GÉORGIE
NIVEAU SUPÉRIE
UR
On a vu dans l'étude des nécropoles protohistoriques que l’importante localité de
Samthavro présentait deux couches de sépultures : ce
les du niveau inférieur remon-
taient au premier âge du fer, tandis que les autres appartenaient à la période
durant laquelle les Scythes, les Grecs et les Romains se sont répandus au Caucase.
La situation de cette nécropole ainsi que l’historic
exploration ayant été donnés précédemment, nous n'y
ue de sa découverte et de son
reviendrons pas ; nous n'avons
à nous occuper ici que de la disposition des sépultures supérieures et de leur contenu.
Ces tombeaux sont construits le plus souvent en réuniesavec une sorte de ciment; le sol en est générale
latérales et supérieures de façon à constituer de vérita
riques de grandes dimensions
nent revêtu ainsi queles parois
bles sarcophages (fig. 16).
Bien que l’on ait trouvé quelquefois ces derniers superposés aux tombeaux
inférieurs, on ne doit pas en conclure que les sépultures les plus récentes occu-
pent nécessairement un niveau supérieur à celui des
sépultures les plus anciennes.
Ces distinctions établies par Bayern, et que j'ai conservées dans le but de simpli-
fier l'étude de ses observations, déjà si obscures, doivent être appliquées non pas à
la profondeur relative de chacun de ces groupes de tombeaux, mais à leur O 2
ancienneté.
Les populations qui, après les peuplades protohistoriques, ont laissé leurs morts
à Samthavro, ont pu, dans certains cas, utiliser les tombeaux en dalles de leurs
prédécesseurs qu'ils durent trouver en fouillant le sol. Souvent ils ont
établi au-
dessus leurs propres sépultures, mais ce sont là des faits isolés. Les fouilles les plus
FiG. 16. — Nécropole de Samthavro
récentes et mes propres observations ont démontré que dans le champ de Sam-
thavro, c’est côte à côte que se rencontrent les diverses sortes de sépul ont été déposées depuis le premier âge du fer jusqu’à l’époque chrétienne.
Dans toutes ces tombes l’inhumation paraît avoir été employée seu sion de l’incinération, malgré les traces nombreuses de carbonisation q
plus d’un tombeau, et le désordre que l’on constate dans tous. D’après
état de choses doit s'expliquer par un concours de circonstances, et les rite dont il croyait avoir retrouvé les traces.
Pour lui, ces sépultures, qu'il attribuait à des Grecs émigrés, sont tou
tures qui y
e à l’exclu-
ue présente
Bayern, cet
s funéraires
es contem-
poraines les unes des autres, et le désordre que Fon y observe doit être ra
taché à des
sacrifices humains qui n'avaient dù s’opérer qu'alors que les inhumations étaient
achevées. L'influence des agents atmosphériques a eu une action considérable sur la
NÉCGROPOLE DE SAMTHAVRO 49
conservation de ces sépultures, et il est actuellement fort difficile d’en retracer le
plan. Bayern les a pourtant étudiées avec soin, il a cru pouvoir y faire quelques observations curieuses que je résumerai brièvement.
Ce pêle-mèle dans lequel on rencontre les ossements humains près des tombeaux, et surtout l’adjonction d’un grand nombre de cadavres d’enfants dont les os sont également épars ne peuvent s'expliquer, suivant lui, que par l'existence des sacrifices humains complétés par des repas cannibales.
11 pensait que la présence auprès de la sépulture principale d’un nombre parfois si considérable d'ossements humains, souvent brisés ou même brûlés, devait être attribuée à des sacrifices volontaires des femmes et des enfants qui s’offraient pour alimenter le festin en l'honneur des morts. Bayern était tellement convaincu de la
réalité de ces scènes funéraires dont il évoquait l’image dans son esprit, que ce
n’était pas sans une véritable émotion qu'il opérait ses fouilles dans cette nécropole
si difficile à explorer. Plein de son sujet, il rappelait volontiers combien devaien
être affreuses ces scènes qui avaient dû accompagner les inhumations. « Elles furent,
disait-il, ce que l’on peut imaginer de plus épouvantable, et chaque pelletée de terre
qui est soulevée donne toujours de plus en plus naissance à ces pensées qui font
frémir. Mon serviteur, ajoutait-il, un Souabe, qui travaillait dans une fosse, s’écria
une fois : « Ah! si cet homme n’a pas été mangé, qu’on me coupe la tête! » C’étai
la fosse dans laquelle nous ne trouvâmes plus que les os du tronc et les jambes J
d’une femme à côté des ossements de plusieurs enfants. »
L’enthousiasme de notre regretté Bayern s'était communiqué à son serviteur, e T v ?
