partie ses débris qui en fournirent les matériaux
La fondation de l’église de Pitzounda est attribuée à Justinien; elle serait par
conséquent du milieu du vi° siècle. Voici ce que Procope rapporte à ce s
jet:
« Les Abasghiens, qui s'étendent jusqu’au Caucase, étaient jadis compris, sous
la dénomination de Lazes, sous deux princes de leur nation, dont Fun gouvernai la partie du couchant, l’autre celle du levant. Ces barbares adoraient et adoren encore de nos jours les forêts et les bocages, dans leur barbare simplicité, mettan les arbres au nombre des dieux. Ils étaient horriblement oppressés par l’avidité de leurs princes, car dès que l’un de leurs rois voyait des enfants dans cette nation belle de visage et élégante de taille, sans retard et sans rémission, il les faisait arracher des bras de leurs parents, et les ayant fait eunuques, il les vendait à un prix très élevé dans l'empire romain. Ils avaient soin de faire périr les pères
de peur que l’un d’eux ne fit parvenir ses plaintes à l’empereur qui punirai
l'injustice commise sur leurs fils, et pour n'avoir personne de suspect parmi
leurs sujets. Ainsi la beauté fatale de leurs fils conduisit les Abasohiens à leur
ruine, eb ces pauvres malheureux périssaient misérablement. Maintenant, depuis
que Justinien règne, le sort des Abasghiens s’est adouci et amélioré de toutes les
facons, car ils
envoyé Euphra
ques en violant
sage avec gTranc
ont embrassé le christianisme, et Jus
inien Auguste leur ayant
a, Abasghien d’origine, l’un des eunuques du palais, a fait défen-
ainsi les lois de la nature. Les Abasg
e joie, et appuyés du décret impérial, i
ce qu'il fût exécuté : car chacun craignait d’être père du
dre expressément à leurs rois de faire par la suite, dans cette nation, des eunu-
iens acceptèrent ce mess mirent tous leurs soins à
n bel enfant
« Justinien Auguste fit aussi élever chez les Abasghiens un temple à la Mère de
Dieu, et y ayan
placé des prêtres, il eut soin qu’ils
rites du christianisme ‘. »
eur enseignassent tous les
Cette simple mention de Procope ne suffirait pas pour établir que c’est de Pit-
zounda qu’ilest question, mais c’est une tradition courante chez les Géorgiens et au
1 Procorius, De bello Gothico. Bonnæ, 1833, II, 471.
monastère de Ghélathi, que depuis l’origine du christianisme dans ces contrées, elle a toujours été la mère église et la résidence du patriarche de toute cette partie du Caucase. Pitzounda fut un lieu de bannissement des Byzantins, mais l'influence de ces derniers fut fortement contre-balancée par celle des Génois qui s’y livrèrent à un
commerce très actif. Ce sont les Génois où Djenoves qui ont laissé dans le Caucase
occidental de si nombreuses traces de leur passage, églises, tours de guet, armes, monnaie, etc. Ils durent mêmeexercer la plus grande influence sur la civilisation de cette contrée. :
Les Abkhases du littoral et des montagnes avoisinantes étaient en 1864 au nombre de cent cinquante mille environ; vers 1877, la population avait diminué
d’un tiers, plus de vingt mille émigrèrent après la guerre que se livrèrent les
Tures et les Russes pour la possession de Soukhoum-Kaleh, et actuellement certaines vallées sont complètement désertes; quelques milliers seulement résident encore dans les hautes vallées du versant occidental.
Les Abkhases établis depuis tente ans environ en Asie Mineure, et principalement dans le villayet de Sivas, possèdent plus de quatre cents maisons.
La langue abkhase compte parmi les plus difficiles au point de vue phonétique, elle appartient à la classe des langues agglutinantes. On n’a pas encore établi de
parenté entre elle et celle des Adighés.
On peut dire que, d’une façon générale, les peuplades répandues dans le nordouest du Caucase se distinguent par leur amabilité et leur bon caractère. Ce sont de rès braves gens, point défiants vis-à-vis des étrangers et d’une très grande honnêteté. ls sont curieux, bavards (leur facilité de parole est, paraît-il, extraordinaire) et insouciants comme de véritables enfants. Les hommes sont généralement plus beaux que les femmes. Ils sont bien faits, leur physionomie aux traits hardis, forement marqués, rappelle souvent ce qu'il y a de mieux dans le type juif. Elle est caractérisée par un nez aquilin, un front élevé, des yeux bruns et perçants, des cheveux ainsi que la barbe bruns et quelquefois noirs. Leur stature est élevée et
eur démarche gracieuse et souple. Quant à leur costume, il est aussi beau que
ratique. Ajoutons encore que ce sont d’admirables cavaliers mais de mauvais
PEUPLES CAUCASIENS 4at marcheurs. Chose curieuse, cette magnifique population au port si noble et si pleim de dignité, qui aime avec passion les riches vêtements, les belles armes et les chevaux, passe sa vie dans de misérables habitations où manque souvent le nécessaire. Aussi peu délicats pour la nourriture que pour le logement, tous ces montagnards sont d’une sobriété excessive. Ils se nourrissent essentiellement d’un pain d’orge brun, d’un goût excellent, mais très indigeste, d’une sorte de
fromage blanc grossier et très indigeste également, de volaille, d'œufs; en été, ils
mangent invariablement de la viande de moutonet en hiver de la viande de bœuf. Les
boissons alcooliques sont pour ainsi dire inconnues à ces peuplades. Quant au sucre, coûtant très cher, il est excessivement rare, et seuls les gens jouissant d’une certaine fortune peuvent s’en procurer, encore n'est-ce qu’en petites quantités, et il est
gardé précieusement pour les visiteurs ou les étrangers de distinction qui viennent
séjourner parmi eux, Le lait aigre est leur boisson favorite ; il joue un très grand
rôle dans l'alimentation des indigènes qui, par contre, estiment peu le lait frais.
