GR. NAT
gothique, et dans le Nord comme propre à l’âge du fer. Nous le voyons partout
depuis le Caucase, la Crimée, le Dniepr jusqu'au nord et à l’ouest de l'Europe, d’abord sous sa forme primitive, constitué simplement par une verge horizontale à laquelle est attachée une partie courbe qui recevait les plis du vêtement percé par l’ardillon sortant de la verge, et maintenu par un crochet. Puis on le voit ensuite avec la verge transversale transformée en plaques demi-rondes, rectangulaires ou elliptiques prendre les formes les plus élégantes dans le nord scandinave, malgré leur ornementation souvent barbare. La courbure s’aplatit plus ou moins, mais reste pourtant avec l’ardillon tandis que la plaque à laquelle elle est attachée présente
généralement la forme d’un losange.
R. NAT FiG. 4 Re NAT:
Fibules en bronze doré. Helsingl (Suède)
La plupart sont décorées sur la périphérie de quilles au nombre de trois, cinq où huit. La courbure est ornée de motifs variés tels que des spirales, des méandres,
des pointillés, ete. (fs Une seule fibule en or a été trouvée parmi celles qui ont été décrites précédemment; elle se rapporte au type à arbalète à plaque demi-ronde, laquelle est
reliée par un are au corps de la fibule qui est ovale. Elle appartient à la caté-
gorie des bijoux gemmés bien différents de ceux qui sont émaillés (PI. XIX, n° 7).
La pièce, qui € métal. Les bort
À côté de cet ce sont, une p précédent (PI.
nats cardimorp
st brisée d’un côté, est ornée de grenats artistement sertis dans le s du bijou sont entourés d’une double torsade.
te fibule on doit placer plusieurs fragments d'objets du même genre :
aque presque carrée provenant sans doute d’un bijou semblable au XIX, n° 5), puis les numéros 9 et 10 de la même planche ornés de gre-
ies entourés par une torsade en or. Des fibules ornithomorphes du
genre du numéro 9, se rencontrent en Sibérie, et M. de Linas me dit en avoir vu
dans la collection de M. de Clercq parmi des bijoux syriens. Une autre pièce complète cette série, c’est une fibule ornithomorphe bicéphale en bronze ornée d’un grenat et d’une turquoise (PI. XIX, n°8).
Les fibules ornithomorphes ne sont pas rares dans les régions ouralo-altaïques et
dans la plupart des milieux qui ont donné des fibules à arbalète, mais elles ne se rencontrent pas souvent sous cette forme bicéphale.
A côté des fibules à arbalète dont quelques spécimens ont montré l’aurore de ’orfèvrerie cloisonnée, il faut placer des fibules de formes diverses émaillées en champlevé. Ces dernières sont toutes en bronze et les couleurs des émaux dont elles sont décorées sont assez variées : le bleu-lapis, le rouge-vermillon, le jaune, e vert, le blane et le noir sont alternativement ou concurremment employés. Ces couleurs crues et très éclatantes devaient produire le plus bel effet encadrées dans eur monture métallique.
Dans une première série on doit placer les types carrés et en losange plus ou moins
arfaits dans lesquels le corps du bijou n’est recouvert que partiellement de motifs
en émail bleu et blanc avec quelques traces de jaune : tel est le numéro 1 de la
anche XX qui est orné sur les angles de boutons ronds. Le fond est bleu avec un
jetit cercle au centre jaune et blanc. Le numéro 2, qui est carré et à jours, est une
ibule d’un goût très délicat. Le pourtour est émaillé en bleu; le premier émail a été
creusé de nouveau pour recevoir l’émail blanc qui dessine une fleurette, et celui-ci a été creusé une troisième fois pour recevoir l'émail jaune qui forme le cœur de la fleurette. >
D'autres fibules de formes diverses (n° 3 et 4) sont décorées en vert, blanc,
rouge et bleu (n° 3), et en vert, jaune et brun (n° 4). Ces fibules offrent les mêmes
caractères que celle figurée par Labarte (PI. CO, fig. IV) et qu'il range dans les
100 RECHERGHES ANTRHOPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE
émaux champlevés gaulois, ainsi que la petite fibule gallo-romaine représentée planche XXX, figure 1 du même auteur.
