II. — GÉPHALONIE
sant près de la ville , on a découvert ces sépultures. Les paysans trouvent de temps en temps des monnaies grecques ou romaines. — Près de la rade de Poros il y a des restes de fortifications antiques. «
Yakovatos : » La forteresse de Pronesos était sur le sommet d'une colline située au bord de la mer ; la ville, entourée de murs et rattachée à la citadelle, était sur la pente. L'étendue de Tenceinte était d'un mille à peine ; il en reste peu de traces. — C'est peut-être Héraklès , divinité de Pronos , qui a donné son nom à 'HpaxXeiov, aujourd'hui ^ApaxXeiov. a
Rakli ou Harakli doit être en effet une corruption de 'HpaxXeiov, et l'on voit par les monnaies qu'il y avait un culte d'Héraklès à Pronnoi. — Kiepert, dans une ancienne édition de son Atlas, indiquait, avec un point d'interrogation, une ville de Heracleia, qu'il plaçait assez loin de PronoL C'était là une erreur, qui ne se trouve plus sur l'éd. de 1872. Il ne devait pas y avoir à Rakli une ville distincte de Pronnoi, mais bien un sanctuaire d'Héraklès faisant partie de cette ville. La vallée de Rakli était sans doute riante et fertile dans l'antiquité comme elle l'est aujourd'hui. Elle était protégée par deux forteresses , ilont Tune , au N. , dominait la gorge rocheuse qui déverse les eaux de cette vallée dans la mer, et dont l'autre, au S., commandait les routes de Valtes et de Skala , qui sont les deux entrées de la vallée de Rakli du côté du S. — Aujourd'hui Koronous est le nom d'un district dont font partie les villages de Anninata, Asproyeraka, Kornelo.
La forteresse méridionale était sur une colline escarpée , sur la pente N. de laquelle sont maintenant Kornelo et plus bas, vers le N. , Asproyeraka. Les ruines s'appellent aujourd'hui ttîç dupiSç
(selon d'autres ttjç douptaç) rb xatrrpo (1), OU bien TO IIaXat<^xa(rTpo.
Un peu au-dessus de Kornelo, à l'angle N.-O. de la colline, on rencontre les restes d'un mur pélasgique qui monte ; il est fait de
(1) Corruption de ryjç (bpYiâç (= àpaCaç) xb xàaxpo. Les paysans de Koronous ont une danse populaire dont voici les paroles (cf. Passow, Popularia carmina Grxciœ recentioris, 1860, p. 363-5; M. de Vogue a également recueilli près d'Ambélakia en Thessalie une chanson sur un sujet semblable, v. Revue de'i Veux-Mondes, !•' janv. 1879) :
\ ÔXa Ta xàcrxpa TDjya ACttXoi, TpCitXoi eîvai ol iiOpyoi 5
xi?J ÔXa xà Yupiffa * "^-^ ôXo aCÔepa,
(xàv vfi^ (bpY)âç TÔ xàffxpo xai t?i nopxai; àtaaXéviaK;
xàffTpo ôèv TiupYixa. xal xà xXeiÔià xpv<ra.
54 RECHERCHES ARGHÉOLOaiQUES SUR LES ILES IONIENNES.
blocs polygonaux (généraloment do 5 côtés) ajustés avec beaucoup de soin ; Pun d'eux a 1""70 de long , 0°*90 de haut ; le mur luimême a une hauteur actuelle de 2-3"". Plus loin on trouve une partie du mur où les blocs semblent avoir été empilés le& uns sur les autres sans avoir été taillés. Vers le haut de la colline ce mur, qui formait l'enceinte de l'acropole , cesse de monter et suit horizontalement la pente, du côté de l'O., tandis qu'un autre mur pélasgique , dont on peut encore reconnaître les traces , monte vers le sommet. Au même endroit, on voit aussi quelques restes d'un mur fait à la chaux , parallèle au mur d'enceinte et situé un peu plus haut.. Le sommet de la colline est un tout petit plateau. Sous ce plateau , au S.-O. et au S., on aperçoit les restes d'un second mur d'enceinte parallèle au mur d'enceinte inférieur. On retrouve les traces de ce dernier à l'angle S.-E., où il formait une espèce de redoute faisant saillie ; cette partie du mur a dû être construite ou réparée à l'époque romaine , car elle est faite à la chaux. On voit ensuite la continuation du même mur d'enceinte sur la pente
Aèv ^(jiTropet x6 xàdxpo Bàvet pialiXXapàxt, 25
noxé Tou va irapÔ^, 10 itoW ôvxeç yi* îtoiXià,
(xi^Te (Jiè x6 (TTTaOu itoW dvxe; -^là. ^ul^ià.
ToQpxoi xb woXsiJiouffav Tàv itup^o, itup^o Tuàei,
Xp6vovc ScoSexa, xi^ 6X0 xXatovxaç, 30
xi^ âXXou; 6exaTe(T(7dpouç 15 xi^ 6X0 xapi.0YeXt5vTac ,
xà Toupx6icouXa. xal XiavoxpuêovTocç.
'^va TuaiSl TcaiSàxi, a 'AvoC^Ws (Jiou, va ë(i,7ra>,
Toupxou Tcaicôc (txvXi * x^jç papi6(JioipT);,
« 2àv xi x6 x^pwpi'à jiov, ÔTToîiiai ^yyot.(7Xçtù[iiv7\ 35
xà yAgxço va icapO^ ; 20 luaiSi 'ç xàv (tiQva piou. »
XCXi' àffTTpa xi^v TJiJiépa "Otro v' àvoCÇip ii 7i6pxa,
xi^ êva âXoyo xaXo, x^^^°^ êpiêi^xave *
xal 1^ x6pT] TCoSvat itéaa, xi^ âao va xaXavoC^^, 40
va vxY^ crre<pava)0t5. » xà xàorpo èTniipavs.
J'ai reconstitué le texte de cette chanson en choisissant, parmi les nombreuses variantes que j'ai recueillies , celles qui étaient exigées par le sens ou par les règles de la versification ; je crois inutile de donner ici une liste de variantes évidemment fautives : par exemple, vers 16 ol Sapaxtavoi, vers 21 x^^^^ fXtopid xou 81VOUV, vers 24 yià yvvaCxa xou. — Vers 8 , il faut accentuer x)ei8ià Xpuaa , et non xXeiStà X9^^^ : ^^ ^^^^ * ^^ ^^ vers de chaque strophe doit rimer avec le 2' et lui correspondre pour la place du dernier accent : aCSepa , xXeiSià Xpuffa. Pour la môme raison le texte est altéré au vers 34 ; xyjç papionoiprjç n'est qu'un vers de remplissage substitué au vrai texte, lequel s'est perdu.