on comprend que des fouilles opérées dans de pareilles condi quelque méfiance à certains archéologues qui ne connaissaien savant consciencieux maleré les entraînements de son im
L'état de désordre dans lequel on a trouvé la plupart des to
notamment ceux qui pouvaient être le plus facilement ouver
ions aient pu inspirer
pas la bonne foi de ce
nation.
mbeaux de Samthavro,
s, doit s’expliquer tout
naturellement par des violations successives à diverses époques, sans être obligé d’ad-
mettre les sacrifices humains. Bayern le reconnait lui-même puisqu'il à eu Foc
asion,
à maintes reprises, de retrouver les traces certaines des pil
ards. D’après mes pro-
pres observations, ilme semble que l’on peut encore attribuer une partie des rema-
niements que l’on constate dans cette nécropole à des animaux fouisseurs, à des mou-
vements de terrain, enfin à des inhumations postérieures, dans les temps modernes, car il est avéré que le champ mortuaire de Samthavro a été utilisé jusqu’à une époque relativement rapprochée de la nôtre.
Il résulte de tous ces faits que l’on ne doit, quant à présent, étudier les ossements humains de cette nécropole, et surtout ceux qui proviennent du niveau supérieur qui nous occupe en ce moment, qu'avec la plus grande réserve.
Les squelettes du niveau inférieur renfermés dans des tombeaux faits de lourdes dalles ont été, par leur situation, soustraits plus que les autres aux causes multiples de destruction que j’ai signalées plus haut. On a plusieurs fois constaté des sépultures parfaitement en place dans les couches archaïques, mais le fait est beaucoup plus rare dans ceux construits en briques. Parmi les nombreux crânes recueillis par Bayern dans ces derniers, on en a reconnu quelques-uns de déformés aussi bien que dans les tombeaux les plus anciens; et l’on a pu se demander s’ils ne devaient
pas être attribués au niveau inférieur. Cette opinion est, sans doute, admissible.
Toutefois, comme l’usage de la déformation crânienne qui a fait son apparition au Le) E Caucase, de même qu’en Occident, durant le premier âge du fer, a persisté jusqu’à ) 3 Ï I nos jours, et qu’il se rencontre également dans les nécropoles de l’époque scythobyzantine de la Kabarda, il est plus naturel de penser qu’il a existé aussi chez le peuple qui a construit à Samthavro les tombeaux en briques.
Les mobiliers funéraires recueillis dans ces sépultures devaient être des plus
considérables et des plus riches. Malheureusement, par suite des circonstances que J'ai déjà signalées, la plus grande réserve est encore imposée à quiconque voudrait en tirer des conclusions affirmatives jusqu’à ce que de nouvelles fouilles aient permis d'établir des distinctions positives entre les éléments caractéristiques deË deux
groupes de tombeaux d’àge et de type différents. On y voit en effet des armes et
divers ornements kobaniens associés à des bijoux ou autres objets en or d’une époque bien postérieure. Malgré cela, il est facile de séparer les tombeaux anciens des
plus récents. On constate dans la plupart de ces derniers le cachet de cet art
grec, qui a pénétré au Caucase dès le vi siècle avant notre ère, et que l’on a
observé surtout dans les nécropoles du nord du Caucase. Nous aurons à les étudier
lorsque nous traiterons des mobiliers funéraires.
NÉGROPOLE DE SAMTHAVRO 51
Ce que je viens de dire à propos de l'incertitude qui pèse encore sur l’âge relatif d’une partie des mobiliers funéraires de Samthavro peut s'appliquer également à un grand nombre de tombeaux scytho-byzantins de la Digorie et de l’Osséthie. Malgré eur disposition et l'épaisseur de terre, parfois considérable, qui les recouvrait, plus de la moitié ont été ouverts et bouleversés à plusieurs époques, et leurs mobiliers unéraires ont été souvent dispersés.