Une seconde série est celle des fibules à représentations animales (n° 5 et 6). Les formes sont assez mal définies. Le numéro 5 est analogue aux précédentes, sauf qu’il offre à ses extrémités longitudinales des têtes d'insectes, sans doute. Elle est ornée sur les bords d’une ligne de perlé.
Le numéro 6 représente une panthère, à fond vert brun, pointillé de bleu clair et de jaune. Les yeux à prunelle jaune et à iris noir imitent bien les yeux de cet animal. Cette fibule peut être placée à côté de celle figurée par Labarte, planche C, n° 4, et représentant un cheval.
La troisième série est la plus nombreuse, c’est celle des fibules discoïdales (n° 7
à 12). Les disques sont généralement ornés au centre d’une rosace en relief,
recouverte d’émail, tantôt jaune, tantôt bleu ou rouge.
Plusieurs sont décorées sur leur pourtour de boutons en nombre variable, quelquefois aussi émaillés. Les numéros T et 8 de la planche XX montrent deux spécimens de ce genre de fibules. Le centre est occupé par un large cercle, et le pourtour représente sur une certaine largeur l’extrémité des rayons d’une roue, alternativement rouges et blancs; le blanc a été creusé pour recevoir une fleurette bleu et rouge (n° 7). Le bouton central est rouge vermillon.
Dans le numéro 8, les rayons sont alternativement rouges et verts; la fleurette creusée dans le vert est blanc et rouge. Le bouton central est bleu avec un point
rou2e au milieu.
el
ne fibule du mème type que les précédentes, mais qui mérite une attention toute particulière, est celle que représente le numéro 9. Elle est remarquable par la variété de ses ornements qui suppose plusieurs superpositions d'émail. Le sommet du bouton central est bleu. Sa décoration est analogue à celle des précédentes, toutefois elle est beaucoup plus riche en couleurs qui sont vives et bien mariées. Elle est
tricolore dans son ensemble avec quelques petits filets verts (bronze). Cette pièce
rappelle certains boutons émaillés que Cochet a découverts dans les nécropoles
franques de la Normandie ‘, et ceux trouvés en Allemagne ?.
1 La Normandie souterraine, PI, XV, fig. 4, in-8. Rouen, 1864.
? LinpenscHMipr, loc. cit., Band IT, Heft 10.Taf. I, fig. 8.
Les deux fibules (n° 10 et 12) sont très analogues de forme aux précédente
sont décorées de boutons sur leur pourtour. Le centre de cette pièce est bleu dans la figure 10, et rouge dans la figure 12. Les rayons sont alternativement rouges et verts dans lenuméro 10, blancs et rouges dans le numéro 12, Des étoiles ornent les rayons verts du premier, tandis que les rayons blancs du second sont décorés
d'étoiles bleues. Il est curieux de signaler un spécimen de fibule discoïdale repré- &
senté planche XVII, n° T,.tout à fait analogue par la forme aux précédentes mais
ne portant aucune trace de champlevage ni d’émail. Cette pièce peut être considérée, sans doute, comme la fibule primitive non encore recouverte d’émail.
Une fibule d’un tout autre caractère est celle que représente le numéro 11. Cette magnifique pièce est circulaire et à jour. Elle est émaillée en jaune, bleu et blanc. Le damier bleu et blanc du pourtour est identique à celui de la fibule gauloise figurée
par Labarte (fig. 1, PI. G*). Le procédé employé dans la décoration de cette pièce
est intéressant à constater : l’émail blanc a rempli tout d’abord les cases, puis il a été fouillé à son tour en petits carrés dans lesquels on a introduit de l'émail bleu, ce qui
a formé une sorte d’échiquier blanc et bleu sur les rayons de cette roue.
