‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 84 sur 106 · NILOTIQUES · texte numérisé non relu

NILOTIQUES

CHILLOUK ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE Cette tribu habite, sur la rive gauche du Nil, un territoire d’environ 150 kilomètres

de longueur sur 10 de largeur, qui remonte jusqu’à l’embouchure de la rivière des

Gazelles. Pres

és par les

ara (peuple sémitique apparenté aux Arabes) au cou—

chant, ils ne peuvent pas s’étendre vers l’est, où ils sont limités par le fleuve. On ne les retrouve, dans cette direction, que près de l'embouchure du Sobat. D’après le dernier recensement, on compterait 3.000 villages Chillouk. Chacun

d'eux renferme en moyenne 150 huttes, et chacune de ces huttes abrite une famille

de quatre ou cinq individus. On en a conelu que la population de ce groupe ethnique pou= vait s’élever au chiffre approximatif de 1.200.000 habitants.

Suivant Sehweinfurth, qui a le plus et le mieux étudié ces populations, aucune autre partie du continent noir w’est plus peuplée que celle habitée par les Chillouk. Cest qu’aucune autre région n’est plus favorable aux conditions d'existence. L'agriculture, l'élevage du bétail, la chasse et la pêche, tout contribue, dans ce pays, à l’entretien et au développement d’une vie exubérante.

La physionomie des Chillouk a quelque chose de dur et de très spécial. On les représente comme un peuple très laid et de taille généralement élevée. Leur charpente osseuse est — comme celle de tous les Soudanais — solide quoique délicate dans la forme. Ils considèrent le vêtement comme choseridicule, honteuse ou tout au moins mcommode. Les femmes se couvrent tout au plus le ventre et les reins.

Pour tous les détails relatifs à leurs usages, mœurs, coutumes, industries, croyan— ces, ete., dans lesquels je ne saurais entrer ici, c’est à Schweinfurth et à Hartmann qu’il faut les emprunter.

Les Chillouk que j'ai étudiés à Assouan, au nombre de dix-huit, sont tous des hommes âgés de vingt à quarante ans, et ils sont originaires — pour la plupart — des environs de Fachoda.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

La peau, les cheveux et les yeux. — La peau est d’un noir tirant sur le rouge. Les cheveux, généralement laineux, sont d’un noir plus ou moins foncé et mat. Ceux qui ne les rasent pas en font une sorte de casque. La barbe, toujours noire, est rare et jamais rasée. Les yeux sont pour la plupart grands et vifs avec un iris presque toujours foncé.

L’écartement bipalpébral interne moyen est le plus souvent grand ; il atteint 35 millimètres et le diamètre bipalpébral externe moyen est de 96 millimètres. La moyenne de l'indice bipalpébral est de 35,41 chez les dix-huit sujets.

Le nez, la face, la bouche et les oreilles. — Les Chillouk sont de vrais platyrhiniens : leur nez est, en effet, plat, court et large. L'indice nasal moyen est de 104, 88. La moyenne de la hauteur ou longueur est de 43 millimètres et celle de la largeur de 41 millimètres. La mise en série montre que cet indice court de 91 à 124 et que le maximum de fréquence se trouve entre 97 et 105.

La face est relativement étroite, bien que les pommettes paraissent saïllantes. L'indice facial total moyen est chez les dix-huit sujets de 107,25. La moyenne du diamètre bizigomatique est de 133 millimètres, et celle du diamètre ophriomentonnier est de 124 millimètres. Les mâchoires sont fortes et proéminentes de façon à accuser un prognathisme souvent très accentué. La bouche, dont l'ouverture ne présente que 51 millimètres en moyenne, a des lèvres charnues.

Le front est généralement bas et parfois bombhé. Les oreilles présentent un indice moyen de 63,64. La mise en série de l’indice facial du Chillouk montre une certaine hété— rogénéité puisqu'il y a dans ce groupe des individus avec les indices de 93 et 118. Le maximum de fréquence se trouve entre 101 et 107.