ANTHROPOMÉTRIE ET CRANIOMÉTRIE
Les populations teherkesses, sur lesquelles on possède de nombreux renseignements ethnologiques et ethnographiques, ont été plus rarement étudiées au point de vue anthropométrique.
Ilne m’a été possible de mesurer que huit Tcherkesses, mais M. von Erckert en a observé un plus grand nombre.
Au point de vue craniométrique les Teherkesses ont été plus anciennement
étudiés. MM. Bogdanow et Tichomiroff en ont fait l’objet d’un savant mémoire ‘.
Kagarprens. — Les huit individus de cette famille que M. von Erckert a mesurés
à Pséheia (province du Kouban) ainsi que ceux que j’ai pu observer à Vladikavkas,
1 Compte rendu du congr. et de l'exp. anthrop.de Moscou, 1884.
Gauc. IV. ; 18
122 RECHERCHES ANTRHOPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE au nombre de quatre, ont les yeux bruns, souvent noirs ou gris verdâtre ; les cheveux, presque toujours rasés, sont généralement noirs ou châtain foncé.
Le nez est droit, souvent pendant. L'indice nasal moyen est de 60,3 chez les Kabardiens du Kouban et de 66,49 chez ceux de Vladikavkas. L'indice facial est de 77,56. chez les premiers et de 81,77 chez les seconds.
L'indice céphalique est de 82 pour la série du Kouban, et de 84,54 pour l’autre.
Les Kabardiens du Kouban présentent pour la plupart une physionomie qui
rappelle le type sémite.
OBSERVATIONS DE M. E. CHANTRE INDICE CÉPHALIQUE
MISE EN SÉRIES
DOLICHOCÉPHALES SOUS-NOLICHOCÉPHALES MÉSOCÉPHALES SOUS-BRACHY CÉPHALES BRACHYCÉPHALES Au-dessous de 75.00 de 75 à 77.77 de 77.78 à 80 de 80.01 à 83.33 83.34 et au-dessus » » » l 3
PROPORTION POUR CE » » » 25 75 INDICE FACIAL MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ot au-dessus Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus » 2 2 » 50 50
INDICE NASAL
MISE EN SÉRIES | PRORORTION POUR GENTY
Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus | Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 et au-dessus
OBSERVATIONS DE M. VON ERCKERT INDICE CÉPHALIQUE
MISE EN SÉRIES
DOLICHOCÉPHALES. SOUS=DOLIGHOCÉPHALES MÉSOCÉPHALES SOUS-BRACHY CÉPHALES BRACHYCÉPHALES Au-dessous de 73.00 de 75 à 77.77 de 77.178 à 80 80.01 à 83.33 83.34 ct au-dessus » » 1 5 2
PROPORTION POUR CENT
PEUPLES CAUCASIE 143 INDICE FACIAL MISE EN SERIES PROPORTION POUR CENT Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 et au-dessus | Jusqu'à 75.99 de 76 à 80 80.01 ét au-dessus 3 5 » 62.5 »
INDICE NASAL MISE EN SÉRIES PROPORTION POUR CENT dusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 ct au-dessus Jusqu'à 47.99 de 48 à 52.99 53 ot au-dessus » ä 7 | » 125 87,5 ABAzEs. — Onze sujets de cette famille mesurés à Maïkop, province du Kouban,
ont montré une diversité très grande en ce qui concerne la couleur des yeux. Les uns les ont bruns ou noirs tandis que les autres les ont oris verdâtre ou bleu jaunâtre. Les cheveux sont pour la plupart noirs où brun foncé, ainsi que les sourcils et la barbe qui sont très fournis.
Le nez droit et étroit donne un indice moyen de 64,9. Le visage également étroit présente un indice moyen de 77,29.
La tête, généralement élevée, donne un indice céphalique moyen de 80,7.
On doit remarquer toutefois que si l’on rencontre dans cette série un certain nombre d’invidus présentant des indices inférieurs à 80, tels que le numéro 4 qui r’atteint que le chiffre de 76,5 et le numéro 2, celui de 78,1, il en est plusieurs qui dépassent de beaucoup ces indices tels que les numéros 5 et 6 qui ont jusqu'à 89.
Les Abazes paraissent donc beaucoup plus mêlés que les Kabardiens du Kouban chez qui les écarts de ce genre sont beaucoup moins fréquents. Il en sera de même des Abkhases.
OBSERVATIONS DE M. VON ERCKERT INDICE CÉPHALIQUE
MISE EN SÉRIES