EE —— PARTS
x PRÉFACE
Depuis près de quarante ans qu'il est fixé au Caucase, il n’a cessé de l’explorer en tous sens recueillant sur sa constitution géologique, sa flore, sa faune, sa topographie, sur son histoire, enfin, des volumes de notes et de matériaux de toutes sortes, accumulant les collections, et mettant au service de ses recherches les ressources d’une érudition immense et prodigieusement variée.
Ce sont les fouilles de ce savant dans Ia vallée de l’Aragva et à Mizkhet, ainsi
ue celles pratiquées dans les nécropoles de Marienfeld, de Sartatchalo et de Redkine-
Lager qui attirèrent de nouveau l'attention sur l'anthropologie caucasienne, et c’est en partie l'intérêt de ses découvertes qui décida mon premier voyage, en 1879: La question de l’origine du bronze fut remise à l’ordre du jour. Tranchée successivement en faveur de la Phénicie, de l’Etrurie, de la Grèce; de la Scandinavie même,
elle m'avait amené à visiter à différentes époques ces régions privilégiées, à étu-
ier leurs collections et les gisements des trouvailles qui y avaient été faites.
Ces théories ébranlées, on avait jeté les yeux sur la Transcaucasie et sur les régions qui la rellent à la Méditerranée. Mes travaux personnels sur la première
étape de la métallurgie? m'avaient conduit aussi à tourner mes regards vers l’Orient,
hagrin le fit tomber malade; il ne fallut rien moins pour le rappeler à
qu'il avait eu tant de peine à former Ja santé et à la vie active que l'intervention bienveïllante du D' Smirnof.
orsk, l’invita à venir 0: dans l'établissement thermal.
Ce dernier, inspecteur des eaux de Pi Bayern s'y rendit et ce fut le point de départ d’une série de promenades îne. Il découvrit, de plus, dans la région de E
logiques et d'observations sur les volcans
et Djouba une s
rie
chad, Beregoy
de la partie occidentale de la ch:
e résultat
1 y fonda un petit musée géologique. 1 ctivité fut de jeter Bayern dans l'étude des légen-
erinodar, sur le Kouban,
de dolmens. Enfin, se trouvant à Ek:
ériode d
le plus important et aussi le plus inattendu de cette F recherches d'archéologie positive.
s de Bordjom, l'Iméreth, le Ratcha, le Ka
des caucasiennes et de le détourner quelque peu d ;h furent, de
ologie. Le atio 1
Néanmoins il n’abandonna pas la
1867 à 1870, l'objet de ses in
lques découvertes — dolmens et tombes en dalles brutes —
le rejetèrent de nouveau dans souterraines du globe avait failli l'entrainer quatre ans aupa
son ardeur habituelle et les trouvailles de l’Arag
ant.
Mtzkhet, de Marienfeld, de Sartatdes amis del’ Archéologie du
de
Il se mit au travail avec
chalo marquèren premiers pas dans la voie nouvelle. La fondation de
sivement de ses collections
ateur d’un musée composé presque excel s, La découverte de la nécropole de Redkine- 1879 et 1880, ce repos
re Société désorganisée,
Caucase, la nomination de Bayen comme conse vinrent mettre, vers 1874, un terme à ses exc ns les plus lointain
tehetchène ont interrompu cependant,
ant ami.une déception cruelle :
ien. Tels étaient les fruits de quarante années de
annexées au t de luttes
ses collections ont é
caire, Son dévoûment à la
travaux, de voy endus plus difficiles encore par sa situation souvent pré é se sont fait entendre et nous sommes heureux de
ude, aumilieu des innombrables collections qu'il a réunies.
des voi
science n’a pourtant pas été tou
penser que désorme
1 du Rhône. I. Age du bronse ou Origines de lu
olio. Paris, Baudry, 1895-76. II. Premier âge du fer.
3 Ennesr Carre. Etudes paléoethnologiques da:
Métallurgie en France. 3 vol. in-4e avec cartes et atlas in-
ais, Baudry, 1879,
1 vol. in-49.
PRÉFACE xxx1 mais bien au delà du Caucase, pour y chercher le point de départ de ces manifestations d’une industrie nouvelle.
