‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 40 sur 266 · N" 19 et · texte numérisé non relu

N" 19 et

4. Sauf dans la tombe 39, où j'ai trouvé deux petites monnaies frustes.

6. Il y a cependant entre des tombes voisines des différences de niveau assez fortes (0™,la au maximum).

7. Tombe n" 18 à 0™,30 au-dessus du sol; n° 29, haute avec son couvercle de O^.SÛ, tout entière au-dessus du sol et reposant en partie sur la tombe n" 26; u" 30 à O'^.SS au-dessus du sol; n" 31 à 0™,40 au-dessus du sol.

le dessin, mais elle est certainement antérieure à la colonnade de la nef dont nous parlerons plus loin, car une des bases de ces colonnes reposait dessus. C'était évidemment un personnage important qui était enseveli là, seul auprès du tombeau principal.

Toutes ces tombes sont orientées de Testa l'ouest et à l'intérieur les tètes se trouvent à l'ouest. Il n'y a que deux exceptions : une petite tombe d'entant dans la nef (n» 4), et un grand sarcophage en pierre au fond du bas-côté de gauche (n» 18). Dans ce sarcophage orienté du nord au sud, la tète était au nord. Nous avons vu qu'il y a eu là un remaniement : une porte dont le seuil se trouvait om,55 plus bas que le sol de l'église a été ensuite murée *; par devant on plaça ce sarcophage et l'espace environnant fut remblayé. Parmi la terre et les pierres qui furent alors jetées à cet endroit, nous avons trouvé des tessons de plusieurs amphore? à pointe ; un fragment de plat rond ; une petite pierre bleue de forme hémisphérique, ayant dû servir de chaton de bague; quarante-deux petites monnaies de bronze extrêmement frustes '. Sous le sarcophage, il y avait trois cippes payens, sans doute pris dans le voisinage et destinés à le caler : ils étaient posés à plat. — Sur l'un d'eux (hauteur om98; largeur om,4a; épaisseur om,2i), on voit, en haut, une rosace accostée de deux oiseaux ; à droite et à gauche de ce groupe une fleur (celle de gauche est en partie détruite). Au-dessous, une arcade supportée par deux piliers corinthiens ; dedans, entre deux arbres, une femme et deux enfants. La femme, vêtue d'une tunique et d'un manteau, tient de la main gauche une grappe de raisin ; le bras droit est plié sous le manteau. A droite, ime jeune fille vêtue d'une tunique tient de ses deux mains un objet indistinct (oiseau? ou quadrupède?). A gauche, un jeune garçon vêtu d'une tunique courte, porte un quadrupède. Chacun de ces trois personnages est debout sur un suggestus. Plus bas, l'inscription suivante (hauteur moyenne des lettres : om,o4).

{sic)

D M STATTE • DAT:

STATIA • SECv NDA-SOROk Î>IS • F (.vie) V • A • XXVM •

i. .l'y ai reconnu deux Constantin I", un Constantin II, un Constance II (tloheu, t. VI, (>. Hi, n» 224), un Valens, un Valentinien I" ou II.

D{is) m{anibus) StatJ]{a)e Dat[aje. Statia Secunda sorori piis{simae) f\,ecit). V{ixit} uninis) XXV...

A la fin, je doute qu'il faille lire m^ensibus), car il n"y a rien après. Cet M est peut-être une erreur de lapicide pour III.

Le second cippe, dont nous n'avons que la partie supérieure (hauteur de ce qui reste i°»,o2 ; largeur o™,58 ; épaisseur o™, 19), est arrondi en haut. Il est divisé en deux registres. Celui du haut, arrondi comme le cippe à sa partie supérieure, enferme un buste de famme, à peine ébauché et fort laid. Celui du bas, carré, était destiné à recevoir une inscription qu'on n'y a jamais gravée.

Le troisième cippe était aussi brisé et nous n'en avons trouvé que la partie inférieure, sur laquelle on voit le bas d'un cadre quadrangulaire destiné de même à recevoir une inscription (haut, de ce qui reste du cippe 0^,98 ; larg. o™,56 ; épaiss. o",2i).

Le dessus de plusieurs de ces sarcophages est décoré en mosaïque et présente des inscriptions funéraires. On sait que ces couvercles de tombes chrétiennes en mosaïque sont fréquents en Afrique'.

Voici la description de> couvercles en mosaïque que nous avons trouvés dans la basilique de Fabia Salsa.

Tombe n» 4, en avant du troisième pilier de gauche (à partir de l'abside). Une subsiste plus que la partie de gauche de la mosaïque, le reste ayant été détruit lorsque l'on posa la colonnade qui précède le pilier. Largeur cnjSS ; hauteur des lettres o™,i24. Cubes bleu foncé.

MEMJOrîfl

Au-dessous, une palme rouge disposée horizontalement.

