‹ Recherches anthropologiques dans l'Afrique Orientale, ÉgypteChapitre 94 sur 106 · RÉSUMÉ E · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ E

T GONCLUSIONS

de la population de la vallée moyenne et inférieure du Nil. Elle présente une homogé—

néité générale aussi grande que peuvent

en offrir deux branches latérales d’une même

famille. Nos observations anthropométriques relevées dans dix localités différentes et

sur deux cent quatre-vingt-huit sujets

dont soixante-dix femmes — cent vingt-sept

Coptes et vingt-trois 9 ; quatre-vingt-onze Fellahin et quarante-sept ©? — montrent E t T oO

une population dont la peau présente des ou moins rougeàtre suivant qu'on lobse confins de la Nubie. Leurs cheveux, toujo

chez les vieux Thébains ; mais ils ne sont

nuances passant du blanc jaunätre au brun plus rve dans le Delta au nord ou dans le Saïd aux

urs noirs, sont souvent bouclés ou frisés comme

jamais laineux.

L’écartement bi-palpébral est moyen avec un indice de 30,88. L'ensemble est méso-

sème et mésorhinien avec un indice facia (Coptes 77,50 et Fellahin 77,77). La tèt de

», qui passe de 75,40 chez les Coptes Vindice céphalique moyen des vieux Egy

millimètres de celui des vivants.

moyen de 103,96 et un indice nasal de 78,26 e, souvent élevée, présente une dolichocéphalie à 75,53 chez les Fellahin. On remarquera (que

tiens, qui est de 75,25, ne diffère que de cinq

La taille est à peine au-dessus de la moyenne ; elle est de 1"66 chez les Coptes et de

1"63 chez les Fellahin. Les hommes dépassent fréquemment 1"70, tandis que les

femmes atteisnent rarement 1"60 surtou que les Coptes, les Fellahin et les vieu

: chez les Coptes. On voit, par ce qui précède,

x Egyptiens, pris en bloc, présentent les plus

grandes affinités morphologiques. Il est à remarquer aussi qu’à notre époque, comme au

temps de la plus haute prospérité pharaonique, soit entre les XI et XX° dynasties,

c’est dans le Saïd, le véritable cœur de l'Egypte, que se rencontre la plus grande homo—

généité dans le type du peuple.

Parmi les nombreux Arabes-Bédot que cent quatre-vingt-huit sujets dont

tribus différentes semi-nomades depuis longtemps dé I Ê I

fèrent peu des Coptes et des Fellahin, ai

La moyenne de la taille chez ces peuples «

uns répandus en Eg

rpte, je n'ai pu étudier vingt-trois femmes. Ils appartiennent à huit À si que de leurs frères de la région libyenn

ar la taille, les Bédouins dif-

lépasse rarement 1"68.

Ces tribus ont un indice moyen de 73,96 et présentent ainsi une dolichocéphalie plus

accentuée que celle de leurs voisins. L/indice facial, dont la moyenne est de 101,52, est des

plus hétérogènes, car à côté des Ouled-Ayaideh et des Ouled-Harabi, chez qui cet indice

est presque semblable à celui des Egyptiens, on en voit de beaucoup plus allongés comme Ca : 8

chez les Ouled-Aly. L’indice nasal est id

sont mésorhiniens avec une tendance cepe

entique à celui des Kellahin et des Coptes. Ils

ndant vers la leptorhinie chez quelques tribus

de l'Est. L’œil des Bédouins se rapproche par son aspect et ses diamètres de celui des

autres peuples qui les entourent.

Les Bedjah comprenant les trois grandes familles Ababdeh, Barabra et Bicharieh,

ont été étudiés par moi, à Lougsor et à

Assouan, au nombre de deux cent soixante

et un individus dont vingt-cinq femmes. Ce groupe parait moins homogène que le précé-—

dent, aussi bien par ses caractères morphol

des habitants du sol nilotique, les Bedjah sont sous-dolichocéphales avec un indice

ogiques qu’ethnographiques, Comme la plupart

moyen de 76,68, et se rapprochent, par les Barabra, plus des Berbères de Tunisie que des Égyptiens dont ils ne diffèrent pas trop cependant. L’indice nasal moyen de 82,22, qui en fait des mésorhiniens, se trouve plus élevé que chez les Éeyptiens. Cette mésorhinie est surtout accentuée chez quelques Barabra (83,72) ; mais on voit au contraire les Bicharieh, qui s’éloignent des Coptes et des Fellahim par l’indice céphalique (79), s’en rapprocher par Pindice nasal (7

La face des Bedjah est à peu de chose près celle des Égyptiens ; cependant les pre— miers sont plus souvent prognathes que les seconds. L’indice facial des uns est de 102,40 ; celui des autres de 103,96. La taille de ces familles, prises en bloc, ne diffère pas. Elle est

en moyenne de 166. Cette race offre — ainsi qu’on l’a vu en étudiant spécialement les Barabra — des rapports nombreux avec d’autres populations de Afrique antérieure, notamment les Danakils, les Somalis et divers Berbères de la Tripolitane, de la Tunisie et de l’Algérie. À ces groupes doivent se rattacher les Peuls dont on trouve des représen— tants depuis le lac Tchad jusqu’au Sénégal, puis les Akmar du Sennaar et quelques autres Négrils qui vivent au milieu des Soudanais.

