‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 93 sur 106 · La seconde renferme trois · texte numérisé non relu

La seconde renferme trois

Forien ou Four.— On connait quinze crânes de cette race. Quatorze ont été recueillis par M. Fuzier et appartiennent à la Société anthropologique de Paris. Le quinzième fait partie de la collection de Bilharz. Ce sujet, que M. Ecker a étudié, a un indice céphalique de 78,15 et un indice nasal de 56,8. Les quatorze sujets de M. Fuzier sont également mésaticéphales. MM. de Quatrefages et Hamy leur ont trouvé un indice céphalique moyen (longueur-largeur) de 78,88. Le diamètre antéro-postérieur moyen étant de 180 millimètres et le diamètre transverse maximum de 142 millimètres, la hauteur basilobregmatique moyenne est de 136 millimètres. Les indices moyens de hauteur sont de

5 et 95,77. Le diamètre inter-orbitaire est de 27 millimètres et le bi-orbitaire

externe est de 107 millimètres. L'indice nasal moyen est de

2,60. Le prognathisme de ces individus est modéré et comme redressé.

Bornou. — On n’a mesuré jusqu'ici que deux cränes de cette peuplade. [un d’eux

est celui d’un mamelouk de la garde de Napoléon 1%, mort à Paris ; l’autre fait partie de la collection Bilharz. Ils ont été décrits l’un et l’autre dans la Crania Ethnica. L’mdice céphalique (longueur-largeur) du premier sujet est de 76,40; ceux de hauteur sont de

75,28 et 98,52; son indice orbitaire est de 84,20 et ceux du nez et de la face de 59,51

et 64,51. Le second, mesuré par Ecker est plus dolichocéphale; son indice céphalique (longueur-largeur) est de 72,67 et son indice nasal est de 55,01.

Haousa. — Un seul sujet de cette race, mort à Tunis, a été mesuré par MM. de Quatrefages et Hamy. Son indice céphalique (longueur-largeur) s'élève à 72,78. Ceux de hauteur sont de 72,12 et 90,41. Le diamètre interorhitaire est de 31 millimètres.

Nouba proprement dits. — C’est à Ecker que l’on doit la connaissance de deux

crânes de ce groupe si considérable. Les dessins et les mesures que le savant anthro—

pologiste de Fribourg-en-Brisgau à donnés de ces sujets montrent une mésaticéphalie caractérisée par les indices de 78,84. Le front est fuyant, rejeté en arrière et en baut.

Leur prognathisme est considérable et parait commencer à l’espace interoculaire.

Fertit ou Credis. — C’est encore Ecker qui a donné les dessins et les mesures de deux crânes de cette race intéressante. L’indice céphalique moyen de ces deux sujets réunis est 76,66. Ces crânes présentent, d’après les auteurs du Crania Elhnica, de grandes analogies avec ceux des Nouba.

Tagala ow Tékélé. — Un seul crâne de cette tribu a été décrit par Ecker; son mdice céphalique (longueur-largeur) est de 71,50. Le diamètre antéro-postérieur maximum est de 179 millimètres et le diamètre transverse maximum est de 128 millimètres.

Il est, en outre, plus haut que large. La face s’harmonise avec le crâne et le progna— thisme est peu accusé.

L'étude rapide qui vient d’être faite des crânes soudanais orientaux montre qu’au point de vue craniométrique les races qui sont comprises dans ce groupe ethnique sont loin de présenter les affinités qu’on leur a supposées. Et, en effet, si l’on voit dix Chillouk présenter l’indice céphalique moyen de 70, deux atteignent celui de 71,27. Puis on trouve huit Dinka avec l’indice de 7

83 et trois avec celui de 77,38. Les Foriens (quinze sujets) moins dolichocéphales se groupent autour de 78,80 ainsi que les Nouba proprement dits (78,85 et 77,84). Les Bornou et les Fertit se tiennent au contraire vers les indices de 76,40 et 76,66 et se placent ainsi entre les Nilotiques et les Noubiens.

