CHANTRE
PELIN, loc. cit., p.68 et p. 132.
3 CHanrRe, t. II, pl. LVII et LX.
ASPELIN, loc. c:
., Age du bronse, p. 69.
Le cheval a été plus souvent représenté en Digorie. Une des pièces les plus curieuses(n° 8, PI. LIT) est identique à celle qui a été trouvée à Garevaja en Sibérie*, Aïnsi que cette dernière elle a été découpée dans une feuille de bronze, et le corps est orné d’une série de petits cercles concentriques, moûf décoratif essentiellement sibérien. La figurine caucasienne diffère pourtant de celle de -Garevaja en ce qu’elle est surmontée d’un objet simulant peut-être une selle, et destiné sans
doute à la suspendre, Une autre, dépourvue d’ornements (n° 1, PI. XIX) se rap-
proche également d’un type sibérien trouvé à Minussinsk, et rapporté par Aspelin à l’âge du bronze *.
D’autres mammifères ont été plus ou moins fidèlement représentés, tels sont les numéros 11 et 12 de la planche IV. Le numéro 11 peut être aussi bien rapporté à un ours qu'à un porc; quant au numéro 12 il peut être rapproché plus sûrement d’un gros rongeur, tel qu'un léporidé.
Les oiseaux ont été également reproduits sous forme de pendeloques, le plus souvent d’une façon assez fantaisiste pour qu'il soit difficile de les déterminer (n° 9 et10, PI. I, etn° 2, 3 et 4, PI. V).
A côté de ces pendeloques à représentations animales, il faut en citer un certain
nombre d’autres offrant les motifs les plus différents, tels que les numéros 11, 12 et 13 de la planche HI.
PENDANTS D'OREILLES. — La technique de l’orfèvrerie, inconnue jusqu'alors au Caucase, fait son apparition avec ces bijoux dont les analogues ont été trouvés en grand nombre dans les tumulus de la Tauride. Ils offrent cette caractéristique essentielle des types sibériens qui consiste dans l’ornement de perles disposées en piles de boulets.
Ces bijoux peuvent se diviser en quatre grandes catégories (PI. XIV).
La première catégorie (n° 1 et 2) comprend des pendants d’oreilles en or, de la
forme dite à panier. C’est une pyramide triangulaire renversée, bordée de perles sur 5 8 , (
les angles, décorée de la même façon sur les autres faces, et terminée par une petite
sphère.
La deuxième catégorie (n° 3, 4, 6) renferme des pièces analogues aux précédentes pour la forme, mais plus petites et complètement granulées.
La troisième catégorie représente un type un peu plusrare, chordiforme et orlé de
perles (n° 14 et 15).
Enfin la quatrième catégorie, la plus riche etla plus variée, comprend des pendants
composés de une ou de deux sphères ou de poires superposées tantôt unies, tantôt
ornées de perles (n° T à 13, 16 à 22). Une des pièces les plus remarquables appar-
tenant à ce dernier groupe est celle figurée planche XIX, n° 12. Ces pendants d'oreilles rappellent certains types permiens figurés par Aspelin ‘. Les mêmes formes
ont été reproduites quelquefois en bronze. L
Fic. 32. Fic. 33.
Pendants d'oreilles en bronze, nécropole de Komunta. À
Un autre type qui diffère complètement des précédents est celui qui consiste en un
anneau à tige plus ou moins chordiforme (fig. 32 et 33) orné de petites sphères ou de | glands, généralement au nombre de trois. Cette forme de pendant paraît spéciale à Komunta et n’a été trouvée qu'en bronze. On doit ajouter que la plupart de ces | bijoux rappellent par leur ornementation ceux qui ont été découverts dans les tom-
beaux dits mériens dont les mobiliers funéraires présentent tant de rapports avec les
antiquités ouralo-altaïques
1 ASPELIN, loc. cit., p. 162.
PMLoc.tcr., p.109, 102,219:
Cauc. III 42
94 RECHERCHES ANTH APPLIQUES. — Ces garnitures ( caractères d’ornementation que
considérable dans la plupart des
ROPOLOGIQUES DANS LE CAU C2
SE e vêtements et de harnais qui présentent les mêmes es pendants d'oreilles ont été trouvées en nombre
ombeaux (lu nord du Caucs
se. Une partie de ces
appliques qui peuvent entrer dans la catégorie d’ornements qu’on appelle br'actéates
sont percées de trous qui pernx (PI. XII). Toutes ont été artis
ttaient de les coudre sur le cuir ou sur les étoffes
ement découpées dans de minces feuilles d’or, et
décorées à l’estampage de motifs variés, Plusieurs paraissent avoir été destinées spé-
cialement à la garniture de lanières qui entraient sans doute dans l'équipement
de la plupart des Caucasiens et «
e leurs montures. Quelques-unes d’entre elles, de
forme discoïdale, sont identiques à celles que l’on voit sur certaines plaques de cein-
turons sassanides 1.
