‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 39 sur 266 · X. — Tombes creusées dans le sol de la basilique · texte numérisé non relu

X. — Tombes creusées dans le sol de la basilique

Tout autour de la basilique de sainte Salsa, se voit un grand cimetière chrétien à ciel ouvert'. Les sépultures sont : une quantité innombrable de sarcophages en pierre, orientés tous plus ou moins exactement de Fouest à Test (les morts regardant l'orient), et sur quelques-uns desquels sont gravées des croix mouogrammatiques^; plusieurs mausolées dont le plan seul, carré ou rectangulaire, est reconnaissable ; des tombes, faites en maçonnerie, ayant la forme de demi-cylindres et couvrant des sarcophages en pierre : plusieurs de ces tombes présentent sur le devani une décoration en mosaïque^.

I.Haut. luoyeune 0™,IJ; larg. O^.IO; [;i-oroud. u^'.iu. ("estions sout distants l'un de l'autre de O^.So, l'",og, 1'","2d.

i. Sur des cimetières seiiiblal)les, voir de Rossi, Roma sotlerranea, t. IIL p. 304 sq. ; Bull, di archeologia crisliana^ série III, t. III, 187S, p. i08 sq., et série IV, t. lil, 1884, p. 144 gq.

3. Souvent, il y a plusieurs sarcophages superposés. — Qiielques-uus de ces sarcophages sont bisomes.

4. Cf. les ir.ouuments de incrae forme indiqu.'s pai' Carloii, Bulletin du Comité, 1890, p. 15:i, et Ueluttrf, L'rpigrap/iie chrétienne à Curthaye (extrait du Compte rendu du Congrès scientifique international des calholii/u-ts, 1891), p. 2d, n' 48. Ces mosaïques, exposéesà l'air depuis des siècles, sont uuturclUnient fort endommagées. M. l'abbé Saint-Uérand a attiré mou attention sur l'une d'eutre elles où l'on voit un

LA MSUJQUE DE SAINTE SALSA, A TIPASA 49

A l'intérieur iiiôiiie de la basilique, il existe une cinquantaine de tombes*. C'était sans doute un lionneur très recli';rrhé que d'être enterré dans le voisinage de la martvre*.

Ces tombes sont de trois sortes : tombes à amphores, tombes à couvercle de tuiles disposées en dos d'àneS sarcophages en pierre.

Il n'y a que deux tombes à amphore (n"» f\o et 44 sur le plan). Ces tombes consistent en de simples amphores sciées en leur milieu. On y a introduit le corps d'un enfant et Ton a rapproché ensuite les deux tronçons, de telle sorte que l'amphore à première vue paraît intacte*. Par-dessus Tamphoro de la tombe 4" on a placé deux rangées de briques, disposées en dos d'âne ; par-dessus celle de la tombe 44, il y a deux rangées de minces dalles en pierre calcaire.

I.cs tombes de la seconde sorte sont au nombre de cinq seulement (43, 45, 49, 5o, 5i). Elles étaient fort endommagées; cepen-

hout d'inscription (long, de la tnmhe :^™,10, larg. 2™, 10; — larg. du champ de l'inscription 1™,09, haut 0™,20 ; haut dos lettres 0™,11, cubes bleus) :

me[

ANNOS XÇII Palme

Me[inoria vixit] annon XVIIJ. Après le chiBfre des années il y a une palme rouge.

— Autour de l'inscription, un entrelacs où le bleu, le jaune, le rouge et le vert alternent.

1. Sans compter celles qui peuvent se trouver dans la partie non fouillée.

î Voir plus haut, p. 30. — On remarquera que les tombes sont creusées surtout daus la partie antique de l'église, là où se trouvait le corps de la .sainte.

3. Nous avons fait observer (p. -il) que les tombes appartenant à ces deux types de lombes, qui se trouvent dans la partie nouvelle de l'église, sont peut-être antérieures à l'allongement de l'édifice.