Cet état de choses que de savants explorateurs n’ont pu que constater, et qui a rendu leur tâche des plus difficiles, est dû sans doute à un concours de circonstances rès diverses.
En dehors de l'influence des agents atmosphériques qui a dû contribuer, sur certains points, à endommager ces nécropoles, on doit attribuer. en grande partie,
e désordre qui règne dans leurs tombeaux aux chercheurs de trésors qui, de tout
emps et dans tous les pays, ont commis et commettent encore de nos jours des dégâts et des déprédations très regrettables.
Dans certains cas, le désordre que nous venons de signaler et dont le résultat est
de rendre impossible l'étude de la disposition du mobilier funéraire dans les sépultures, a des conséquences beaucoup plus graves, c’est lorsqu'il existe dans la
nécropole plusieurs niveaux ou couches de tombeaux, comme on l’a vu à Samthavro
ainsi que dans les nécropoles protohistoriques, Dans ces circonstances les mobiliers funéraires des couches les plus inférieures sont mélés avec ceux des couches supérieures ; il s’est produitalors des associations d'objets ayant des origines très diverses, et datant quelquefois de deux époques éloignées l’une de l’autre par plusieurs siècles.
Ces sortes d’anachronismes archéologiques ne sont certes pas toutes imputables aux chercheurs de trésors, et de la présence de quelques sépultures intactes déposées dans un terrain remanié renfermant des objets beaucoup plus anciens que leurs mobiliers funéraires, on peut conclure que la plus grande partie de ces remanie-
ments, est due aux inhumations successives, opérées dans quelques-unes de ces
nécropoles, dont l'emploi a duré très probablement plusieurs siècles. Quoi qu'il en soit, si des doutes persistent en ce qui concerne quelques objets
découverts dans les tombeaux de la Digorie, doutes qui disparaîtront à mesure
que l’on étudiera leurs mobiliers funéraires, il n’en est pas de même de l’ensemble
de ces nécropoles qui offrent les vestiges de civilisations bien caracté
ct To
On a vu que le mode de construction et surtout la dimension des tombeaux étaient en Digorie de même qu'en Géorgie bien différents de ceux des nécropoles protohistoriques et surtout de ceux de Koban.
Ceux-ci sont faits également de dalles et quelquefois de gros cailloux, mais ils ne renferment qu'exceptionnellement plusieurs sépultures. À Komunta, à Kambylte, à Lisgore, à Tschmi et ailleurs, on rencontre au contraire très fréquemment plusieurs tombeaux dans ces sortes de caveaux où catacombes quelquefois voütés, et inconnus durant la période protohistorique.
c’est la superposition des
Un fait que l’on a peut-être pas assez souvent consta grands caveaux sur des tombeaux simples, rappelant ceux du premier âge du fer. Gomme il paraît démontré que les objets artistiques les plus récents proviennent des catacombes ou grands caveaux voûtés, tandis que la plupart des objets les plus archaïques et appartenant, par leur origine au moins, aux types kobaniens sortent
des tombeaux simples, sans doute les plus anciennement établis dans la localité, il
serait peut-être possible d'établir par ces seules circonstances une chronologie rela-
s nécropoles scytho-byzantines.
tive dans les divers
On doit remarquer encore que si un certain nombre de tombeaux parmi ceux qui
viennent d’être décrits peuvent remonter à la période protohistorique, plusieurs paraissent appartenir au même peuple qui a élevé les tumulus où kourganes dont nous allons nous occuper.
Par l'étude comparée des mobiliers funéraires de ces divers groupes de sépultures ainsi que par celle des ossements humains que l'on a pu en extraire, on parviendra sans doute à jeter quelque lumière sur l’origine et la filiation des peuples
auxquels on les a attribués.
TÜUMULUS OÙ KOURGANES | |
DISTRICT DE TERSK |
En dehors des nécropoles que nous avons étudiées jusqu’à présent, et qui paraissent
essen septer
sépul
iellement propres à la partie vraiment asiatique du Caucase, il existe au pied itrional de la grande chaîne, à la limite du steppe, plusieurs groupes de
ures dont la disposition est toute différente. Ils paraissent pouvoir être ratta-
chés à ceux des contrées du Don et du Volga. Ces sépultures n’occupent plus d’im-
menses champs à la surface «
sous des tertres ou tumulus ap
esquels rien ne décèle leur présence ; elles sont réunies
pelés en Russie kowrganes. Ces monuments sont faits,
| comme en Occident, de terre où de pierres, et leur forme ainsi que leurs dimensions |
sont des plus variables.
