‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 56 sur 266 · C. I. L., 8701, 8777, cl ici u · texte numérisé non relu

C. I. L., 8701, 8777, cl ici u

tout ou voil des églises, qui semblent remonter aux ivo et v» siècles'.

Les Byzantins ont établi une série d'ouvrages fortifiés sur toute la largeur du Belleznia, et d'assez nombreux fortins que Ion trouve dans la partie orientale du Hodna sont probablement aussi leur œuvre. .\ Diana, ils ont laissé une grande forteresse, un fof'tin et une église ; à Zraia, deux forts. .Mais en aucun point de la région des chotts située entre le djebel Youssef, le djebel Tnotit, Ain- Azel et Diana, je n'ai trouvé de preuve certaine de leur séjour.

Sauf Diana, ville bien connue des archéologues, les ruines que j'ai visitées ne présentent qu'un intérêt médiocre. Laraasba a probablement servi de carrière aux Byzantins; la ville antique qui s'élevait à Ngaous est aujourd'hui ensevelie sous la ville arabe ; à Zarai. on ne voit plus que des constructions d'un basse époque. Toutes ces ruines ont le même aspect : d'innombrables files de pierres de taille dressées, ne s'élevant guère du reste au-dessus du sol; entre ces pierres, il y avait autrefois des murs en moellons qui se sont écroulés. Presque partout des débris de pressoirs : pierres de taille présentant une ou deux encoches en forme de queue d'aroude et précédées d'aires où sont creusées des rigoles pour l'écoulement du liquide ; en avant de ces aires on voit quelquefois encore les bassins en pierre dans lesquels il coulait. On trouve souvent aussi des rouleaux cylindriques en pierre, longs en moyenne de o™,8o, dun diamètre moyen de 0^,40, percés de mortaises carrées à leurs deux extrémités. Les cuves rectangulaires, de petites dimensions (en moyenne r mètre de long, o^jGo de large, 0^,75 de haut), sont fréquentes : elles présentent parfois des ornements incisés ou à léger relief. Quelques portes massives en pierre. Dans la partie occidentale de la région des chotts, aux environs du chott El-Hamiet et du choit El-Fraïm, on rencontre de grandes roues pleines en pierre qui atteignent parfois 2 mètres de diamètre, et dont .l'épaisseur est de o°',i5 à oni.20. Dressées verticalement, elles pouvaient, d'un côté, s'emboîter dans une large rainure concave, de l'autre, manœuvrer entre deux montants ; en bas, elles glissaient dans une autre rainure. M. Poulie, qui a bien observé

1. La plus ancienne inscription datée de Sétif, actuellement connue, est le n" 8637 du Corpus, où il faut lire à la dernière ligne AN P CCCXXXVIIi (année 377). Aux environs de Sétif, on connait des inscriptions ctirétienues de 3o9, à Tixter (Audollenf, Mélanges de l'École française île Rome, t. X, 1890, p. 441), de 349, à Ain-Kebira (Audollent, p. 471), de 331, 342 et 3o0, à Beni-Fouda {Itccueil de Constantine, t. X,\V1, 1890-1891, p. 384 et 385; C. I. L., 10931).

cette disposition S a parfaitement vu qu'il n'y avait pas là des portes, mais des meules. A quoi ont-elles servi ? Je ne saurais le dire; M. Poulie pense qu'elles pulvérisaient la terre à poterie.

Les seuls monuments vraiment intéressants de toute la contrée <iue j'ai visitée sont les basiliques chrétiennes, très nombreuses. Elles sont, il est vrai, mal conservées. Les murs eu moellons ont disparu ou apparaissent à peine au ras du sol ; on ne voit émerger d'ordinaire que les Aies des pierres de taille, dresi^ées de champ, qui reliaient et consolidaient autrefois les parties en moellons. Les bases, à socle élevé, des colonnes qui séparaient la nef des bas-côtés sont souvent encore en place; quant aux fûts et aux chapiteaux, ils ont d'ordinaire disparu, enfouis sous terro ou emportés par les Arabes qui en ont orné leurs marabouts ou leurs gourbis . Cependant le plan des basiliques est encore presque toujours reconnaissable el l'on y trouva encore des détails d'architecture intéressants. Jf les ai étudiées avec le soin que j'ai pu et la plupart des figures jointes à ce travail s y rapportent-. Des fouilles dans quelques-uns de ces monuments seraient bien peu coûteuses, car ils sont en général peu enterrés, et elles pourraient avoir de bons résultats : je signalerai comme particulièrement dignes d'être explorées la grande église do Zarai, celles de Kherbet-bou-Addoufen (où il y en a trois intéressantes), d'Henchir-el-Atech, d"Henchir-el-Mahrab, de Kherbet-Fraïtn et d'El-Hamiet.

i. heeueil de Constantine. t. XVI, I873-Ib7-1, \i. 'V^~ <(\. M. l'oullc a vu en outre au delà des moDtajits de petites auges, destinées sans doute à recevoir les matières qui coulaient sous la pression de la nieulo.

-. Pour l'explication des figures, je me suis borné à donner les renseignements indispensables, me proposait, seulement ici de publier des docu/nents nouveaux, et ayant du reste l'intention de faire une étude d'ensemble sur l«s ba,silii(ucs du nord de l'Afrique, où tous ces monuments seront comparés et classés.

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