DOLICHOCÉPHALES SOUS-DOLICHOCÉPHALES
SOUS-BRACHYCÉPHALES BRACHYCÉPHALES Au-dessous de 75.00 de 75 à 77.17 de 77.18 à 80 le 80.01 à 83.33 83.84 et au-dessus » a 4 3 .3
PROPORTION POUR CENT
» Gil 36.3
e] S to
INDICE FACIAL
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT
Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ei au-dessus Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus
INDICE NASAL
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT
Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus
Agkxases. — Les quatre sujets de cette famille que j’ai observés à Poti ont les yeux généralement bruns et quelquefois gris verdâtre; lescheveux sont châtain plus ou moins foncé. L'indice céphalique moyen est de 83, mais aucun des individus étudiés ne présente ce chiffre. Deux d’entre eux ont des indices un peu supérieurs à 81, et chez les deux autres ils dépassent 84.
Ondoitremarquer que ces quatre sujets sont déformés, et que ce sont les deux plus brachycéphales qui ont subi les compressions inio-frontales et inio-breomatiques les
plus fortes.
Le visage est relativement étroit car l’indice facial moyen est de 77,38.
Le nez droit et allongé donne un indice moyen de 66,66.
OBSERVATIONS DE M. E. CHANTRE
INDICE CÉPHALIQUE
DOLICHOCÉPHALES SOUS-DOLICHOCÉPHALES SOUS-BRACHYCÉPHALES BRACHYGÉPHALES
s de 75.00 de 75 à 77.77 de 77.78 à 80 de 80.01 à 83.33 83.34 et au-dessus
PROPORTION POUR GENT
INDICE FACIAL
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR GENT
Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus jusqu'a 75.99 d 76 à 80 80.01 ct au-dessus
INDICE NASAL
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus Juqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus
Besuniis. — Le seul individu qui a été observé de cette famille montre des yeux un peu obliques et noirs et des cheveux noirs. Le nez, légèrement recourbé, donne un indice de 59.
Le visage ovale et court a pour indice 71,28. L'indice céphalique est de 82,2.
Cxarsoucus. — D’après M. von Erckert, cette population, dont on n’a mesuré que deux individus, rappelle, au plus haut point, le type sémite. Il a constaté pourtant que leurs yeux grands et noirs sont très obliques. Les cheveux sont d’un brun foncé. Le nez légèrementrecourbé et long donne un indice moyen de 61,1. Le visage large, aux pommettes saillantes, donneun indice moyen de 75,09.
La tête est souvent rejetée en arrière et présente quelquefois une léoère dépression
frontale. L'indice céphalique moyen est de 82,1.
OBSERVATIONS DE M. VON ERCKERT
INDICE CÉPHALIQUE
MISE EN SÉRIES
DOLICHOCÉPHALES SOUS-DOLIGHOGÉPHALES MÉSOCÉPHALES SOUS-BRACHYCÉPHALES BRACHYC ÉPHALES Au-dessous de 75.00 de 75 à 77.77 de 77.78 à 80 de 80.01 à 83.33 83.34 ct au-dessus
PROPORTION POUR GENT » » » » 100 INDICE FACIAL MISE EN SÉRIES ( PROPORTION POUR GENT Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ct au-dessus
re
ES
INDICE NASAL
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT
Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 «t au-dessus Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99
53 et au-dessus
Témiraoïs. — Ce groupe présente, comme le précédent, des caractères sémitiques.
Lesindividus mesurés, au nombre de six, montrent un type bien accentué sont uniformément bruns ou noirs ainsi que les cheveux.
Le nez, long et recourbé, donne un indice de 66,6. Les pommettes sont et l'indice facial moyen égale 77,05.
La tête, élevéeet souvent rejetée en arrière, aun indice moyen de 83. Ajo
quelques sujets présentent un léger prognathisme.
OBSERVATIONS DE M. VON ERCKERT
INDICE CÉPHALIQUE
MISE EN SÉRIES
: les yeux
saillantes
utons que
DOLICHOGÉPHALES sous-DoLIGHOGI PHALES SOUS-BRACHY CÉPHALES BRACHYCÈPHALES Ar-dessous de 78 00 de 75 à 77.77 de 77.18 à 80 de 80.01 à 83.33 83.34 et audescus » 1 d » 4 PROPORTION POUR CENT » 16.7 16.7 » 66.6 INDICE FACIAL MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR GENT Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ct au-dessus Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus 1 4 1 16.7 66.6 16.7 INDICE NASAL MISE EN SÉRIES PRORORTION POUR CENT Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 ct au-dessus Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus » » 6 » » 400
PEUPLES CAUCASIENS 447 Moxocnes er Narouraïs. — Ces deux familles, de chacune desquelles M. von Erckert n’a étudié qu'un seul individu, paraissent offrir les plus grands rapports avec les précédentes. Leurs yeux et leurs cheveux sont également noirs. Le nez est droit et donne un indice moyen de 66,7 chez les Mokoches et de 65,4 chez les Natoukaïs.
L'indice facial moyen est de 73,84 chez les premiers, de 19,12 chez les seconds. L'indice céphalique moyen est de 18,5 chez les Mokoches et de 83,8 chez les
Natoukaïs.
Kararcxaïs. — Cette famille, dont la place dans le groupe tcherkesse est loin d’être démontrée, mais qui ne semble pas davantage appartenir au groupe ouraloaltaïque, comme on l’admet généralement, n’a été que très peu étudiée jusqu’à ce jour. l
Les cinq individus mesurés par M. von Erckert paraissent être d’un type brun, d’origine plutôt sémitique que mongole. Comme chez les Kabardiens, leurs voisins, dont ils se rapprochent d’ailleurs sous bien des rapports, le nez est droit et quelquefois recourbé. L'indice nasal est de 65,4.
Levisageest large, avec des pommettes très saillantes; l'indice facial est de 81,15.
La tête, généralement élevée , et rejetée en arrière, présente souvent un aplatisse-
ment marqué de toute la partie occipitale. L'indice céphalique est de 81,1. Les yeux,
pour la plupart bleu verdâtre, sont quelquefois châtain clair. Ilestà remarquer que dans les types: que j'ai figurés planches IX et X, on retrouve
réunis la plupart des caractères sur lesquelles je viens d’appeler l'attention. On voit
apparaître, en effet, sur la physionomie de ces sujets tantôt les traces de l'influence des Sémites (Juifs où Arabes) qui ont pénétré dans ces hautes vallées à diverses époques, tantôt celles des peuples ouralo-altaïques qui, de toute antiquité, ont
envahile pays.
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Le nombre des crânes tcherke
»s envoyés à Moscou par MM. Tchermienski et
Andriew s'élève à plus de cent. Cette précieuse collection se compose de vingt-sept
crânes d'Abkhases, de vingt de Natoukaïs et de cinquante-trois de Chapsoughs. Ces trois séries de crânes ont été, de la part de M. Bogdanow et de M. Tichomiroff,
l’objet d’un travail très important dont je résumerai ici les résultats principaux.
ABKHASES. — Les crânes composant cette série appartiennent à des Abkhases purs, à des Samourzkhan, à des Tsébeldiens, à des Sadjek, à des Doumat et à des Abazes. Dans la collection, ce sont les Abkhases qui sont les plus nombreux. D’une façon générale, on peut dire que l’onest en présence de crânes courts, c’est-à-dire brachycéphales. La plupart présentent des indices céphaliques supérieurs à 80 et montant jusqu'à 91,87. On pourrait en citer même qui ont jusqu'à 93,12; mais comme on se trouve sans doute en présence d’un cas pathologique, c’est-à-dire d’un hydrocéphale, il doit être mis hors de série. D’autre part quatre individus qui n’ont que
18,36 et 78,21 et deux 75,27 et 13,93, par conséquent mésaticéphales et dolicho-
céphales, sont des exceptions manifestes dont on ne doit pas tenir compte, si l’on veut se faire une idée exacte du type abkhase.