La taille et la grande envergure. — Les Chillouk sont de taille élevée, lamoyenne étant de 172. La mise en série montre que huit sujets atteignent 185 et dix warrivent pas à 1"65. La grande envergure dépasse presque toujours la taille. La

moyenne est de 180. On voit trois sujets dépasser la taille, huit qui présentent des envergures égales à la taille et sept qui ne l’atteignent pas

La tête et ses diamètres. — Les Chillouk sont de vrais dolichocéphales. Leur indice céphalique moyen (longueur-largeur) est de 73,10. La moyenne du diamètre antéro— postérieur est de 188 millimètres et celle du diamètre transverse maximum est de 138 millimètres. La moyenne de la hauteur auriculo-bregmatique est de 116 millimètres seulement. Il résulte de cela que lindice moyen de hauteur-longueur est de 61,70 et celui de hauteur-largeur de 84,05.

La mise en série montre que la moyenne de fréquence se trouve autour de 74, que l’on

trouve dix sujets au-dessus de ces chiffres et que six ne l’atteignent pas.

DINKA

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

Les Dinka occupent parmi les Nilotiques, le territoire le plus considérable. En dehors du Bahr-el-Ghazal où on les trouve sur une superficie de 10.000 kilo— mètres carrés, ils s'étendent jusqu'au Sobat et même en avant du confluent de cette rivière avec le Nil, sur la rive droite du Bahr-el-Abiad. Les limites détaillées et à peu

Ds Gm

Fig. 150. — Cuirrour.

près exactes des régions habitées par les Dinka ont été retracées par de Tonquedec. L’énumération des nombreuses tribus dont se compose ce groupe ethnique, ainsi que celle des peuplades qui l’avoisinent, a été donnée par le même voyageur.

D’après les estimations les plus véridiques, le nombre des Dinka paraît actuellement encore dépasser un million d'individus. On peut remarquer toutefois qu’étant donné la densité extraordinaire de la population dans ce pays, ce chiffre n’a rien d’exagéré et semble même faible. Les Dinka sont plus connus que les Chillouk et les Nouer. Ils ont

été visités par un très grand nombre de voyageurs et de savants qui ont donné du pays et

deses habitants des descriptions vraisemblablement exactes. C’est surtout aux récits de

Cailliaud, de Schweinfurth, d'Hartmann, de Casati et de quelques autres que l’on doit les renseionements ethnographiques les plus complets.

Essentiellement pasteurs, les Dinka se livrent avec succès à Pélevage du Détail (moutons, chèvres, bœufs). Ils ont en général le plus grand mépris pour les armes

à feu. Leur arme principale est la lance. D’après Schweinfurth, ils ne se séparent jamais

d’une massue en bois d’ébène qui les a fait surnommer par les Niam-—Niam, leurs voi-

sins, ctagboudos, autrement dit « gens à bâtons ». Les femmes mariées portent un pagne

fait de deux peaux de chèvre. Leurs ornements consistent en bracelets de fer, armés de

pointes, qu’elles portent à la cheville et au poignet, en anneaux d'ivoire pour Pavant-bras et en petits anneaux de fer étagés sur tout le pourtour de Poreille.

Leurs tatouages distinctifs consistent en quatre cicatrices qui s’échelonnent parallèle ment sur les côtés du crâne pour venir converger sur le front et la nuque. Ils ne possèdent aucune industrie, sauf celle du fer dont ils se fabriquent — avec quelque habileté — des fers de lance, des instruments tranchants ou des anneaux. Ils se contentent de cultiver

le sorgho, des ignames, des arachides, des haricots, ete., c’est-à-dire les végétaux qui

constituent le fond de leur nourriture. Celle-ci se compose, en outre, de laitage, de beurre et de miel.

Les Dinka sont polygames et fétichistes ; chez eux, le serpent est l’objet d’un culte particulier.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

Comme leurs voisins les Chillouk et la plupart des autres habitants des contrées marécageuses, les Dinka ont de longues jambes d’échassiers. Leur buste est plus court que celui des habitants des montagnes et des pays rocheux; ces derniers sont aussi plus vigou—

reux et d’une teinte moins foncée. Les Dinka ne présentent jamais d’embonpoint.

