‹ Recherches anthropologiques dans le Caucase;Chapitre 26 sur 42 · D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE DE FELITZINE · texte numérisé non relu

D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE DE FELITZINE

terre divers fragments de squelette humain; dans un autre, également ruiné, il a recueilli trois crânes dont un seul était entier; l’un appartenait à un vieillard, Vautre à un jeune homme de 18 à 20 ans. Aux ossements de ces individus se trouvaient mêlés deux perles en terre en forme de demi-sphères irrégulières percées d’un trou (fusaïoles), une autre perle, sans doute de verre bleu, et un vase en

terre brisé.

Ce vase a 0,16 centimètres de hauteur sur 0",31 de circonférence et 0,10 de diamètre. Sa forme est cylindrique à la base et sur les côtés; à la place des anses sont gravées deux lignes parallèles.

La terre dont le vase est fait paraît être la même que celle des perles et cela semblerait démontrer leur contemporanéité. Quant au grain de verre, on n’est pas bien certain qu'il appartienne à la même époque que les autres pièces, qui doivent dater de la construction du tombeau. La position des crânes et des autres

osseménts fait supposer que les corps étaient placés assis les uns à côté des autres.

C'était donc, d’après M. Felitzme, un tombeau de famille.

Lè crâne entier est brachycéphale, comme la plupart des crànes néolithiques, et es os en sont très épais.

Ces caractères anatomiques, quoique constatés sur une seule pièce, entraînent M. Felitzine à rattacher ces tombeaux à lépoque de la pierre polie, époque à aquelle remonte l’origine de la plupart des dolmens dans tous les pays. M. Felitzine pense aussi que les objets trouvés avec ces ossements humains sont néolithiques, et, par conséquent, il se croit autorisé à rapporter les dolmens de Bagovsk à cette période préhistorique, la plus ancienne dont on ait retrouvé des vestiges au Caucase.

Les résultats des fouilles entreprises jusqu’à ce jour dans ces dolmens ne permet-

ent pas assurément de rien affirmer de définitif à cet égard. Le nombre des monuments mégalithiques inexplorés est encore considérable soit au nord, soit au sud du Caucase et je ne doute pas que des fouilles méthodiques nousimettent prochainement en mesure d’avoir une opinion solidement établie sur l’âge et l’origine de ces

curieux tombeaux.

Les dolmens du Caucase doivent appartenir au même peuple et à la même époque que ceux de la Crimée, leurs voisins. En effet, les régions des dolmens du Caucase (Kouban et Abkhazie) sont celles qui sont les plus rapprochées de la Crimée méridionale, où l’on en connaît un certain nombre depuis Pallas ‘ et Dubois de Montpéreux ?. Les trois groupes les plus importants sont ceux du littoral, à

Gaspra et à Alouchta, puis celui de la belle vallée de Baydar.

1 PaLLas, Voyage dans les gouvernements méridionaux de la Russie t. I, p. 345. ? Dusoi pe MonrPéReux, Voyage autour du Caucase, t. IV, p. 3283 t. V, p. 46, 321 ; t. VI, p. 73.

Ce dernier, le plus considérable, à été étudié par M. Filimonoff en 1878 ‘ au nom de la Société d’Anthropologie de Moscou.

Fi: 49. — Dolmen de Kosseir (Syrie).

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