‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 105 sur 136 · DESCRIPTION PHYSIQUE DE L*ÎLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION PHYSIQUE DE L*ÎLE

L*île de Cérigo est constituée par un seul massif' montagneux, qui en couvre toute retendue. La partie centrale de Tile est ainsi une région assez élevée, composée de petites collines, qui,

vues de la mer , sont des montagnes , et de vallées qui s'ouvrent vers les côtes par des gorges profondes et escarpées. Au-dessus du niveau moyen de cette espèce de plateau central s'élèvent deux chaînes : Tune à l'E., qui forme deux sommets, THaya Moni (1660 p. = 506°^ selon la carte anglaise), et le mont Saint-Georges, qui est un peu moins haut (1000 p.); l'autre à l'O., comprenant, du N. au S., la montagne de Mylopotamo (la carte anglaise n'en indique pas la hauteur ; peut-être est-elle aussi haute que l'Haya Moni), celle de Drymonas, enfin l'Haya Eleousa (IXeou<ja) ou Elesa (point culminant : 1650 p., selon la carte anglaise).

Vue de la mer , l'île de Cérigo présente l'aspect le plus désolé ; de quelque côté qu'on l'aperçoive , ce ne sont que côtes abruptes, nues et rocheuses , brûlées par le soleil. A l'intérieur, la campagne n'est ni plus ni moins aride qu'elle ne l'est en général dans les pays grecs. On rencontre quelques vallées très riantes et qui ont une fort belle végétation, par exemple celle de Karaya et surtout celle de Mitata. Cette dernière est une gorge profonde et étroite, resserrée entre deux montagnes abruptes au sommet couronné de roches ; au fond coule un petit ruisseau ; les deux pentes sont tapissées d'orangers, de citronniers, de myrtes, de platanes, et*, au-dessus de ce bois , on aperçoit deux villages en haut des deux montagnes , Viradhika et Mitata. Il est vrai que ce qui fait beaucoup valoir la fraîcheur de ce paysage, c'est la sécheresse du pays environnant : ainsi, pour aller de Paliokastro à Mitata, l'on traverse pendant plusieurs heures des gorges rocheuses dont l'aridité n'est un peu égayée que par quelques lauriers-roses croissant dans le lit à sec des ruisseaux. Ces contrastes sont fréquents à Cérigo et donnent beaucoup d'intérêt au paysage. La ville de Cérigo, entièrement grecque d aspect, avec ses ruelles étroites, ses petites maisons peintes en blanc et ses toits en terrasses, est située dans une des positions les plus pittoresques de l'île, sur la pente d'un contre-fort de l'Haya Eleousa , au-dessus d'une gorge profonde , qui d'un côté monte à la jolie vallée de Livadhia et descend de l'autre côté au port de Kapsali. Après Cérigo , le village le plus important de l'île est celui de Potamos. Non loin de Potamos est un des sites les plus beaux de l'île. Au S.-E. du village de Triphyllianika , une gorge escarpée descend vers la mer ; elle en rencontre une autre venant du S.-E. ; au point de jonction des deux gorges, sur la montagne qui les sépare, on voit les ruines d'un village fortifié du moyen âge ; la forteresse est perchée sur des rochers à pic, et de l'autre côté de la gorge ce sont encore de grandes murailles de rochers ; le site est des plus sauvages

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