En dehors de cette série d’appliques, de style sans doute local, quoique quel-
ques-unes rappellent par leur forme et leur décoration certaines pièces grecques ou [ Ï g
peut-être byzantines communes dans les tombeaux de la Crimée, nous devons atti-
rer l’attention sur quelques spécimens remarquables d’un art plus élevé. Nous cite-
rons, en première. ligne (n° 2, PI. XIX), un lion découpé dans une plaque d’argent ; $ I Ê
dont une partie du relief musceula
proché de la superbe pièce découverte dans le tumulus d’Alexandropol dit Lowga-
vaia-Moguila?, que Viollet-le-D
est confirmée par de Linas qui admet que, par le style comme par le rendu, cet
ire a été reproduite au repoussé. Il peut être rap-
uc attribue à un artiste asiatique ?. Cette opinion
pièce accuse un faire artistique issu de l’école qui produisit le superbe animal peint
sur les faïences assyriennes “. Toutefois, cette pièce peut être rapportée à l'art
hellénique plutôt qu'à cet art asiatique que reflète le lion d’Alexandropol.
Deux autres appliques bien différentes des précédentes doivent être enc
ore étu-
diées ici. Elles inaugurent dans nos nécropoles la série des bijoux gemmés (n° G
sant des grenats. Le numér
1 Cu. pe Lunas, Origines de l'orfévrerie, t.
? Antiquités de la Scythie, P1. VII.
5% Viozcer-Le-Duc, L'Art russe, p. 43, PI.
PI. XIX). Le numéro 43 est composé d’une suite de disques en or perlés et
0 6 qui n’est qu'un fragment d’un ornement plus
I, p. 5, PL. I.
# De Lanas, t. I, PL. III. — Ip., loc. cit., t. Il, p, 384.
considérable, peut-être d’un collier de poitrail, est en bronze doré, décoré de grosses
turquoises entourées de cercles pointillés. | | A côté de ces appliques de nature et de formes si variées, se placent les brac- |
téates dont nous avons parlé précédemment, et une infinité de plaquettes d’or frap-
pées ou repoussées comme les précédentes et percées de trous sur les bords, pour | être cousues sur des vêtements, ainsi que sur des armures et sur des harnachements. Cet usage se trouve encore chez un certain nombre de Caucasiens qui ornent de
plaquettes métalliques, généralement en argent, leur ceinture ainsi que les courroies
et lanières qui complètent invariablement leur costume.
Les Scythes ornaient leurs vêtements de ces mêmes plaquettes; certains tombeaux | de Kertch et de Panticapée en ont fourni de très beaux spécimens. Dubois de Mont- |
péreux donne la description d’un vase provenant sans doute de Panticapée et qui représente un combat de trois Grecs contre trois Amazones. « Les Amazones, dit-il, | ont le costume caucasien complet, le bachelik, bonnet que les Scythes portaient |
aussi, les pantalons serrés, l’habit tcherkesse, les souliers de peau tcherkesses, ce
qui est aussi l’ensemble, à quelque modification près, du costume scythe représenté
sur les monuments de Panticapée ; seulement le costume des Amazones est d’une
coupe plus élégante, plus coquette ; il a passé par les mains d’une femme. Mais tous
les deux, le Scythe et l’Amazone, son couverts de plaquettes d'or cousues sur lewrs l
habits. L'une des Amazones porte le bouclier rond tressé en bois et échancré des
anciennes peuplades du Caucase, et que les Galga ou Ingouches, les anciens voisins
des Amazones, ont conservé jusqu'à nos jours. L'action de l’une des Amazones qui
veut écraser le Grec sous une grosse pierre est bien celle d’une montagnarde ‘. » Feues. — Ces objets de parure ou simples accessoires de vêtements ont une
la fin de l’âge du bronze.
origine fort ancienne, puisqu'on les trouve en usage dès On a vu quel développement ils prirent pendant l’époque de Koban ou de Hallstatt, et combien leurs formes s'étaient modifiées. Plus tard encore les types de ces bijoux se sont considérablement transformés sous des influences multiples, et l'on voit
même apparaitre en même temps que des procédés artistiques entièrement nou-
veaux des modèles inconnus jusqu'alors. On trouve, par exemple, quelques formes
: Dugois ne Moxrréneux, loc. cit., t. V; p. 177.