Ce type de fibules à roue plus encore que ceux qui ont été précédemment décrits
se rencontre dans un certain nombre de localités en Hongrie * et en Allemagne .
En France les fibules émaillées de formes diverses ont été recueillies assez fréquemment. Le musée de Saint-Germain en possède de forts beaux spécimens provenant d’Abbeville (Somme), Berthonville (Eure), Sceaux (Loiret), Vaison (Vaucluse), Magny-Lambert (Côte-d'Or), Châlons-sur-Marne (Marne), Gonnay-lez-Béthune (Pas-de-Calais), Reims (Marne), des environs de Mâcon (Saône-et-Loire), etc.
La plupart de ces bijoux sont décorés de motifs fort simples par eux-mêmes, mais l'assemblage des couleurs employées pour les produire en émail est digne d’attirer l’attention puisqu'il révèle non seulement une grande habileté de Ja part de l’ouvrier, mais encore un certain sentiment artistique dont il sera intéressant de rechercher
l’origine et le développement.
4 LaBanRTe, loc. cit., t. Il, p. 29 ë lection Rath à Buda-Pesth.
it., Band II, Heft 14, T. IV, fig. G.
3 LiINDENSCHMIDT, Loc. c
Cauc. III.
ni Al n (ll (l (Ml Ji î ||!
Ces fibules émaillées,de même que les fibules à arbalète dont on ignorait jusqu’à présent la présence au Caucase, doivent être rapprochées de celles que l’on a découvertes dans toute l’Europe, de la mer Noire à la mer du Nord et aux Pyrénées.
Suivant de Linas, dont la compétence en pareille matière est bien connue *, la constatation de la présence de fibules émaillées dans les régions caucasiennes est un fait entièrement nouveau et d’un grand intérêt, car il n'existait pas jusqu'à présent d'émaux orientaux exécutés au champlevé. La découverte au Caucase de ces émaux est de la plus haute importance, non pas seulement parce qu'ils sont évaux en beauté
aux pièces conservées dans les musée dé Saint-Germain, de Rouen, d'Arras, de
Budapest, etc., mais aussi, selon de Linas, parce qu'ils tracent désormais nette ment la marche des émailleurs nomades auxquels il les attribue.
Ce savant archéologue admettait en effet que cet art est dù à ces mêmes tziganes
qui jadis importèrent la métallurgie en Occident. Partis probablement de l’Inde, selon lui, ils atteignirent le Caucase, et de là gagnèrent le Danube puis le Rhin, ensuite les deux rivages opposés de la mer du Nord. Ce genre d’émaillerie embrasserait une période qui a pu s'étendre du 1°° au 1v° siècle. Peu à peu,surgit ensuite, vers le v° siècle, l’orfèvrerie cloisonnée qui vient sans doute aussi de l'Inde.
À côté de ces émaux dus (si l’on accepte la théorie de de Linas) à des artistes
orientaux nomades, on voit, à Komunta, des pièces d’origine locale et franchement
barbares, d’autres sûrement byzantines, et enfin quelques-unes qui ne sont que des
imitations du grec ou du byzantin.
Les fibules émaillées découvertes çà et là en Europe seraient done moins anciennes que celles découvertes au Caucase, puisqu'elles ont dû traverser cette région avant de se répandre en Occident.
La même observation doit s’appliquer aux fibules à arbalète dont quelques spécimens trouvés à Komunta en montrent certainement la forme la plus primitive (PI. XVIet XVIT). J’aurai sur ce point, le regret de ne pas être de lavis de mon
ami Hans Hildebrand * pour qui la plupart de ces fibules sortent de Pile de Gottland.
janvier 1887, sans doute l'une des dernièr
4 Observations manuscrites. Lettre di qu'a pu écrire, au milieu de
ses souffrances, ce savant et aimable archéologue dont nous avons à déplorer la perte récente.
