‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 6 sur 136 · I. — CORFOU · texte numérisé non relu

I. — CORFOU

mine au-dessus des ports d'Alipa et Saint-Spiridion (Palseokastritsa).

2*» De Textrémité O. de cette chaîne en part une autre qui court du N.-O. au S.-E., en suivant de très près la côte occidentale; cette chaîne est peu élevée ; Mansell donne les hauteurs suivantes : mont Saint-Georges, 1288 pieds == 392 mètres; colline de Pelleka, 893 pieds = 272 mètres ; enfln plus au S. une hauteur de 785 pieds seulement.

3^ Vers lé S. cette chaîne se relève et forme un second massif montagneux couvrant toute la largeur de File, qui est très rétrécie , il est vrai, à cet endroit; le sommet le plus élevé est la montagne des ''AYtot Aéxa ( carte anglaise : Santa-Dena ! ) , 580 mètres , selon kiepert, 1859 pieds = 566 mètres selon Mansell.

L'espace compris entre ces trois chaînes , que Toeil peut embrasser admirablement du haut de la colline de Pelleka , est une grande vallée au terrain fortement ondulé, parcourue en tout sens par de toutes petites chaînes de collines , qui enferment entre elles de petits vallons et augmentent de hauteur à mesure qu'on approche de la chaîne occidentale; je n'ai point vu de plaine qui fût d'une certaine étendue, si ce n'est celle de Roppa, au N.-O. de Pelleka.

Ce qui donne aussi au paysage un caractère particulier , ce sont les oliviers. lia plantation en a été vivement encouragée par les Vénitiens , qui donnaient , dit-on , aux habitants un sequin pour chaque plant d'olivier. A une certaine distance de la ville, les oliviers commencent et couvrent toute la vallée , tantôt interrompus par des vignes ou de petits jardins , qui occupent le fond des vallons , tantôt formant une vraie forêt continue , d'où l'on voit sortir çà et là des maisons de campagne et des villages perchés sur les hauteurs.

Je n'ai pas été, pendant mon séjour à Corfou, au delà des deux chaînes de montagnes; la partie N. et la partie S. de l'île sont occupées par des collines , et sonl , à ce que j'ai entendu dire , moins peuplées et moins cultivées que la partie du milieu.

La carte de Devari partage l'île en trois régions :

Corfou (région moyenne allant au S. jusqu'au delà de la baie de Khalikiopoulo,au N. jusqu'à la fin de la baie de Govino) ; — Mezzaria (région du S.) ; — Oros ou Yirou [de yupoç, y^poç] (région du N.) .

La plus grande rivièro de l'île est celle de Potamos, au N.-O. de la ville; à la différence de la plupart des rivières grecques, c'est vraiment une petite rivière , mais elle n'a presque pas de courant, et l'eau en paraît tout à fait immobile. On peut encore

nommer celles de Mesonghi (carte anglaise : Mirangi !) et de Potami sur la côte S.-E., et celle de Dissopotamos sur la côte N. (1).

Sur les produits de Tîle et sa fertilité , voyez les Détails sur Corfou^ qui célèbrent les charmes et les avantages du pays avec une emphase un peu déclamatoire, mais qui contiennent maint renseignement utile.

La plus grande partie de l'île est parcourue par d'excellentes routes carrossables , qui sont dues aux Anglais.

La ville de Corfou comprend deux parties très différentes d'aspect. La ville proprement dite est une agglomération de petites rues pour la plupart tortueuses et sales , qui rappellent les quartiers populaires de certaines villes d'Italie. Le beau quartier de la ville est le quartier de l'Esplanade [Spianata] , charmante promenade créée par les Français à l'extrémité de la ville, au-dessus de la mer, entre le port actuel et la baie de Kastradhis , au delà de laquelle on aperçoit la riante presqu'île, maintenant couverte de villas, où était l'ancienne Corcyre. Cette promenade, ainsi que la route qui descend de l'Esplanade vers le faubourg de Kastradhis, le long de la mer , est l'endroit où tout le monde vient respirer le frais pendant les soirées d'été , et les Corflotes l'appellent « les poumons »

de leur ville , oî Trveufxoveç -niç Kepxupaç.

Devant l'Esplanade s'élève le bizarre rocher à deux pointes où se trouve la forteresse actuelle et qui a donné son nom à la ville moderne , laquelle à l'origine ne s'étendait pas au delà. On sait en effet que le nom de Corfou (etç toIjç Kop(poi5ç) est l'accusatif de Kop(u)(po{; dans un acte grec du quatorzième siècle, que possède M. Romano, professeur au gymnase de Corfou, la ville est appelée TcoXiç Twv Kopu(pwv; cf. Nicetas Choniata, De Man. Comn.^ 2, 1 : vfy T8 Kepxupaiwv dtxpav , ^ vuv l-Trix^xXrjTat Kopucpco , tyjç Ix TOtjTWv

à7:aXXa?6t (ppoupScç. Voyez, pour plus de détails sur l'origine de la ville moderne, Mustoxidi, p. 9 (2). Anne Comnène appelle l'île entière ^ Kopu<pw, voyez Tafel, Symbolarum criticarum geogra^ phiam byzantinam spectantium pars prior^ p. 54.

On trouve au gymnase de Corfou une belle bibliothèque assez riche en ouvrages anciens. Il y a aussi des archives. D'autres documents relatifs au moyen âge sont entre les mains de M. Ro-

(1) C'est sans doute la môme que 6. von Eckenbrecher, Archaol. Zeit. , 1845 , p. 139, appelle Typhlos.

(2) Il ne faudrait pas conclure des aêrias Phxacum arces de Virgile (Mn,, 3, 391) que ce rocher ait été fortifié dès l'antiquité ; on sait que le mot arx se dit de tout sommet fortifié naturellement.

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