ALTO AU
ud-est du tumulus, on trouva un crâne et la moitié d’un fémur, puis nord-ouest, la mâchoire inférieure de ce même crâne, les phalanges des pieds et des mains, enfin une fibule, des morceaux d’étoffe de couleur verte et des débris de charbon.
KourRGANE B N° 9. — La circonférence était de 50 mètres environ, la hauteur de
1,79. Le.cercueil fait également en plateaux de chêne était placé à une profondeur
de 0,75. Il renfermait un squelette d’homme dans le plus grand désordre : le crâne manquait et au milieu des ossements, gisaient le pommeau d’un sabre, plusieurs boucles en fer et un petit cylindre.
Aux environs du Prochladnaïa, il y a encore plusieurs petits groupes de kourganes du même genre que ceux que nous venons de décrire, et qui ont été éga-
lement explorés par M. Antonowitch.
GROUPE DE SOLDATSKAIA
Ce groupe de kourganes, dont le nombre s’élève à 250 environ, est situé sur le
chemin qui relie la stanitza Prochladnaïa à celle de Soldatskaïa, et non loin de cette dernière. Ils occupent un champ appelé TcAastic-Kourgani (nombreux kourganes) qui est limité par la rivière Malka.
Ces kourganes sont de trois sortes : les uns, A, sont les plus grands et se trouvent les plus rapprochés de la rivière; les autres, B, sont situés plus à lorient ; le sousgroupe, C, est plus occidental et renferme les kourganes les mieux conservés, et qui sont presque tous de grandeur moyenne.
KouRGANE N° 1. — Ce kourgane d’une dimension peu considérable a une ciraa
conférence de 40 mètres environ, sa hauteur est de 2",33. Sous une couche de 1",88
de terre,on à rencontré le sarcophage construit comme ceux des groupes précédents.
Au milieu des ossements en partie disparus et près de la tête, on a recueilli un
ue
ere
bouton en bronze; sur le côté droit du corps un long sabre en fer; sur le côté occi-
ental du sarcophage gisait dans la terre un squelette complet, sur le côté droit
uquel, depuis le cou jusqu'a la ceinture, se trouvait cinq boutons en bronze. Près de la main gauche était placé un couteau en fer et un briquet en silex
renfermé dans un petit sac. Près des pieds, des débris de chaussure en peau et les
ébris d’un poignard.
KourGaAnE N° 2. — La circonférence était de 46 mètres environ, sa hauteur de
2,27. Le sarcophage recouvert de 1",95 de terre, était situé dans la partie occi-
dentale. Sur le côté gauche du squelette gisait un sabre en fer, long et étroit ; près de a main gauche, un couteau, et près de la cuisse gauche un petit poignard. Adroite se rouvait un carquois en bois garni de dix-sept pointes de flèches en fer; près du b
peigne en bois.
assin, on à recueilli deux petits ornements en os percés, et les fragments d’un
KourGane N° 3. — Ce kourgane par ses dimensions et sa hauteur se rapproche
de ceux des groupes précédents ; sa circonférence est de 90 mètres environ et sa
auteur de 2",05. C’est à une profondeur de 0",98 qu’on a trouvé le squelette
orienté au nord-ouest. Il avait é
5 placé sur le côté gauche, le bras droit replié, et le
bras gauche placé le long du corps. Les jambes étaient repliées à la hauteur du
jassin. L’imdice céphalique du crâne est de 72,65.
À quelques pas au sud-est de ce squelette se trouvait le fond d’un grand vase. A l'extrémité sud du kourgane on a rencontré un autre squelette placé sur le côté droit; il avait le bras droit et les jambes repliés. Aucun mobilier funéraire n’accompagnait ces ossements. Les sarcophages avaient été détruits en partie, on n’en a trouvé que quelques fragments décomposés.
