II. — GÉPHALONIE
A TE. de Skala , près de la mer, sont les ruines de Féglise byzantine de Saint-Athanase. A Tinterieur de cette église, il y a, paraît-il , un pavé en mosaïque (avec dessins d'ornement) , maintenant caché sous les décombres. Dans les environs , on voit des restes de murs faits à la chaux ; on a aussi trouvé, dans le terrain situé au-dessus de l'église , des tombes avec des os et des monnaies. Ces sépultures se composaient toutes de deux tuiles (de 4 pieds de longueur sur 2 pieds de largeur , en moyenne) inclinées Tune contre l'autre. Le mort était couché au-dessous , avec une pierre sous la tête (1).
Au S.-O. de cette église, on rencontre un endroit appelé Palseokastro. Ce sont des carrières de tuf, qui ont été, dit-on, exploitées par les anciens , et dont les grandes masses , taillées à angles droits, ont , en effet , quelque ressemblance avec les ruines d'une forteresse.
Sur le même plateau, on montre un Xyiv^ç ancien ; c'est une masse carrée , bâtie avec de la brique , des pierres et de la chaux ; c'est là qu'on aurait écrasé le raisin ; auprès, on voit les traces de deux cavités creusées dans le sol, qui auraient servi à recueillir le jus.
Plus au S. est un petit ravin, sur la pente N. duquel on voit les restes d'un fourneau antique, des traces de murs romains, de très grands vases enterrés; dans l'un d'eux j'ai vu des ossements. Il semble qu'il y ait eu là une fabrique de tuiles et de vases grossiers ; on trouve de la terre à tuiles dans les environs. L'endroit s'appelle XooTpaxt ; les gens du pays s'imaginent que les grands vases servaient à prendre des bains.
Les restes d'un autre fourneau antique se voient à quelque distance au S.-O., à l'entrée du plateau que forme le cap Mouda.
Près du cap Mouda s'étend dans la mer , jusqu'à une distance de six milles, dit-on, l'écueil de Kakava; c'est là que la tradition populaire veut qu'il y ait une ville engloutie (2). Mais Napier, Colonies^ etc., p. 335 , dit que pendant plusieurs semaines une de ses canonnières fut occupée dans ces parages pour placer une bouée et examina le fond de la mer par un temps tout à fait calme ; qu'il croit pouvoir assurer qu'il n'y a là que des rochers et absolument aucune trace de constructions.
(1) D'après la description de Goodisson , ce serait là qu'il aurait cru voir des ruines de bains.
(2) Sur cette tradition, v. encore Porcacchi et Grasset de Saint-Sauveur.
De mon côté , je puis dire qu'on m'a montré au cap Mouda de prétendus restes d'un môle antique , qui n'étaient certainement que des bandes de roches naturelles.
Sur la pente 0. d'une colline qui est à l'E. de Kateleo (l), près de la mer, à l'endroit appelé SpaxovrrffxvYjfxa ou 'ç ri *EXXYjvtxa, on voit des xaffffsXXcJTreTpaiç (fosses rectangulaires) taillées dans le roc et dirigées les unes de l'E. à l'O., les autres du N. au S. ; une rigole, également creusée dans le roc, qui est en pente , servait peut-être à l'écoulement de l'eau de pluie.
En bas, j'ai remarqué des traces de murs, de construction romaine, et dans un champ voisin les restes d'un grand sarcophage (2 pas 1/2 de long, 1 pas 1/2 de large).
Non loin de là , derrière Téglise ruinée de Saint-Constantin , on a trouvé, sous le niveau actuel de cette église, des restes d'une construction romaine , et un fragment de pavé en mosaïque , qu'on a transporté devant l'entrée de l'église. A côté de l'église on montre un grand sarcophage antique.
L'^nos paraît avoir fait partie du territoire de Pronnoi. Certaines monnaies de cette ville portent une tête de Zeus couronnée de lauriers, et, au revers, une pomme de sapin, de l'espèce qui est particulière à la montagne de Céphalonie. Si l'on fait l'ascension de cette montagne , on s'assure facilement que l'tspov de Zebç AMfftoç dont parle Strabon ne pouvait pas être un temple , mais que ce devait être simplement un endroit consacré avec un autel. Le sommet de la montagne est une crête étroite formant cinq ou six pointes aiguës ; sur aucune il n'y a de place pour un temple, sans compter qu'il eût été fort incommode de transporte? à une pareille hauteur les matériaux nécessaires. Les deux sommets les plus élevés sont vers l'extrémité S.-E. de la crête; sur celui qui est, je crois , le moins élevé des deux et qui est au S.-E. de l'autre (2) (la crête de toute la montagne se termine , au S.-E. de ces deux sommets , par une dernière pointe moins haute) , les pierres qui couvrent le sol sont mêlées d'une quantité de petits fragments d'os pétrifiés , où les naturalistes ont cru reconnaître
(1) Ou Katelio, Katoleo.
(2) Ce dernier, c'est-à-dire le point culminant de toute la montagne, s'appelle '( t6 (T(Ap6, 'c t6 pLéya (rcopé (sans doute parce qu'il est surmonté d'une pyramide de pierres).