M. Tichomiroff s’est demandé d’où pouvait venir cette brachycéphalie si carac-
A ua
téristique des Abkhases, et il n’a réussi à l'expliquer que par la présence,
apparente, d’un aplatissement de l’occipital. La hauteur est généralement grande par
rapport au petit diamètre; la hauteur moyenneest de 80, il en est qui présentent jus-
qu'à 90. Le diamètre horizontal est petit ainsi que le diamètre vertical. La face est large, surtout dans la région frontale; le diamètre minimum est entre
86 et 107, les plus grands donnent 106 et 130. La hauteur du front est donc grande.
Le diamètre bi-zygomatique entre l’ophrion et le point alvéolaire donne 62,04 et 67,26. La moyenne pour le diamètre bi-zygomatique est 66.
L'indice nasal est de 47; les Abkhases sont donc leptorrhiniens. La hauteur des orbites est très orande. Il y en a qui donnent un indice de près de 100 et les deux tiers présentent un indice de 85.
Les Abkhases appartiennent à une race brachycéphale avec un crâne haut,
l’occipital aplati, la face large, orbite haute et le nez étroit.
Narouxaïs. — Les crânes trouvés par M. le D' Andriew dans le pays des Natou-
kaïs ont beaucoup d’analogie avec ceux des Abkhases. Cette analogie est frap- | pante, a priori, sur les crânes masculins. Ceux-ci diffèrent essentiellement des 1l1 crânes féminins par l'étendue de la courbe horizontale. Alors que chez les hommes, Il elle donne 564, 524, 510,elle ne monte chez les femmes qu’à 491, 495 et510. Gette [l différence est assez remarquable, puisque le maximum de la courbe chez les femmes est égale au minimum de celle des hommes.
| L'indice céphalique diffère considérablement entre les Abkhases et les Natoukaïs,
puisque chez ces derniers douze individus sont dolichocéphales avec 75,27 et 15,78,
il de 80,4:
Abkhases. Quant à la courbe verticale, elle va chez les premiers de 481 à 540,
| | tandis que sept sont mésaticéphales et un seul sous-brachycéphale, avec un indice | . D'une manière générale, les crânes natoukaïs sont plus bas que ceux des |
(LE tandis que chez les seconds, elle varie de 521 à 562. Les crânes de cette famille
offrent donc les caractères suivants : tête moyenne avec tendance vers la dolicho-
céphalie, occipital bombé, crâne élevé et large.
|| Cuarsoucns. — Les crânes de cette série diffèrent davantage encore de ceux des Abkhas
céphales. Ils ont les orbites moyennement basses, et sont pour la plupart mésorrhi-
que les précédents. Ils sont en général mésaticéphales ou sous-dolicho-
niens.
Si l’on compare, maintenant, les caractères craniométriques propres à chacune pare, ques prop de ces trois familles, on verra que si quelques-uns les rapprochent, plusieurs les
séparent d’une façon assez tranchée.
On voit, en effet, que l'indice céphalique des Natoukaïs, qui varie de 75,27 à 75,18, monte de 78,03 à 19,03 chez les Chapsoughs. Cette sous-dolichocéphalie passe à la brachycéphalie chez les Abkhases qui atteignent des moyennes variant de 83,64 à 86,54, et même 91,89. On remarque au contraire que le brachycéphalie est caractéristique chez les Natoukaïs et les Abkhases actuels, car leurs indices
moyens sont de 85,2 chez les premiers et de 83,8 chez les seconds, tandis que
chez les Chapsoughs il ne dépasse pas le chiffre de 82,09.
Les tableaux dressés par M. Tichomiroff montrent la gradation ascendante de l'indice céphalique dans ces trois groupes de crânes tcherkesses. On y voit aussi que
(| les Natoukaïs ont 60 pour 100 de dolichocéphales, et les Abkhases 60,87 pour 100
PEUPLES CAUCASIENS 153 de brachycéphales, tandis qu’on n’en trouve que 34,78 pour 100 chez les Chapsoughs.
L’indice facial présente un intérêt tout particulier, car il montre que les faces étroites sont assez fréquentes sur ces crânes de même que sur les individus vivants qui ont été mesurés chez ces races. On doit remarquer toutefois que les Abkhases présentent des faces un peu plus larges que les deux autres familles, En ce qui concerne l’indice orbitaire, il est, dans ces trois séries, plus variable que l'indice facial. En effet, on trouve les orbites basses et étroites sur les crânes natoukaïs dans la proportion de 50 pour 100 et dans celle de 30,76 pour 100 chez les Chapsoughs et de 20 pour 100 chez les Abkhases.
Le nez est étroit chez la plupart des peuples dont nous étudions les crânes. On
remarque pourtant que les leptorrhiniens se trouvent dans la proportion de 50 pour 100 chez les Abkhases et chez les Natoukaïs, tandis qu’il s’en trouve 40 pour 100 chez les Chapsoughs.
Le palais est généralement large dans la plupart des crânes des Tcherkesses. Chez les Abkhases, on le trouve large dans la proportion de 87,50 pour 100; chez les Chapsoughs de 81,39 pour 100, et chezles Natoukaïs de 61,10 pour 100. |
Il résulte de ces observations que le type abkhase parait être plus pur que parmi |
; : HET | les peuples tcherkesses qui ont été étudiés. Leurs caractères craniologiques et céphalométriques sont beaucoup plus constants. Dans les deux séries d’observations la proportion des brachycéphales est de 60 pour 100. Viennent ensuite les Natoukaïs il qui paraissent un peu plus mélangés que les précédents et enfin les Chapsoughs. 1 = 4 qL |
Les Ossèthes, plus
GSSETHES
connus sous ce nom que sous celui de Osses, s’appellent eux
mêmes Zrons et donne à leur pays le nom d’Zronistan.Tls habitent les hautes vallées
du Caucase dans la ré,
dans les vallées du T'
ion du mont Kazbek. Leurs aouls ne se voient pas seulement
érek et de ses affluents l’Ourouch et le Phiag-don où abondent
de splendides pâturages, mais plus de la moitié sont établis sur le versant méridional
de la chaîne. C’est avec les Géorgiens un des groupes ethniques les plus considéra-
bles du Caucase. D’après Seidlitz', la population ossèthe s'élevait à cent dix mille
huit cent quatorze s'élève aujourd’hui à
L'origine de ces m
voyageurs et des his
Ossèthes ou Ovtsé, q
nabitants, mais d’après le dernier recensement de 1881, elle plus de cent vingt mille.
ontagnards a donné lieu à beaucoup d’hypothèses de la part des oriens. Voici ce que Klaproth rapporte sur ce peuple : « Les
ui s'appellent eux-mêmes Zron, habitent à l’ouest des Æistes
et du Térek supérieur. Leur langue et plusieurs indices historiques démontrent que
ce peuple est une co
onie mède qui, dans les temps reculés, fut transportée dans le
Caucase. Je les regarde comme les Sarmates Mèdes des anciens, et comme les
restes des Alains et des Azes du moyen àg
1 Carte ethnographique, ? KiaproTH, Tableau du
dernière édition.
Caucase, p. 65.
D’aprèsles auteurs du Bas-Empire et du moyen âge les Ases seraient des Alains,
quelques ethnologistes le croient aussi. Sont-ils des Ases comme ceux qui émigrè-
rent en Scandinavie ? Ne sont-ils que le croisement de quelque race locale avec des
Sémites, Juifs où Arabes venus du Sud? Faut-il voir en eux des frères des Germains plutôt que ceux des Persans ?
