STATUES TOMBALES EN PIERRE
tombeau royal.de Koul-oba, très probablement celui d’un Scythe, rapportée par Dubois de Montpéreux.
«.… Toujours dans le même compartiment, mais à la hauteur de la tête du roi, l'on trouva dans l’angle extérieur cinq petites statues en électrum. J’en ai fait | graver deux (IV° série, pl. 21, fig. 4 et 5). La figure 4 représente deux personnes qui s’embrassent en serrant étroitement une corne d’hydromel. Ce vase rappelle celui que tiennent toutes les statues ou baba qui couronnent une partie de la Russie méridionale (IV*série, pl. 31, fig. 6). Peut-être me trompai-je sur le contenu de la corne‘. » Et, un peu plus loin, il ajoute qu’un grand nombre de coupes à boire et de cornes furent trouvées dans ce tombeau”.
Toldy place la patrie des statues tombales en Livadie où les habitants les appellent encore kamene baba, et les tertres kowrganes. Ces tumulus se trouvaient jadis en
grand nombre entre le Don et le Pruth, donc à l’endroit des campements seythes
d'Hérodote ; ils sont encore plus nombreux dans la plaine de Kertch habitée au moyen âge par les Khazares*.
Radozicki place les kowrganes entre le Don et le Dniéper jusqu'au Kouban et au Térek ; Küppen considère la Scythie d'Hérodote comme leur patrie. Enfin d’après
Pallas, Guldenstædt et Klaproth, les kourganes se rencontrent le plus souvent
entre le Dniéper et le Don, plus rarement dans la Caucasie du Nord. L’exposé
ces
sommaire des résultats des recherches archéologiques faites jusqu’à ce jour dans régions a montré que l'aire des tumulus est beaucoup plus considérable que l'avaient établi les auteurs anciens qui ont écrit sur la question ainsi que ceux qui les ont copiés depuis.
A quel peuple faut-il rapporter les kamene baba et les kourganes? l Pallas et Klaproth les attribuent aux Huns ; Eichwald, aux Komans ; Bulgarin, aux Scythes; Radozicki et Montpéreux, aux Mongols; Guldenstædt, aux Slaves; Jerney, aux Hongrois; Henszlmann, aux Goths.
Les opinions émises par ces divers auteurs sont, on le voit, fort différentes, et
pourtant tous ont eu de bonnes raisons pour soutenir leur thèse; chacun a cru
1 Monrpéreux, loc. cit.,t. V,p. 202 Monrrékeux, loc. cit., t. V, p. 205.
3 HENSZLMANN, loc. cit. p. 510.
Cave. III 10 |
avoir résolu le problème sans avoir toutefois appuyé son hypothèse par des faits
positifs. I
es découvertes archéologiques récentes ont montré que si aucun d’eux
n'avait trouvé la solution du problème, ils ne s’étaient cependant pas beaucoup
éloignés de la vérité, ni les uns ni les autres, notamment Bulgarin, Pallas et
Klaproth.
On sai
contre en
Kamene baba de Sibérie, d'après ASPELIx.
, actuellement que dans presque toute la région ouralo-altaique, on ren-
abondance des Æamene baba ainsi que des kouwrganes dont les mobi-
liers funéraires rappellent ceux des steppes de la Russie méridionale quand ils
ne se son
M. As
pas identiques
pelin* a figuré plusieurs kamene baba de Minussinsk et des régions du
Jenisei (fig. 29 à 31) qui ne laissent aucun doute à cet égard.
Il sem
le donc préférable d’admettre que toutes ces statues tombales aussi bien
4 ASPELIX, Antiquités du Nord finno-ougrien, loc. cit. p. 68 à 70.
? ASPELIN,
loc. cit, p. 72 et 73.
STATUES TOMBALES EN PIERRE 79 celles de Sibérie que celles de l'Europe appartiennent à un seul et même peuple que l’on désigne, dans la Russie méridionale, sous le nom générique de Seythes, et qui doit être identifié avec les Tchoudes ouralo-altaïques.