1. A Carthage : C. I. L., VIII, 1341S, 13462, 13543, 13743, 13751, 13786, 13813, 141i9, 14144, 14168, 14171, 14175, 14184, 14185, 14214, 14222, 14227, 14229, 14235, 14251 ; Rohaut de Fleury, La Messe, t. IV, p. 68, pi. CGLXXV. — A Utique : C. 1. L., 14326 ; Rohaut de Fleury. l. e. — k Sousse : C. I. i., 11149. — A Lamta : C. I. L., 11 117 sq. — A Henchir-Beni-Hassen : C. I. L., 11134. — A Sfax : C. I. L., 11077 sq. — A Tabarka : C. I. L., 17385 sq. ; Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1890, p. 129 et 330 (fouilles de MM. Toutain, Pradère et Woog). — A Gonstantine : C. I. L., p. 620, n» e. — A Tébessa : C. I. L., 2009-2013. — A Sétif : Comptes rendue de l'Académie d'Hippone, t. XXIII, 1888, p. lxix, n* XXII; Recueil de Constantine, t. XXVI, 1890-1891, p. 358; peiit-otre au.ssi flecH-ei/ r/tf Constantine.

Tombe n» 3, entre le troisième et le quatrième pilier de gauche (voir pi. V). Longueur de la surface en mosaïque ^",33; largeur ()",6r>.. Hauteur des lettres o™,ro5. Cubes bleus.

M-ISTEFAXl IN PAGE RECESSIT III-K-MAIAS

La barre médiane des A est brisée. — M{emoria) htefani {— Stephani); inpacereceasit III K{alendas) Maias. — Les dimensions de la tombe montrent qu'elle a servi de sépulture à un enfant. Tout autour de l'inscription, il y a une tresse en cubes blancs, bleus, rouges, verts et jaunes.

Tombes n° 6, entre le quatrième et le cinquième piliers de droite. Longueur i™,8o; largeur o", 69. Hauteur des lettres o",i45. Cubes bleus.

MEMORIA ASTERI INNOCKN TIS FIDELIS IN PAGE REGESSIT

Memorin Asterl{i) Innocentis ; pielisinpace récessif. — Au-dessous, il y a une suite de fleurs de lotus alternativement droites et renversées : les contours sont bleus, les corolles vertes, les fleurs blanches ; les intervalles sont alternativement rouges et jaunes.

4° Tombe n° 7, dans le bas-côté de droite. La mosaïque, qui déborde

t. XXII, 188i, p. 207, n* 16. — A Sertei : Brochin et Héron de Villel'osse, daus le Bulletin du Comité, 1888, p. 428, 434, pi. Xlll. — A Orléausxille : C. I. i., 9709, 9713. — A Ténès : C. I. L., 9093, 9694.

1. Sur la formule africaine fidelis in pace voir Le Blaiit, Comptes rendus de l'Académie des imcriptions, 1881, p. 247; Uelattre, Bévue de l'Afrique française, 1886, p. 245.

le couvercle de la tombe, est fort endommagée. Hauteur dos lettres o'û.iSii. Cubes bleus. Voir la ûgure 2.

Fig. 3.

ÏF]l,{avia) Mica vivit a[nn]is XXI H ; in p ace v[ecess\il.

a) Palme jaune et palme rouge opposées.

h,b,b,b) Tresse. Cubes bleus pour les contours; verts, rouges et jaunes pour l'intérieur.

c) Parallélogrammes en vert, jaune et rouge (voir la pi. V où cette partie de la mosaïque est représentée).

d) Large bande jaune, bordée de bleu; au-dessus et au-dessous, des boutons de lotus et de grandes feuilles allongées (voir la même planche).

e) Suite de demi-cercles dont les courbes sont en haut, et dont les diamètres reposent sur une ligne parallèle à l'inscription. Ces demi-cercles enferment des rectangles enfermant eux-mêmes des moitiés de croix à branches arrondies, croix qui sont disposées obliquement. Les couleurs employées sont le bleu, le jaune, le rouge et le vert.

Tombe n" 8 (au sud de la précédente). Longueur du couvercle

i",i4; largeur o"47. Hauteur des lettres o",iu. Cubes bleus. L'inscription n'avait qu'une ligne :

[lEMORIA|D

Au-dessus et au-dessous de l'inscription, ligne de carrés bleus et tresse (contours bleus, intérieur vert, rouge et jaune).