Bayern n’hésitait pas à voir dans les Ossèthes les restes d’une tribu du peuple juif
dont il cherchait à retracer l’histoire au Caucase. M. Vivien de Saint-Martin est disposé à les rattacher aux Ases qui émigrèrent en Scandinavie avec lOdin de la légende. Mais il est historiquement reconnu que les Ases sont beaucoup plus anciens au Caucase que les Alains. De plus, les Ossèthes ne se sont jamais attribué le nom d’Ases qui ne semble pas leur être inconnu cependant ; ils l’appliquent eux-mêmes, jarait-il, aux tribus turques de Balkar et du Karatchaï dans les vallées supérieures de a Malka et du Kouban, aux confins occidentaux de l'Osséthie.
Suivant M. Pfaff, les O u modifier le type primitif des premiers, mais ils ne sont pas leurs ancêtres. Il
thes sont bien plus anciens que les Alains; ceux-ci ont
ui paraît démontré qu'il y a de grandes affinités entre les Ossèthes et les Arabes de Syrie et d’Asie Mineure. D'autre part, se basant sur la mythologie grecque, il
aux Cimmériens de la région de Synope et de
end à assimiler ces peuplades
Trébizonde, autre peuple qu'il lui est, d’ailleurs, assez difficile de définir.
lerai que Diodore de Sicile, d'accord avec la Chronique géorgienne,
Enfin je rappe
affirme qu’une colonie de Mèdes fut emmenée par les Seythes en Samartie, et que
c’est de ce groupe que descendent les Ossèthes.
Comme toutesles peuplades dont les annales n’ont pas été écrites, les Ossèthes ont des légendes difficiles à expliquer. Ainsi, ils prétendent que leurs ancêtres sont partis du Don ou Tanaïs, tandis que Diodore de Sicile dit qu'ils étaient originaires de la
tie des hordes guerrières de ces régions, ce qui s’accorde mieux,
Médie et faisaient par rit des Ossèthes actuels. Les Mèdes habitaient l'Afghanistan ou le
du reste, avec l'esp
Béloutchistan, et ils ont pu se mêler aux Massagètes où Seythes du nord en passant
dans les régions de la mer Caspienne, puis dans la Perse, la Turcomanie, d’où ils ont
pu venir facilement au Caucase. Dès à présent, il est impossible de présenter cette ypothèse comme démontrée.
hypothèse ame démont
la variété considérable de types que l'on rencontre en Osséthie, le
A enjuger par
Er
race est fort mélangée. On y retrouve certains traits du Géorgien, de l’Arménien, du Kabardien et même du latar suivant les localités. Quelques familles nobles se disent, les unes d’origine tatare, les autres d’origine géorgienne ou kabardienne, d’autres enfin prétendent à une descendance israélite. Bien qu'il soit difficile de vérifier l'exactitude de ces assertions dont le point de départ est souvent intéressé, on peut constater toutefois des traces de ces dernières origines.
En somme cette population, dont la provenance reste encore bien incertaine, est tout aussi caucasienne que celles qui l’environnent. Elle n’a d’iranien que la langue, son nom d’Iron et celui d’Ironistan qu’elle donne à son pays ; tous ses autres caractères l’éloignent du type iranien, et, dès lors, il est plus naturel de la placer parmi les populations caucasiennes.
On divise actuellement les Ossèthes en quatre tribus principales, les Z'agaours, les Digoriens, les Kourtatines et les Alaghirs. Il existait jadis des différences assez
notables dans l’état social de ces familles. Gelle de Tagaour se subdivisait en trois
classes représentant la noblesse, la classe moyenne libre, et les serfs qui comprenaient
deux catégories : la première qui possédait certaines prérogatives et sur laquelle la
haute classe n’avait pas droit de vie et de mort; la seconde était composée de véri-
sion
tables esclaves que les nobles pouvaient tuer au gré de leur caprice. Une div
assez analogue existait chez les Di
oriens. Quant aux Kourtatines et aux Alaghirs.
ils n’ont jamais eu d’aristocratie et jouissent tous des mêmes droits, mais ils envoient
leurs enfants chez les nobles des Tagaours afin d’y apprendre l'étiquette et les bonnes manières.
La langue parlée chez ces sociétés diffère peu, elle est cependant plus spéciale chez
les Digoriens, à cause, sans doute, de l’isolement dans lequel ils ont vécu.
L’Ossèthe est loin de posséder la beauté physique du vrai Caucasien. Il n’a nila souplesse ni l'élégance du Tcherkesse et du Kabardien; il lui manque cette hardiesse d’allure, cette dignité et ce courage que l’on admire chez ses voisins. Son cœur est également étranger aux sentiments si naturels d'indépendance et de patriotisme qui sont le plus bel apanage du fier et farouche montagnard du Caucase. Il se donnait autrefois au plus offrant, et entrait comme mercenaire dans les armées des Géor-
giens, des Byzantins et des P
sans qui le recrutaient jusque dans ses montagnes.
PEUPLES CAUCASIENS 157 Ce genre de vie conduisit les Ossèthes à la plus grande démoralisation : ils devinrent bandits et voleurs. Ils remerciaient et remercient encore le dieu du pillage Saoubereg qui, monté sur un cheval noir, exhorte le bandit et lui montre le chemin. Malgré les mesures énergiques prises par la Russie pour mettre fin à cette vie de brigandage, ils se hasardaient néanmoins, il a peu de temps encore, dans les plaines de la Kabarda dans l'espoir de faire des razzias : « Ce que nous rencontrons sur notre chemin, c’est Dieu qui nous le donne, disent-ils. » Lors de la conquête russe, tandis que les peuples voisins se battaient en désespérés,
les Ossèthes ne firent rien pour garder leur indépendance. Quoique possesseurs des Ï 8
points stratégiques les plus importants de la chaîne centrale, ils laissèrent les Tcherkesses et les Lesghiens succomber isolément. Au lieu de prendre dans cette guerre sainte le premier rang qui leur appartenait, ils ont préféré attendre, pour prendre un pari, que la victoire eût décidé en faveur des Russes. Un peu plus tard, le gouvernement déclara biens de la couronne toutes leurs terres de la plaine, et y fit
descendre les montagnards suspects.
Malgré la réputation peu flatteuse que se sont faite les Ossèthes, et que les conquérants ont certainement exagérée, je n’ai eu qu'à me louer de leur hospitalité
durant les quelques semaines que j’ai passées parmi eux, dans la vallée de Koban.
Il est vrai que j'étais guidé et reen par l’un de leurs chefs, le prince Kanoukoff o ; ?
PI. XX), que mes intentions pacifiques étaient bien connues, que pour armes ie ? que F J n'avais qu'un flacon de quinine, du vo/ka, mes instruments de photographie et d’anthropométrie, et enfin que je n'avais pas d’escorte, car, sur l'avis de mon prince ossèthe, j'avais laissé au dernier poste russe les cinq Cosaques que le gouverneur de Vladikavkas m'avait offerts avec empressement pour m’accompagner et
me défendre, en cas de besoin.
