VIII. — CO.NSTRDCTION D'UN SOCLE PORTANT LE SARCOPHAGE DE SAINTE
Salsa,
Vers le milieu de la nef, nous avons découvert un socle en maçonnerie longde?.™, 34, large de i^iyo.Il est certainement postérieur à la mosaïque : en le faisant détruire en partie j'ai en effet trouvé
i . Il n'y a, en toul cas, pas lieu de voir dans cette Fabia Salsa la sainte elle-même : la légende ne transforme pas une vieille femme, morte, autant qu'il semble, de mort naturelle, mère et grand'mcre, en uni; jeune martyre de quatoi-ze ans; d'ailleurs la présence, au milieu de la basilique, de l'inscription de Fabia Salsa, que tout le monde pou- Tait lire avant la construction du socle, eût absoluTient empêché la formation d'une telle légende.
2. Si sainleSalsa avait été ensevelie dans la tombe d'une de ses parentes et si elle avait élé rncare daos cette tombe au temps de l'hagiographe, il y a tout lieu do croire qu'il l'aurait dit.
3. Voir les observations présentées à la fin du chapitre suivant.
4. On pourrait donner une eiplication presque enfantine. L'inscription aurait été placée ainsi pour qu'elle ne fût pas incessamment foulée aux pieds par les personnes se rendant dans l'abside.
par-dessous cette mosaïque assez bien conservée : il avait été simplement posé dessus. On doit remarquer qu'il ne se trouve pas exactement au centre de la nef : il est éloigné du bas-côté de droite de 3m,45, et du bas-côté de gauche de 2™, 76 seulement. La raison de ce manque de symétrie est facile à comprendre. On a voulu incorporer dans le socle le cippe de Fabia Salsa qui, comme on le sait', est plus rapproché du bas-côté de gauche que de celui de droite. C'est ce cippe qui forme la face nord du socle. Quant aux autres faces, elles sont construites en pierres de taille. A l'intérieur du socle, qui était massif, on a entassé toute sorte de matériaux noyés dans du mauvais mortier et mêlés à des éclats de pierre. J'y ai remarqué : deux piliers dont le haut est brisé et qui présentent sur deux de leurs côtés de longues mortaises rectangulaires*, deux fragments de demi-colonnes en pierre ^ ; un fragment d'une pierre présentant sur un de ses côtés un registre quadrangulaire ; des restes d'une transenna (peut-être d'une garniture de fenêtre) découpée à jour ; deux fragments d'une colonne en marbre. La construction a été faite à la hâte et avec une grande négligence*.
L'extérieur du socle était plaqué de dalles de marbre blanc, de différentes épaisseurs, empruntées sans doute à divers édifices. Quelques-unes étaient encore en place, rattachées aux pierres du socle par des crampons de bronze ; les autres, brisées, étaient répandues tout autour. Ces plaques de marbre couvraient le cippe de Fabia Salsa aussi bien que les murs des autres faces du socle; pour les maintenir, on les avait encastrées dans une rainure ^ faite à cette intention le long de la dalle de pierre qui porte le cippe et le déborde par devant». Ainsi le monument de Fabia Salsa devint invisible, sauf les deux extrémités du couvercle de la tombe et une partie de deux des bornes placées derrière celte tombe, bornes dont la partie supérieure fut rasée et dans lesquelles on pratiqua aussi une rainure pour y fixer le bas d'une dalle de marbre (voir pour tout cela la pi. V).
Aux angles du socle, par devant et par derrière, furent dressées