‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 64 sur 106 · Bépouins OuLen-HaraBr Du Fayoum · texte numérisé non relu

Bépouins OuLen-HaraBr Du Fayoum

(Photographie de M. René Dxux.)

Le reste de la tribu des Ouled-Harabi, dont le quart à peine habite le territoire égyptien, occupe, au nombre de plus de 100.000, le territoire libyque ou tripolitain.

Les Ouled-Harabi-el-Guebali ont conservé Pusage d'envoyer tous les ans en Tripolitaine quelques-uns des leurs. Ils tiennent à conserver des relations avec ceux de leurs parents qui ne les ont pas accompagnés ef à maintenir leur commerce de moutons, de chevaux et de chameaux. Du Fayoum, ce voyage s'effectue à dos de chameau, et dure un mois environ, avec deux ou trois points d’eau seulement. Ceux de la basse Egypte le font, soit à chameau, soit en barque, en suivant la côte, et se rendent aux ports de Benghazi et de Dernah. €

sont surtout ceux qui n’ont pas de propriété bâtie en Egypte qui entrepren— nent ce long voyage.

Les Bédouims Harabi se considèrent, en général, comme très supérieurs aux Fellahin qui les entourent. Ils ont gardé la plupart des caractères physiques et moraux des Arabes. Excellents cavaliers, ils étaient jadis pillards et aventuriers, et paraissaient plutôt guerriers qu'agriculteurs. Actuellement, ils sont tout au plus pasteurs. Quand ils eultivent la

terre, ce n’est que par intermittence, et pendant la saison des pluies, mais jamais deux fois au même endroit. Ils sont restés en partie nomades. Les choses tendent pourtant à se modifier, surtout depuis qu'ils ont la certitude de conserver leur indépendance. Ils se fixent plus volontiers sur les lieux qu’ils cultivent ou plutôt qu’ils font cultiver par les Fellahin. Ceux qui sont devenus propriétaires du sol, et surtout ceux de Kasr-Zayat, de Senhoures et de Tamiyeh, ont construit des maisons en pierre ou en briques cuites. Les autres contmuent à habiter sous la tente ou construisent des maisons en terre crue recou— vertes de roseaux, qu’ils abandonnent après en avoir retiré les boiseries, lorsqu'ils chan— gent de localité.

La langue des Ouled-Harabi est l’arabe. Ils possèdent également un patois spécial

qu'ils parlent entre eux.

Ils appartiennent à quatre sectes principales qui sont : celles des Hanañ, des Chafki,

des Malki (Malekita) et des Humbali. C’est aux Malki qu'appartient la plus grande partie des Bédouins qui nous occupent ici. La plupart des mœurs des Ouled-Harabi sont celles des autres musulmans de l'Egypte.

Ils sont peu fanatiques et ont peu ou point de mosquées. Les femmes de cette grant

tribu ne se voilent pas et se distinguent des Fellahin par une ceinture qui serre leur galabieh à la taille.

Un de leurs usages les plus curieux est relatif au mariage. Lorsqu'une jeune fille

nubile, c’est-à-dire de treize ou quatorze ans, n’est pas demandée en mariage, elle fait la

veillée, c’est-à-dire que chaque soir, après avoir placé une lanterne devant sa porte, elle danse devant les jeunes gens du village, jusqu'à ce qu’elle ait trouvé un mari. Elle est accompagnée dans sa danse par l'assistance mâle qui frappe des mains en cadence, en poussant des cris gutturaux.

En somme, les Harabi, d’origine arabe, sont mêlés de Tunisiens, de Tripolitains, de Fellahin, et même quelquefois de nègres : ils ne s’en croient pas moins de purs Bédouins. Cest à Nazeleh et à Kasr-el-Guchali, hameau de ce village, que j'ai mesuré et photographié vingt-neuf Harabi.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

Ces Bédouins qui habitent le grand désert libyque, sur les confins orientaux duquel j'ai pu les étudier, présentent une tout autre physionomie que celle des montagnards Touarah ou des Ayaideh pêcheurs. Bien que devenus — en partie — cultivateurs, ils rappellent par leur aspect général et par plus d’un caractère physique les nomades d'Arabie et du Sahara.