Les mœurs des Ossèthes ont été décrites par plusieurs voyageurs. La plupart de leurs récits sont contradictoires, car peu d’entre eux ont pu pénétrer facilement chez ce peuple. Il est un fait constant toutefois, c’est la présence parmi eux de plusieurs usages européens. [ls se servent de lits, detables, de sièges, de cuillères et de fourchettes, objets qui n'existent pas ailleurs au Caucase. Ils saluent, embrassent, et serrent
la main à l’européenne, font la bière comme les Allemands, et, dans certaines vallé Cauc. IV
158 RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE ils se construisent des maisons de bois recouvertes de pierres qui ressemblent aux
ent des habita-
granges des Alpes. Dans les vallées où le bois manque, ils se bà
tions en pierre sèche qui affectent la forme de tours plus où moins fortifiées. Ils n’ont
1! aucune aptitude pour le négoce, maïs ils sont industrieux et pourvoient eux-mêmes à la confection de leurs vêtements et des objets mobiliers qui leur sont nécessaires. {| Le talion est leur loi souveraine, et ce n’est pas impunément que l’on brave ou | que l’on déroge à l’usage. Le rapt est simulé le jour du mariage. La polygamie | existe parmi ceux qui sont musulmans, et, dans cecas, la première femme traite en
esclaves les enfants de ses compagnes. L’Ossèthe chrétien et pauvre n’a qu’une seule
épouse qu'il achète à sa famille et dont le prix, parfois fort élevé, de trois à
quatre cents roubles, avaitété abaissé parles anciens de concert avec l’administration
russe, à cent roubles seulement. Mais sur l’insistance des Kourtatines et de la plupart
des tribus musulmanes, on revint peu à peu à l’ancienne coutume ruineuse pour ce peuple déjà si pauvre. Outre la dot qu'il payent aux parents de la fiancée, le futur doit encore pourvoir aux frais des interminables festins donnés en cette occasion. Il n’est donc pas étonnant que l’Ossèthe, peu cultivé, considère la femme qu'il a achetée comme sa chose, son esclave et que, par suite, la mésintelligence règne continuellement dans la plupart de ces familles.
Les dépenses du mariage sont loin d’égaler celles qui se font à l’occasion des décès,
ins suivis de courses
lesquels donnent lieu à d’invraisemblables fe , très analogues à ceux que nous avons sionalés chez les Khevsoures. La femme ossèthe, de même que la Lesshienne, est l’esclave de l’homme; c’est elle qui fait tous les travaux pénibles.
Le costume des Ossèthes est celui des autres montagnards caucasiens. Ils portent, en général, une chemise de toile grossière, et, par-dessus, une tcherkeska de couleur brune. Ils sont chaussés de sandales, et, le plus souvent, vont pieds nus. En hiver ils portent des guêtres. Les hommes riches ne se distinguent pas des pauvres; ils affectent de sortir avec de vieux vêtements, gardant les neufs pour les grandes occa-
sions. Ils mettent tout leur luxe dans leurs armes.
Le costume d’apparat diffère beaucoup de celui de tous les jours. La chemise de
toile est beaucoup plus fine, le oilet et la tcherkeska ou {sowka sont faits d’un drap
également fin et de couleur: bleue où maron, quelquefois rouge. À la ceinture, très
serrée, est suspendu le kindjal (kama) et par côté un ou plusieurs pistolets (dambatza). Enfin un sabre, un baudrier et un fusil complètent leur attirail.
Ils sont coiffés du papak élevé (kowd) en agneau noir. Ils ne le quittent presque jamais, parce qu'ils se rasent la tête. La nuit il leur sert d’oreiller. Le papak ossèthe est conique comme celui des Géorgiens. Ils ont de belles et anciennes armes, parmi lesquelles on remarque de magnifiques lames de sabre damasquinées qu'ils manient avec légèreté et adresse, Leurs meilleures armes viennent des Tcherkesses, ils les
appellent armes de Crimée en souvenir des anciens et célèbres armuriers de Baktchi-
Saraï qui en fournissaient le Caucase. Quelques-unes d’entre elles portent des
inscriptions génoises et ont une très grande valeur aux yeux de ce peuple.
Les femmes ossèthes sont malpropres, surtout dans leurs vêtements. Elles portent une chemise en toile grossière qui descend jusqu'aux chevilles et de larges pantalons d’étoffe brune. Les jours de fête, elles revêtent un costume de couleur voyante. Suivant la saison, elles portent par-dessus la chemise une longue robe d’étoffe plus ou moins chaude. Elles ont une chaussure semblable à celle des hommes, excepté en été où elles sont le plus souvent nu-pieds . Elles se couvrent la tête d’un mouchoir avec lequel elles se cachent la figure lorsque passe un homme.
Les jeunes filles portent leurs cheveux en tresses et s’entourent la tête d’un foulard J E
de soie de couleur. Dans la classe riche, la femme ossèthe se couvre la tête d’un voile d’étoffe fine et blanche ou de mousseline brodée noué sous le menton, et dont les
bouts sont rejetés en arrière. La chemise de dessous est en soie cramoisie comme
chez les Kabardiennes. La robe, ouverte sur la poitrine, se boutonne à la taille; les manches sont courtes et étroites. L’étoffe est généralement à fleurs et de couleur claire. Une ceinture ornée d’une boucle en argent entoure la taille. Elles portent par-dessus la robe une veste très courte qui se croise sur la poitrine et qui est garnie de broderies, de brandehoures et de boutons d'argent comme celle des Kabardiennes. Le mouchoir est dans la ceinture; les bas sont très communs.
L'usage est répandu chez les Ossèthes de faire porter aux jeunes filles un corset en cuir, et souvent aussi, d’après quelques voyageurs, une sorte de ceinture de chasteté en toile forte reliée à la taille et qui ne s’enlèvent que le jour du mariage.
La condition des femmes est des plus misérables. Ces pauvres créatures tra-
vaillent du matin au soir, sans trêve ni repos, ni jamais de fêtes. Elles pourvoient
ae
EE
à tout dans la maison, s'occupent des travaux les plus grossiers et les plus pénibles en même temps que des ouvrages les plus délicats de broderie. Les hommes se contentent de les regarder faire, car ils considèrent le travail comme déshonorant.
Les femmes ossèthes ont encore ceci d’européen, c’est qu’elles ne fuient pas la société des hommes. Les deux sexes se fréquentent librement, s'amusent et dansent ensemble. Elles vont à cheval comme leurs maris, et faisaient, jadis, partie de leurs expéditions.
Les Ossèthes ne s’appellent jamais de leur nom de famille, les femmes notamment ignorent souvent les noms de leurs père et mère. Une remarque qui a également sa valeur, c’est qu'un grand nombre de noms de familles ossèthes ressemblent à ceux des Tatars ou des autres peuples qui les avoisinent. Au reste, on trouve chez les tribus du sud des noms fréquents dans les tribus du nord. On a remarqué enfin que dans les mêmes localités où le type paraît être resté le plus pur, on rencontre également la persistance de la plupart des usages de la vie patriarcale, et la présence
d’un nom de famille unique pour tous les habitants d’un même village.
Les maisons des Ossèthes sont construites, suivant les localités, en bois, en
pierre ou en branchages enduits de terre. Les constructions établies dans les vallées
diffèrent beaucoup de celles des défilés; dans ces derniers, elles sont ados à la montagne. -
Dans quelques anciens aouls, on remarque que les chambres ont été creusées
ans le rocher même. Le rez-de-chaussée est occupé par les
pavé et couvert de fumier ; celui-ci, enlevé rarement, est placé ’été, on en fait des mottes pour le chauffage. Les murs son pierre quand ils ne sont pas taillés dans le roc. On arrive au
ssièrement fai
escalier extérieur en pierre très étroit et très gr
balcon, sur lequel s'ouvrent les chambres par des portes étroi
en permanence, durant la mauvaise saison. Au-dessus, est situé
ièces sont sombres et dépourvues de fenêtre, la lumière ne
a chambre à provisions se trouve la grande salle commune qu’un poêle chauffe
animaux. Le sol est au milieu de la cour; faits de gros blocs de premier étage par un , terminé par un petit
es et basses. À côté de
le grenier. Toutes ces
passe que par la por
entr'ouverte ou par le trou de la cheminée. Celle qui renferme les provisions est garnie
de coffres faits de troncs d’arbres dans lesquels on conserve
e pain et la farine, et
d’une quantité d'objets divers gisant péle-méle. La chambre de famille est des plus
PEUPLES CAUCASIENS 161 caractéristiques : au milieu se trouve le foyer composé de quelques pierres au-dessus duquel est accrochée une crémaillère antique terminée par un crochet auquel est suspendue une marmite en cuivre. La crémaillère est considérée comme un objet sacré et la jeter serait insulter mortellement le maître de la maison. Tout autour du foyer sont disposés des troncs d’arbres qui servent de sièges. Les autres meubles sont un
divan et un fauteuil en bois de forme spéciale, siège d’honneur réservé au chef
de la famille ou à un hôte de distinction. Les chaises et les tables sont toutes à trois pieds, comme chez les Khevsoures.