Le corps est nerveux, carré et surmonté d’épaules larges, horizontales et anguleuses. Un long cou, légèrement contracté à la base, correspond à une tête qui est en général étroite et aplatie. La mâchoire est ordinairement large et saillante, mais le prognathisme west pas pour cela très accentué chez eux. Il règne néanmoins dans l’ensemble de la physionomie une harmonie qui fait reconnaitre à l’observateur qu’en développant cette forme la nature a poursuivi un but déterminé. J’ai étudié vingt-sept Dinka (quinze 9° et douze 9) à Assouan, et M. Girard a mesuré à Toulon trois hommes de cette tribu.

La peau, les cheveux el les yeux. — La peau des Dinka, qui est toujours grasse,

souple, veloutée, grenue et riche en verrues, présente une couleur noir foncé, passant par les nuances du rouge brun au noir, au gris bleuâtre. Schweinfurth prétend qu’ils doivent compter parmi les races les plus noires de Afrique. L'usage de se barbouiller la peau d’un badigeon de cendre modifie le noir profond de leur couleur naturelle en une teinte brune. Lorsque ce badigeon a disparu, qu’il a été frotté avec de l’huile ou qu’il a été simplement lavé, la peau prend un éclat pareil à celui du bronze.

La teinte bleue que l’on a cru pouvoir attribuer à la peau des nègres en général et à celle de ceux-ci en particulier ne serait due, d’après Schweinfurth, qu’au reflet du ciel ; on l'observe principalement lorsqu'on aperçoit un de ces individus à contre-jour à l’entrée d’une hutte où la lumière ne pénètre que par la porte.

Les cheveux laineux sont presque toujours rasés ; excepté sur le haut de la tête, ils conservent une touffe qu'ils décorent de plumes d’autruche afin d’imiter laigrette du héron. Aucun ne se confectionne avec ses cheveux ce casque si curieux que l’on voit chez les Chillouk.

Les femmes se rasent moins la tête que les hommes et la plupart font avec leurs cheveux une multitude de petites tresses. Les plus élégants, chez les deux sexes, donnent à leur chevelure une couleur d’un roux fauve qu’ils obtiennent au moyen de fréquentes lotions faites avec de l’urine de vache ou bien par des applications de pommade faite de bouse et de cendre, répétées durant quinze jours.

Chez tous les Dinka les yeux sont grands et l’iris est d’un noir brun très foncé. Leur écartement est moyen pour des nègres car sur la totalité des sujets (quinze o’ et douze @) l'indice moyen bipalpébral est de 32,65 avec un diamètre bipalpébral externe de 98 millimètres et un diamètre bipalpébral interne de 32 millimètres.

Cet écartement est plus accentué chez les hommes que chez les femmes ; chez ces dernières, il n’atteint que 30 millimètres et l’indice moyen correspondant est chez elles de 30,95, celui des hommes étant de 33,33, et le diamètre bipalpébral interme de 104 millimètres.

Le nez, la face, la bouche et les oreilles. — Les Dinka sont très platyrhiniens. Le nez est, en effet, généralement plat et large. L'indice nasal moyen de vingt-sept sujets réunis est de 405,52. La longueur ou hauteur moyenne est de 41 millimètres et la largeur de 40 millimètres. Chez les quinze hommes l’indice est de 104,88 et chez les sept femmes il est de 97,43. La largeur moyenne du nez des premiers est de 43 millimètres, tandis que celle des seconds est de 38 millimètres seulement. La hauteur moyenne est de 40 millimètres chez les deux sexes. Les hommes sont donc, en général, beaucoup plus platyrhiniens que les femmes. La mise en série de cet indice montre la plus grande hétérogénéité, puisque l’on trouve six sujets à 90, cinq à 100 et onze qui n’atteignent pas ce dernier indice.

Les mesures des diamètres de la face ne viennent confirmer que dans une certaine mesure l’appréciation qui à été formulée, par la plupart des voyageurs, à savoir que le visage des Dinka est manifestement étroit. L'indice facial moyen des vingt-sept Dinka réunis est de 104,83. On en trouve pourtant cinq avec des indices au-dessous de 99,9 et neuf de 100 à 104,9, tandis que treize présentent des indices supérieurs à 105. Il est de 104,72 pour les quinze hommes et de 105,88 pour les douze femmes.