Un coup d’œil jeté sur les mobiliers funéraires des nécropoles scytho-byzantines fera comprendre plus facilement comment les auteurs qui se sont occupés de la question ont pu attribuer les kowrqanes et les kamene baba aux Huns, aux
Hongrois ou aux Goths.
ER
Les fouilles des kourganes ont amené la découverte d’une grande quantité d’os- ; sements humains pouvant permettre d'étudier la morphologie ostéologique des
IN populations auxquelles sont dus ces monuments. Mais un petit nombre de sujets
| seulement ont pu être transportés et soumis à l’examen des anthropologistes ; aussi |
Al | at-on relativement peu de renseignements sur les races ou la race des kourganes. [LI Pourtant M. le professeur Bogdanow, aidé de M. Tikhomiroff, a pu examiner plu-
k sieurs séries de crânes provenant des kourganes du nord du Caucase, notammen
de ceux des districts de Tersk et de Vladicavkaz fouillés par M. Kertselli. C’es donc d’après le remarquable travail des savants anthropologistes de Moscou que seront exposées les considérations qui vont suivre ‘.
>armi les crânes qui ont été étudiés, nous ne parlerons que de ceux provenan des kourganes suivants :
1° Kourganes de Goriatchevodosk (Eaux-Chaudes), près de Piatigorsk (dix-neu crânes) ;
2° Kourganes de Nikolaievsk près de la station Ardon (quatre crânes) ;
3 Kourganes de Dargafse, en Osséthie, et non loin du Terek (sept crânes) : soi
(Ml en tout trente crânes.
+ Compte rendu des travaux du Congrès et de l'exposition anthropologique de Moscou en 1879 (en russe).
| OSSEMENTS HUMAINS 81 Dans les tableaux ci-joints, on trouvera mis en séries les divers indices qu'ont présentés ces crânes.
| INDICE CÉPHALIQUE | | | portomogépnares | SoUs-Poucuocé- | écocipuarns | SOUS-PRACHYGE | pHates | PHALES | E PHALES \ KOURGANES Litres de 76.00 À à ps à 97.77 47778 480, | 30.013 183.33 Austests de 83,58 (MES © 0 EDR CAR IE ECO RE CE ES 1 "5 : ro É £ 1 | ï 1 MISE EN SÈRIES Goriatchevo » | 3 | 5 { | » | 2) » ra » 1 Nikolaievsk. . + . . | 1 | ANNEE | 500 0 | » 2 » | » » Dares NU DE A EE 1 Dal lee) DEA | | | | | | | | | | MOYENNES Goriatchevodek (eaux ehaudes.| 73.90 |» | » | » » | 7844 » > ” » [| L Nikolaievsk. . . . « | » |. » DS 78.04 » » » solo | Dars 50 LIN CES ) » » 80.52 » >» | 85.11 PROPORTION POUR CENT | Goriatchevodsk (eaux chaudes). | 45 | 50 | 10 | 10 | 5 | Nikolaievsk. . | | » 25 20 | » | Dargafse. | ) 11,28 28,57 | | | | | N |
D’après ces rapports, on peut conclure que c’est dans les tombes des Eaux-Chaudes |
Ï l ; | que se trouvent le plus de dolichocéphales, et que ceux-ci sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.
Les hommes dolichocéphales atteignent .90 et les femmes mésocéphales 78,44. ] On remarque que dans les kourganes de Darg se ce sont les hommes seuls qui sont dolichocéphales, ils ont des indices qui montent jusqu'à 16,59. Quant aux kourganes de Nikolaievsk, ils ont donné jusqu'à 50 pour 100 de sous-brachycéphales et 25 pour 100 de mésocéphales. Les crânes de ces kourganes se rapprochent assez | de ceux de Dargafse et surtout de ceux des Abkhases modernes. Pour M. Bogdanow la population des kourganes répond assez bien aux deux types vivant actuellement dans le pays, c’est-à-dire les Teherkesses dolichocéphales et les Abkhases Î brachycéphales. |