L’Ossèthe a son chant national dont l'harmonie, composée de sons hauts et bas,
est très monotone. Son instrument de musique est une sorte de guitare ronde. Ils dansent au son de cet instrument en s’accompagnant de chants et de battements de mains. J’ai eu l’occasion, pendant mon séjour à Koban, d’assister à une de ces danses, malheureusement elle n’était pas accompagnée par la guitare nationale,
mais par un vulgaire accordéon estropiant quelques-uns de nos airs à la mode.
Les Ossèthes, qui se disaient mahométans, pour la plupart, avant la conquête russe, font aujourd’hui profession d’être chrétiens et partagent leur vénération entre saint icolas et le prophète Elie. D'ailleurs, peu fermes dans leurs croyances, ils avai Nicolas et le prophète Elie. D'ailleurs, peu fermes dans leurs croyances, ils avaient
déjà changé
trois fois de religion pendant les dix derniers siècles.
Is étaient chrétiens avant le x° siècle; à cette époque ils embrassèrent l’islamisme pour revenir au christianisme sous le règne de Tamara; au xv° siècle, ils se firent mahométans pour la seconde fois, et'ils sont officiellement chrétiens aujourd'hui. Néanmoins, il est plus juste de dire qu’ils sont chrétiens et mahométans tout
à la fois, et que leur culte est un singulier mélange de pratiques chrétiennes et
païennes. C’est au savant philologue de Moscou, M. Miller, que nous empruntons
la plupart des renseignements ayant trait aux superstitions, croyances, contes, etc., des Ossèthes, qu'il a observés et relevés lui-même sur place, et qui font un si intéressant appendice à son ouvrage important sur les idiomes de cette race *,
Ainsi l’Ossèthe fait le signe de la croix, observe certains jeûnes, va quelquefois à
l’église, se souvient du nom du Christ et de quelques saïnts, mais en même temps il
4 Mixcer, Étude sur la langue et les origines du peuple ossèthe, ? vol. in-8 en russe. Moscou, 1882.
‘Al
fait des pèlerinages aux dzouures, sacrifie des moutons, des boucs et des bœufs, et ne songe ouère que toutes ces pratiques ne sont pas tout à fait d'accord entre
elles. Il connaît peu la morale chrétienne qui, d’ailleurs, le contrarie beaucoup dans
ses actes; quant aux dogmes, ils lui sont complètement incompréhensibles.
| Grâce aux missionnaires grousiens, le christianisme a eu de bonne heure le dessus sur le mahométisme en Osséthie, et l’on trouve en très grand nombre, dans ses val- | lées, d'anciennes églises, pour la plupart en ruines. Quelques-unes d’entre elles ont été converties en dzouares. La religion de Mahomet, introduite en Osséthie par les
Kabardiens, réussit aussi peu que le christianisme, c’est-à-dire ne fit qu’effleurer
la population. Ceux-ci connaissent le nom de Makhamat, fils du Soleil, observent
| le vendredi, jeûnent pendant le Ramazan, mais ils n’ont jamais quitté complètement
le christianisme pour la nouvelle religion.
Le dieu le plus élevé du paradis ossèthe est, paraît-il, Æhoutzaou. Les Ossèthes croient et croyaient même avant le christianisme à un Dieu unique, invisible et tout-puissant, siégeant quelque part dans le ciel et gouvernant le monde. Le nom de Khoutzaou est souvent répété dans toutes leurs prières, car ils voient en lui la cause de leur bonheur ou de leur malheur, celui qui leur envoie les mauvais esprits. D’un de ces esprits dépend la récolte, d’un autre la santé du bétail; un troisième protège les animaux sauvages ainsi que les chasseurs, un quatrième les abeïlles, etc. Les Ossèthes ne donnent pas à ces esprits le nom de dieux, mais il est évident cependant que ces génies jouent chez eux le même rôle que les dieux des anciens Slaves, des Grecs et des Germains. Le nom de Zzouare, synonyme
du mot grousien gvari, veut dire prie-Dieu ou lieu saint, ete. Les Ossèthes donnent
également le nom de dzouare à l'étoile filante qui glisse le long de la voûte céleste. Ils croient que l'endroit où elle tombera sera un lieu saint, et l’homme qui a vu filer l'étoile fait apprêter immédiatement trois petits fromages, puis va prier sur le dzouare. Une chose non moins curieuse à citer, c’est que chez les Ossèthes, chaque
individu a un protecteur céleste, et quand on veut insulter quelqu'un on mêle aux
injures le nom de son ange gardien : ainsi une mère mécontente de son fils lui dira : « Que l’ange qui t{’a donné le jour aille au diable, ete. » Parmi les autres puissances du paradis des Ossèthes se trouve Ovatzilla, esprit
des cieux gouvernant le tonnerre et les éclairs. Ce nom est composé de owolz dont
PEUPLES CAUCASIENS 163 la signification est inconnue, et de Z{{a,nom du prophète Élie. Lorsqu'un homme est ué par la foudre, ils disent qu'Ouatzilla lui a envoyé une flèche, et la cherchent à erre tout autour de l’endroit où la foudre est tombée. Le malheureux ainsi foudroyé, ce qui est considéré comme une marque du mécontentement du dieu, ne peut être inhumé dans le cimetière commun. Les parents asseyent le cadavre sur une chaise, et e descendent dans une tombe creusée à l'endroit même où a eu lieu l'accident. Mais si des pluies viennent à suivre la cérémonie de l’enterrement, on attribue encore cela à Ouatzilla, et, sur la demande des habitants de l’aoul, les parents délerrent l’infor-
uné et l’ensevelissent d’une autre
n. Le cadavre est placé sur une araba attelée de deux jeunes bœufs, qu’on laisse aller où ils veulent, et c’est à l'endroit où les bêtes s’arrêtent qu'est enterré le mort, car la famille croit que cette place a été
choisie par Ouatzilla lui-même. On procède de la même façon pour un objet atteint
par la foudre, et il est défendu d’éteindre un incendie allumé par le feu du ciel. 1E
représenté sur un magnifique cheval blanc. Il est le persécuteur des voleurs, des
Ouastirtzy-Ouaskeurquy où saint Geore orotecteur des hommes, est toujours
assassins et des calomniateurs, le protecteur des honnêtes sens et des animaux domes-
tiques : c’est le saint le plus populaire. Son nom est souvent prononcé dans les jurons
et les bénédictions. Les légendes les plus nombreuses circulent sur son compte.