On les voit groupés sur certains points en nombre considérable, notamment dans
le district de Tersk, aux environs de Stavropol, de Piatigorsk, de Géorgievsk, |
de Vladikavkaz et de Mozdok près du Térek; puis dans la région caspienne près de Pétrosk et de Derbent, et jusqu'en Tchetchénya, presque au centre des Î montagnes.
Un grand nombre de ces tumulus ont été étudiés par M. Kertseli, par M. Anto-
Cauc. III " d
54 RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE nowitch et quelques autres archéologues ; je résumerai seulement les résultats des fouilles que ces deux explorateurs ont entreprises dans la région de Tersk et de Vladikavkaz les seules, du reste, sur lesquelles j'ai réussi à me procurer des documents.
Ces kourganes constituent cinq groupes principaux : 1° celui de Gouriarewodsk ; 2 celui de Zmeiene; 3° celui de Nikolaievsk ; 4 celui de Prochladnaïa ; 5° celui de
Soldatskaïa.
GROUPE DE GOURIAREWODSK
Situé non loin de Piatigorsk, et près de la rivière Podkoumok, ce groupe se compose de plus de trente kourganes; la hauteur de ces tumulus est des plus varia-
bles : les uns s'élèvent à T0 ou 80 centimètres au-dessus du niveau moyen du
steppe, tandis que d’autres atteignent quelquefois près de 3 mètres. Les plus grand tertres sont, en général, séparés les uns des autres, ou sont reliés entre eux par des séries ayant de plus petites dimensions. Quelques-uns sont entourés et recouverts de pierres.
La plupart des corps inhumés étaient enfermés dans des caisses faites avec de
grosses solives. M. Kertseli, qui a fouillé ces kourganes en 1878, a pu recueillir
vingt-deux crânes qu’il a envoyés à Moscou ainsi que les mobiliers funéraires de ces tombes. Ceux-ci consistent en longs sabres, couteaux, poignards, piques, boucles, le tout en fer; puis en bagues, pendants d'oreilles en bronze, ciseaux, aiguilles et divers objets en os, enfin en paquets de pointes de flèches en fer et en
amas de charbon.
GROUPE DE ZMEIENE
M. Kertseli a également exploré un groupe de seize kourganes près de la stanitza Zmeïene. Les morts étaient enfermés dans des caisses massives en bois.
Deux crânes seulement ont pu être recueillis. Quant aux mobiliers funéraires,
beaucoup moins riches que ceux des tertres précédents, ils sont à peu près composés
TUMULUS OU KOURGANES 55 de la même façon, c’est-à-dire que la plupart des tombes contenaient quelques armes, et quelques ustensiles en fer, mais peu de bijoux. D’après la tradition kabardienne ce cimetière renfermerait les sépultures des anciennes familles notables du pays. Tout près de ces tertres se trouve un aowl, et sur la plupart d’entre eux | avaient été élevés des tours et autres monuments indéterminés qui ont été détruits
par les Cosaques.
GROUPE DE NIKOLAIEVSK
M. Kertseli a encore exploré le groupe de dix kourganes qui se trouve près de la stanitza Nikolaievsk près d’Ardon, sur les hauteurs qui dominent le Térek, à l'endroit où il traverse les monts kabardiens. Là encore, même disposition des sépultures et même mobilier fanéraire. Toutefois, on a recueilli dans l’un de ces kourganes divers
débris de vêtements. Cinq crânes ont pu en être retirés.
GROUPE DE PROCHLADNAIA f
Ce groupe situé près de Ja stanitza Prochladnaïa, non loin du chemin de fer de
Vladikavkaz, est de beaucoup le plus considérable de tous ceux qui ont été étudiés dans cette région. Le steppe sur lequel s'élèvent ces tumulus s'étend en pente douce du côté de la rivière Malka, et porte le nom de Babtskowshoe, tandis que l’empla- | cement même où se trouvent les kourganes se nomme Tchastie Kourgani (beau- {] coup de kourganes).
