‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 80 sur 136 · II. -* CÉPHALONIB · texte numérisé non relu

II. -* CÉPHALONIB

B. de la colline , au-dessous des restes d'un mur pélasgique descendant du sommet ; le mur d'enceinte forme à cet endroit une autre redoute , située un peu plus bas que celle qui est du côté S.-E. ; puis il suit la pente dans une direction à peu près horizontale , pour tourner ensuite vers TO., de façon à revenir sur la pente N. de la colline. — Tout le haut de la colline, en dedans de Tenceinte inférieure , est couvert de fragments de briques et de vases. Sur le sommet il y a une grande citerne dont les parois paraissent faites (ou réparées ?) à la chaux et deux autres qui sont comblées. Au point culminant est une petite chapelle ruinée de Saint-Élie, dans laquelle j'ai vu un tambour de colonne dorique.

Du côté de TE. ou du S.-E., le sommet où sont les restes antiques que je viens de décrire est séparé par un petit ravin d'un autre sommet moins élevé, nommé Takori. Au S.-E. du premier sommet , dont la pente , à cet endroit , s'appelle 'ç ri xacrrAXta, on voit un reste de mur très bien conservé traversant l'extrémité S. du ravin et unissant les deux collines. L'appareil est ici rectangulaire; l'un des blocs a 2«»70 de long, 1"15 de haut ; un autre, lm75 de long, 1^10 de haut. Le mur remonte ensuite sur la pente de la colline de Takori , où je ne l'ai pas suivi (1).

A l'extrémité N. du même ravin , en haut de la pente qui descend vers Kornelo, j'ai vu deux blocs de tuf taillés, qu'on avait trouvés sous terre, joints avec de la chaux. Les terrains situés sur cette pente appartiennent à M. André Annino , qui me dit qu'en ^ plusieurs endroits on avait rencontré des restes de constructions et des monnaies.

A Kornelo, M. André Annino a trouvé plusieurs tombeaux anciens dans le terrain qui est derrière sa maison. Ces tombes étaient faites de quatre blocs de tuf taillés , avec un cinquième par-dessus ; au dedans, il y avait des ossements, des pyramides et des cônes de terre cuite percés de trous , de petits vases , lacrimatoires et autres, des monnaies qui sont aujourd'hui chez M. Antoine Migliaressi. — Dans le même terrain , on voit encore un grand couvercle de sarcophage et des fragments de stèles , savoir deux frontons et le bas d'une stèle sur laquelle il devait y avoir , en bas-relief , un fauteuil vu de face, car il reste deux pieds avec des griffes qui semblent être ceux d'un fauteuil. — On a encore découvert d'autres tombes dans des terrains situés plus haut, à l'O. ou au S.-O. de la maison de M. Annino, et l'on a aussi trouvé

(l) On m'a dit plus tard que dans cette partie du mur était une porte de la forteresse.

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de grands vases de terre contenant des ossements. Toutes ces sépultures étaient au S.-O. de Kornelo, sur la pente qui est au dessus de la route de Valtes.

Sur la pente S.-E. de la colline de Takori est un endroit nommé 'ç To Xiôdîpt ou bien TapvapoiîSTpa (de TapvapiÇa)= balancer). C'est un grand bloc de rocher, ayant environ 1^80 de long, et posé horizontalement sur un autre, lequel est creusé naturellement au milieu et sur l'un des bords. En penchant la pierre supérieure du côté où il y a un espace vide entre les deux blocs, on lui imprime facilement un mouvement d'oscillation qui produit un bruit assez fort , analogue à celui d'un moulin. La croyance populaire est que cette pierre servait , en cas de guerre , à avertir la forteresse de l'approche des ennemis. — Plus à l'E. ou au S.-E. , à peu de distance de la TapvapoTreTpa , au-dessus d'une petite vallée , on voit les fondations d'une tour carrée, de belle construction polygonale; c'était sans doute un ouvrage avancé, dépendant encore de la forteresse.

La forteresse qui défendait la vallée de Rakli du côté du N. était sur une colline située à l'O. de la baie de Poros. Le sommet de cette colline , appelé \ to àicavo) -KOLX'^i (sommet A), est au-dessus de la baie même, vers le S.-O. ; de là la colline s'abaisse vers le N.-O. et forme, au-dessus de la gorge de Poros, une pointe qui s'appelle ç T^ )caTa) TiaL)(yi (sommet B). Le sommet A est un petit plateau. Sur le côté S.-O. de ce plateau, on voit les restes d'un mur polygonal (1) ; à l'angle 0. une porte couverte est conservée. Elle a la hauteur d'un homme , environ 1^20 de largeur et 2^50 d'épaisseur ; les côtés sont faits de gros blocs polygonaux, qui forment un mur de 0"80 d'épaisseur (dans les joints sont intercalées de petites pierres ) ; en haut la porte est couverte au moyen de trois grands blocs rectangulaires, dont l'un a 1^90 de longueur, 0m75 de hauteur, 0^70 d'épaisseur (2). — Au delà de la porte, le mur polygonal descend vers la gorge , en suivant toujours le haut de la môme pente ; une partie de ce mur, située plus bas , vers le sommet B , est très bien conservée. A l'E. de la pointe B et tout près de cette pointe, on voit encore des restes de la continuation du môme mur. — D'autre part , à l'extrémité S. de la colline A , à l'endroit où

(1) Dimensions d'an des blocs : 1">40 de long, plus de i mètre de haut.

(2) Cette porte se trouve dans la galerie pélasgique , v. Petit-Radel , p. 299 : « LXXII. Porte de l'Acropole de Pronœ. Exécuté d'après les dessins de M. Words-Worth. »

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