Parmi les autres esprits on place Towtyre, protecteur des loups. Les Ossèthes
croient que Toutyre est le berger des loups et que sous sa garde, ces derniers ne peuvent faire du mal ni à homme ni au bétail. Aussi l’Ossèthe appelle-t-ilToutyre à son secours en disant : «O0 Toutyre! mon troupeau et moi nous sommes sous ta protection, nous sommes tes hôtes, sauve-nous de la gueule de tes loups, fais-les partir au loin! » Felvéra, le meilleur de tous les esprits, est le patron des moutons : il est modeste et doux et ne fait de mal à personne. Quand un Ossèthe veut flatter quelqu'un sur sa douceur et sa modestie, il dit: « Il ressemble à Felvéra. » Ce dieu préfère le dzoukha, mélange de fromage et de farine, au sacrifice d’un être vivant : c’est ce qui lui a valu à la longue le surnom de mangeur de fromage.
Les Ossèthes racontent qu'un jour Jes deux saints Toutyre et Felvéra, causant sur
leurs troupeaux, se demandèrent lequel des deux était le plus aimé. Felvéra, natu-
rellement, s’estimait heureux d’être le patron des moutons que tout le monde aïme
également; son compagnon Toutyre, qui en était jaloux, quoiqu'il ne voulût pas en
mn LE 0
164 RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE convenir, se mit à lutter, tout en plaisantant, avec ce dernier, et le frappa d’un si vigoureux coup de poing à l’œil gauche, que le protecteur des moutons perdit la vue de ce côté, Toutyre s’excusa de sa prétendue maladresse, sur quoi Felvéral’embrassa et lui pardonna. Le premier ordonna alors à son loup favori /e Gris de communiquer à ses camarades la nouvelle de la perte de l’œil gauche de Felvéra, et, depuis ce temps, les loups attaquent toujours les troupeaux du côté gauche.
Avsaty est le protecteur des animaux sauvages, principalement des cerfs, bou-
quetins, sangliers, ete. Lorsqu'un Ossèthe s’apprête à partir pour la chasse, il ordonne
à sa femme de cuire trois petits fromages triangulaires. Arrivé au lieu qu’il a choisi, il prie Avsaty de lui donner un pauvre cerf où un bouquetin de son troupeau, et d'accepter ses fromages. Si lachance couronne sa chasse de succès, il remercie Avsaty et doit partager son butin avec tous les pauvres et les voisins de son aoul rencontrés en route, sous peine de ne plus pouvoir tuer jamais aucun animal.
Barastyr est considéré par les Ossèthes comme le protecteur et le consolateur
des morts dans l’autre mond zindon, l'enfer, soit vers
nombre de péchés commis,
e. Quand il rencontre destré
passés, il les dirige soit vers
dzèneth, le paradis. Suivant le plus ou moins grand
e défunt a la permission ou non d’apparaître à sa famille
de temps à autre, mais il doit toujours être rentré au coucher du soleil, heure après
aquelle il trouverait closes
avec les pécheurs, autant i
es portes du royaume des morts, et serait obligé d’errer
jusqu'au matin. Barastyr n’a pas le caractère de Satan : autant il est implacable
est bon avec les âmes pures.
Le long de la route du trépas est assis un être appelé Aminon qui demande à
‘âme du mort ce qu'il a fait de bon ou de mauvais dans sa vie. Aux justes, il indique e chemin du paradis. D’après quelques auteurs, Aminon serait une femme, voleuse
de fromages pendant sa vie, et qui fut condamnée à rester assise éternellement sur le
bord du fleuve des morts. Mais M. Tzoraeff pense que ce n’est là que l'affirmation d’un Ossèthe qui la confond probablement avec une autre femme, car il y en a un certain nombre qui sont punies de diverses manières pour les péchés commis par elles sur la terre. L’une a été condamnée à recoudre une fente de rocher, une autre à arrondir un œuf avec une corde ; une troisième à traire des vaches sans pouvoir rien
en tirer, etc. On peut donc croire qu’Aminon n’est pas une vulgaire voleuse de
fromages, mais bien un être supérieur, quelque chose comme un juge des morts. On
raconte qu’en indiquant
le chemin du paradis à un trépassé, elle lui dit:
« Dépêche-toi, Zervatick, vers Makhamath, fils du Soleil, vers Khémetkan, fils de la
Lune, et dis-leur : « Au nom de mon âme, je vous prie de faire de la lumière sur la
« montagne jusqu'à ce que mon suivant puisse arriver aux portes du paradis. »
D’après Sjægren ‘, Am
inon rappelleraït assez bien le Minos des Grecs.
Kourdalégon est le nom sous lequel les Ossèthes désignent le maréchal ferrant
du paradis, très habile, e
> un mort dans l’aut
ournit une selle ainsi qu’
Le protecteur du foyer
la santé des enfants, les
Doubyttyr, souverain
rotège les pêcheurs. IL
Le nombre des légende
a fable des Géants, répé
t dont on parle dans beaucoup de contes populaires. S’il re monde, Kourdalégon l’arrête, ferre son cheval, et lui une riche bride.
domestique est S'afa. Il n’y a pas bien longtemps encore,
paraît-il, que les Ossèthes en faisant coucher leurs enfants les confiaient à la garde
de ce dieu. Is disaient en caressant leur tête: « Safa, aie pitié de mes pauvres enfants,
donne-leur de la force, préserve-les des esprits méchants et infidèles. » Pour garantir
parents confectionnaient des talismans en l’honneur de
lesprit protecteur. Un entre autres se composait d’un morceau de fer forgé, d’un ambeau de coton et d’une plume de moineau, le tout cousu dans un petit sachet
en drap ou en soie, suspendu par un cordonnet au cou de l'enfant.
des ondes, vit dans l’eau où il gouverne les poissons et
a, paraît-il, beaucoup de filles, mais elles sont toutes
amazones, et c’est à elles que Satan confie l'éducation de ses fils.
s et des contes auxquels la féconde imagination des mon-
agnards à donné naissance est incalculable. Parmi les plus populaires nous citerons
ée à l'infini sous des formes diverses, et celle bien curieuse
sur l’apparition des abeiïlles dans la montagne.
M. Miller nous fournit cruelle maladie à un sain résienation du vieillard, i
ailes, de s’envoler, et de
à ce sujet un récit intéressant. Dieu envoya un jour une patriarche qui l’accepta sans murmurer. Touché par la ordonna aux vers qui couvraient son corps de prendre des
se rendre utiles à l’homme au lieu de le faire souffrir.
Et les vers eurent des ai
es et s’envolèrent sur le mont Akhmat. Un chasseur qui
! Ossetische Studien mit besonderer Rücksicht auf die Indo-Europäischen Sprachen, ete. (Mém. de l'Acad. de Saint-Pétersbourg, 6e série, hist. phil., t. VII, 1844-1847).
Cauc. IV
passait un jour par là, intrigué par le va-et-vient incessant de ces mouches dans une tant
fente de rocher située à une hauteur élevée, voulut les voir de plus près. assuré du concours de l’un de ses camarades, ils dressèrent une échelle et voulurent s'emparer d’unrayon de miel; mais les piqres des laborieux insectes dontils venaient de surprendre la retraite leur firent lâcher prise et les força à s’enfuir à toutes jambes. Un peu de miel s’était déposé sur leurs doigts, ils le goûtèrent et, le trouvant excellent, ils se promirent de garder secrète leur découverte. Ils revinrent l’année sui-
vante; mais, cette fois, la fente était pleine à déborder. Ils prirent de l’écorce de
cerisier, s’en firent des cornets, se couvrirent la tête d’un bachlik et, se hissant
jusqu'aux abeilles, s'emparèrent de l’essaim entier qu'ils emportèrent au village. Telle est l’origine de la première ruche et des premières abeilles du pays qui ne
tardèrent pas à se multiplier rapidement, et c’est la seule légende connue des monta-
gnards sur l’origine de ces précieux insectes, quoique l’industrie de l’apiculture ait
été, de tout temps, une grande ressource pour eux.