M. Antonowitch, à qui l’on doit l'exploration de ce champ de repos, l’a divisé en deux sous-groupes : le premier (A), le plus rapproché du chemin de fer, se compose f de cinquante-deux kourganes ; l'autre (B), situé un peu plus loin, se compose de cent vingt kourganes. Les dimensions de ces tumulus sont des plus différentes ; M. Antonowitch en a fait ouvrir sept dans chacun des groupes.
KOURGANE A N° 1. — Ja circonférence de ce kourgane est de 32 mètres
environ, et sa hauteur de 1",40. A une profondeur de 0",95 se trouvait un
cercueil en bois orienté nord-ouest, sa longueur était de 2",50 sur une hauteur
de 0",60. Cette caisse était formée de six planches. Le squelette qu’elle renfermait était couché sur le dos, la tête tournée vers l’ouest, penché sur le côté droit, le bras droit placé le long du corps et le bras gauche léoèrement replié. Près du crâne se trouvait une boucle d'oreille en or; près des phalanges de la main droite un bouton en argent et un couteau en fer, un peu plus bas des ciseaux.
A la hauteur du bassin, gisaient les restes d’un sac en peau; près de la main
gauche, se trouvait une aiguille en os gravé et près des pieds, des traces de chaussures.
KourGans À N° 2. — La ciconférence de ce tumulus est de 36 mètres environ sur 1°,70 de hauteur. Le cercueil n’était recouvert que de 0",93 de terre, il avait 2",35 de longueur,0",75 de largeur et 0",52 de hauteur. L'orientation de la sépulture était est-ouest. Le squelette complètement recouvert de terre reposait sur le dos, les bras étendus le long du corps. À gauche était un sabre et sur la poitrine un anneau en bronze cousu sur un débris de vêtement dont la nature n’a pu être
définie (peau ou étoffe). Dans la main gauche se trouvait un couteau en fer, près de
la ceinture un carquois en bois orné de plusieurs boucles de fer dans lequel se trou-
vaient six pointes de flèches en fer. Des traces de chaussure en peau retenaient encore une partie du pied gauche.
KourGanE À n° 3. — Ce tumulus avait une circonférence de 40 mètres environ, sur une hauteur de 1",55. Près de la surface gisaient les ossements d’un grand mammifère; ce n’est qu'à une profondeur de 1,20 que se trouvait le cercueil sur lequel on a ramassé plusieurs morceaux de fer. Son orientation était estouest, Dans la partie occidentale du tombeau, on a recueilli des fragments de corne, et un peu plus loin, à l’est, divers débris de fer, entre autres des boucles et
quatre pointes de flèches, dont une en forme de feuille, deux à larges tranchants,
et une à double tranchant. Le cercueil ne renfermait qu'un tibia et une fibule brisée.
KourGane À N° 4. — Circonférence de 36 mètres environ, hauteur 4" ,34. Sous
une épaisseur de 0",63 seulement se trouvait un crâne humain, et un peu plus bas, dans le plus grand désordre, quelques parties du squelette. Ces ossements
n'étaient accompagnés d’aucun mobilier funéraire.
KouRGANE À N°5. — Circonférence, 38 mètres environ, et hauteur. 1.40. Le
TUMULUS OU KOURGANES 57 cercueil était recouvert de 1",50 de terre. Sa longueur était de 2",30, sa largeur de 0,66, et la hauteur de 0",70. Le squelette reposait sur le dos, les deux bras étendus le long du corps. Un sabre en fer encore pourvu d’un fourreau garni d’anneaux, gisait au côté droit. Le squelette était orienté à l’est. A la hauteur du bassin se trouvait un disque de peau auquel était cousu un cordon. Au côté droit,
gisait un sac, et, près des pieds, des débris de chaussure. À l'extrémité du tombeau
étaient des pointes de flèches en fer et une bague en os.
KourGane À N°6 — La circonférence de ce tumulus est de 36 mètres environ, sa
hauteur de 1",2
>. Le cercueil était recouvert par 1",15 de terre. Formé desix forts plateaux il avait 2",40 de longueur sur une largeur de 0",60 et une hauteur de 0",40. Le squelette, orienté à l’ouest, le crâne incliné sur le côté gauche, était couvert de charbon. Près des pieds se trouvait un coffret avec sa clé en fer ; puis à côté une chaînette en fer à laquelle étaient suspendus des ciseaux.