? Dr Haxs HirneBrann, Dus heidnische Zeitalter in Sclveden, übersetzt von J, Mestorf, Hamburg, 1873,
MOBILIERS FUNÉRAIRES 103 À l'appui de sa théorie, le savant directeur du musée de Stockholm indique la présence dans l'ile d’une grande quantité de monnaies étrangères et même orientales Ce fait prouve surabondamment qu’un commerce très étendu existait dans ce pays à l’époque sothique. Mais il ne démontre pas que les types industriels et artistiques de cette époque aient été importés du nord au sud; il est tout aussi plausible d'admettre
que ces monnaies ont été introduites dans l’île de Gottland en même temps que
les fibules à arbalète et d’autres obje
De Linas assigne au n° siècle environ les émaux caucasiens, et Labarte place à la
même époque les émaux du nord de la Gaule et de l'Angleterre.
Cet auteur rapporte à ce sujet un passage de Phïlostrate qui, dans ses descriptions de tableaux, après avoir signalé les mors d'argent et les brides d’or des chevaux
montés par des chasseurs aux sangliers, ajoute ces mots : « On dit que les Barbares
es bords de l'Océan étendent ces couleurs sur de l’airain ardent, qu’elles y adhèrent, deviennent aussidures quela pierre et que le dessinqu’elles représentent se conserve!. » l est évident, ajoute Labarte, que cette description se rapporte parfaitement aux émaux incrustés par le procédé du champlevé; et nous pourrions ajouter après lui que c’est aussi le cas des émaux caucasiens.
za théorie de Labarte est sur ce point différente de celle de de Linas, puisqu'il
semble considérer lémaillerie comme indigène, tandis que ce dernier l’attribue à
des nomades asiatiques habitant des gourbis. De Linas ignorait, à l’époque où iltraita
cette question, la présence dans le pays ponto-caspien de semblables émaux. Aussi ce ut avec une véritable joie qu'il apprit cette découverte, en examinant mes dessins, car désormais pour lui la route des émailleurs nomades était parfaitement tracée. La résence de ces émaux primitifs sur une route jalonnée depuis le Caucase jusqu’en îcosse pourrait bien faire admettre la théorie des nomades, car on ne les trouve pas en assez grand nombre pour croire à une industrie sur place.
Passons à la théorie de Labarte concernant les émaux de la Gaule et de l’Angle-
erre, fabriqués à l’époque de la domination romaine dans ces contrées. Les Romains, dit Labarte, ignoraient l’art de l’émaillerie et les émaux étaient inconnus au monde
romain à l’époque où Pline publiait son Æéstoire universelle (an 80 de l’ère chré-
1 LaBARTE, loc, cit, t. III, p. 501.
10% RECHERCHES ANTRHOPOLOGIQUES DANS LE CAUCASE tienne). Labarte insiste sur ce fait que le style de ces émaux primitifs (dits galloromains) ne permet pas de les assimiler aux bijoux des barbares non plus qu'à ceux de l’époque mérovingienne dont aucun n’est émaillé. Il répartit en quatre catégories les objets trouvés dans les tombes de ce temps : ceux qui proviennent de l’antiquité, ceux qui appartiennent à l’industrie barbare, ceux qui sont le produit des artistes aborigènes, et enfin ceux qui seraient dus à l’importation étrangère ‘.
Les nombreuses découvertes qui ont été faites récemment annulent quelques-unes des opinions de Labarte, car en somme trois catégories d’émaux primitifs sont admissibles actuellement pour l’Europe : ceux qui sont dus aux invasions des
Barbares, et ceux qui ont été importés par le commerce ou fabriqués sur place par
des artistes nomades, En Occident l’invention locale de l’émaillerie est loin d’être démontrée, même en ce qui concerne les spécimens les plus anciens connus. Il paraît 1ors de doute que cette industrie, née en Orient dès la fin de l’âge du bronze, peut-
être sous l’influence des Eeyptiens versés de bonne heure dans l’art difficile de font
e verre et de fabriquer les émaux, s’est répandue avec la civilisation du premier à
du fer. Du reste les spécimens d’émaux incrustés en champlevé découverts dans des milieux hallstattiens en Gaule, en Italie, en Autriche et au Caucase, présentent de elles ressemblances qu’il n’est pas possible de leur refuser une origine commune, aquelle est sûrement orientale.