Nous avons vu que les Ossèthes appelaient dsouware leur patron protecteur; mais ce même nom est écalement donné à un lieu sacré, à l’habitation d’un esprit. Ces dsouares sont très nombreux en Osséthie; c’est tantôt une ancienne église chrétienne ou une chapelle, tantôt une caserne, une forêt, un arbre, une pierre, etc. Il y a des dsouares célèbres dans toute l’Osséthie, tandis que d’autres ne sont connus que dans l’aoul même où ils sont situés. Nous empruntons à M. Miller la description du dsouare de Kekum, l’un des plus célèbres, situé dans la vallée de la rivière Tzéidon, près du village Zéisky. C’est une chapelle en bois, à demi ruinée, et entourée d’un petit mur de pierre. La corniche du bâtiment est ornée de bois de cerfs, probablement donnés par des chasseurs. L'intérieur du dsouare est divisé en deux compartiments : dans le premier, M. Miller dit y avoir remarqué un grand
nombre de flèches de toutes sortes; le second, beaucoup plus spacieux, est le lieu
saint même; contre les murs est placé un rayon, sur lequel sont déposés, depuis de longues années, les dons et les ex-voto des pèlerins. On remarque parmi les offrandes un casque en fer, des vases en grès de toutes dimensions, des têtes de mou-
ton en argile, des fioles, des morceaux de coton, des fils d'argent, des galons, des
images saintes, ête. La chapelle est humide et sale; le sol en terre battue est trans-
PEUPLES CAUCASIENS 167 formé en boue grâce à la pluie qui y pénètre par les fenêtres sans vitres, et par un toit en partie effondré. Près de la petite porte garnie de clous en fer se voit une sébile pleine de monnaies grousiennes et russes de différentes époques. Cette sébile, quoique placée extérieurement, n’a jamais été volée. Les dsouares sont l’objet d'un pèlerinage annuel seülement, et les fêtes célébrées en leur honneur par les pèlerins durent trois jours ; tout le reste du temps, la garde en est confiée à un vieillard qu’on appelle dsouare-legh. M. Antonowitch m'a également signalé quelques-uns de ces dsouares dans la région d’Alaghir.
Une croyance curieuse à l'égard de la variole, que nous avons déjà signalée
chez les Géorgiens, se retrouve parmi les Ossèthes qui considèrent, eux aussi,
cette maladie sacrée. Ils se gardent de faire tout traitement qu'ils croient, d’ail-
leurs, complètement inutile. La maison frappée par ce fléau est regardée comme visitée par le Seigneur. Malgré les soins pris par le gouvernement dans le but de remédier à cette terrible maladie par la vaccination, cette population perdait, il y a peu d’années encore, soixante-dix pour cent des enfants qui en étaient atteints ‘.
Depuis Klaproth et Frédéric Müller, la langue ossèthe a été classée définitive-
ment parmi les langues iraniennes, et a pris place entre l’arménien et le persan :
de là, on a fait des Ossèthes une branche de la famille iranienne. De plus, M. Miller divise la langue ossèthe en deux idiomes : le dgorien, qui a conservé la forme la
plus archaïque, et l’ironien.
Le type des Ossèthes est spécial comme celui des Juifs, et sa persistance doit être attribuée à leur vie patriarcale. Les unions avec les autres peuples sont fort rares. Toutefois le type varie suivant les vallées, d’après M. le D' Pfaff qui a parcouru et étudié avec détails l’Osséthie durant plusieurs années ?.
Dans quelques vallées, notamment dans celle d’Alaghir, ce voyageur a observé fréquemment dans la physionomie des habitants plusieurs traits caractéristiques des Juifs. Il remarque, entre autres, la fréquence des yeux bruns, l'expression fine et rusée du regard, enfin la vivacité et la mimique déployées dans la conversation ainsi
que le penchant à la cupidité propre à cette race.
! Descrip. géogr. et ethn. du district de Tersk, 1874. * Recherches ethnographiques sur les Ossèthes, dans le Recueil des recherches sur le Caucase, n° 2, in-80, en russe. Tiflis, 1872.
Au contraire, dans la vallée de Zamarg, on trouve de nombreux individus aux cheveux blonds ou rouges et aux yeux bleus. Ils sont plus énergiques que ceux d'Alaghir.
Dans la vallée da Mamison-don, les Ossèthes ressemblent, d’après M. Pfaff, d’une manière étonnante aux Grousiens. Leur langue, quoique la même que celle de
leurs frères des vallées voisines, renferme quelques mots géorgiens.
Sur le Phiag-don, on rencontre dans la vallée de Kourtatine un certain nombre d'individus tels que, par exemple, les habitants de l’aoul de Kouser qui rappellent ceux d’Alaghir, quoique plus grands et plus vigoureux que ces derniers. Il n’en est
plus de même de ceux de Tagaour sur le Ghisel-don. Dans cette région, les Ossèthes
ressemblent souvent aux Kabardiens et aux Tchetchènes. Un fait important à signaler, c’est que dans les vallées du Tagaour et de Kour-
atine on rencontre fréquemment des Ossèthes au type quelque peu mongoloïde dont
origine est due à l’influence tatare; mais cette particularité est pourtant moins saillante dans ces contrées que dans la Digorie.
Dans cette dernière région, en effet, le type, quoique beaucoup plus pur, paraît plus complexe en apparence. On a pu diviser les Ossèthes de ce pays en trois
amilles ou tribus principales. L’une, sous le nom de PBadilatoff, est remarquable
jar la beauté de ses yeux et de ses cheveux noirs, ainsi que par l'élégance de sataille.
Cette tribu, qui s’allie fréquemment avecles Kabardiens, présente cependant quelques
rapportsavec les Nogaïs leurs voisins. Les autres tribus, telles que les Kamites-Tsavi
et les Nartoeric ne paraissent pas avoir une goutte de sang'tatar dans les veines.
Elles présentent types très mélangés où l’on retrouve fréquemment des traces de
"influence sémitique de la vallée d’Alaghir.
Les Ossèthes du
1d du Caucase, qui sont appelés souvent Deari ou
Djariens, présentent quelques différences avec leurs congénères du versant septen-
rional. Ils ont abandonné la vie patriarcale si caractéristique, pour tomber dans un système féodal et renoncer à la plupart de leurs usages primitifs.
Beaucoup sont originaires du nord et présentent de nombreux rapports avec leurs
frères du Mamison; beaucoup sont devenus nomades. Sur plusieurs points et notamment dans la Grande-Liakva, la population s’est mêlée aux Géorgiens et leur a
emprunté nombre d’usages ainsi que leur langue. Le Djarien pourtant se distingue
PEUPLES CAUCASIENS 169 du Géorgien par l’aspect général de sa physionomie, par la couleur des cheveux, plus claire que chez les Géorgiens, ainsi que par l’expression des yeux dont la prunelle est beaucoup plus petite et le blanc moins pur que chez ces derniers.
Beaucoup d’Ossèthes se rasent la tête et la figure. Chez la plupart la barbe est rare.
Les caractères généraux que nous venons d’esquisser, en partie d’après Pfaff, portent essentiellement sur les hommes dont l’observation est plus facile. Néanmoins,
l'étude du type ossèthe féminin ne doit pas être négli
, uoique offrant plus de difficultés, les femmes osséthes, comme toutes les femmes asiatiques, étant diffcilement abordables pour l'Européen.