4. Les tombes fi amphores sont fréquentes en Afrique, depuis l'époque punique jusqu'à l'époque chrétienne. Les amphores ne sont pas toujours coupées de même, et souvent il y en a plusieurs emboîtées. Voir : Delattre, Bulletin du Comité, 1886, p. 227 ft Collections du Musée Aloui, p. tll (Carthage, époques punique et chrétienne); Vercoutre, Bévue archéologique, série 111, t. X, 1887. p. 30 sq. et 180 sq. (Sfax, époque chrétienne); Hannczo, Recueil de Constantine, t. XXVI, 1892, p. 286 (Salakta) ; Etenaud, Bulletin du Comité, 1887, p. 449 (Zarzis, époque chrétienne); Saladin, Arcliwes des Mission-i, série III, t. XIII, 1887, p. 15 (Lamta, époque chrétienne); Carton, Bévue archéologique, t. XV, 1890, p. 25 et Bulletin du Comité, 1890, p. 180 (Bulla Regia); Delattre, Recueil de Constantine, t. XXV, 1888-1889, p. 271 (oasis de Liouah dans le Zab, époque chrétienne) ; A. de Mortillet et Topinard, Bulletin de la Société d'anthropologie de Parii, série IV, t. XI, 1888, p. 720 sq. (Biskra, Stora, Philippeville, Chéraga près d'.\lger). — En dehors de l'Afrique, en Sardaigne {Notizie degli Scavi, 1881, p. 30 ; !89.!, p. 216) ; dans le midi de la France et en I^igurie (I e Blant, L'épigraphie chrétienne en Gaule et dans l'Afrique romaine, p. 31 ; Issel, Bulleltino dt paletnologia italiana, f. XI, p. 188.T, p. iOP-!10, pi. IX, lig. 7 et 8.

dant on reconnaît que le squelette y était placé sur une rangée de briques plates, et que deux autres rangées de briques semblables, formant dos d'âne, s'élevaient par-dessus. Dans la tombe 4â» j'ai recueilli quelques poteries enterre jaune et faites au tour; ce sont : une petite cruche à anse plate, à ventre lurbiniforme, à col mince, à goulot évasé (hauteur o>n,i8; diamètre o™,[4); des fragments de deux autres vases analogues, mais avec deux anses; une petite lampe lisse (long. o™,io3); quelques fragments de vases et plats, méconnaissables'. — Les autres tombes ne contenaient pas de mobilier funéraire.

Toutes les autres tombes de la basilique sont des sarcophages en pierre. Ils mesurent de ini,8o à 2^,15 de longueur (sauf les sarcophages d'enfants qui sont naturellement plus petits) et o°i,65 à on», 85 de largeur. L'intérieur des cuves est ou rectangulaire, ou arrondi du côté de la tète, ce qui est plus rare. Les couvercles, d'une seule pièce, sont plats ou légèrement bombés*; quelques-uns ont été fixés aux bords de la cuve par des coulées de plomba A l'intérieur il n'y a pas de mobilier funéraire *: on n'y trouve que le mort, quelquefois enfermé dans un cercueil de bois, en pin ou en chêne». En général, les couvercles afûeurent à peu près le sol de la basilique*. Plusieurs le dépassent pourtant (n»» i8, 29, 3o, 3i)', mais ces tombes ont été placées contre des murs, à des endroits où elles ne gênaient pas beaucoup la circulation.

Un de ces sarcophages en pierre doit être mentionné spécialement : il est désigné sur le plan par le chiffre n et se trouve dans le chœur, à droite du socle portant le sarcophage de la sainte. Le couvercle était intact. Nous n'avons trouvé dedans (ju un squelette d'homme âgé, enfermé dans un cercueil en pin dont de nombreux fragments se voyaient encore au moment où nous avons ouvert la tombe. Cette tombe est postérieure à la mosaïque dont elle coupe

1. On peut 32 demander, il est vrai, si cette tombe n'est pas antérieure à l'église, les sépultures chrétiennes ne contenant pas eu général de mobilier funéraire.

2. Celui de la tombe 19 présente en outre, de chaque coté, dans le sens de la longueur, deux bandes à légère saillie.

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