KourGane À N° 7. — La circonfirence de ce kourgane qui peut compter parmi les petits, n’est que de 26 mètres environ, sa hauteur n’est que de 0",65. Le cercueil mesurant 1",30 de longueur, sur 0",51 de largeur et 0,45 de hauteur, avait la forme d’une auge. Sous le crâne étaient placés des charbons. Près du pied droit on a recueilli des ciseaux en fer, et près du pied gauche une aiguille en corne.
KourGaxe B N° 1. — Ce tumulus peut être clas
ÿ parmi les plus grands; sa
circonférence est de 58 mètres environ, et sa hauteur de 2",45. Le cercueil fait
comme les précédents, était recouvert de 1",15 de terre et occupait la partie sud
Se
du kourgane. Il avait 2",75 de longueur sur une hauteur de 1 mètre et une argeur de 0",72. Il était entouré d’une couche de charbon de 0",55. Construit en lateaux de très beau chêne, les parois étaient assemblées avec soin au moyen de mortaises, tandis que le couvercle était formé d’une seule pièce. Le tombeau
lein de terre contenait un squelette en désordre. Au milieu des ossements, on
a recueilli trois boutons en bronze doré, des boucles d'oreilles en or, une clé en bronze, une perle d’ambre et des anneaux en bronze. L'indice céphalique du crâne est de 67,96.
KourGAne B n° 2. — Circonférence de 50 mètres environ, hauteur 1",75. À une
rofondeur de 0%,50 la fouille a donné du charbon mêlé à un fémur de mouton: à
58 RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE 1,11 de profondeur, on a rencontré le cercueil, long de 2",30, large de 0",80, et haut de 1 mètre environ. Il était enveloppé d’une couche de charbon de 0",60. Les ossements et les mobiliers funéraires de ces sépultures sont tous en désordre au fond du tombeau. Dans la partie orientale, on a trouvé cinq pointes de flèches, quelques boucles, une bague, des clous en fer, ainsi qu'un morceau d’étoffe.
KourGane B N°3.— Moins grand que le précédent, ce tumulus a une cireonférence de 42 mètres environ ct une hauteur de 1",15. Le sarcophage était recouvert de (HE
5 de terre; de même construction et à peu près de mêmes dimensions que le récédent, il renfermait un squelette sur la gauche duquel se trouvaient un sabre, un couteau en fer et deux bagues en bronze ; vers le cou, un anneau en bronze. Près de la main droite, gisait un carquois en bois décoré avec soin, renfermant neuf ointes de flèches en fer. On y a trouvé également des traces de vêtements ainsi
que des aiguilles en os, et près des pieds un petit vase.
KourGaxe B x° 4, — Ce tumulus est le plus grand de ceux qui ont été étudiés
jusqu'à présent par M. Antonowitch, il a T0 mètres environ de longueur, et une
auteur de 2",20. Le sarcophage également construit en bois était recouvert de 0",70 de terre. Il a 2",50 de longueur, 1 mètre de hauteur et 0",95 de largeur.
Le couvercle et le fond étaient d’une seule pièce; le squelette et le mobilier
iméraire se trouvaient dans le plus grand désordre. On y a recueilli des pendants d'oreilles en or, des agrafes et des bagues en fer. L'indice céphalique du crâne est
den1.22-
KouRGANE B N° 5. — La circonférence était de 42 mètres environ et la hauteur de
",10. Recouvert seulement de 0",85 de terre, le tombeau était à peu près cons-
truit et placé de la même façon que les précédents. Près du squelette, à gauche,
saient un sabre garni encore de sa poignée, des bagues, des pointes de flèches en
er et une petite tasse. Dans la main gauche, se trouvait un couteau en fer: près de la ceinture une bague en bronze et un carquois muni de cinq pointes de flèche. Enfin une fibule et une bague complétaient ce mobilier. L'indice céphalique du crâne est de 71,77.
KourGaxe B n° 6. — Ce tumulus appartient à la catégorie des plus grands, sa
circonférence est de 153 mètres environ, sa hauteur de 3" ,66.On a trouvé presque
à la surface des os de mouton, et c’est à 1",85 que l’on a rencontré le sarcophage.
TUMULUS OU KOURGANES 59
Le squelette, orienté au midi, était placé sur le côté gauche et accompagné de deux vases seulement. En dessous, à 2,75 de profondeur, on a constaté une couche de cendres de 0",02 d'épaisseur. Un peu plus bas encore, à 2",90, dans la partie