L'Ecypre, 35

La moyenne des diamètres bizygomatiques est de 130 millimètres et celle de la hauteur ophrio-mentonnière est de 124 millimètres. La mise en série de l’indice facial montre que c’est autour de 104 que se trouve la moyenne de fréquence; on voit treize sujets sur vingt-sept au-dessus de cette moyenne et treize au-dessous.

Le prognathisme est très accentué chez la plupart de ces nègres, mais n’a pas été mesuré. Le front est bas et souvent bomhé.

Les lèvres, le plus souvent fortes, montrent une bouche dont l'ouverture moyenne est 5 millimètres chez les hommes et de 48 millimètres chez les femmes.

de Les oreilles sont petites, bien ourlées et jamais ramenées en avant comme chez les gens qui portent des coiffures. L’indice moyen (hauteur-largeur) des oreilles est de 59,31. Chez les hommes, il monte à 60, tandis que chez les femmes il n’est que de 58,93. La tête et ses diamètres. — Les Dinka sont manifestement dolichocéphales ; la lon-

gueur exceptionnelle de leur tête a de tout temps frappé l’attention des observateurs qui les ont visités. L'indice céphalique moyen (longueur-largeur) des vingt-sept sujets que j'ai mesurés est de 73,79. Cet indice varie peu dans les deux sexes,car celui des hommes étant de 73,82,celui des douze femmes est de 73,77.

Ces indices sont plus élevés que ceux que M. Hamy * a trouvés chez les jeunes sujets qu’il a eu l’occasion d'étudier (72,48) et surtout que ceux de la série de M. Girard?, dont la moyenne est de 69,17.

Je dois faire remarquer tout de suite que j'ai trouvé parmi mes vingt-sept sujets quelques individus dont les indices se rapprochent de ceux de M. Girard, mais ce sont des exceptions. L’un de ces individus, entre autres, est la femme Mastourah, de 26 ans, qui présente l'indice de 67,72; puis la femme Asta-Menou, de 25 ans, avec l'indice de 69,47 et enfin le soldat Morgave-Hamsah, de 41 ans, avec l’indice de 72.

En revanche, on rencontre à côlé la femme Faragalah, dont l’indice est de 80,64, et

, enfin celui de 83,37 que j'ai

la femme Akmet-Saïd, de 23 ans, avec l’indice de 75, trouvé sur Abd-el-Faraz-el-Soudani, soldat de trente-neuf ans.

Les divergences que lon constate entre lindice céphalique moyen que j’ai reconnu aux vingt-sept Dinka que j'ai étudiés et celui que leur a trouvé M. Girard sont assez grandes pour que l’on soit en droit d’en chercher les origines.

Eh bien, je crois que, sans mettre en cause lPexpérience plus ou moins grande des opérateurs, on peut soutenir qu’elles doivent être attribuées non seulement aux chances d'erreurs individuelles qui ne peuvent pas se compenser dans une faible série, mais au hasard qui a jeté sous les yeux de cet observateur trois sujets exceptionnellement dolicho— céphales. On doit remarquer aussi qu’en éliminant de ma série les quatre sujets dont les indices sont évidemment anormaux pour des nilotiques, autres que des Niam—Niam — lesquels sont connus comme mésaticéphales — on arriverait facilement au chiffre que M. Girard a indiqué.

Il est très regrettable que le profes

eur Virchow n'ait pas publié les indices des quarante-trois sujets qu’il a étudiés à Berlin. Il eût été intéressant de comparer cette série

? Les Dinka nilotiques (l'Anthropologie, t. XI, 1900).

! Les Nègres de la vallée du Nil (Revue d'anthropologie, 1881).

BB 5e Gen

Fig. 151. — Dinxa.

avec celles que l’on possède d'autre part. On aurait pu obtenir aussi — par le groupement des chiffres de ces diverses séries — un indice moyen d'autant plus rapproché de la réalité que le nombre des individus observés aurait été plus considérable.

Quoi qu’il en soit, on peut soutenir que les Dinka présentent un indice céphalique qui montre une certaine homogénéité. La mise en série montre, en effet, que la moyenne de fréquence se trouve entre 73 et 76. La mise en série de l’indice céphalique (longueurlargeur) montre que, sur les vingt-sept sujets Dinka, hommes et femmes réunis, dix-huit sont dolichocéphales avec des indices inférieurs à 75, que sept sont mésocéphales avec ces indices allant de 75 à 79,9 et que deux sont brachicéphales avec des indices voisins de 80.