De mème qu’il a été démontré que nombre de types appartenant à la civilisation
iallstattienne avaient vu le jour beaucoup plus tôt dans les régions caucasiennes,
qu’en Occident, il me semble que l’on peut admettre que les émaux champlevés de
Komunta ainsi que les fibules à arbalète qui les accompagnent sont plus anciens que ceux de l'Occident.
4 Les types d’un certain nombre de ces bijoux présentent, en effet, au Caucase, des caractères de simplicité et même de barbarie indiquant qu'ils appartiennent encore à une époque voisine de celle qui les a vus naître.
C'est le même fait que l’on a remarqué déjà dans les mêmes régions pour les types et les motifs décoratifs du premier âge du fer. On sait que ceux-ci se trouvent,
en effet, dans toute l’Europe revêtus d’un cachet artistique d'autant plus développé
qu'ils se rencontrent dans des pays plus éloignés de leur point de départ.
1 LABARTE, loc. cit.
MOBILIERS FUNÉRAIRES 105 Bouczes. — Cet objet de toilette qui remplace l’agrafe. de ceinture des temps
protohistoriques est fort commun à Komunta et à Kambylte. La plupart sont en bronze et pourvues d’ardillons en fer. La plaque ou corps de la boucle, destinée à être fixée sur le cuir ou l’étoffe de la ceinture, est souvent ornée de motifs géométriques élégants et découpés à jour (PI. VI, n° 2 à 4). Aucune n’est décorée de ces représentations animales si remarquables de la période précédente.
Quelques-unes de ces boucles rappellent celles que l’on rencontre dans les milieux romains de l’Occident, et quoique leur type s’achemine vers le style mérovingien, il en est encore bien éloigné. Quelques boucles pourtant, par leur aspect massif et lourd comme le numéro 11 de la planche XVIT, présentent un cachet barbare qui les rapproche de certaines pièces mérovingiennes de France. Enfin la boucle est un des objets les plus fréquents et les plus variés que lon puisse trouver dans les nécropoles scytho-byzantines. Elle est caractéristique des sépultures des niveaux moyens à Komunta et à Kambylte, et pourrait en quelque sorte indiquer l’âge relatif d’un certain nombre de tombeaux.
PERLES OU GRAINS DE COLLIERS. — De même que pendant la période protohisto-
rique, les colliers ont été fort en usage au Caucase durant l’époque scytho-byzantine. Les substances employées comme grains de colliers sont assez nombreuses : ce sont
le bronze, le jayet, l’ambre, l’agate et quelques autres pierres dures, puis le verre et
la pâte de verre. La plupart de ces perles sont identiques à celles de Koban; tou-
tefois celles qui sont émaillées n’ont été trouvées qu’exceptionnellement et à la
surface dans cette dernière nécropole.
A Komunta, à Tschmi et dans toutes les nécropoles scytho-byzantines du Cau-
case, parfois superposées à des tombeaux hallstattiens, les perles de verre et de pâte
de verre émaillées se rencontrent très fréquemment ; elles remplacent les perles de bronze et de cornaline, lesquelles, alors, deviennent moins communes. Les grains de collier en verre sont tantôt sphériques, tantôt cylindriques, quelque-
fois discoïdaux ou ovoïdes, et, plus rarement octogonaux où dodécaédriques; les uns
sont unis, les autres cannelés. Beaucoup sont faits d’un verre incolore, mais un grand
nombre présentent des couleurs variées; le bleu foncé et le bleu-turquoise sont les
plus fréquents; viennent ensuite le vert, le jaune et l'or, puis le grenat clair et le blanc (PI. XMet XV ?*).
