‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 112 sur 136 · IV. — CÉRIGO · texte numérisé non relu

IV. — CÉRIGO

(i*hui Paleocora , où Ton trouve des restes de mosaïque , des médailles , des pierres gravées , que les paysans vendent aux étrangers... »

A la fin de la lettre 2, Castellan parle aussi des bains de Vénus ou d'Hélène, une excavation où les vagues s'engouffrent , et d'un tombeau ouvert, taillé à la sommité d'un roc , « qui est , dit-on , l'endroit d'où la mère de l'Amour se lançait sur son char traîné par des moineaux. »

Voyage de Dimo et Nicolo Stephanopoli en Grèce ^ Paris , an VIII. — Mentionnons seulement à titre de curiosité la description que cet ouvrage donne des ruines du temple de Vénus , sur la colline Aplunori. Le caractère romanesque du récit et les inscriptions ridicules que l'auteur prétend avoir trouvées près du temple

d'Aphrodite (xap^tôv 6epa7r(a, vabç 'ÀcppoSiTyiç 6e3fç xup(a Kuôi^ptov xjcà Tcav-

xhç xéa^oD , (ju(x(ov àyaXtdtcrewç) prouvent que toute cette description est de pure fantaisie , comme le reste de l'ouvrage.

Stai, l.L (1) :

» L'ancienne ville de Cythère devait être à l'endroit appelé aujourd'hui Paliocastro, et non à Avlemona. Scandea était à l'endroit appelé aujourd'hui Castri ou Paliopoli. La distance est juste de 10 stades de Castri à Paliocastro. L'espace de terre situé entre Castri et Paliocastro devait être autrefois occupé par la mer et former un golfe , qui aura été comblé peu à peu par les matières que les eaux de pluie auront détachées des pentes voisines. Le port devait être sous Scandea (= Castri). Aujourd'hui , par suite du changement physique des lieux , il n'y en a plus de traces. Il ne reste qu'une plage ouverte et sablonneuse. Dans cette plage on a fait des fouilles et l'on a trouvé enfouis des morceaux de tuf taillés, de la grandeur d'un pas et d un pas et demi. On croit qu'il y a eu là , dans l'antiquité , quelque môle (2) . A Paliocastro , l'on voit des traces de murailles et d'autres constructions ; en fouillant , Ton trouve des ustensiles , comme aussi quelquefois à Castri. a

Mémoire manuscrit^ rédigé en 1844 par M. Emmanuel Mormori, à qui le gouvernement avait demandé des détails sur l'état des ruines du temple d'Aphrodite :

(1) Ici encore, ainsi que dans les pages suivantes, nous ne faisons que ré* sumer, nous ne citons pas textuellement.

(2) M. Georges Mormori m'a également parlé de ces restes d'un môle antique.

» M. Mormori, étant allé à Paliokastro , a pris des renseignements auprès des propriétaires des terrains qui y sont situés ; ils lui ont raconté beaucoup de fables, qu'ils tiennent de leurs ancêtres, sur le prétendu palais de Ménélas (les restes des murs de Tancienne ville, qu'on voit à Paliokastro) ; mais ils se souviennent aussi de s'être assis plus d'une fois , en surveillant leurs troupeaux, sur deux colonnes brisées (1). Aujourd'hui (en 1844) il ne reste plus que la moitié d'une , haute de trois pieds , qui fait partie du mur d'enceinte du terrain de Demetrio Viaro Malaco ; ce terrain s'appelle \ TaTç xoXcSwatç, et il a toujours porté ce nom, comme le prouvent les documents que possède le propriétaire actuel. Ce terrain se trouve sur l'éminence qui domine Paliopoli, dont il est éloigné d'environ 1 mille 1/2 (= 10 stades). Le mur d'enceinte, comme d'autres murs voisins, est encore presque entièrement construit avec des fragments de tuf et d'autres pierres qui appartenaient probablement au temple ; il faut en dire autant des matériaux avec lesquels ont été bâties trois églises qui se trouvent autour, à 1/2 mille de distance, particulièrement celle de Saint-Cosme, construite avec d'énormes masses de tuf, carrées ou rondes , et celle de Saint-Basile et Saint-Nicolas , où l'on voit, en certaines parties du mur, des fragments de marbre et de tuf. Dans le terrain même de Demetrio Viaro Malaco , on voit encore sur place les fondements de cinq colonnes carrées, qui formaient le portique du temple (cf. Nicolas de Nicolaï). Ces colonnes étaient formées de grands morceaux de tuf triangulaires , taillés avec beaucoup de soin ; on voit les trous creusés pour introduire le métal qui servait à les assujettir. Ces restes du portique furent trouvés il y a seulement deux ans (2) .

» Dans un terrain voisin de celui-là, M. Mormori a aperçu les restes d'un pavé revêtu d'un enduit noir et rouge , semblable à celui des vases étrusques ; la terre était trop dure pour qu'on pût faire des fouilles en cet endroit.

» A Paliopoli, M. Mormori a vu des ruines de petites constructions et, çà et là, des tombes, pour la plupart ouvertes. «

Une grande partie des tombes de Paliopoli , que décrit Castellan, n'existe plus aujourd'hui. Le rocher où elles étaient a été

(i) M. Emm. Mormori m'a dit qu'il se rappelait avoir encore vu lui-môme à cet endroit deux tambours de colonnes , sans cannelures.

(2) M. Emm. Mormori m'a dit avoir aussi remarqué autrefois dans les environs un fragment de statue , une épaule, qui, vu ses dimensions, pouvait avoir fait partie de la statue dont parlent Nicolas de Nicolaï et Castellan.

Vf. — céRiGo. 29

précipité dans la mer par le grand tremblement de terre du 18/30 juin 1798. — Celles qui restent furent visitées en 1861 par un paysan, qui rédigea à ce sujet un rapport, que j'ai vu chez M. Mormori. Ce rapport est trop confus et trop peu clair pour qu'il soit utile de le transcrire ici. A un certain endroit, le paysan avait cru lire sur le rocher les lettres lEMIN- H avait aussi rapporté à M. Mormori un morceau de l'enduit intérieur d'une des chambres. Sur ce morceau l'on voit très nettement une bande peinte en rouge.

Le même paysan raconte que le gouverneur anglais , en 1833 , envoya huit hommes en cet endroit faire des fouilles ; ils trouvèrent des « sceaux d'argent ; » mais « le diable leur apparut sous forme d'un bouc, ce qui leur fit prendre la fuite. »

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