Il résulte de l’étude des cent vingt et un Soudanais que j’ai observés à Assouan et de

celle des trente crânes mesurés dans diverses collections que les Soudanais orientaux pré-

sentent des types fort variés. Ceux-ci peuvent être séparés en catégories assez distinctes, surtout par leurs caractères anthropométriques. Etant donné que l’ensemble des familles nous intéressant ici ont un indice céphalique moyen (longueur-largeur) de 74,47, on remarque que les groupes Nilotiques, Tchadiens, Kanori et Noubiens se distmguent

très bien par ce seul caractère puisqu'ils s’échelonnent ainsi

Nilotiques.

Kanori-Bornou .

Tchadiens-Foriens .

Noubiens .

Au point de vue de l’indice nasal, cet autre caractère essentiel dans la plupart des races, les résultats de la comparaison sont moins probants car, tous étant platyrhiniens, il ne s’agit plus que de constater des nuances. L’indice nasal moyen étant de 102,44, voici

dans le même ordre ce que donne la mise en série :

KANOTÉBOLIOUE EC 100 NOUDIENS PE RER Re 102,44 NChatens = FOTION EN 104,76 INUIOÉQUES NE RE EN TA ET, 105

Pour lindice facial, le même fait se reproduit et on trouve les résultats suivants :

l'indice moyen général est de 105,60 ; on voit cependant des écarts dans les indices des

groupes :

Noubiens o 103,96 MCHAdIENS FOR EEE 105,55 Nilotiques 105,64 ÉÉMOMAEOONON à à à à à + + à à à + 109,08

La taille offre des différences plus grandes entre chaque groupe car, étant donné que la moyenne générale est de 1275, on trouve pour les groupes les chiffres suivants :

RAnOrI -BOLIOU RE dy NOUDIENS RE CC 173 HChATIENS HOLD EE 1hyES) INTOHQUES CC CC CR 1%80

On peut done conclure de ce qui précède que, parmi les Soudanais Orientaux, ce sont les Nilotiques qui sont les plus grands, les plus dolichocéphales et les plus platyrhiniens: que ce sont les Foriens qui viennent ensuite, ainsi que les Bornou, au point de vue céphalique. Pour l'indice nasal, ce sont seulement les Foriens qui se rapprochent le plus des Nilotiques ; toutefois, ils sont plus grands que les Bornou qui sont les moins platyrhi-

niens.

Fig. 199. — FEMME DixkA.

co æ

L'EcyPre.

En présentant, à la fin de la première partie de cet ouvrage, un résumé suceinct des caractères essentiels des anciens Égyptiens, aux diverses grandes époques historiques de

la vallée du Nil, j’ai exposé les conclusions provisoires qui s’en dégagent. En rappelant

aussi les nombreuses théories émises au sujet de l’ethnologie de cette population, sur les quelles je n’ai pas à revenir ici, j’ai montré qu’elles étaient toutes prématurées. La plupar

en effet, ne sont établies que sur des données archéologiques ou philologiques sans bases précises. Il est de toute évidence que rechercher des liens de parenté entre les Égyptiens actuels et les Égyptiens anciens, avant de les avoir étudiés en détail, à leurs divers poin Il en est de même des relations ethniques que l’on a voulu — d’après les anciens procédés — trouver

de vue, était sans doute œuvre louable mais frappée d'avance d’imsuec

entre les Egyptiens et les autres peuples de Afrique antérieure. Aussi, c’est pénétré de la nécessité de ne pas toucher à l’ethnogénie des peuples de l'Egypte avant d’en mieux connaître les caractères morphologiques et ethnographiques, que jai porté tous mes soins et toute mon attention à ce genre de recherches. Je ne méconnais pas l’importance des documents archéologiques et philologiques dans la solution de ce problème, mais ils doivent ici passer en seconde ligne.

Etant donné la complexité des milieux habités par les Égyptiens et la diversité des races qui ont émigré parmi eux, ou qui les avoisinent, j’ai dù étudier chacune d’elles par groupes locaux. J'ai dù étendre enfin mes recherches aux populations des pays limitophes de la vallée inférieure et moyenne du Nil.

Ce n’est qu'après avoir résumé les caractères divers de chacune de ces races et les avoir comparés avec celles qui paraissent présenter le plus d’affinités qu’il sera permis de répondre plus sûrement à cette question : Quelle est l’origine ethnique des Égyptiens, et à côté de quelles autres races faut-il les placer ?

La race éeyptienne composée des deux branches copte et fellah constitue le fond réel 8 Ï

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