[lest un fait constant, c’est que le type féminin est plus beau dans la montagne
que dans la plaine. Les femmes des hautes régions sont plus frêles et plus délicates
que celles des régions basses et boisées, quoiqu’elles aient une existence plus rude,
forcées qu’elles sont d'exécuter de nombreux travaux pénibles, celui entre autres d'aller chercher, quelquefois fort loin, le bois pour le chauffage.
Leurs yeux brillants ont souvent une expression vive, mais il n’y a parmi elles qu'un nombre restreint de ces beautés caucasiennes classiques dont nous avons eu maintes fois l’occasion de parler ; et c’est sur la Pafzadon, affluent de la Grande- Liakva, qu'on les rencontre le plus fréquemment. En somme, la femme ossèthe,
sauf quelques exceptions, n’est pas belle; elle est malpropre et sans él
traits sont durs, erossiers et peu expressifs.
Dans la elasse riche, où les femmes ne se livrent que peu aux travaux pénibles, l’ensemble de la physionomie présente un aspect agréable : les yeux en amande, la bouche grande et bien dessinée, le nez fin, un peu pointu, les sourcils et les cheveux
bruns, les extrémités assez fines, tout cela, joint à une expression sémite, constitue
le genre de beauté, assez rare, des femmes os Disons cependant que dans le
district de T
oaour elles se rapprochent beaucoup des Géorgiennes ; comme ces
dernières, elles ont des traits réeuliers et une taille svelte et élégante.
ANTHROPOMÉTRIE ET CRANIOMÉTRIE
Les Ossèthes, quoique beaucoup plus abordables que la plupart de leurs voisins, puisque plusieurs tribus habitent la plaine depuis le commencement de notre siècle, n'ont pourtant pas encore été beaucoup étudiés au point de vue anthropométrique. Les premières mensurations opérées sur eux ne datent que de juillet 1881. A cette époque j'ai réussi à mesurer sept individus des environs de Vladikavkas, puis onze sujets de Koban-le-Haut et des environs.
Les premiers doivent être rattachés au groupe des Alaghirs, les seconds à celui des Tagaours.
Depuis lors M. von Erckert a mesuré seize sujets de cette race de régions diverses.
Pris d’unefacon générale l’Ossèthe est grand et sec, aux traits anguleux, à l’œil
vifet souvent farouche. Dans la plaine comme dans la montagne 52 pour 100 ontles yeux d’un brun plus ou moins clair et 48 pour 100 à peine les ont bleus ou gris vert clair.
Ils ont les cheveux noirs ou châtain foncé, on en voit à peine 30 pour 100 de blonds, bien qu’on ait dit que c’était la majorité.
Leur indice céphalique est plus variable. Pour M. von Erckert, les Ossèthes sont mésaticéphales, car il trouve une moyenne de 81,1 dans la série qu'il a étudiée. Il est vrai que cet indice moyen est composé par des indices individuels variant de 79,6 à 87. La mise en séries montre, en effet, que ce groupe est formé de 12,5 pour 100
de sous-dolichocéphales, de 43,7 pour 100 de mésaticéphales, de 6,3 pour 100 de [ ll | F
sous-brachycéphales, et de 37,5 pour de 100 de brachycéphales.
Chez les Ossèthes que j'ai observés à Vladikavkas, cet indice est de 80,75, et montre des sous-brachycéphales en assez grand nombre, tandis que ceux de Koban sont brachycéphales, puisque leur indice moyen de 84,78 est constitué par des indices
individuels variant de 78,84 (comme dans le numéro 1) à 87,12 (comme dans le
numéro 10) en passant par 84 et 85. Cette brachycéphalie est due sans doute
PEUPLES CAUCASIENS 171 aux compressions occipitale et inio-frontale que l’on observe chez la plupart de ces individus, lesquelles sont plus fréquentes dans la montagne que dans la plaine.
On doït remarquer ensuite que la partie la plus élevée de la tête est située vers le milieu de sa longueur, excepté toutefois chez ceux qui portent des traces de compres- Sion inio-bregmatique. La face est moyennement large, les pommettes sont pourtant assez proéminentes sur quelques sujets. L'indice facial moyen est de 77,76 dans la série du Térek, trois sont au-dessus de 80, les autres varient entre 69,89 et 18,94. La moyenne du diamètre vertical est de 194 et celle du diamètre bi-zygomatique de 151. Les Ossèthes du Térek ont donc la face plutôt allongée que ronde, Le visage des Ossèthes de Koban est plus rond que celui des précédents; l’indice facial moyen est de 79,63. Sur dix individus, cinq cependant donnent des indices inférieurs à 19. Chez les autres, ils montent de 80 à 86 et même jusqu'à 89,14, comme dans le numéro 8.
La moyenne du diamètre vertical est de 197 millimètres et celle du diamètre bi-
zygomatique de 157 millimètres. L'indice facial moyen des seize sujets observés par M. von Erckert est de 79,12.
L'indice frontal minimum est, en moyenne, de 121 millimètres chez les Ossèthes du Térek, et de 122 chez ceux de Koban.
Le nez est plus souvent droit, quelquefois concave et large dans le groupe du Térek ; l'indice nasal moyen est de 74,20, mais les écarts sont considérables entre les maxima et les minima. C’est ainsi qu'alors que le numéro 2 atteint 87,80, le numéro 6 ne donne que 62,75.
Chez les Ossèthes de Koban (PI. XX), l'indice nasal moyen est 66,03. Le maximum, présenté par le numéro 3, ne dépasse pas 76,92. D’autre part le numéro 2 ne donne que 60,71. Dans le groupe observé par M. von Erckert cet indice
est de 62.
Les crânes d’Ossèthes sont encore fort rares dans les collections. Avant 1881 on en possédait à peine une dizaine répartis dans tous les musées de l’Europe. Ce nombre est actuellement doublé grâce à la série que je me suis procurée, non sans de réelles difficultés, durant mon séjour dans la grande chaîne.
Lors de mon dernier passage à Kazbek, il m'a été remis trois crânes d’Ossèthes
Se
ES
RE
Tagaours qui avaient été découverts pendant des travaux de terrassement traver- | . : 8 à 2 cr} o 2 à | | sant un ancien cimetière. Plus heureux à Koban-le-Haut, j'ai pu obtenir deux
| 2 , : Noé : PTE | crânes appartenant également à des individus de la famille tagaoure. Ils ont étc | recueillis dans une grotte située au nord-ouest de l’aoul où j'ai été retenu quelques
ja jours par mes fouilles dans la nécropole protohistorique.
OBSERVATIONS DE M. E. CHANTRE
INDICE CÉPHALIQUE
| Ossèthes du Térek.
| | MISE EN SÉRIES
{ DOLICHOGÉPHALES SOU DOLGAOOÉPHALES MÉSOGÉPHALES SOUS-BRACYGÉPHALES ac Î | Au-desrous de 75.00 de 75 à 77.77 de 77.78 à 80 de 80.01 à 83.33 83,34 et au-dessus { | ; » 3 3 1 { |
Î PROPORTION POUR CENT
INDICE CÉPHALIQUE Ossèthes de Koban, MISE EN SÉRIES
DOLICHOGÉPHALES SOUS=DOLIGIOCÉPHALES MÉSOCÉPHALES SOUS-BRACHYCÉPHALES BRACHYGÉPHALES
Au-dessous de 75.00 de 75 à 77.77 ie 77.78 à 80 de 80.01 à 83.33 83,34 et au-dessus
» » 1 dl 8 PROPORTION POUR GENT » » 10 10 80 INDICE FACIAL Ossèthes de Koban.
MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR GENT
| Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus | Jusqu'à 75.99 d 76 à 80 80.01 ot au
INDICE FACIAL Ossèthes du Térek.
MISE EN SÉRIES | PROPORTION POUR CENT
lusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 «t à
Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ct au-dessus