‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 81 sur 136 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

le plateau se termine , on trouve , outre les ruines du mur qui suit le haut de la pente S. -0., les fondements d'un autre mur, de 3 pas 1/2 d'épaisseur, qui descendait du sommet du plateau. Ces traces de murs s'arrêtent à l'endroit où la pente de la colline, vers le S., devient escarpée (1).

M. Travlos , médecin à Asproyeraka , m'a parlé d'un endroit situé au delà d'Anninata , sur la pente qui regarde la mer , où il y a, m'a-t-il dit, plusieurs xadffeXXoTTSTpatç ; c'est le nom sous lequel les gens du pays désignent ces fosses rectangulaires taillées dans le roc qu'on rencontre si souvent à Géphalonie. L'une de ces xad- (TeXXoTceTpaiç avait pour couvercle une plaque de pierre si lourde que l'on ,n'avait pu l'emporter.

Près d'Anninata est aussi, dit-on, un endroit nommé X)XufX7couç, où l'on a trouvé des monnaies.

§ 17. D'autres ruines se voient du côté de Skala. Goodisson et d'autres en font mention.

Goodisson parle de fondements et de ruines éparses d'un temple, de tombes creusées dans le roc , de restes de bains romains , avec un petit temple adjacent , en briques.

» Les bains sont sur la rive gauche d'une petite rivière , maintenant à peu près desséchée, mais qui semble avoir été plus grande autrefois. La petite chapelle dépendait des bains ; on peut reconnaître les ruines d'environ huit de ces derniers. Tout autour on trouve des pavés en mosaïque ; celui de la petite chapelle est à peu près entier, car il a été protégé par les débris de la construction, qui l'avaient recouvert.. . A peu de distance des bains est une ancienne carrière de tuf , d'où proviennent les pierres du temple et d'autres constructions encore. Les ruines du temple sont à un endroit appelé S. Georgio (2), près de la plage. Elles ressemblent à celles du temple d'Apollon à Leucade ; l'un et l'autre temple est au S. de l'île (3) ; l'un et l'autre est en tuf; dans l'un et l'autre on remarque la même disproportion entre la longueur et la largeur.

(1) Suivant la croyance populaire, toute cette forteresse a été bâtie par les Spàxovxeç (géants),

(2) Ce temple fut découvert à 6 pieds au-dessous de la surface du sol.

(3) Ceci est peu exact ; le temple de Skala n'est pas à l'extrémité S. de Tîle , comme celui de Leucade. Pour ce qui est de ce dernier, qui était situé sur la pointe S. de Leucade, appelée aujourd'hui cap Doukato sur les cartes et 'ç TÔ xeçàXi par les gens des environs, il n'en restait en 1876 qu'un certain nombre de blocs de tuf rectangulaires, épars sur le sol.

58 RECHERCHES ARCHÉOLOaiQUES SUR LES ILES IONIENNES.

Peut-être était-ce le temple de Zeus Enos {!),.. A trois milles du rivage de Skala, dans la mer, on dit qu'il y a une ville engloutie sous Teau. Des gens disent avoir passé sur Técueil et avoir vu dans la mer, par un temps clair , des fondations de constructions en pierre de taille. L'écueil s'appelle xaxapw (2). Goodisson a été en barque à Tendroit en question , par un temps où Ton distinguait très bien le fond de la mer ; il n'a vu que de longues bandes de rochers , qu'on a pu prendre , dit-il , pour des restes de constructions. «

Lover dos : » En 1812 , on a découvert dans la campagne de Gradou (district de Pronoi) un temple ancien , dont une partie fut transformée en église grecque. Les journaux de Malte de l'époque en ont donné la description (3). «

Bursian renvoie, pour le temple de Skala, à un article du major du Bosset , publié dans une revue de Zante et cité par Holland , p. 533 et suiv.

Le cap Saint-Georges est au N.-E. de Skala. Il y avait là, au dire des gens du pays, un temple antique bien conservé, avec son pavé et des colonnes en place ; il était un peu plus petit que l'église actuelle, qui peut avoir, je crois, environ 10 mètres de longueur. Ce temple fut détruit, me dit-on, par les Anglais vers 1811 ou 1812 (4), parce qu'ils voulaient faire des fouilles au-dessous. L'église moderne fut construite à ce moment , et on y employa les grands blocs de tuf rectangulaires avec lesquels le temple était bâti. Aujourd'hui on voit seulement, près de l'église, des tambours de colonnes doriques, dont l'un a 0"58-0"60 de diamètre. Dans l'église, la table de l'autel est supportée par un morceau de colonne , sur lequel est posé un chapiteau dorique. Le morceau de colonne a 1»10 de périmètre, mais les cannelures sont complètement usées (5) . Le chapiteau dorique a un abaque octogone ; le haut de l'échiné , sous l'abaque, a 2n»90 de périmètre; le gorgerin, seulement lm30.

(1) Erreur évidente ; s'il y a eu un temple de Zeùç Alvi^dioç , il devait être sur la montagne.

(2) Lisez Kàxa6a.

(3) Je suppose que le temple mentionné par Loverdos est celui de Skala ; du moins je n'ai pas entendu parler d'un autre temple découvert dans cette région. L'indication que donne M. Tsitselis, « rpa6oO * Oédtç èv KaTeXT)(j) T^cKpàvTiç, 5nou eOpéOriaav xb 1812 Xe(<|/ava àpx^^ov vaoO, » doit être inexacte.

(4) Cette date doit être inexacte, v. le passage de Loverdos cité plus haut.

(5) Selon Goodisson , qui en donne un dessin , ce serait un morceau de colonne ionique. Goodisson donne également un dessin du chapiteau dorique.

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