du moins les traits principaux.
En tenant compte des données précieuses que fournit le tableau de Manéthon,
Mariette avait divisé l’histoire de l'Egypte, d’après les documents archéologiques les plus
authentiques, en trois grandes périodes :
le moyen Empire, de la XI° à la XVII dynastie ; le nouvel Em