96 RECHERCHES ANTHROPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE anciennes plus où moins modifiées, telles que celles qui se rapprochent des types à are simple (PL.XVI, n°” 1 à 4), avec ou sans représentations animales (PI. XVII, n° 4). Mais à côté, on rencontre le type à arbalète depuis ses formes les plus simples jusqu'aux modèles les plus richement décorés d’émaux ou de gemmes, puis les types discoïdaux et quelques autres.
Parmi les formes les plus simples, on remarque d’abord celles dont le corps est presque entièrement bombé (PI. XVI, n° 5, 6 et 9) ; ensuite celles dont le corps
et la palmette antérieure plus ou moins découpée sont réunis par un are (pl. XVI,
n® 7,8, 11), type si fréquent dans le nord scandinave!, en Finlande”, en
Angleterre® et d’ailleurs dans presque toute l’Europe ‘, et surtout en France comme le montrent, par exemple, les nécropoles de la Bourgogne ”, de la Champagne et de la Picardie *. Le type représenté par les numéros 7 et 8 de la planche XVI, rappelle plus que les autres les splendides fibules en or et en argent découvertes en Hongrie”, en Allemagne et en France. On doit remarquer ensuite plusieurs variétés de ce même type dont l’une est figurée planche XVI, n° 10.
Toutes ces fibules sont en bronze dans les nécropoles que nous étudions, et ce
sont celles de Komunta et de Kambylte qui ont donné les plus intéressantes. Dans
la plupart des localités où il en a été découvert en Europe, ces bijoux sont en or
ou en argent, tandis que dans le Caucase c’est l'exception (n° 34 à 36).
Le type à arbalète qui est devenu caractéristique de la fin de l’époque romaine
1 Oscar Moxrerius, Remains from the iron age of Scandinavia, in-4o, PI. IV et V: Stockholm, 1869. — Sur le premier âge du fer dans les préhist, de Buda-Pesth, 18
», 1859, fig
ces baltiques et de la Pologne (Compte rendu Cong. intern. anthrop. et arch.
— Antiquités suédoises, fig. 440-445. — Vorsaar, Nordishe Oldsager. e, 1867.
? AsPEUN, Situation archéologique de lu Finlande (Compte rendu du Congrès de Bologne, 1871, p. 121, PI):
VILLE, Saxon Obsequies, PI. I et II. London, 18
XIV, XVI, XIX et XKXVII. London, 1
‘ Lixpenscmipr, Alterthiümer unsererheiden Vo:
Copenhas 127-
— ExGecxaror, Kragehul Mosefund, p.19 et 26. Copenh
— ARERMAN, Remains of pagan saxondom, PI. VII,
it. Mayence, 1864-1884 | ferales. London, 1863, PI. XXVIIL.= Wittheilungen der antiquarischen Gese
5 Braupor, Mémoir
— KemLe et Francks, Horae haft in Zurich, t. XIV, PL. III
sur les sépultures des barbares de l'époque mérovingienne, découve
tes en Bourgogne.
| | Mémoire de la collection des antiquités de la Côte-d'Or, t. V, PL XIV, XVI et XX VII.
| | 5 Cocuer, Lo Seine-Inférieure hist. et archéo: . 245, 303, 446, 506. Paris, 1866. — Frénérie MorEau,
| À Collection Caranda. Sépultures de Sablonnie Caranda, ete., n-folio, PL. XXX à XXXVI. Saint-Quentin, | > Q
AN, L'Age du fer, étude sur l'art gothique (Compte rendu du Congrès de Buda-Pesth, 1876,
dans l’ouest de l'Europe diffère peu de celui qui est considéré en Hongrie comme
— 1/2 GR. xaT. FrG. 3