L'indice céphalique moyen de hauteur-longueur (transverse verticale où auriculo— bregmatique) est de 63,63, ce qui prouve que la tête de nos vingt-sept sujets est assez élevée. Quant à l’indice de largeur (largeur-hauteur), qui est de 86,23, il confirme l’idée que l’on se fait sur la longueur extraordinaire de la tête des Dinka quand on regarde un individu de cette race. La courbe antéro-postérieure est du reste généralement surélevée jusqu'au bregma, chez la plupart. La mise en série de l’indice céphalique montre que la moyenne de fréquence se trouve entre 72 et 74.

La taille et la grande enverqure. — Chez les Dinka comme chez les Chillouk et les Nouer, la taille est élevée. Elle ne présente pas cependant des chiffres qui permettent de dire que ces nègres sont les plusgrands des Africains. En effet, la moyenne qu'ont donnée les vingt-sept sujets réunis est de 172. Il faut remarquer toutefois que chez les douze femmes cette moyenne n’est que de 4"64, tandis qu’elle monte à 1"77 chez les

hommes. En somme, quatorze sujets sur vingt-sept ont des tailles supérieures à 170, six ne vont qu'à 1"65 et six restent au-dessous. Les trois mdividus de M. Girard ont une taille moyenne de 1*77 avec des extrêmes de 1#70 à 186.

La grande envergure est élevée chez les Dinka, car les vingt-sept sujets réunis don— nent le chiffre de 1"80. Les femmes mesurent 1°66 et les hommes 1188. Le diamètre moyen présenté par les trois individus de M. Girard est de 1"83.

Ce diamètre est toujours supérieur à la taille chez cette race. Elle l’est de trois unités chez les femmes, mais elle l’est au moins de neuf chez les hommes.

NOUER

ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE

Cette population éminemment guerrière habite près des embouchures du Sobat et du Bahr-el-Ghazal. Sous le rapport des coutumes, ils ressemblent aux Chillouk et aux Dinka ; seul leur dialecte diffère de celui de ces deux peuplades. Ils sont essentiellement pasteurs et agriculteurs. Ils vont absolument nus. Les femmes portent

cependant une ceinture en franges autour des hanches et les jeunes filles un tablier de même genre. Ils se frottentle corps avec de la cendre délayée dans de l’urine de vache pour se protéger des insectes. Ils teignent souvent leurs cheveux en rouge brun à l’aide d’une pâte qu'ils préparent avec de la cendre et de la bouse de vache. Certains mdividus chez qui la toison est peu abondante y suppléent en se coïffant d’un tissu en fils de coton, teint en rouge et formant perruque.

Les cases des Nouer ressemblent à celles des Chillouk. Toujours propres, elles sont entourées d’une aire libre dont le sol est battu avec soin. À l’intérieur, une couche épaisse

de cendres et de bouse calcinée jusqu’à être parfaitement blanche sert de literie et vaut mieux que n'importe quelle moustiquaire.

L'influence du milieu est remarquable chez ces populations plus que partout ailleurs. Chillouk, Dinka et Nouer diffèrent des populations

les régions rocheuses et monta— gneuses. Habitants des plaines marécageuses du Nil et du Sobat, ils occupent parmi les hommes — comme le fait remarquer Schweinfurth — le même rang que les flamants

parmi les oiseaux. Outre leurs grandes jambes, ils ont de larges pieds. Une autre similitude, c’est qu’ils restent souvent immobiles sur une jambe comme les échassiers, l’autre

étant appuyée sur le genou. Les grandes enjambées qu’ils font lentement parmi les

roseaux rappellent celles des cigognes. Enfin leur tête petite et déprimée emmanchée d’un long cou achève la ressemblance.