La grosseur de ces perles varie de celle d’un œuf de pigeon à celle d’une tête d’épingle. On trouve quelquefois de petites perles réunies par séries de cinq à huit de façon à former un tube.
coïdales ou cylindriques. Elles sont tantôt zonées ou rayées, tantôt pointillées de
> perles en pâte vitreuse sont pour la plupart sphériques, plus rarement dis-
couleurs diverses. Mais à côté de cette catégorie de perles qui rappelle la fabrication vénitienne actuelle et le type dit égypto-grec, se place la série très importante des erles émaillées, Celles-ci généralement sphériques, à pâte souvent rouge ou bleue, verte ou jaune, sont décorées par des incrustations d’yeux bleu et blanc sur fond jaune ou rouge, et d’yeux jaune et rouge sur fond bleu ou vert. La plupart sont en pâte de verre, mais on en remarque quelques-unes faites de
erre teintée en rouge-brique ou en brun, et décorées de motifs en émail consistant
antôt en zones circulaires de couleur verte sur lesquelles se détachent des guirlandes
jaunes, tantôt en lignes blanches ou bleues croisées et dans lesquelles sont intercalés des points bleus ou jaunes.
Des incrustations sur pâte de verre et de même nature, mais en relief, présentent un intérêt capital : ce sont des yeux généralement bleu-turquoise entourés de jaune ou de blanc se détachant très bien sur le fond jaune, brun, noir ou vert de la perle. C’est ce même genre que l’on a trouvé dans les niveaux supérieurs de la nécropole
de Watsch en Carniole 1.
Il faut citer enfin les grains de colliers rectangulaires en pâte de verre émaillée unie et zonée, sur fond jaune, de bleu clair, de brun et de blanc sur les côtés, et présentant sur les deux grandes face une sorte de fin damier couvert de petites croix
noires. Cette dernière catégorie atteste un goût très délicat et une très srande habileté
de la part de l’ouvrier.
Parmi les grains de collier en pâte de verre égyptienne bleu clair, on remarque
des scarabées, des scorpions, des écrevisses et quelques autres animaux, puis un petit
personnage représentant le dieu Bès porté sans doute comme amulette de même
qu’en Egypte.
Les coquilles ont été souvent employées dans la formation des colliers. On remarque
1 Étude sur quelques nécropoles hallstattiennes de l'Italie et de l'Autriche (Matériaux, mai 1884).
MOBILIERS FUNÉRAIRES 107 surtout le Cyprea moneta (Ghoris), les néritines et quelques autres encore. La nacre a été utilisée sous forme de rondelles ou petits disques percés, et plus rarement sous forme de figurines.
Il faut citer enfin les dents canines percées de carnassiers et de ruminants.
Une dernière catégorie est celles des pierres gravées qui ont été souvent percées pour être intercalées parmi les perles devant composer un collier. Les sujets représentés par ces intailles ne laissent aucun doute sur leur origine grecque, byzantine et quelquefois sassanide.
Un certain nombre de ces pierres gravées, des agates, des jaspes et quelquefois de l’hématite ne sont pas percées et ont servi à la décoration de bagues, de fibules, de plaques de ceinturon ou de quelque autre pièce d’orfèvrerie.
En ce qui concerne l’origine des perles d’agate, de jayet, d’ambre, de verre et de pâte de verre, je ne peux que rappeler l’opinion que j'ai émise déjà en décrivant la
nécropole de Koban ‘. Si le jayet parait caucasien, il n’en est pas de même de l’ambre,
de la cornaline et de la verroterie; je les crois dus à l’importation. L’ambre, qui se trouve dans les nécropoles de la Digorie et de la Kabarda en perles beaucoup plus
grosses que dans les nécropoles protohistoriques, et quelquefois même taillées, me
parait, comme à l’époque de Koban, originaire de la Baltique, tandis que la plupart des autres perles me semblent devoir être considérées comme les derniers échantil-
lons de ces produits ésyptiens que les Phéniciens ont répandus à profusion jusqu’au
moment où les Grecs les supplantèrent dans leur gigantesque commerce.
1 Caucase, t. II, p. 80.