‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennes (volume 2)Chapitre 7 sur 43 · I. — CORFOU · texte numérisé non relu

I. — CORFOU

Ptolémée , 3 , 4 , 1 1 : f' ts Kepxupa , (XEYaXy) ouaa , xarà ■respiYpottpV TOtaunrjv • KccsGiô-Kf] 7:oXtç xal axpa • IItu/ la • Képxupa ttoXiç • Aeuxt(X[j!.a àxpa • 'ApicpiTrayoç ofxpa ♦ ^aXaxpov axpov.

Le promontoire de AeuxtfxfXT] , voisin des îles Suêoxa , est aussi mentionné par Thucydide, 1, 30. 47. 51. 3, 79.

Pline, Hist. nat.., 4, (12) 19 : « a Phalacro Gorcyrse promunturio scopulus, in quem mutatam Ulyssis navem a simili specie fabula est. »

Le nom de Gassiope s'est conservé dans le nom moderne de Kasopo ( sur la côte N.-E. de l'île) ; de même le nom de AeuxtfxfAa se retrouve dans le nom du cap Léfkimo. Quant au cap Phalacron , le détail mentionné par Pline permet d'en fixer la position. Près de la côte N.-O., entre les îles Samothraki et Diaplo , il y a un petit îlot rocheux, nommé aujourd'hui to Kapdfêi , qui , vu du col d'Hayos Pandeleïmon et éclairé par le soleil, ressemble tout à fait à un caïque qui navigue avec sa voile triangulaire déployée. Le cap Phalacron serait d'après cela le cap que la carte anglaise appelle Kephali et les autres [Kiepert (1), Devari, carte manuscrite anomjme) Arilla. Au S. de ce cap, à quelque distance, la carte anglaise indique un cap Palacrum (2) , dont je n'ai point vu le nom ailleurs; les autres cartes l'appellent cap Saint-Ange. — Le cap Amphipagos , que Ptolémée nomme après le cap Leukimma , est sans doute le cap Asprokavo ou Bianco (3) (voyez toutefois plus loin, p. 16, une autre opinion).

Il faut remarquer du reste que Strabon ne se faisait pas une idée exacte de la position de Gorcyre , puisqu'il se représentait le cap Gassiope comme l'extrémité occidentale de l'île et le cap Leukimma comme l'extrémité orientale.

Procope, De bell. Goth., S, 27, mentionne un autre cap de Gorcyre : £x TraXatou [xev wvofxauav iTzi-j^ôiÇiioi xuvo; xecpaX'^jV àxpav tyiv (xt'av

(î) Kiepert fait du reste une erreur : il ne donne pas de nom au cap Arilla , et il appelle cap Arilla la pointe d'Aphiona, qui est un peu plus au S.

(2) Bory de Saint-Vincent identifiait aussi le cap Saint-Ange avec l'ancien Phalacron.

(3) Cela semble résulter des degrés de longitude et de latitude qu'indique Ptolémée :

Ville et cap de Gassiope.

Ptychie.

Ville de Gorcyre.

Gap Leukimma.

Cap Amphipagos,

Cap Phalacron.

Longitude.

Latitude

Kepxiipaç ttjç vi^ffou, ^ itpàç dvfoxovra ^tov iortv. On a supposé que c'était peut-être le cap Hayos Stephanos {?).

Montagnes, rivières. — Thucydide, 3, 85, 4 : dvaêavTe; èç ih éîpoç T-Jjv l(TTwvTf)v, tti)(Oç lvotxoSo|jLr)ffa(Jievot ^<p6etpov roùç èv ty; TroXet xal t^ç Y^i; IxpotTOuv.

4, 46, 1-2 : IffTpaTeuffav (xerà twv Ix ttiç itoXecoç £ir\ toλ; Iv tS 5pet TÎ^ç 'IffTtovYi; Kepxupa{(ov xaOtSpufji^vou; , oî TOTe fxeTà t^v «rraffiv Staêdtvreç IxpdtTouv TE t9)ç y^îç xal TroXXà eêXairrov. HpofféaXovTeç Se to jjièv xtiyi(S[i.x eûov • ol Se avSpeç xaTaTrecpsuyoTeç àÔpoot Ttpoç [xeTetopo'v xi Çovééiqcav , etc.

Etienne de Byzance : 'lortovï) • opoç Trpocrej^à; t^ Kepxupa.

Il y avait sur cette montagne un sanctuaire des Dioscures , C. I. 6r., 1874 : 6eoTç Atooxdpoiç T(rTwva(otç.

Kiepert , dans son atlas de la Grèce antique , identifie l'Istoné avec le Pandokratoras (Saint- Sauveur) , la plus haute montagne de l'île. Cette identification paraît difficile à admettre ; car il ressort des passages que nous venons de citer que VIstoné était assez près de l'ancienne ville, laquelle était située bien loin du Pandokratoras , sur la petite presqu'île entre la baie de Kastradhis et la lagune de Khalikiopoulo (1). Il est plus vraisemblable que ristoné était la montagne des "\ym Aixa ou bien un des sommets voisins (2).

ApoUonios de Rhodes, 4, 1150, nomme aussi l'opo; MeXtr>iïov ; la position de cette montagne est inconnue , ainsi que celle de l'A?- YaToç 7coTa(jLoç mentionné au vers précédent (scholiaste : AiyaToç irorajxo; irepl Kipxupav ; était-ce la rivière de Potamo?).

Ville de Corcyre. — L'ancienne ville (3) se trouvait sur la presqu'île située entre la baie de Khalikiopoulo et celle de Kastradhis ; cette presqu'île porte encore aujourd'hui le nom de Palœopoli.

(1) XaXtxiÔTtouXoç est l'orthographe dont se sert M. Romane dans un article de r'Ûpa, n» du 24 septembre 1877 ; un autre habitant de Corfou écrivait KaXXixiowowXo; ; suivant Bursian et Mansell , il faudrait écrire Kalikiopoulo ; enfin l'orthographe qu'on rencontre le plus souvent est l'orthographe italienne Calichiopulo (Callichiopulo). Ce nom est celui d'un ancien propriétaire de la lagune.

(2) A l'extrémité 0. de la chaîne septentrionale, entre Spagous et Makradhes, il y a un village du nom de Vistona ; mais l'éloignement de ce village par rapport à la position de la ville ancienne ne permet guère de penser à identifier ce nom avec celui d"I(TTta)VYi. — [Dans un document grec inédit de l'an 1347, que m'a communiqué M. Romauo, le Pandokratoras est appelé du nom de Htipoù.]

(3) Saccagée par les Goths au sixième siècle (Mustoxidi, p. 95 et suiv.), l'ancienne ville resta abandonnée ; les Vénitiens en tirèrent du marbre et des pierres pour bâtir les forteresses de la ville actuelle ; M. Romano m'a dit que Mustoxidi assurait avoir vu dans les mius de la forteresse des pierres avec des lettres.

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