‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 113 sur 136 · IDENTIFICATION DES NOMS ANCIENS · texte numérisé non relu

IDENTIFICATION DES NOMS ANCIENS

 part le port de Ooivixouç , l'identification de tous les noms anciens peut se faire d'une façon certaine.

Le « cap des platanes » (IIXaTavicrrouç) est la pointe, aujourd'hui absolument nue, qui termine l'île au nord et qui s'appelle le cap Spathi.

Leake (Travels in Northern Greece) a voulu placer Scandée à Kapsali et Cythère à Paliokastro , près de Avlemona. Cette opinion n'est pas soutenable; la distance de Kapsali à Paliokastro est bien supérieure à 10 stades; on n'a trouvé à Kapsali aucun vestige ancien ; enfin , si Scandée avait été à Kapsali , Strabon aurait difficilement appliqué à Tîle l'épithète de tùXfjjievoç: le port de Kapsali n'est praticable qu'en été; en hiver, quand souffle le vent du sud , les bateaux ne peuvent pas aborder ; la mer vient jusque dans les maisons, que le vent remplit de sable ; Kapsali est alors abandonné , et les bateaux touchent au port San-Niccolo , dans la baie de Avlemona (1) , qui est assez

(1) Le port de Avlemona est célèbre par le naufrage des marbres du Parthënon enlevés par lord Ëlgln. — Voici sur ce naufrage quelques détails que m'a donnés M. Emm. Mormori , d'après des pièces officielles qu'il a entre les mains :

Le brigantin le Mentor, venu de Smyrne à Athènes sur l'ordre de lord Elgin , embarqua dix-sept caisses de marbres, que lui remit Jean-Baptiste Lucieri (un Romain que lord Elgin avait chargé de détacher les bas-reliefs). H partit le 15 septembre 1802. Le 16 y il était au cap Matapan, lorsqu'il fut assailli par un vent d'O. qui, le lendemain matin, tourna à TO.-N.-O. ; une voie d'eau s'étant déclarée , et le pilote ne connaissant pas les ports de la côte , on se réfugia dans le port de Avlemona pour y faire réparer le bateau ; c'est là que le naufrage

sûre (1). Gythère avec son port Scandée ne peut-être que le Paliokastro actuel, avec la vallée de Palœopoli. Seulement M. Stai remarque avec raison que , la plage actuelle de Palaeopoli n'étant pas du tout abritée, il faut admettre que la mer venait autrefois plus avant dans les terres et que le terrain situé près de l'embouchure du torrent est un terrain d'alluvion. — On pourrait penser à identifier Scandée avec S.-Niccolo , mais S.-Niccolo est trop loin de PalaBokastro , et de plus on n'a , paraît-il , trouvé absolument aucun vestige d'antiquité sur la partie du rivage qui est du côté de S.-Niccolo.

Quant au temple d'Aphrodite, le mémoire de M. Mormori cité plus haut en fixe l'emplacement, ou , pour mieux dire , il fixe l'emplacement de l'endroit , aujourd'hui dépourvu de tout reste ancien, où l'on a pendant longtemps vu des ruines considérées comme celles du temple d'Aphrodite (2) . Il faut dire cependant que l'ouvrage de Castellan contient une carte (pi. V bis), faite par Barbie du Bocage d'après les notes de l'auteur, sur laquelle la colline Aplunori, avec le temple de Vénus , est indiquée comme distincte de la colline de Paliokastro, et comme située au sud de celle-ci. Mais, cette carte présentant d'autres inexactitudes , on peut admettre qu'il y a ici une erreur , d'autant plus que cette indication est en désaccord avec celles de Nicolas de Nicolaï.

Pour ce qui est du port de Ooivixouç , comme il est dit dans le passage de Xénophon que Conon vint mouiller à Ootvtxoîîç et que les habitants de Gythère, craignant qu'il ne prît leur ville de force, l'abandonnèrent, on peut conjecturer que ce port n'était pas loin

eut lieu, le 17. (Procès- verbal fait le 18 septembre 1802 devant Calucci, viceconsul anglais.)

Un an après , quatre caisses furent retirées et envoyées à Smyrne, pour être de là expédiées en Angleterre ; douze autres furent retirées et embarquées pour Malte le 16 février 1805. U n'y a que la dix-septième caisse pour laquelle on n'ait pas la feuille d'expédition , ce qui fait qu'on ne sait pas si elle a été retirée ou non. Gomme, quelques années après 1806, on retira de la mer, à Avlemona , une petite statue très jolie , qui fui envoyée en Angleterre , on supposa que la dix-septième caisse s'était peut-être ouverte et que le contenu s'en était répandu dans la mer. En août 1875 , M. Stamatakis , envoyé par la Société archéologique d'Athènes , a fait des sondages dans le port de Aviemona ; il n'a retrouvé qu'un morceau de la carcasse du Mentor et un vase ordinaire.

(1) Une troisième rade est celle de Dhiakophti , qui est beaucoup moins avantageuse que celle de Aviemona , mais où l'un des deux partis politiques entre lesquels Cérigo est divisé , celui des gens de la campagne , avait entrepris , en 1876 , de faire un port , pour nuire aux gens de la ville , dont le district comprend S. Niccolo.

(2) U est difficile de se prononcer sur la valeur de cette tradition.

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