KourGane N° 4. — La circonférence était de 66 mètres environ, sa hauteur de
1°,75. On n’a rencontré aucune trace de sarcophage, mais on a trouvé à 0",80 de
profondeur un squelette orienté sud-est, nord-est ; il était placé sur le dos, les bras le long du corps. Les seuls objets recueillis dans cette sépulture consistent en quel-
ques morceaux de vase, L’indice céphalique du crâne est de 72,16.
Outre cette série de kourganes dont je viens de donner un aperçu rapide,
MM. Antonovitch et Berchtam ainsi que quelques autres archéologues en ont fouillé
TUMULUS OU KOURGANES 61
encore un grand nombre dans la Tchétchenya, à Christiansk, Ecchotovo, puis à
Barozkina, Nazran et à Kamonlak près du Térek, Gal-Fandague sur l’Ardon et ailleurs, dans les mêmes régions.
Tous ces kourganes présentent à peu près les mêmes caractères : ce sont partout
*s en bois de chêne et les mêmes
les mêmes sarcophages faits souvent de solides madrie mobiliers funéraires. Les débris humains qu’ils ont donnés présentent les mêmes caractères de dolichocéphalie que l’on a constatés dans la plupart des sépultures de cette période.
Ces tombeaux dont les mobilers funéraires parfois si complexes et d’aspect barbare diffèrent quelque peu de ceux des nécropoles que l’on a précédemment
étudiées ; ils doivent être rapprochés de ceux que le comte Ouvaroff{ attribuait
aux Mériens et qu'il faisait descendre jusqu'au Don. Ils doivent surtout être
rattachés à ce remarquable ensemble de kourganes que MM. Terenstchenko, Lutzenko, Zabeline et plusieurs autres archéologues ont exploré dans la région
d'Ekaterinoslaf.
L'un des kourganes les plus importants de cette série est celui d’Alexandropol, connu dans le pays sous le nom de ZLongovaia Maguila (tombeau de la prairie).
Il avait 310 môtres de circonférence et 21 mêtres de hauteur. Le sommet se ter-
minait par une plate-forme de 22 mètres de diamètre sur laquelle, suivant les récits des habitants, se trouvait jadis une Æamene Baba (bonne femme en pierre). Il était entouré, à la base, d’une enceinte de pierres brutes, d’un large fossé et d’un
rempart en terre de 2 mètres de hauteur.
La description du mobilier funéraire de ce remarquable tombeau, attribué à un
roi scythe, qui a été donnée par la Commission impériale archéologique russe?, description sur laquelle nous reviendrons du reste, montre que les rapports qui existent entre ces kourganes et nos nécropoles scytho-byzantines du Caucase, sont considérables.
Toutefois, avant d'aborder l’étude des mobiliers funéraires destombeaux qui ont été
décrits plus haut, nous devons compléter ce que nous avons dit des kourganes en
1 Etudes sur les peuples primitifs de la Russie. Les Mériens, in-4o. Saint-Pétersbourg, 1 PÈRE E CD
? Recueil d'antiquités de la Scythie, in-4°. Saint-Pétershourg, 1866-73.
Cauc. III.
| donnant un aperçu de ces statues tombales qui, dans le principe, ont dû surmonter | | sinon la plupart, du moins un grand nombre de kourganes aussi bien dans la région Î | caucasienne que dans les régions du Don et du Dnieper.
| Ces statues offrent un intérêt considérable soit par les types humains qu’elle représentent plus ou moins grossièrement, soit par leur distribution géographique. L’étude comparative, en effet, de ces pierres tombales découvertes dans la Russie
méridionale ainsi qu’en Sibérie et qu’en Occident, jointe à celle d’un certain nombre
| d'armes, d’ustensiles et d'objets de parure recueillis dans ces mêmes régions, doit permettre de jeter un jour nouveau sur Porigine et l’évolution de ces populations | orientales, sans doute ouralo-altaïques, qui se sont répandues sur l’Europe durant | | les derniers siècles qui ont précédé notre ère. f fl 1!