Les régions orientales de la Méditerranée, que de nombreuses découvertes avaient fait considérer par quelques auteurs comme un centre de dispersion des instruments de bronze, ne me semblaient qu'une étape de la marche que ce métal avait suivie des confins méridionaux de l’Asie jusqu’en Europe.
Il devenait nécessaire, pour conclure avec quelque certitude, de se rendre maître de toutes les données du problème, et pour cela, de visiter d’abord l’Asie occidentale. Les trouvailles archéologiques de la région de Tifis indiquaient naturellement la région ponto-caspienne comme point de départ de ce voyage d'exploration si longuement médité, caressé comme un rêve, et que des circonstances heureuses me permirent de réaliser plus tôt que je ne l’avais espéré.
Invité à prendre part au Congrès et à visiter l'exposition anthropologique de Moscou avec quelques-uns de mes collègues et maîtres’, je profitai de cette excellente occasion pour étudier quelques collections recueillies au Caucase et augmenter la somme de renseignements que je possédais.
Enfin, en 1879, chargé par M. le Ministre de l’Instruction publique de France d’une mission scientifique dans la Russie méridionale, je reçus du gouvernement de Saint-
Pétersbourg les recommandations nécessaires pour faciliter mon voyage et les recher-
ches que j'allais entreprendre. Le 6 septembre, je quittais la capitale de toutes les Russ
qualité d’interprète. Ce jeune naturaliste avait fait partie de l'expédition scientifique
es, accompagné de M. Jean de Poustchine, qui avait bien voulu me suivre en
envoyée sur les rivages de la mer Caspienne et dirigée par Kesler ; il avait déjà l'expérience du climat et des choses du pays que nous allions parcourir.
Nos préparatifs terminés à Nijni-Nowoorod, nous descendimes le majestueux Volga jusqu’à Tzaritzine, où nous primes la direction des montagnes en passant par Rostov et Vladikavkaz.
Quelques promenades dans la vallée du Terek me permettaient de faire une série
d'observations anthropologiques et, pendant un séjour de six semaines à Tiflis, j’ai
pu, grâce à l'obligeance de Bayern, pratiquer des fouilles en Géorgie et étudier les
# MM. pe Quarreraces, Broca, De Morriccer, ToprwaRD. Hamy, MaGrror pt Leox.
xxx PRÉFACE collections de ce vénérable savant ainsi que celles de quelques autres archéologues et naturalistes.
Mon retour s’effectua par la mer Noire et la Crimée, ce qui me permit de visiter les dolmens et les antiquités grecques de cette belle région. Les renseignements que j'ai recueillis dans ce premier voyage sont consignés dans
un rapport que j’adressai à M. le Ministre de l’Instruction publique ‘.
Mais, tandis que je rapportais des documents tout à fait nouveaux et fort curieux
sur les nécropoles hallstattiennes du Caucase, je ne possédais, malgré les recherches
les plus minutieuses, qu'un petit nombre de faits relatifs aux âges de la pierre et du bronze. Ces résultats, loin de me décourager, me firent désirer davantage de retourner dans cet admirable pays.
En 1881, chargé d’une nouvelle mission afin de poursuivre mes recherches de 1879, je résolus d'étendre mes investigations à l'Arménie méridionale, avant de revenir au Caucase. Dans ce long et pénible voyage, j'étais accompagné par M. le commandant Barry et par M. Donnat-Motte, naturaliste préparateur du Museum de Lyon ?.
Espérant découvrir quelques traces du passage des populations primitives à qui l'on attribue l'importation du bronze, je suivis, pendant les mois de mars, avril,
maiet juin, à travers la Syrie septentrionale et la Haute-Mésopotamie, Pune des
plus anciennes routes de lOrient, et j'atteignis l'Arménie russe par les hauts plateaux du Kurdistan, les régions du lac Van et de l’Ararat.
recueilli
Durant cet intéressant voyage dont le récit sera publié ailleurs d'importantes collections relatives à la faune et à la flore des pays que j'ai traversés: J’ai relevé près de deux mille mensurations céphalométriques sur les populations
arabes, ansariées, kurdes et arméniennes. Enfin j'ai rapporté plus de cinq cents
photographies de types, de monuments et de paysages.
Quelques observations ont été déjà publiées sur les principaux résultats de cette