Tombes qui portent le n° 9. — A l'intérieur de la citerne, plus ancienne que l'église, que l'on voit à la hauteur des cinquièmes piliers, se trouvent trois tombes parallèles, appartenant à un même ensemble. Celles de droite et de gauche sont des sarcophages en pierre avec des couvercles en dos d'âne ; quant à celle du milieu, on l'a constituée en reliant, à l'ouest et à l'est, les extrémités de deux autres tombes au moyen de deux dalles dressées de champ : ainsi a été formé un réduit rectangulaire dans lequel le corps était déposé. Le couvercle de cette tombe du milieu posait, non pas sur les deux dalles dressées, mais sur les couvercles des deux autres tombes : le couvercle de celle de gauche a même été légèrement échancré à cet effet. Le rebord des dalles (qui ne dépasse pas le niveau des deux sarcophages voisins) n'adhérant point au couvercle du milieu, le vide a été rempli de chaque côté par deux assises de briques. Contre le sarcophage de droite se trouve un autre sarcophage (n" i3 sur le plan), qui est posé, non plus à l'intérieur, mais sur le bord même de la citerne, échancré pour le recevoir. Son couvercle dépasse de 0^,07 celui du sarcophage voisin. Cette tombe, parallèle aux précédentes, appartient probablement aussi au même ensemble. Comme on peut le voir sur le plan, l'orientation des quatre tombes en question diffère assez sensiblement de celle des autres sépultures de l'église et est déterminée par l'existence de la citerne. — Plus tard, trois de ces tombes ont été en partie recouvertes par un pilier et par deux dalles placées à cet endroit (voir le plan et le chap. xn).

Le couvercle du milieu, qui posait sur les deux couvercles voisins, présente une inscription en mosaïque déjà publiée' et qui est aujourd'hui presque complètement détruite.*. Je dois à la grande

i. C. I. L., n» 9313; Bulletin du Comité, 18S7, p. ICU, 11° 704.

2. U ne reste plus que quelques lettres des lignes i, 3, 7 et 8. M. Scbraidt, il y a

obligeance de M. Trémaux une copie très soignée de cette inscrip-

{Ui "** «/ ^ i^ ta 1 V V Û il â i^

Fis. 3.

T roman \ del.

huit ans, en avait encore lu les sept dernières lignes {^EphemcHs epigraphica, t. V. p. 460, n» 960). — Cettp inscription est en place dans la basilique (et non dans le jardin de M. Trémaux).

tion, copie qui a l'avantage d'indiquer les bords du couvercle et par conséquent d'une manière approximative le nombre des lettres qui manquent à chaque ligne (voir ci-contre la fig. 3) '.

Tombe n° lo, dans le bas-côté de gauche à la hauteur du cinquième pilier. Longueur 2", 35; largeur 0^,67. — La mosaïque est très endommagée. Hauteur des lettres o"", 12. Cubes bleus. Voir la figure 4-

^SSIT

. . ,^ «-'fï f f\ aV <-ri

Fig.

M[e]moria Aconi(i) ; in Ipace r]ecessit.

a, a) Palme : cubes blancs, bleus, verts et rouges.

b, b) Tresse : cubes bleus et verts.

Deux fragments du couvercle de la même tombe, trouvés parmi les décombres à l'extrémité du bas-côté de droite. Hauteur des lettres o^.ogâ. Cubes bleus.

a) DMNIOl

1. Ligne I : il faut lire évidemmeut [me]mori[a]. — Ligne 11 : [S]ic positus est et uu nom propre qui commence par une des lettres B, D, E. F, P, R et se termine en tius. Il n'y a pas de date consulaire à la fin de la liçnc 10 : d'ailleurs la restitution Pu[seo et loliamie co]«.f est impossible, puisqu'il n'y a pas «s et que la place est insuflisante pour cette restitution.

58 PKEMIERE PARTIE

Plusieurs fragments trouvés presque à fleur de terre en avant de l'abside. Ils doivent provenir d'une fouille antérieure. La plupart sont complètement informes. En voici deux où l'on reconnaît des lettres :

~TPAP 3A

On a déjà publié (C. I. L., y'3i4 a) un fragment de couvercle en mosaïque, trouvé dans la basilique de sainte Salsa' et qui a peutêtre appartenu à la même tombe.

Les éléments manquent pour dater avec précision ces inscriptions en mosaïque. D'après la forme des lettres et la simplicité des formules, elles ne sembleraient pas postérieures au V siècle. L'expression récessif, qui se retrouve sur plusieurs d'entre elles (accompagnée des mots inpace)^, indiquerait à Rome une époque antérieure au milieu du v« siècle environ% et en Gaule une époque antérieure à la fin du même siècle*. Mais en Afrique, où elle est assez rare, on ne peut fixer de limites chronologiques précises». En Bétique, la formule recessit in pace, très fréquente, se maintint jusqu'à une époque très basset — On doit remarquer que c'est au v^ siècle que remontent presque toutes les inscriptions chrétiennes sur mosaïque datées d'Afrique'.

Dans le narthex de l'église, on a aussi placé plusieurs sarcophages

i. Voir plus haut, p. 10, n. 4.

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