Les cheveux et les yeux. — Les Ouled-Harabi sont en général bruns; un tiers pourtant ont les cheveux moyens ou moins foncés que la plupart des Bédouims. La cou— leur de leurs yeux présente les mêmes particularités. Leur écartement est, à peu de

chose près, le même que celui que l’on constate dans les autres groupes de Bédouins

rpte. Le diamètre bipalpébral interne est de 29 à 30 millimètres. L'indice bipalpébral moyen est de 31,58 chez les Harabi du Fayoum. La mise en série verticale

montre que lindice de fréquence se trouve entre 29 et :

Le nez, la face, les oreilles et la bouche. — Les Harabi du Fayoum ont le nez

en somme, plus long

généralement droit, quelquefois abaissé, et souvent concave. Il est, dans ce groupe que dans les précédents. Sa largeur moyenne est de36 millimètres, pour une hauteur maximum totale de 47 millimètres. L'indice nasal moyen est, de ce fait, de 76,59. Ces chiffres montrent que, chez les Bédouins de cette catégorie, le nez est beau— coup plus court et plus souvent concave que dans le groupe précédent. Au reste, l’indice nasal, comme le montrent les mises en série, n’est pas plus homogène chez ceux du Fayoum ou du désert tripolitain qu’il ne l’est chez les autres Bédouins d'Égypte.

Si on le compare à celui des Berbères de Tunisie, on verra qu’il en diffère sensible ment. Indice de ceux-ci, comme celui des Arabes de cette même région et celui des Arabes de Syrie, sont tous inférieurs à 74.

Ceux du Fayoum se rapprochent au contraire, à cet égard, des Égyptiens actuels et des Ouled-Touarah du Sinaï.

D'une façon générale, la face est moyen—

nement allongée chez les Ouled-Harahbi du )

Fayoum : l’indice facial moyen est de 102

La hauteur totale (diamètre ophrio-menton— nier) n’est guère plus grande chez les uns que chez les autres, mais le diamètre bizygoma— tique est de 138 millimètres chez les Harabi du Fayoum.

De même que l’indice nasal, l’indice facia

re : est loin d’être homogène chez ces Bédouins. Fig. 121. — AnBpaLan BEY MoGAwER-EL-GUuEBALI, LA CHEIRH DES Harant Du Fayoum. La moyenne de fréquence se rencontre en effe entre 95 et 107 pour ceux du Fayoum. La mise en série montre que, sur vingt-neuf sujets du premier groupe, quatre ont des indices inférieurs à 95, six vont de 95 à 99,9, dix de 100 à 104,9, et neuf de 105 et au-dessus. Les oreilles sont bien faites et moyennement grandes. La bouche est égalemen

moyenne, avec des lèvres généralement minces. La taille et la grande envergure, — Les Ouled-Harabi du Fayoum sont grands,

puisque vingt sujets sur vingt-neuf ont des tailles de 1"70 et au-dessus. On en voi cependant sept avec des tailles de 1°65 à 169 et deux seulement n’atteignent que 1"60 et 1M64, La taille moyenne de ces Bédouins est de 173.

Le diamètre de la grande envergure est considérable : il est de 179. Deux Harabi du Fayoum ont la grande envergure inférieure à la taille; un seul Pa égale à la taille

et vingt-six l’ont supérieure.

La tête et ses diamètres. — Les Harabi du Fayoum sont des dolichocéphales vrais, en général, car leur indice céphalique moyen (ant.-post. max. et transy. max.) est de 72,82. Dix-neuf sujets présentent des indices inférieurs à 75, mais on en trouve dix avec

des indices de 75 à 79,9.

L'indice de hauteur-largeur est de 64,10 et celui de hauteur-largeur de 88,02.

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