Les hommes portent aux poignets des bracelets d'ivoire et de cuivre. Les femmes s’ornent la lèvre supérieure d’un gros fil de fer. Comme leurs voisins, ils sont armés de lances et de massues à tête de fer. Leur idiome se rapproche de celui des Dinka et des Chillouk.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

Les cheveux et les yeux. — Cette tribu dont les caractères généraux se rapprochent assez de ceux des Chillouk pour qu’on puisse les considérer comme une sorte de sous tribu de cette grande peuplade, possède des cheveux semblables à ceux de ses voisins. Les yeux des Nouer, toujours foncés, sont modérément écartés pour des nègres ; le diamètre bipalpébral interne est de 34 millimètres et le diamètre bipalpébral externe de 101 millimètres. L’indice bipalpébral de nos deux sujets est de 33,66.

Le nez, la face, la bouche et les oreilles. — Les Nouer sont encore plus plathy— rhiniens que leurs voisins et parents. Leur indice nasal est de110. La moyenne de la hauteur est de 38 millimètres et celle de la largeur de 42 millimètres.

La face est étroite, quoique le diamètre biz

rsomatique soit de 136 millimètres, et la hauteur ophrio-mentonnière de 122 millimètres. L'indice facial est en somme de 111,47.

Le prognathisme est assez fort, moins cependant que chez certains Chillouk. La bouche n’est pas très large :

52 millimètres. Les oreilles présentent l’indice de 66,66. La taille el la grande envergure. — La taille de ces gens n’est pas plus élevée que celle de leurs voisins, car elle atteint comme chez eux 1"72. La grande envergure est plus

considérable et dépasse de beaucoup la taille car elle arrive à 185.

La tête et ses diamètres. — Les Nouer paraissent un peu moins dolichocéphales que les Chillouk et les Dinka. Leur indice céphalique (longueur-largeur) est de 74,73. Le diamètre antéro-postérieur maximum est particulièrement grand; il mesure 190 mil= limètres. La hauteur aurieulo-bregmatique est également forte et montre des têtes élevées. Les indices de hauteur sont de 67,36 pour la hauteur-longueur et de 90,14 pour la hauteur-largeur.

TCHADIENS ET KANORI

Ces deux groupes ethniques comprennent un très grand nombre de tribus etrenferment des types un peu différents les uns des autres, qui mériteraient d’être étudiés séparément. Mais comme leur habitat sort du cadre de nos recherches actuelles, nous ne pouvons nous en occuper ici qu'à titre d’élément de comparaison et, du reste, le nombre des sujets que j'ai pu observer dans chacun de ces groupes est trop faible pour en former des catégories distinctes. Ce n’est donc que très succinctement et en les groupant que je rappellerai, d’après les principaux voyageurs qui ont visité ces peuplades, leurs caractères ethnogéniques et ethnographiques essentiels.

TCHADIENS - FORIENS ETHNOGÈNIE ET ETHNOGRAPHIE

Ce groupe comprend les tribus baghermi, ouadienne et forienne. La tribu des Foriens dont j’ai pu observer quelques individus parait constituer la population aborigène du Darfour — Dar for — notamment, dans les montagnes de Marrah qui s'élèvent au centre du pa

. Les Foriens se subdivisent en un certain nombre de sous-tribus plus ou moins mêlées d’Arabes et de Berbères — de type et d’origine divers — qui vivent dans leur voisinage.

MORPHOLOGIE ANTHROPOMÉTRIQUE

Cette population est à peine connue au point de vue anthropométrique. Elle n’avait été étudiée jusqu'ici — scientifiquement — que d’après quelques crânes.

Robert Felkin* a, le premier, pris sur un jeune individu à son service quelques mensurations, mais d’après une autre méthode que la nôtre ; ne pouvant être comparées, elles ne sont pas utilisables. Le même observateur a pris la mesure de la taille de vingt-cinq hommes et de quinze femmes.

! Notes on the for tribe of central Africa. (Proceedings of the Royal) Soc. of Edimburgh, vol. XIII, 1884-85.

C’est à Assouan que la série de mesures la plus complète et la plus considérable a

été prise par moi en 18

hommes sont âgés de 25 de 18 à 20 ans. Cette

sez mêlée dans la plai

de préférence des gens dire des voyageurs qui les Foriens sont les nè à notre point de vue — dans la région tcha doute frappés par leur

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La peau, les che Les Foriens ont la peau sant et non pas rougeà laineux et courts; ils ne les teienentpas en rouge

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