Si nous résumons actuellement les caractères morphologiques des Soudanais Orientaux, nous verrons qu'à part leurs caractères négroïdes propres, tels que le prognathisme, la platyrhinie plus où moins accentuée et leurs cheveux laïneux, ils différent moins qu’on

pourrait le croire des Égyptiens et surtout des Bedjah. Il est intéressant de trouver chez

ces populations des indices céphaliques variant de 73,40 à 77. On sait, en effet, que

des relations nombreuses et constantes ont existé et existent encore entre les divers

groupes de ces peuples, et que, par suite, des métissages ont pu se produire et se produisent encore dans les parties nubiennes de la vallée du Nil.

De ce qui précède, doit-on conclure que c’est en Nubie, dans les déserts libyque ou arabique ou sur la vieille terre des Pharaons qu’il faut chercher les ancêtres des Égyptiens actuels ?

Les comparaisons que nous avons pu établir entre les caractères morphologiques des vieux Égyptiens et ceux des habitants actuels de la région centrale du pays semblent démontrer que — même pour les époques les plus reculées — l’autochtonie des Misraimites ne semble plus contestable. Il ne paraît plus possible d'aller chercher en dehors de cette contrée, riche entre toutes, les origines de cette race puissante dont la fécondité n’a d’égale que celle du sol qu’elle foule depuis tant de siècles.

Reste àexaminer cependant dans quelles mesures les Nubiens où Bedjah, les Ber— bères libyens et les Arabes-Bédouins ont pu modifier le type égyptien par leurs immiorations, s’ils n’ont pas contribué à sa formation sur certains points.

Il est intéressant — en cette matière — de rappeler la théorie proposée par Cham— pollion-Figeac après Heeren et divers autres auteurs faisant des Nubiens, et spécialement des Kenous ou Barabra de l'antiquité, les ancêtres des vieux Egyptiens, mais à laquelle rien n'autorise à s'arrêter.

Il est curieux toutefois de lire que les € anciens Égyptiens appartenaient à une race

d'hommes tout à fait semblables aux habitants actuels de la Nubie ». On remarquera,

d'autre part, que Costaz affirme, en parlant des Barbara, « que les Nubiens diffèrent Ï

essentiellement de tous les peuples qui les environnent; des Éeyptiens du nord, des Nègres du Sennaar au sud, des Arabes à l'Orient et à l'Occident. Ils forment une race dis incte, ayant sa physionomie et sa couleur particulières ; enfin, ils parlent une langue qui eur est propre, et dans laquelle ils se nomment Barabra.

Tout compte fait, vouloir trouver une ressemblance entre le type moyen des Égyp— iens anciens où même modernes et celui des Bedjah actuels pour affirmer entre eux des iens de parenté ou de descendance est une chose inadmissible @ priori. Cependant, si l’on considère que les Kenous modernes sont les descendants de Nubiens du temps de Nofer— ari la Belle ou même de celui de Sabakon, il est incontestable qu’ils peuvent présenter avec eux les mêmes rapports et différences que ceux que nous avons constatés entre les Éeyptiens de l'antiquité et les Coptes ou les Fellahin actuels.

Les traces du type bedjah peuvent se rencontrer au milieu des populations thébaine et saïte de la Haute-Egypte ; il a pu y être même prépondérant, à l’époque memphite.

Mais le type égyptien avec les caractères qui lui sont propres et qu’il possède encore, s’est affirmé de bonne heure entre la mer et la première cataracte, tandis que — au sud et à l’est — subsistait le type nubien primitif.

Quant aux Arabes dont le nom est souvent donné improprement aux Égyptiens, on eur a attribué une influence beaucoup plus grande que celle qu’ils ont eue en réalité. II y a eu, certes, chez les Égyptiens des infiltrations de sang arabe depuis l’apparition de Vislamisme et l’invasion de bandes nombreuses de disciples de Mahomet, mais le type de 2j9)

gyptien, de lhabitant réel de l'Egypte, s’en est relativement peu ressenti. Il parle l'arabe et suit — comme les Arabes — la doctrine de Mahomet, mais c’est tout. Au reste, ces deux peuples diffèrent totalement sous le rapport moral comme sous le rapport phy— sique. Et, en effet, bien qu'habitant de temps immémorial des régions presque contiguës,

es Eoyptiens et les Arabes présentent un contraste remarquable. D’un côté, on trouve ces

derniers énergiques, pleins d’une activité inquiète, toujours prêts à modifier leur genre de

vie. Tantôt nomades, à la recherche de pâturages nouveaux pour leurs troupeaux; tantôt agriculteurs, fixés au sol, ou bien groupés en villages populeux et élevant des villes et des cités fortifié

tantôt enfin, poussés par l’amour de la gloire ou l’ardeur du prosély— tisme, on les voit s’avancer dans les pays les plus éloignés. D’un autre côté, l'existence des Égyptiens s'écoule monotone au milieu de l'abondance que leur procure un sol mépuisable,

sans autre ambition que celle de vivre de leurs terres et de leurs trou eaux, Sans recherche de luxe, ni d'honneurs. Essentiellement pacifique, le Fellah ne quitte que rare— ment son pays, et n’accepte que par la force l'introduction des moindres c langements dans son genre de vie et dans ses habitudes.

Au point de vue physique, ces deux peuples offrent également des différences bien tranchées. Au lieu dela physionomie mobile et expressive, des traits effilés et fermes, de

la face maigre et parfois dure, des formes sveltes des Arabes, on trouve chez les Éeyptiens des formes délicates, des visages calmes, des traits doux et arrondis, des yeux longs

en amande, à moitié fermés, languissants et relevés aux angles externes, des lèvres

épaisses et saillantes, une bouche grande, mais souriante, un teint foncé et quelquefois

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